Il y a quelques mois, j’évoquais dans un fil de discussion sur le groupe Facebook “La Voie de Shakti” que j’avais malheureusement eu d’importantes complications avec mon implant contraceptif. Suite à cela, une dizaine de personnes m’avaient écrit, s’interrogeant sur les problèmes que j’avais rencontré. Au passage, je vous conseille très vivement ce groupe de gynécologie naturelle, pleins de merveilleuses personnes qui sauront vous donner d’excellents conseils.

Dans cet article, je reviens sur ce parcours du combattant qu’a été pour moi l’implant contraceptif. Même si mon cas fut assez extrême, autant dans les symptômes que dans la médiocre prise en charge par les professionnel.les de santé, il est tout de même bon de savoir à quoi s’attendre lorsque l’on souhaite avoir recours à l’implant contraceptif, ce dernier étant assez idéalisé et vendu comme “la contraception parfaite” : cette “pilule” que l’on n’oublie jamais.

TW : sang, violences gynécologiques


L’implant contraceptif, c’est quoi ?

Ce que l’on appelle couramment implant contraceptif est un petit bâtonnet en plastique souple non-biodégradable d’environ quatre centimètres de longueur pour quelques millimètres d’épaisseur. Il est introduit sous la peau de l’intérieur du bras pour que sa présence ne soit pas gênante et délivre en continue dans le sang une hormone progestative (il me semble que c’est la même que dans une pilule classique). L’anesthésie locale est obligatoire lors de la pose d’un implant (je le précise, car j’ai déjà lu quelques témoignages de personnes dont l’implant a été posé sans anesthésie). Votre implant vous sera prescris par ordonnance, ainsi qu’un patch anesthésiant à coller environ 1h avant la pose de l’implant.


La contraception “rêvée

J’ai fait poser mon implant contraceptif en septembre 2013 (j’avais 20 ans) après plusieurs années de galère avec la pilule traditionnelle. Je la supportais bien pour ce qui est des hormones, mais le geste de “prendre une pilule” me donnait des nausées insupportables. Quand je la prenais avec un verre d’eau, c’était l’horreur, mais quand je la cachais dans ma nourriture, tout allait bien (je pense que le problème était vraiment dans ma tête). A cause des vomissements que me provoquait la pilule, j’avais très peur que son efficacité ne soit plus au rendez-vous et d’attraper ce parasite qu’on appelle “enfant”. C’est donc sur les conseils d’une gynécologue que je me suis orientée vers l’implant. Elle ne m’a absolument pas informé des éventuels effets secondaires de cette contraception.

Elle me prescrit donc l’implant ainsi que le patch et me voilà en route chez ma docteure préférée pour la pose. Comme indiqué par la gynécologue, je colle mon patch sur l’intérieur de mon bras. Arrivée là-bas, Pauline (c’est son petit nom <3) me dit que je ne l’ai pas posé au bon endroit (les explications de la gynéco étaient un peu vagues) et me propose donc de faire une piqure qui sera plus efficace que le patch (qui d’après elle ne suffit pas à chaque fois). Pauline est une sainte. La pose se fait très rapidement et sans aucune douleur. Je n’ai qu’un minuscule hématome qui n’a pas duré plus de quelques jours et très vite, je ne sentais même plus la présence de l’implant.


Et les ennuis commencent…

Les six premiers mois, tout se passe à merveille. J’ai même un symptôme dont beaucoup rêvent : je n’ai plus mes règles du tout. Certes, ce n’est pas très naturel et l’on ne devrait pas s’en réjouir, mais sur le moment, j’appréciais la tranquillité de ne plus éprouver la moindre douleur de règles.

Ce répit n’aura de toute façon pas duré bien longtemps, puisque passé ces six mois c’est l’exact inverse qui se produit. Tout à coup, mes règles deviennent incessantes et sans la moindre période de ralentissement du flux. Je me vide littéralement de mon sang et mes règles sont aussi intenses et abondantes qu’elles le sont pendant les deux plus gros jours du cycle… mais tous les jours.

Mes règles ont toujours été irrégulières, un poil plus longues, un poil plus courtes selon le mois : je ne m’en formalise donc pas dès le début. Au bout de deux semaines voyant que la situation ne s’améliore pas, j’en parle à cette même gynéco, qui m’annonce que c’est tout à fait normal, que c’est un effet secondaire tout à fait classique et bénin de l’implant. Bénin ou pas, j’aurais aimé qu’elle m’en informe avant. Elle me rassure, me dit que cela passera très vite, m’explique qu’il est courant d’alterner entre des phases de plusieurs mois sans règles, entrecoupées de règles plus longues que la normale.

Je suis un peu rassurée, mais malheureusement ça ne passe pas. Quand je retourne la voir un mois plus tard, j’ai déjà mes règles depuis quasiment deux mois complets. Elle me dit à nouveau que c’est normal, que c’est les risques et que “la contraception magique, ça n’existe pas“. Elle continue en me disant assez sèchement que c’est “moi qui dois faire des efforts, prendre sur moi” et de “ne pas faire ma chochotte“.

A ce moment-là, je suis complètement perdue. Tout ce que je sais, c’est que jamais plus je ne veux me retrouver face à cette gynécologue. Pour des raisons géographiques, je ne peux plus retourner voir Pauline, son cabinet étant à la campagne à côté de chez mes parents. Je prends donc quand même plusieurs rendez-vous avec d’autres médecins qui ne me seront pas d’une grande aide non plus.

Je sens bien que le problème vient de l’implant, mais je ne suis pas médecin alors je doute de mon ressenti. Le premier médecin, un vieux largué sur les questions de contraception, me dit qu’il ne sait pas trop d’où peut venir mon problème mais, que cela n’est surement pas causé par l’implant. Il me prescrit des analyses sanguines pour détecter “d’éventuelles autres causes“.

Résultats : je suis anémiée (sans déconner?) et c’est tout. J’abandonne avec celui-ci et me rends, mes analyses sous le bras, chez unE médecin (je voulais absolument une femme cette fois-ci). Elle regarde mes analyses et s’étonne également que l’implant soit la cause de symptômes si retentissants. Elle ne cherchera pas plus loin pour identifier la cause, mais me prescrit tout de même de l’homéopathie pour faire stopper les saignements (la blague). Je n’ai même pas pris la peine de me rendre à la pharmacie.

Conclusion : je suis baladée de discours évasifs en discours évasifs. Personne ne sait trop ce que j’ai et personne ne semble admettre que l’implant puisse avoir des effets secondaires aussi lourds. Il y avait forcément autre chose : on m’a même parlé de cancers, d’infections ou maladies sexuellement transmissibles, mais les analyses ne donnaient rien. J’ai perdu un fric fou à payer de ma poche consultations et analyses en laboratoire à répétition pour au final me retrouver sans la moindre réponse et sans le sous.


La liste des symptômes s’allonge…

D’analyses inutiles en analyses inutiles, nous voilà arrivés à sept mois complets de règles très abondantes. Contrairement aux dires de la gynécologue, elles ne passaient pas. En plus des règles, j’ai commencé à faire de grosses hémorragies. Environ un matin sur quatre, je suis réveillée par mon nez qui saigne à pleins torrent (très agréable) et je me rends également compte que mes saignements ne viennent plus uniquement du vagin, mais aussi de l’anus (joie !). Le tout, accompagné de douleurs au ventre absolument atroces : sans aucune comparaison avec les douleurs habituelles des règles. J’ai l’impression que mes entrailles se déchirent et veulent sortir de mon corps…

A cause de l’anémie, la fatigue devient de plus en plus intense chaque semaine. Le moindre effort physique devient une épreuve olympique et rapidement, je ne peux même plus passer l’après-midi en ville avec des amies. Puis, même plus un repas. Très vite, les douleurs et la fatigue sont si intenses que je ne suis même plus capable de sortir de chez moi voire de mon lit, selon les jours.

Je suis passée d’environ 55kg à 39,5kg. Un médecin que j’ai vu lorsque j’étais au plus bas de mon poids m’a cru anorexique, alors même que j’avais augmenté mes prises alimentaires (sinon, je ne tenais pas). Il m’a suspectée de cacher mon “anorexie” avec mon histoire de contraception et m’a prescrit des rendez-vous chez une psychologue. Un autre médecin pensait quant à lui à une colopathie. La fatigue devenait insoutenable, je ne pouvais pas rester plus de dix minutes débout sans m’évanouir. Il m’est même arrivé de m’évanouir dans la rue.


Tout cela s’est déroulé entre l’année 2013 et 2014 et sachez une chose : j’ai encore aujourd’hui des séquelles physiques, même des années après. J’ai reprit tout le poids perdu petit à petit, mais mon cycle menstruel est totalement détraqué comme cela arrive aussi avec la pilule. Il m’arrive encore d’avoir mes règles pendant un mois ou deux mois d’affilé (tout de même moins abondantes), puis plus rien pendant trois mois ; ou de faire du spotting* pendant 6 mois.

Autre conséquence relou : je ne suis aujourd’hui plus du tout capable de pratiquer le flux libre instinctif (article à venir) car les douleurs et mon cycle détraqué ne me permettent plus de le faire. Je ne peux plus me repérer aux sensations, car j’ai mal tout le temps et suis donc repassée à la cup (non sans mal). Bref, c’est encore compliqué et j’espère que tout rentrera dans l’ordre un jour.

J’aurais aimé connaitre tous ces effets secondaires avant la pose. Là est pour moi la pire faute du système de santé. Il m’est toujours difficile de comprendre comment les professionnel.les de santé n’ont pas tout de suite fait le lien entre mes symptômes et l’implant, alors même que ces derniers sont très largement renseignés dans la littérature scientifique médicale, même jusque dans la notice du Nexplanon (marque de mon implant). Sont listés parmi les effets secondaires très fréquents (plus d’une “femme” sur 10) : maux de tête, règles irrégulières, état dépressif, douleurs abdominales, nausées, perte de poids, règles douloureuses … (2).

J’espère très sincèrement que les problèmes liés aux contraceptions hormonales sont désormais mieux pris en charge et mieux détectés par les professionnel.les de santé. En quatre ans, j’espère que la situation a évoluée et dans tous les cas, j’espère que cet article trouvera son public afin que vous soyez également capables de reconnaître le problème et de réagir en conséquence rapidement : la meilleure réaction étant de demander directement un retrait de l’implant dès que vous sentez que les choses deviennent problématiques.

Aujourd’hui, je suis de nouveau en errance contraceptive. Je ne veux plus la moindre contraception chimique dans mon corps à cause de tous les problèmes que j’ai rencontrés par le passé. Les préservatifs me répugnent un peu et causent tellement de déchets que je n’ai pas envie d’en utiliser, il en est de même pour les gelées spermicides. Dans l’idéal j’aimerais pouvoir me faire stériliser, mais je vous raconterai cette galère une autre fois… 😉

Prenez grand soin de vous 😉 <3


Lexique :
*spotting : des pertes très légères de sang, en général sans danger, qui surviennent entre les menstruations. (1)


Références :
(1) Dansmaculotte.com : Spotting, on vous dit tout sur ces saignements en dehors des règles.
(2) Eurekasanté.vidal.fr : NEXPLANON (fiche technique du médicament).