5 applications mobiles “écolos” et gratuites 🌎📱

5 applications mobiles “écolos” et gratuites 🌎📱

temps de lecture : environ 7 minutes

L’écologie et le respect de notre planète sont désormais des sujets très importants pour nombre d’entre nous. Je n’ai pas besoin de vous faire un topo, vous savez probablement déjà à quel point nous sommes dans le caca. Mais les consciences s’éveillent, les mentalités changent et afin d’aligner nos actes et nos idéaux, je vous présente aujourd’hui cinq applications mobiles éco-friendly.

Toutes les applications que je vous propose aujourd’hui sont gratuites, et disponibles à la fois sur Android et sur iOS. Pour une navigation plus facile, voici un sommaire. Vous pouvez cliquer directement sur le chapitre qui vous intéresse. 🙂

  1. Too Good To Go
  2. Yuka
  3. INCI Beauty
  4. Vinted
  5. Geev

Too Good To Go

Too Good To Go vous permet de profiter chaque jour des centaines de produits invendus dans votre ville. Plutôt que de les jeter, les commerces publient eux-mêmes les produits disponibles pour vous en faire profiter à prix réduits.

Le gaspillage alimentaire est un véritable fléau. Pendant que des millions de personnes souffrent de la faim, des tonnes de nourritures sont jetées tous les jours. Chaque année, ce n’est pas moins de 10 millions de tonnes de boustifaille qui partent aux oubliettes. 20 tonnes par minutes. 317 kg chaque seconde. Too Good To Go est une bonne manière de lutter contre cela, à son niveau, mais aussi de faire des économies. 🙂

Les +

  • Les prix proposés sont vraiment attractifs. Je me remets dans la peau de l’étudiante fauchée que j’étais, et j’aurais beaucoup aimé avoir cette application à l’époque. Elle m’aurait permise de changer un peu de mes pâtes natures, et de me faire plaisir à moindre coup.

Les –

  • Il y a moins de choix lorsque l’on vit en province.
  • Trop peu d’offre végétalienne à mon gout. Les offres d’invendus reflètent l’offre générale de votre ville. S’il y a beaucoup de restaurants végéta*iens près de chez vous, vous aurez plus de choix. Perso, j’utilise rarement l’application pour cette raison, mais je la conseille quand même vivement ! 😃

Yuka

On reste dans l’alimentaire avec l’application Yuka, une application vraiment ultra pratique pour analyser la composition des produits du quotidien. Je l’ai vraiment adoptée ! Grâce à Yuka, vous pourrez éviter très facilement les produits contenants des substances néfastes, où qui ne sont pas recommandables.

Le principe est simple : vous n’avez qu’à scanner un produit pour en décrypter la composition en quelques secondes seulement (il est également possible de faire des recherches manuelles). Yuka notera le produit sur 100 et mettra à votre disposition un décryptage complet, vraiment très détaillé : informations nutritionnelles, qualités et défauts du produits…

Les +

  • L’application est très intuitive grâce à son code couleur et rapide à utiliser. Vous pouvez analyser un produit en un éclair, et même dégainer votre smartphone directement en magasin. Fini les recherches qui durent des plombes sur des ingrédients aux noms à coucher dehors.
  • Yuka fonctionne également pour les produits de beauté ! 😃
  • La présence de substances dangereuses dans les produits est très bien mise en avant. Yuka vous indique le nom de la substance et vous fait même un petit topo sur celle-ci, vous expliquant pourquoi elle est problématique. En l’utilisant, vous en apprendrez donc beaucoup sur ces substances à éviter : un point que j’adore !

Les –

  • Tous les produits ne sont pas référencés dans Yuka. Il est possible que celui que vous souhaitiez analyser soit inconnu de l’application. Vous pouvez néanmoins soumettre une analyse à Yuka. Je l’ai fait quelquefois, mais n’ai toujours pas eu de réponses plusieurs mois plus tard. 🙁
  • Le catalogue de produits de beauté n’est pas très développé, mais offre une parfaite transition pour l’application suivante ! 😉

INCI Beauty

L’application INCI Beauty fonctionne exactement comme Yuka, mais est spécialisée dans les produits de beauté. Contrairement à la précédente, le catalogue de produits est donc bien plus vaste. C’est cette application que j’avais utilisée dans mon article sur les produits de la marque Modere. Comme pour Yuka, vous pouvez scanner le produit directement, ou faire une recherche manuelle.

Les +

  • Les analyses sont très claires, utilisent le même code couleur que Yuka et détaillent aussi très bien les substances présentes dans les produits en fonction de leur dangerosité.
  • L’application s’utilise très facilement directement en boutique pour ne pas se faire avoir pendant l’achat, ou si l’employé•e du magasin tente de vous entourlouper (ça arrive ! 😉).

Les –

  • Pas mal de publicité dans l’application.

Vinted

Je vous avais déjà parlé de Vinted dans mes 10 astuces pour une mode éthique, mais j’aime tellement cette application que je tenais à l’inclure dans ma sélection du jour ! Aujourd’hui, on ne présente plus Vinted, la célèbre friperie en ligne. Vous y trouverez vêtements, accessoires, chaussures à foison et même parfois des pièces encore neuves !

Vinted est l’application parfaite pour éviter d’acheter en magasin tout en faisant des économies. Voilà maintenant presque un an que je n’achète plus en boutique, mais uniquement sur Vinted.

Je réduis mon emprunte carbone, je fais des économie et me fait quand même plaisir. Il m’arrive encore de “faire les boutiques” , mais uniquement pour repérer des articles et les chercher ensuite sur Vinted (et je trouve à chaque fois, je n’en suis donc pas du tout frustrée ! 😉)

♻️ Quand je reçois un article, je ne jette jamais l’emballage : je le garde pour le réutiliser. Ce serait trop dommage de devoir acheter des contenants pour expédier mes propres ventes.

Les +

  • Le catalogue est très varié, il y en a pour tous les goûts, à tous les prix !
  • L’app est très simple d’utilisation, que vous souhaitiez vendre ou acheter.

Les –

  • La communauté n’est pas toujours très agréable et offre parfois son lot de prises de becs. Ce problème arrive surtout si vous vendez. Je n’ai jamais le moindre souci lorsque c’est moi qui suis acheteuse (probablement parce que je suis respectueuse, contrairement à certain•e•s ! 😂)

Un article détaillé sur l’application Vinted est en cours d’écriture ! 😏 N’hésitez pas à vous abonner (tout en bas de la page) pour ne pas le louper ! J’y donnerai toutes mes bonnes astuces en tant que vendeuse expérimentée, ainsi que les pièges à éviter.


Geev

Geev, c’est la générosité à l’état pur : tout est gratuit. Vous y trouverez absolument tout : des meubles, des vêtements, de l’électroménager… en don ! Les objets peuvent être “à bricoler” mais aussi neufs ! Vous pouvez parcourir le catalogue, déposer une demande si vous ne trouvez pas ce que vous cherchez, et donner à votre tour ! 🙂

Les +

  • Des dons : que demander de plus ? 😄
  • Très simple d’utilisation.

Les –

  • Il arrive parfois que certains membres (qui n’ont apparemment pas bien compris le principe de l’application) proposent des objets en dons, puis vous annonce en message privé qu’il vous faudra payer une certaine somme. Bref, un faux don.
  • L’application vous demandera l’accès à de nombreuses données personnelles inutiles pour son bon fonctionnement. Vous pouvez refuser, mais je le mentionne car j’ai rarement vu une liste aussi longue dans une application !

J’espère que ces applications vous séduiront autant que moi ! Certaines, comme Vinted, sont déjà très connues, mais j’espère vous en avoir fait découvrir une ou deux ! 🙂 N’hésitez pas à partager vos applications préférées en commentaire, je me ferais un plaisir de les essayer !

10 astuces pour s’habiller végane et éthique !

10 astuces pour s’habiller végane et éthique !

10 astuces pour s’habiller végane et éthique !

Lorsque l’on choisit de devenir végane, c’est toute notre vie que nous remettons en question. Alimentation, loisirs, cosmétiques mais aussi mode : tout y passe ! Et si, en plus de l’attention portée pour éviter les produits animaux dans nos vêtements et accessoires, on souhaite s’orienter sur des produits éthiques, équitables et écologiques, l’équation peut vite devenir compliquée ! Aujourd’hui, je vous propose quelques astuces afin d’y voir plus clair !

1. Moins c’est mieux

Avant toute chose, réfléchissons cinq petites minutes et posons nous les bonnes questions !

Pour cela, je vous conseille la méthode bisou ! Avez-vous vraiment besoin de cet article ? L’achat est-il vraiment urgent ? N’avez-vous pas déjà un article équivalent chez vous ? Posez-vous également la question de son origine et de ce que cela implique. Est ce que cet article vous sera vraiment utile ?

Si la réponse est oui, envisagez-alors votre achat en pleine conscience, et faites au mieux avec les conseils suivants.

2. Privilégiez les achats “seconde main”

A la méthode bisou, j’ajouterais la question : est ce que cet objet peut être acheté d’occasion?

Depuis un peu plus d’un an, je n’achète plus rien en boutique mais uniquement d’occas. Il m’arrive encore de faire du lèche-vitrine, mais uniquement pour repérer les articles qui me plaisent. Ensuite, je recherche l’équivalent sur Vinted, ou directement en friperies. Vous pouvez également consulter les innombrables groupes Facebook de “vide dressing” pour éviter le transport.

Pour des soucis de taille et de style vestimentaire, je ne trouve quasiment jamais rien en friperie.

En revanche, les applications de vide dressing sont de vraies mines d’or. J’utilise principalement Vinted et United Wardrobe. J’y trouve ce que je cherche quasiment à chaque fois.

Certes, il y a des emballages et du transport, mais ce n’est qu’un petit grain de poussière comparé à l’impact environnemental d’un produit neuf.

Je ne jette aucun emballage : ils me servent à expédier les vêtements que je revends.

Le seul défaut que je trouve à Vinted, c’est le côté très classique des pièces proposées. Pour des articles un peu plus stylés et originaux, je vous recommande davantage l’application United Wardrobe. C’est un peu plus cher, et je ne suis pas très fan de leur système de vente, mais vous y trouverez de véritables petites perles.

Évidemment, vous trouverez de tout sur ces applis, y comprit des marques de grande distribution pas du tout éthiques, il convient donc aussi de faire un petit tri. Et si vous craquez vraiment sur une pièce, au moins, vous ne l’achetez pas neuve. On va dire que c’est “moins pire”.

3. Privilégiez les petit.e.s créateurices

Dans le cas où vous souhaiteriez vraiment acheter un produit neuf, autant le faire auprès de créateurices à plus petite échelle. Je préfère largement donner mon argent à de petites structures françaises et éthiques, dont voici quelques exemples …

  • Dikt’art : vêtements écologiques et équitables (coton 100% biologique et certifié GOTS, OE 100, OE Blended, OEKO TEX et REACH).
  • Paulette à Bicyclette : joaillerie éthique (premier joaillier français labellisé Fairmined).
  • Minuit Sur Terre : chaussures véganes conçues avec respect (éthique et avec du choix).

4. Renseignez-vous avant d’aller en boutique

Tous les conseils que je vous donner aujourd’hui devraient idéalement être appliqués avant votre sortie shopping.

Sur place, c’est presque déjà trop tard, car ce n’est pas en pleins milieu de la boutique que vous aurez la motivation de lancer une longue recherche sur les méthodes et la transparence d’une marque. Et ne comptez surtout pas sur les employé.e.s pour vous donner les informations dont vous aurez besoin, a fortiori sur les questions éthiques et de production.

Règle générale : ne JAMAIS croire le moindre mot issu de la bouche du personnel (et c’est une nana expérimentée dans la vente qui vous le dit).

Quasiment tous mes précédents employeurs m’ont déjà demandé de mentir, ou de dissimuler des informations aux client.e.s sur une caractéristique d’un produit ou la marque en général.

5. Les étiquettes ne sont pas forcément fiables

Elles sont déjà difficiles à décrypter, mais le pire dans tout ça, c’est qu’elles ne sont même pas nos meilleures alliées ! Je parle bien évidemment de ces étiquettes si compliquées, pourtant censées nous être utiles ! Voici quelques informations utiles à connaitre :

  • La mention “made in …” désigne le pays d’assemblage du vêtement. Par conséquent, une boutique peut afficher “made in France” car le produit a été cousu en France, alors que les matières premières peuvent venir de n’importe où.
    Exemple : Maje, qui profite de la mention “made in…” indiquant un pays d’Europe pour faire croire aux client.e.s que la fourrure vient du dit pays, alors qu’elle vient en réalité de Chine (ouais je balance, Maje ne mérite pas mon silence).
  • Pour avoir plus d’information sur le pays d’assemblage, vous pouvez consulter les premiers chiffres du code barre (ils indiquent une localisation). Vous trouverez ici la correspondance entre le code barre et les différents pays.

Sachez également que certain.e.s commerçant.e.s malhonnêtes pratiquent l’étiquetage frauduleux (particulièrement sur les marchés et les stands).

Ma dernière prise en date : le stand au marché de Noël de Tours de l’enseigne “La Boîte à Chapeaux”. Vous trouverez de magnifique petits bonnets ornés d’un pompon de fourrure animale. Alors que l’étiquette indique un bonnet 100% synthétique, le pompon quant à lui est certifié 100% cadavre. Pour ne plus vous faire avoir, retrouvez mes astuces pour discerner la fourrure animale et la fourrure synthétique.

Le mieux, c’est de se renseigner sur la marque en amont, et d’être capable de reconnaitre soi-même les matières.

6. La vraie fourrure n’est pas forcément chère

Cette idée reçue à la peau dure ! Nous avons touste l’image du manteau de fourrure de luxe au prix exorbitant, mais cela ne reflète plus du tout la réalité !

Aujourd’hui, à cause de la production massive de fourrure animale (principalement d’origine chinoise et finlandaise), le prix de la “vraie fourrure” s’est aligné sur la fausse.

Pour plus de détail au sujet de la fourrure, je vous conseille de lire mon grand guide de la fourrure, paru il y a quelques mois sur le blog !

7. Le “cuir végétal” n’est pas végane

Attention à la mention “cuir végétal” sur les produits de maroquinerie ! Cela ne signifie absolument pas que le produit ne contient pas de cuir, mais seulement que la peau de l’animal a été tannée avec des matières végétales (un peu comme l’appellation “poulet végétal”, qui signifie que l’animal a été nourri d’une certaine façon, et pas qu’il s’agit à proprement parler de “poulet végétal”). Point de véganie là-dedans.

8. Les fausses plumes n’existent pas

Si vous voyez la mention “plumes synthétiques” sur un produit, sachez qu’il s’agit bel et bien de plumes d’oiseaux. En général, la mention “synthétique” signifie surtout que les plumes ont été colorées.

Des fausses plumes seraient bien trop compliquées à fabriquer ; alors que les industriels peuvent en disposer à foison. Les plumes sont un sous-produit animal, c’est à dire un déchet de l’élevage. Elles sont donc disponibles en grandes quantités pour un prix ridicule, et c’est pour cette raison qu’aucune marque à ma connaissance ne s’embête à fabriquer des “plumes véganes”.

9. Les colles textiles à base de poisson

Cela n’est jamais mentionné sur l’étiquette, mais certaines colles utilisées dans l’industrie textile et la maroquinerie contiennent du poisson.

Je n’ai pas d’astuce à proprement parler pour débusquer la présence de ces colles dans les produits car les marques ne l’indiquent jamais. Pour les éviter, je vous conseille de vous orienter vers les marques de mode véganes, qui veillent à ce que ce type de colle ne soit pas utilisé dans leur chaine de production.

Pour une liste très complète des marques de mode éthiques, véganes et dont certaines sont aussi made in France, je vous conseille de consulter l’article suivant sur le blog Hypiness.

10. Privilégiez les matières végétale naturelles

Évidemment, je ne vous parle pas de cuir, ni de fourrure ! Nous voulons une mode sans souffrance. Néanmoins, je ne saurais que trop vous conseiller de vous tourner vers des matières aussi naturelles que possible comme le coton ou le lin, le cuir de champignon, le piniatex (cuir d’ananas)…

Évitez autant que possible les produits dérivées de la pétrochimie comme le polyester, qui en plus d’être très désagréables peuvent être nocives et contenir des perturbateurs endocriniens.


J’espère que cet article vous a aidé à y voir un peu plus clair. Si vous avez d’autres astuces, n’hésitez pas à les partager en commentaire ! A la semaine prochaine !

Comment discerner “vraie” et “fausse” fourrure ? – Vidéo #2

Comment discerner “vraie” et “fausse” fourrure ? – Vidéo #2

Il y a plusieurs semaines, j’ai publié un gros dossier sur le thème de la fourrure. Qu’est-ce que la fourrure ? Comment différencier vraie et fausse ? J’avais abordé ces questions dans le but d’aider les consommateurs et consommatrices à y voir plus clair dans les rayons des magasins, et je suis super contente de l’accueil chaleureux que vous avez fait à mon post ! Merci <3

Pour que le message se propage encore plus facilement, j’ai décidé de filmer cette petite vidéo où je donne à nouveau les fameuses astuces pour discerner la fourrure animale de la fourrure synthétique. Elle n’est pas aussi complète que l’article original, sinon elle aurait duré plus d’une heure, mais elle a au moins le mérite de donner rapidement les astuces, spécialement pour celleux qui n’aiment pas lire ! Et oui, il faut penser à tout le monde ! <3

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=YNAV9YPfpGk&w=560&h=315]

N’hésitez pas à partager cette vidéo si cela vous tente, et si vous aussi vous souhaitez que les gens ne puissent plus dire qu’iels ne savaient pas en faisant leurs achats ! Bisous, et à la semaine prochaine ! <3

Le grand guide de la fourrure LGD #2

Le grand guide de la fourrure LGD #2

Nous sommes déjà mi-septembre et plus les jours passent, plus l’hiver approche. Certes, les jours sont encore beaux et doux, mais les magasins nous proposent dors et déjà les collections pour cet hiver : manteaux, doudounes, bonnets et gants remplissent déjà les étagères ! C’est donc le moment idéal pour moi de rédiger un guide sur la fourrure. Après sa lecture, plus de confusion possible entre fourrure animale et fourrure synthétique ! Beaucoup d’entre vous pensent certainement que la fourrure animale, celle que l’on appelle « vraie fourrure », est une matière de bourgeoise ou qu’on ne la trouve que dans les boutiques de luxe. Quand je vous dis « vraie fourrure », vous pensez probablement au gros et long manteau en vison de votre mamie. Peut-être même que certain•e•s d’entre vous pensent que « la vraie fourrure » est révolue, que l’on n’en fait plus de nos jours. Grossière erreur ! On a dû mal à l’imaginer, mais la fourrure animale fait un retour fracassant sur le marché ces dernières années. Elle qui avait si mauvaise presse dans les années 80′ suite aux campagnes de PETA, Brigitte Bardot et cie, fait aujourd’hui son grand come-back. Fini le gros manteau de raton-laveur que les Français•e•s ont encore dans le collimateur. Aujourd’hui, les marques préféreront insérer la fourrure animale par petites touches sur des pièces ordinaires de nos dressings. Un petit pompon sur un bonnet, le fourrage d’une paire de bottes d’hiver, le col de capuche d’une doudoune ou même un porte-clé : la fourrure animale se cache là où on ne l’attend pas, sur des pièces que nous n’avons pas forcément le réflexe de vérifier avant l’achat. Lors de différentes actions de sensibilisation, beaucoup de personnes m’ont posé des questions sur le thème de la fourrure. Comment différencier fourrure animale et fourrure synthétique ? Les marques sont-elles fiables à ce sujet ? La fourrure animale peut-elle être produite de façon éthique ? Autant de questions que je m’apprête à traiter dans ce guide spécial fourrure dans lequel je vous donnerai toutes les astuces à ma connaissance pour ne plus se faire piéger ! Cet article n’a pas vocation à sensibiliser sur la fourrure mais simplement à vous guider dans vos achats. Je pense que nous nous accordons toutes et tous sur le fait que l’industrie de la fourrure est totalement barbare, cruelle et inutile (les mots sont faibles), ce poste n’a donc pas pour but de vous sermonner. Il n’y aura ni images choquantes ni discours larmoyant : seulement des informations et des astuces à appliquer au quotidien !
1. Qu’est-ce que la fourrure animale / fourrure synthétique ? 2. Halte aux idées fausses sur la fourrure animale ! 3. Comment différencier fourrure animale et fourrure synthétique ? 4. Les trucs et astuces pour discerner “vraie” et “fausse” fourrure.

1. Qu’est-ce que la fourrure animale / fourrure synthétique ?

Tout d’abord, commençons par définir les bases, histoire que l’on parle toutes et tous de la même chose. Le terme générique “fourrure” désigne une peau animale garnie de ses poils (ou plus rarement de duvet ou de plumes). Ce matériau est obtenu par écorchage et dépeçage des animaux : le plus souvent de mammifères sauvages ou d’élevage. La peau est ensuite traitée par différents processus de tannage afin de la rendre souple et imputrescible. Habituellement, elle est composée de deux couches principales : la peau (assimilable au cuir) et les poils qui y sont implantés. Une fois tannée, la fourrure est utilisée pour la création de vêtements, d’accessoires ou diverses fournitures. (1)

Doudoune de la marque Devernois, en fourrure animale.

On parle de “fourrure synthétique” pour désigner toutes les imitations ne faisant pas intervenir d’animaux dans leur fabrication. La plupart du temps, la fourrure synthétique est issue de l’industrie pétrolière, autrement dit des dérivés de plastique.

2. Halte aux idées fausses sur la fourrure animale !

Beaucoup d’idées fausses persistent à propos de la fourrure et sont d’ailleurs à l’origine de la plupart des erreurs des consommateurs et consommatrices. En voici un petit tour d’horizon, toutes issues de nos échanges avec les passant.es pendant des actions de sensibilisation.
La “vraie” fourrure n’est pas l’apanage des grandes maisons de luxe. Et oui ! Cela peut surprendre, mais la fourrure animale a très largement dépassé les portes des boutiques Dior et Chanel. On la trouve absolument partout, y comprit dans des enseignes mass-market, et même dans des magasins de sport ! Zadig & Voltaire, Le Temps des Cerises, l’enseigne de bijoux MOA, Burton ou Celio sont autant d’enseignes que vous croisez quotidiennement et qui commercialisent de la “vraie” fourrure. (2) Même Intersport s’y met avec sa collection de doudounes dont les capuches arborent de la fourrure animale.
La “vraie” fourrure n’est pas nécessairement plus coûteuse que la fourrure synthétique. Après avoir lu le point précédent, vous vous doutez certainement que le prix d’une pièce ne signifie plus rien. En cause, les fermes à fourrure de pays comme la Chine ou la Finlande qui produisent de la fourrure animale à très bas prix. Elles sont si compétitives que les prix de la fourrure animale s’alignent sur la fourrure synthétique. Exemples frappants : la doudoune Intersport (environ 40€) ou les bonnets à pompon de l’enseigne MOA (environ 20€ maximum) : tout deux sont pourtant garnis de fourrure animale. Vous l’aurez compris, il est aujourd’hui absolument impossible de se fier au prix d’une pièce pour se rassurer sur l’absence de fourrure animale.
Aucune ferme à fourrure n’attend que l’animal “meurt de vieillesse” avant de récolter sa peau. Cela peut prêter à sourire, mais c’est une croyance assez répandue, principalement à cause des enseignes peu scrupuleuses qui cherchent à déculpabiliser leurs client.es. Pas besoin d’épiloguer sur ce point, le simple bon sens nous permet de comprendre qu’il est impossible pour une ferme à fourrure de procéder ainsi, pour des raisons évidentes de rentabilité.
Les poils des animaux ne sont pas “rasés puis collés” sur les vêtements. Cette croyance elle aussi a la peau dure, bien qu’il soit évident que ce n’est pas le cas. Tout comme la précédente, elle persiste en raison de son caractère rassurant pour les client.es. En effet, il est bien plus facile de vivre avec l’idée que l’animal est régulièrement rasé (cela ramène la fourrure au même niveau que la laine des moutons) et ses poils collés, plutôt que d’affronter la réalité : un animal tué, le plus souvent par électrocution anale, puis écorché. Pourtant, c’est bien de cette façon qu’est produite la fourrure.

3. Comment différencier fourrure animale et fourrure synthétique ?

Cette question pourrait paraître simple : enfin, il suffit de lire l’étiquette ! Et bien, en théorie oui, vous avez raison. Mais en pratique, ce n’est pas la même tisane. Il arrive parfois que des enseignes commercialisent de la “vraie” fourrure alors que l’étiquette indique qu’il s’agit de synthétique. Cela est d’autant plus courant sur les stands, les braderies, les friperies et les marchés. Mes ami.es militant.es et moi avant l’habitude de jeter un rapide coup d’oeil, et les faux étiquetages sont fréquents. Les employé.es de boutique savent également que la fourrure a mauvaise presse et n’hésitent pas à mentir, en fonction du type d’article que vous recherchez. C’est ainsi que l’année dernière dans une boutique de la ville de Tours, nous avons pu filmer (en caméra cachée) une vendeuse nous assurant que la fourrure d’une pièce de sa boutique était synthétique, alors qu’il s’agissait de fourrure animale. La situation n’est donc pas si claire qu’il n’y parait. Aux mensonges délibérés s’ajoutent aussi les scandales comme celui de la fourrure de chiens et de chats provenant de Chine, et vendue en Europe comme de la fourrure de raton-laveur ou de lapin (3).

4. Les trucs et astuces pour discerner “vraie” et “fausse” fourrure

Vous l’aurez compris, il est au final bien plus pratique et infiniment plus sûr de savoir reconnaître la fourrure animale sans avoir besoin de regarder l’étiquette. Cela peut paraitre compliqué de distinguer la “vraie” de la synthétique, mais le coup d’oeil vient très rapidement ! Pour vous aider, voici cinq astuces très simples !

1. Le test du feu.

C’est LE test imparable pour différencier fourrure animale et fourrure synthétique. Arrachez délicatement quelques brins du fourrage et brûlez le bout avec une allumette ou un briquet (en faisant attention). S’il se dégage une forte odeur de plastique, il s’agit de fausse fourrure. En revanche, si vous sentez une odeur de cheveux brûlés (ou “cochon grillé” comme on l’appelle vulgairement), alors il s’agit de “vraie” fourrure. Fiabilité : 100% ! Vous ne pouvez pas vous tromper avec ce test ! Son plus gros avantage : il permet aussi de débusquer les “mélanges” de fourrure qui sont plus difficiles à discerner à l’oeil nu (parfois, des pièces mélangent synthétique et fourrure animale). L’odeur de “cheveu brûlé” est si forte qu’elle ne sera pas masquée par l’odeur de plastique pendant votre test. En revanche, il peut être compliqué à effectuer si vous êtes en boutique, c’est à vous de voir.

2. Inspecter la base du fourrage.

Attrapez votre pièce et écartez les poils de la fourrure pour inspecter la base. Premier cas de figures : vous distinguez une sorte de filet, de maillage en tissu ou en toile. Il s’agit donc vraisemblablement de fausse fourrure (les poils en plastique sont tressés directement dans les mailles, comme pour une perruque). Second cas de figure : vous distinguez une surface uniforme, lisse et douce, semblable à la peau d’un chien ou d’un chat lorsque vous écartez ses poils. Dans ce cas-là, il s’agit indubitablement de fourrure animale (on le rappelle, la peau de l’animal est arrachée, est donc toujours présente sur le vêtement).

On distingue bien la surface lisse, il s’agit de la peau de l’animal.

Ici, pas de peau, mais un maillage en tissu sur lesquels les poils synthétiques sont tressés.

Fiabilité : 90%. Si vous distinguez la peau, alors il n’y a aucun doute : il s’agit de fourrure animale. En revanche, si vous voyez le tressage, il peut toujours s’agir d’un mélange entre synthétique et fourrure animale (même si c’est plutôt rare). Pour cette raison, je ne peux pas garantir une fiabilité à 100%, bien que cela soit un très bon indicateur.

3. La longueur des poils.

Sur cette doudoune (fourrure animale), on distingue clairement une différence de longueur dans les poils.

Dans le cas de la fourrure synthétique, les poils sont souvent tous de la même longueur. Or, ce n’est souvent pas le cas pour la fourrure animale. Généralement, cette dernière est composée de plusieurs longueurs et de densités différentes. La plupart du temps, on peut voir une couche de base très dense (presque duveteuse) et plus courte, ainsi que des poils plus longs mais plus disparates qui en ressortent. Les photos seront surement bien plus parlantes que mes explications à l’écrit.

La première couche de poils est courte et dense, elle forme une sorte de duvet, et la seconde couche de poils est plus longues et plus espacée.

Fiabilité : 70%. De tous les critères visuels, la longueur des poils est la plus fiable pour distinguer fourrure animale et synthétique. Cependant, elle ne suffit pas à elle seule à s’en assurer. En effet, la fourrure synthétique imite parfois très bien cette différence de longueur. Attention : Il est important de noter que ce critère ne peut pas être utilisé pour les pièces en fourrure “courte”, comme les manteaux en lapin par exemple, ou pour les fourrures coupées. Dans ces deux cas, il est préférable de se reporter au point 1 et/ou 2.

4. Le flottement.

Observer la façon dont réagit la fourrure lorsque l’on souffle dessus peut aussi aider à déterminer sa nature. La fourrure synthétique aura tendance à rester statique, alors que la fourrure animale sera plus prompte à flotter, à virevolter un peu dans tous les sens. Lors de votre prochaine sortie en ville, observez (si c’est la saison) les cols en fourrure des passant.es. Certains seront à l’épreuve du vent et ne bougeront pas d’un poil (synthétique), alors que d’autres feront comme des petits rebonds à chaque pas de l’humain.e qui le porte (fourrure animale). L’effet sera encore plus saisissant s’il y a du vent ce jour-là. Vous avez certainement déjà vu un chat à poils longs se promener dehors, par une journée venteuse : ses poils virevoltent. Et bien gardez cette image en tête, car le vent aura exactement le même effet sur la fourrure animale. [wpvideo Ion3jfZY class=”data-temp-aztec-video”] Fiabilité : 60%. Attention : là encore, ce n’est pas le test le plus fiable car la fourrure synthétique imite parfois cette caractéristique (notamment quand il s’agit de poils longs). Comme pour le point 3, ce critère de flottement ne sert pas à grand-chose dans le cas des fourrures plus courtes.

5. La brillance.

Dernier point d’ordre visuel : la brillance. Les poils de la fourrure synthétique étant faits de plastique, ils auront davantage tendance à briller. Regardez les poils sous la lumière du soleil, ou avec le flash de votre téléphone : le résultat devrait être assez évident. Repensons une nouvelle fois à un chat : ses poils ne brillent pas, ils sont plutôt mattes. Il en est de même pour la fourrure animale. Fiabilité : 50%. Attention : ce point n’est valable que sur les fourrures non-teintées. Dès lors qu’une fourrure animale est teintée, elle aura tendance à briller davantage.

Conclusion

Ces cinq points vous permettront d’y voir plus clair pendant votre shopping. Cela peut paraitre assez fastidieux, mais je vous garantie que le coup d’œil vient vite. Avec l’habitude et grâce à ces cinq critères, je suis capable de dire en quelques secondes si une personne que je vois dans la rue porte de la fourrure synthétique ou animale (oui, je suis devenue un radar à fourrure !). Évidemment, il y a toujours une marge d’erreur, car je ne vais décemment pas me permettre de bruler la fourrure des passant.es, ou farfouiller dans leurs cols pour voir si la base est en peau ou en tissu : mais généralement, je ne me trompe pas. Aucune raison que vous ne puissiez pas en faire autant !

En bref, les idées à retenir :

  • la fourrure animale peut se trouver dans tous les types d’enseigne (luxe comme supermarchés) !
  • la fourrure animale n’est pas plus chère !
  • les vendeurs et vendeuses ne sont généralement pas très fiables sur ce sujet, et peuvent parfois mentir !
  • il est toujours préférable de vérifier par sois-même avec les cinq points : test de la flamme, base du fourrage, flottement, longueurs des poils et brillance.

Avez-vous une autre question sur la fourrure ? Une autre astuce ou une autres idée reçue à ajouter ? N’hésitez pas à réagir en commentaire !

Passez un excellent hiver, sans cruauté pour nos ami.es les animaux.


Sources : (1) Wikipédia : Fourrure (2) mode-sans-fourrure.com : Liste rouge des marques qui vendent de la fourrure animale. (3) Des vêtements confectionnés avec des poils de chiens et de chats