En ce premier jour de décembre, je me dois de vous faire passer un message très important pour moi. Comme chaque année, le Téléthon fait son grand retour sur nos petits écrans. Chaque premier week-end de décembre, c’est pas moins de 5 millions de Français.e.s qui se rassemblent devant leurs télévisions.

Le Téléthon jouit d’une excellente image médiatique. Organisé pour la première fois en 1987, il a pour objectif de récolter des dons afin de financer la recherche médicale. Comment en vouloir aux Français.e.s de rentrer dans le jeu et de laisser aller leur générosité ?

Je ne reprocherai jamais à personnes d’avoir commis un acte lorsque cela est fait dans l’ignorance. Je ne peux pas à en vouloir aux donateurs et donatrices, car je suis intimement convaincue qu’ielles donnent avec leurs cœurs. Mais si vous envisagez de donner cette année, rappelez-vous que derrière la belle image médiatique, les vrais visages du Téléthon, ce sont eux…

Ne donnez plus d’argent au Téléthon…

Ces images sont issues d’une vidéo d’enquête sur les chiens du laboratoire de neurobiologie de l’École nationale vétérinaire d’Alfort servant aux expériences financées par l’AFM-Téléthon.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=Wr7OFqh6zsU&w=560&h=315]

Ces chiens naissent atteints de dystrophie musculaire, maladie qui leur inflige une dégradation musculaire handicapante et douloureuse. La dystrophie musculaire (DM) (…) fait des ravages sur leur corps et certaines fonctions vitales sont sévèrement atteintes : les chiens luttent pour marcher, déglutir et même respirer. (1)

Le Téléthon ne sauve pas ces chiens…

Vous pensez peut-être que je souligne l’évidence, mais il n’est pas rare d’entendre que le Téléthon cherche à sauver les chiens malades. C’est un comble. Oui, le Téléthon cherche un traitement, mais il est totalement hypocrite de dire que leur motivation est de soigner les chiens.

En réalité, les chiens sont sélectionnés pour naître malades. En reproduisant deux chiens atteints de dystrophie musculaire, les laboratoires s’assurent de faire naître des chiots eux-mêmes victimes de la maladie étudiée. Ainsi, la même souche de chiens malades est reproduites à l’infini pour servir de cobayes aux laboratoires.

Cette vie de souffrance leur est imposée par la sélection génétique. Si les laboratoires se préoccupaient véritablement du bien-être des chiens, ils ne les feraient simplement pas naître.

La parole poignante de Pascaline

Certain.e.s malades s’opposent aussi très vivement à ce type d’expérimentation et pour moi, il est primordiale que leur parole soit entendue. L’an dernier, pour l’édition 2017 du Téléthon, le témoignage de Pascaline avait fait le tour des réseaux sociaux.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=npYLF6hYwQE]

Pascaline est atteinte de myopathie depuis plus de quarante ans, et même après toutes les éditions du Téléthon, son traitement n’a pas évolué. A quoi a servi tout cet argent ? A quoi a servi toute cette souffrance ?

Comme Pascaline le dit si bien, elle n’a pas envie que des animaux souffrent pour elle. Beaucoup de personnes malades la félicitent en commentaire et rejoignent ses propos.

Mais… Il faut bien essayer de guérir les gens, non ?

Évidemment qu’il est vital de chercher des traitements. Ce que le Téléthon ne vous dit pas, c’est qu’il existe désormais des alternatives et des chercheurs et chercheuses qui développent depuis plusieurs années une recherche à la fois fiable et sans cruauté.

En France, c’est le collectif de chercheurs et chercheuses Antidote Europe qui porte au mieux ce message. Je vous invite très vivement à lire leur documentation qui dépoussière notre vision de l’expérimentation animale.

L’AFM-Téléthon considère encore la recherche sur les animaux comme primordiale, comme une nécessité. Nous sommes déjà dans le futur de la recherche médicale, mais le Téléthon ne semble clairement pas vouloir prendre cette direction. (2)

Les modèles animaux sont-ils pertinents ?

Il y a des centaines d’années, un gus à décidé de poser le paradigme suivant : “il y a plus de points communs entre l’humain et les autres animaux qu’il n’y a de différence” et a donc conclu que c’était OK d’expérimenter sur eux.

Cependant, pendant toutes mes études (neuropsychologie et neurosciences), mes profs et maître.sse.s de stage n’ont cessé de remettre en cause la validité des modèles animaux et nous invitaient régulièrement à y réfléchir. Une de mes profs, spécialiste française de l’étude du sommeil nous à même raconté un jour :

Pendant des décennies, on a étudié le sommeil sur le chat, en pensant que c’était généralisable à l’humain.e. Plus tard, avec l’arrivée de l’imagerie médicale, on s’est rendu compte que le cerveau du chat est très différent de celui de l’humain.e. Dans notre cerveau, nous avons une structure appelée formation réticulée, gérante de notre sommeil. C’est à cause de cette structure qu’on est complètement décalé si quelqu’un ou quelque chose dérange notre nuit. Grâce à l’imagerie, il a été prouvé que le chat ne possède pas de formation réticulée, et par la même occasion, on a mit à la poubelle des centaines d’années de recherches invalides.

Évidemment, ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais cette réflexion est intéressante et devrait selon moi être une des priorités dans la recherche médicale. Comment conduire des études valides et fiables sans torture.

Pour moi, l’expérimentation sur les animaux n’est pas une bonne solution. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous ne pouvons pas prédire la réaction du corps humain à une substance à partir de la réaction d’un animal à cette substance. Nos gênes sont différents, nos réactions seront donc également différentes. Cela signifie qu’après avoir utilisé des animaux pour tester l’action d’un actif, des tests sur les humain.e.s seront obligatoires. Seul l’être humain est le modèle de l’être humain.

Sur le même sujet, je vous invite à consulter l’article d’Antidote Europe : Pourquoi l’animal n’est pas le modèle biologique de l’homme ?

Ne financez plus leur torture…

Pour tous ces chiens, pour tous les animaux qui souffrent inutilement dans les laboratoires de recherche pour des traitements qui ne voient jamais le jour, je vous en prie, ne donnez plus au Téléthon.

A la place, vous pouvez soutenir des organismes de recherche sans cruauté comme Antidote Europe.


Pour aller plus loin :

Pourquoi l’animal n’est pas le modèle biologique de l’homme ?

Dix mensonges sur l’expérimentation animale


Source

(1) Petafrance.com : De nouvelles révélations montrent des chiens en grande souffrance dans un laboratoire financé par le Téléthon.

(2) Afm-telethon.fr : Recherche médicale et essais sur les animaux.