Big V Sanctuary 🐷

Big V Sanctuary 🐷

C’est bien beau de sauver des animaux de l’exploitation qu’ils•elles subissent, encore faut-il avoir le courage de s’en occuper ensuite soi-même, ou de leur trouver une terre d’accueil digne de ce nom : où ils•elles trouveront soin, paix et sécurité.


C’est précisément la mission de Miranda et Jérôme, les gérant•e•s de Big V Sancturay : un sanctuaire de la région Limousine dont le but est d’accueillir tous les animaux qui en ont besoin. Sauvé•e•s d’élevages par des activistes, ou amené•e•s de bon coeur par les éleveurs et éleveuses : pas de distinction à Big V. Tout le monde trouve sa place.

Nous traitons les animaux d’élevage et leur offrons des soins, de l’amour et la paix dans notre sanctuaire, en les traitant avec dignité et respect. Nous prenons soin d’eux jusqu’a ce qu’ils recouvrent la santé après une période d’abus et de négligence, puis nous trouvons des foyers d’accueil le cas échéant. Nous offrons également un sanctuaire pour les animaux de compagnie, leur permettant de se remettre de mauvais traitements et de trouver des foyers d’accueil sûrs et aimants où ils passent le reste de leur vie. Notre objectif est de permettre à chaque individu de vivre une vie longue et épanouissante dans un environnement sûr, tout en faisant preuve de compassion selon leurs besoins.

Jérome, co-gérant du sanctuaire Big V

Les animaux : des individus uniques

C’est lorsque l’on va au contact des animaux que nous les rencontrons vraiment. Pour les personnes qui n’ont pas eu la chance de passer leur enfance à la campagne comme moi, côtoyer cochons, vaches ou chevaux n’est pas forcément chose commune.

Par conséquent, nous avons tendance à beaucoup simplifier voire “caricaturer” ces animaux qui vivent loin de nous. On leur prête moins d’intelligence, d’émotions et de capacités mentales, contrairement à nos animaux “de compagnie” que nous connaissons et comprenons davantage, du fait de cette proximité.

Quand il s’agit de chiens ou de chats, nous reconnaissons très aisément qu’ils ont une personnalité propre, un caractère bien distinct de celui des autres membres de son espèce.

Nous savons que tous les chats et tous les chiens ne sont pas les mêmes. Prenons mes deux chats en exemple : l’un est très aventurier et indépendant, tandis que le second est un gros patachon peureux et avide de câlins.

Et devinez quoi, c’est exactement la même chose pour chaque espèce. Ce n’est pas différent pour les cochons, les moutons, les vaches… Tous et toutes ont une personnalité, une sensibilité et sociabilisent de façon différente. C’est seulement en se rendant dans des endroits comme Big V Sanctuary pour passer du temps avec eux qu’il est possible de le réaliser.


Des liens très fort créés avec les pensionnaires

Au fur et à mesure de mes visites, des liens très forts se sont créés avec certain•e•s pensionnaires. De la même façon que se tissent nos relations sociales avec nos congénères humain•e•s, des affinités se développent en fonction de nos personnalités. Avec certain•e•s, c’est comme une évidence, et avec d’autres, ça ne colle pas.

William, Violette, Pheobe, Lilly, Blossom, Teddy, Bess, Little Bean, Florence, Pipkin, Edward, Bryn… sont autant de noms qui resteront gravés pour toujours dans mon petit coeur. Ils et elles sont comme des ami•e•s, celles et ceux avec qui j’ai tissé des liens très forts. Certain•e•s ne sont plus parmi nous aujourd’hui, mais il ne passe pas un jour sans que je pense à eux.


Un besoin constant de bénévoles

Les lieux comme Big V Sanctuary ont sans arrêt besoin de bénévoles. A l’inverse des fermes ou des zoos, les sanctuaires (qui n’ont pas un but lucratif), ne se font pas d’argent sur le dos des animaux, et ne les exploitent pas. Ces lieux ne vivent que grâce à la générosité et aux dons, qu’ils soient matériels, financiers ou en temps de bénévolat.

Je ne peux que vous encourager à tenter cette expérience incroyable, et à la renouveler. Même si le travail est dur, même si vous aurez peut-être quelques difficultés au début, je vous assure que vous ne le regretterez pas, tant cette expérience sera riche d’enseignements.

J’espère vous voir très bientôt à Big V Sancturay

Rejoignez-les sur leur page Facebook, ainsi que sur Tipeee.

Que vous souhaitez venir sur place et aider au sanctuaire, ou simplement faire un don, toute l’équipe de Big V ains que les pensionnaires du sanctuaires vous remercient chaleureusement pour votre aide. ❤️

Ne donnez plus d’argent au Téléthon – Actu antispé #4

Ne donnez plus d’argent au Téléthon – Actu antispé #4

En ce premier jour de décembre, je me dois de vous faire passer un message très important pour moi. Comme chaque année, le Téléthon fait son grand retour sur nos petits écrans. Chaque premier week-end de décembre, c’est pas moins de 5 millions de Français.e.s qui se rassemblent devant leurs télévisions.

Le Téléthon jouit d’une excellente image médiatique. Organisé pour la première fois en 1987, il a pour objectif de récolter des dons afin de financer la recherche médicale. Comment en vouloir aux Français.e.s de rentrer dans le jeu et de laisser aller leur générosité ?

Je ne reprocherai jamais à personnes d’avoir commis un acte lorsque cela est fait dans l’ignorance. Je ne peux pas à en vouloir aux donateurs et donatrices, car je suis intimement convaincue qu’ielles donnent avec leurs cœurs. Mais si vous envisagez de donner cette année, rappelez-vous que derrière la belle image médiatique, les vrais visages du Téléthon, ce sont eux…

Ne donnez plus d’argent au Téléthon…

Ces images sont issues d’une vidéo d’enquête sur les chiens du laboratoire de neurobiologie de l’École nationale vétérinaire d’Alfort servant aux expériences financées par l’AFM-Téléthon.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=Wr7OFqh6zsU&w=560&h=315]

Ces chiens naissent atteints de dystrophie musculaire, maladie qui leur inflige une dégradation musculaire handicapante et douloureuse. La dystrophie musculaire (DM) (…) fait des ravages sur leur corps et certaines fonctions vitales sont sévèrement atteintes : les chiens luttent pour marcher, déglutir et même respirer. (1)

Le Téléthon ne sauve pas ces chiens…

Vous pensez peut-être que je souligne l’évidence, mais il n’est pas rare d’entendre que le Téléthon cherche à sauver les chiens malades. C’est un comble. Oui, le Téléthon cherche un traitement, mais il est totalement hypocrite de dire que leur motivation est de soigner les chiens.

En réalité, les chiens sont sélectionnés pour naître malades. En reproduisant deux chiens atteints de dystrophie musculaire, les laboratoires s’assurent de faire naître des chiots eux-mêmes victimes de la maladie étudiée. Ainsi, la même souche de chiens malades est reproduites à l’infini pour servir de cobayes aux laboratoires.

Cette vie de souffrance leur est imposée par la sélection génétique. Si les laboratoires se préoccupaient véritablement du bien-être des chiens, ils ne les feraient simplement pas naître.

La parole poignante de Pascaline

Certain.e.s malades s’opposent aussi très vivement à ce type d’expérimentation et pour moi, il est primordiale que leur parole soit entendue. L’an dernier, pour l’édition 2017 du Téléthon, le témoignage de Pascaline avait fait le tour des réseaux sociaux.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=npYLF6hYwQE]

Pascaline est atteinte de myopathie depuis plus de quarante ans, et même après toutes les éditions du Téléthon, son traitement n’a pas évolué. A quoi a servi tout cet argent ? A quoi a servi toute cette souffrance ?

Comme Pascaline le dit si bien, elle n’a pas envie que des animaux souffrent pour elle. Beaucoup de personnes malades la félicitent en commentaire et rejoignent ses propos.

Mais… Il faut bien essayer de guérir les gens, non ?

Évidemment qu’il est vital de chercher des traitements. Ce que le Téléthon ne vous dit pas, c’est qu’il existe désormais des alternatives et des chercheurs et chercheuses qui développent depuis plusieurs années une recherche à la fois fiable et sans cruauté.

En France, c’est le collectif de chercheurs et chercheuses Antidote Europe qui porte au mieux ce message. Je vous invite très vivement à lire leur documentation qui dépoussière notre vision de l’expérimentation animale.

L’AFM-Téléthon considère encore la recherche sur les animaux comme primordiale, comme une nécessité. Nous sommes déjà dans le futur de la recherche médicale, mais le Téléthon ne semble clairement pas vouloir prendre cette direction. (2)

Les modèles animaux sont-ils pertinents ?

Il y a des centaines d’années, un gus à décidé de poser le paradigme suivant : “il y a plus de points communs entre l’humain et les autres animaux qu’il n’y a de différence” et a donc conclu que c’était OK d’expérimenter sur eux.

Cependant, pendant toutes mes études (neuropsychologie et neurosciences), mes profs et maître.sse.s de stage n’ont cessé de remettre en cause la validité des modèles animaux et nous invitaient régulièrement à y réfléchir. Une de mes profs, spécialiste française de l’étude du sommeil nous à même raconté un jour :

Pendant des décennies, on a étudié le sommeil sur le chat, en pensant que c’était généralisable à l’humain.e. Plus tard, avec l’arrivée de l’imagerie médicale, on s’est rendu compte que le cerveau du chat est très différent de celui de l’humain.e. Dans notre cerveau, nous avons une structure appelée formation réticulée, gérante de notre sommeil. C’est à cause de cette structure qu’on est complètement décalé si quelqu’un ou quelque chose dérange notre nuit. Grâce à l’imagerie, il a été prouvé que le chat ne possède pas de formation réticulée, et par la même occasion, on a mit à la poubelle des centaines d’années de recherches invalides.

Évidemment, ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais cette réflexion est intéressante et devrait selon moi être une des priorités dans la recherche médicale. Comment conduire des études valides et fiables sans torture.

Pour moi, l’expérimentation sur les animaux n’est pas une bonne solution. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous ne pouvons pas prédire la réaction du corps humain à une substance à partir de la réaction d’un animal à cette substance. Nos gênes sont différents, nos réactions seront donc également différentes. Cela signifie qu’après avoir utilisé des animaux pour tester l’action d’un actif, des tests sur les humain.e.s seront obligatoires. Seul l’être humain est le modèle de l’être humain.

Sur le même sujet, je vous invite à consulter l’article d’Antidote Europe : Pourquoi l’animal n’est pas le modèle biologique de l’homme ?

Ne financez plus leur torture…

Pour tous ces chiens, pour tous les animaux qui souffrent inutilement dans les laboratoires de recherche pour des traitements qui ne voient jamais le jour, je vous en prie, ne donnez plus au Téléthon.

A la place, vous pouvez soutenir des organismes de recherche sans cruauté comme Antidote Europe.


Pour aller plus loin :

Pourquoi l’animal n’est pas le modèle biologique de l’homme ?

Dix mensonges sur l’expérimentation animale


Source

(1) Petafrance.com : De nouvelles révélations montrent des chiens en grande souffrance dans un laboratoire financé par le Téléthon.

(2) Afm-telethon.fr : Recherche médicale et essais sur les animaux.

Le jour où j’ai vu leurs émotions de mes propres yeux

Le jour où j’ai vu leurs émotions de mes propres yeux

Les animaux capables d’émotions ou de sentiments ?

Même si toute ma vie j’ai su que les animaux non-humains ressentaient la douleur, j’avais toujours eu un léger doute quant à leur capacité à ressentir des émotions, comme nous humains et humaines le pouvons. Comment savoir ? Comment être certaine de cela malgré cette barrière du langage qui nous sépare ? De toute manière, là n’était pas la question pour moi. Que les animaux n-h puissent ou non ressentir des émotions ou même des sentiments n’entrant absolument pas en ligne de compte quant à ma manière de les traiter, j’ai tout de même fait le choix de leur porter le même respect et la même bienveillance que je porte à ma propre espèce. J’ai donc continué mon chemin vers le véganisme, l’antispécisme, le militantisme puis l’activisme sans me préoccuper particulièrement de cette question : jusqu’à ce qu’un beau jour, la preuve me tombe sur le coin de la gueule sans que je ne m’y attende.

Les sanctuaires, une priorité pour la cause animale

C’est arrivé il y a un peu moins d’un an, dans un sanctuaire du nord de la France où je me rends occasionnellement en tant que bénévole. Dans cet endroit merveilleux que je garderai secret dans cet article (pour des raisons de confidentialité) vivent une petite centaine de rescapé.e.s de l’exploitation animale, ainsi qu’une poignée de personnes extraordinaires consacrant leur vie entière à s’en occuper. Des lieux comme celui-ci sont essentiels à la lutte antispéciste pour la libération animale. Sauver des animaux n-h est une chose, encore faut-il être présent.e et retrousser ses manches pour prendre soins des êtres libérés : troquer tracts et pancartes pour des bottes, des gants et un bleu de travail. En tant qu’activistes, aider dans les refuges devrait être une de nos plus grande priorité pour offrir à nos protégé.e.s cette vie paisible, sereine et épanouissante tant méritée.

Malgré cet aspect paradisiaque, la vie au sanctuaire n’est ni simple ni rose, à l’instar des histoires de vie des pensionnaires. A l’horreur de l’exploitation animale “traditionnelle” que tout le monde considère comme “normale”, s’ajoute souvent d’abominables histoires de maltraitances sévères, de mutilations ou d’agressions.

Rose

Ce fut le cas pour Rose, une brebis sauvée de la mort in extremis par le sanctuaire. Elle a vu le jour comme esclave dans un élevage et a été maltraitée par ses oppresseurs. Officiellement ? Ils lui ont roulé dessus en tracteur. Rose a survécu, mais depuis ce jour elle est totalement paralysée des deux pattes arrières : impossible de se déplacer, impossible de se tenir debout et surtout, impossible pour elle d’avancer sans assistance dans le couloir de la mort pour être abattue (vu qu’elle n’est désormais rien de plus qu’un déchet à cause de son handicap). Considérée comme un véritable fardeau demandant davantage de soins, d’attention et de temps que son cadavre ne rapporterait d’argent, les fermiers qui l’exploitaient n’eurent pas de meilleure idée que de la laisser en pâture vivante à des chiens de chasse. Heureusement, le sanctuaire parvint à convaincre les fermiers de les laisser adopter Rose.

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Des liens indestructibles

Une nouvelle vie s’offrait à elle malgré la gravité de ses blessures : une vie paisible et sereine, une vie remplie d’amour et de l’affection des autres animaux, humains comme non-humains. Petit à petit, des relations proches se créèrent entre Rose et plusieurs autres rescapé.e.s, plus particulièrement avec John, un tout jeune veau lui aussi recueilli dans des conditions atroces.

Rose ne pouvant pas bouger, John venait à elle, se couchait à ses côtés et passait une bonne partie de son temps à prendre soin d’elle. Nous l’avons déjà vu attraper des boules de foin frais dans sa bouche et la déposer devant Rose, faisant plusieurs allers et retours puis se coucher à nouveau à côté d’elle. Ces attentions étaient très belles à voir, tout comme leur amitié était touchante.

Les difficultés des sanctuaires

Malheureusement et en dépit de tous les efforts pour soigner Rose, améliorer sa condition de vie et soulager ses douleurs, son état général empirait. De nouvelles plaies apparaissaient en raison de sa mobilité très réduite et sa patte avant gauche commençait à nécroser. Nous avons tous et toutes essayé de soulager ses souffrances du mieux que nous pouvions. Nous l’avons portée, soignée, nous avons pansé ses plaies et malgré tout, elle souffrait toujours.

Tout s’est arrêté du jour au lendemain. La veille au soir, Rose refusa son repas et n’accepta pas non plus de boire, ce qui est très mauvais signe pour une brebis. Mon père (berger dans sa jeunesse) m’a toujours raconté que les moutons choisissent de mourir quand leur vie devient trop dure à supporter en raison d’une maladie ou d’un stress. Un jour, elles refusent eau et nourriture, se couchent sur le dos la nuit suivante et laisse la fermentation faire le reste. Le lendemain, elles sont gonflées et meurent dans la journée. C’est exactement ce qui arriva pour Rose. Le lendemain matin, nous l’avons retrouvée gonflée et avons tenté de la masser, en vain. En début d’après-midi, c’est arrivé. Nous sommes passés dans sa cabane une énième fois et elle nous y attendait pour mourir. Dans les bras de l’homme qui s’était donné entièrement pour la sauver, son regard s’est éteint à tout jamais.

La mort d’un animal libéré pour qui nous nous sommes tant donné est toujours un bouleversement pour les sanctuaires et leurs bénévoles, mais elle fait cependant parti des événements que nous devons savoir gérer. L’absence de Rose s’est fait sentir chez la totalité des bénévoles du sanctuaire ainsi que les animaux n-h. John en fut davantage affecté et c’est précisément sa réaction inattendue qui a changé à tout jamais ma vision des choses.

L’enterrement de Rose

A la nuit tombée, nous avons creusé la tombe de Rose et lui avons rendu hommage. Je ne vais pas m’attarder sur les détails techniques de sa mise en terre, mais au moment de sortir son corps de l’abri et de la déposer dans sa tombe, John qui se tenait jusqu’alors loin de nous (ne comprenant probablement pas le pourquoi de ce gros trou que nous creusions) nous a soudainement rejoint. D’ordinaire, John est joyeux, hyperactif voire turbulent mais ce soir-là, je ne l’avais jamais vu si éteint, si en retrait. Il s’est approché de nous, toutes et tous en cercle autour de Rose et est resté immobile quelques minutes, la tête baissée quasiment collée au sol, les yeux fixés sur le corps de Rose. Puis nous avons recouvert Rose sans que John ne bouge d’un poil.

Après la tombe rebouchée, nous sommes restés silencieux un bon moment et c’est là que John eut un comportement dont je me souviendrai toute ma vie. Toujours l’oeil triste et la tête baissée, il commença à se déplacer lentement vers sa droite pour rejoindre la bénévole la plus proche de lui. Meuglant de temps à autres, il frotta doucement sa tête contre elle, lui demandant caresses et câlins. Ce simple geste était déjà touchant en lui-même, mais John ne s’arrêta pas là et environ deux minutes plus tard, il continua sa ronde vers la seconde bénévole pour demander à nouveau caresses et câlins. Il procéda ainsi pour chaque personne se tenant autour de la tombe, en restant plusieurs minutes avec chacune d’elles, toujours en meuglant, frottant sa tête et se collant à nous. Il arriva jusqu’à moi et fit la même chose. Les jours suivants, John ne s’éloigna que très peu de l’endroit où Rose fut enterrée, y dormit même les deux premières nuit et mangea moins que d’habitude.

La mort de Rose fut un véritable choc pour moi. Elle est la première dont je me suis occupée avec autant d’espoir et d’attention à être décédée. Je pense que comme pour les pros dans le domaine de la santé, le premier décès est toujours compliqué à vivre. Ce fut le cas pour moi, mais j’ai voulu rester forte pour toutes celles et ceux qui souffraient davantage que moi et qui avait besoin de mon soutien. Aujourd’hui, je me console en sachant que Rose ne souffre plus, qu’elle est soulagée et n’est plus soumise ni à l’exploitation de l’Homme ni à son handicap causé par ce dernier. Malgré ma peine pour Rose, c’est bien la réaction de John face à son décès qui m’a réellement bouleversée cette nuit là et m’a fait fondre en larme. Dorénavant, je ne sais pas comment je réagirai lorsqu’une énième personne me soutiendra que les animaux n-h sont incapables de sensibilité et d’émotions. Comment ces personnes, qui n’ont pour la plupart jamais passé la moindre journée en compagnie d’un animal n-h, pourraient comprendre cela alors que beaucoup vont même jusqu’à douter de leur capacité à ressentir la douleur (alors que celle-ci est largement documentée scientifiquement) (1)(2) ?

Les rencontrer réellement

De cette soirée si triste mais pleine de signification, j’ai retenu une chose : pour comprendre les animaux n-h, pour saisir la subtilité et la richesse de leur langage, il est nécessaire de les rencontrer. Par là, j’entends bien évidemment une réelle rencontre d’individu à individu et non d’individu à produit consommable. Il est facile pour les pros de la filière cadavre de se détacher et de mettre une barrière pour se séparer de l’animal n-h quand on le considère comme un produit, ou que l’on ose même appeler son cadavre du “minerais” (3). Je pense même que cela est une condition sinequanone pour ne pas se détruire psychologiquement en réalisant ce métier. Ça prétend aimer leurs animaux (et je peux concevoir que ce soit dit en toute bonne foi) mais si cela était vraiment un amour réel, les animaux n-h ne seraient pas envoyés à l’abattoir. L’amour, c’est vouloir le bien de l’autre, pas sa mort.

Je ne peux que conseiller à toute personne portant un minimum d’intérêt aux animaux de se rendre dans un lieu qui pourra offrir une réelle rencontre entre vous et l’animal. Pas dans un zoo qui de par ses grilles, ses murs, ses vitres et ses cages vous empêchent de le comprendre et d’échanger réellement avec lui. Pas dans un cirque ou un delphinarium qui n’ont aucune notion de pédagogie. Pas dans une ferme pédagogique qui ne fait que refléter une vision fantasmée de l’élevage, un élevage à la française qui n’existe presque plus aujourd’hui et qui ne présente l’animal que comme un objet. Encore moins dans un élevage qui pousse les précédentes caractéristiques à leur paroxysme.

Allez à leur rencontre dans un endroit où vous serez à même de passer des heures entières avec un seul individu, car c’est le seul moyen de saisir l’entièreté de son caractère et de sa personnalité. Ce n’est qu’en ayant un véritable contact avec les animaux n-h qui sont habituellement destinés à être consommé que vous vous rendrez compte que les cochons, les vaches, les moutons et j’en passe, ont tout autant de personnalité que vos chiens ou vos chats. Tout comme l’être humain, ils ont des personnalités radicalement différentes selon les individus et sont capables d’émotions. Des exemples comme celui de John et Rose, je pourrais maintenant vous en citer des dizaines maintenant que j’ai appris à voir les animaux non-humains différemment. Rencontrez-les vraiment, vous aussi ! ❤️


Bibliographie

(1). P. Le Neindre, R. Guatteo, D. Guémené, J.-L. Guichet, K. Latouche, C. Leterrier, O. Levionnois, P. Mormède, A. Prunier, A. Serrie, J. Servière. (2009). Douleurs animales : les identifier, les comprendre, les limiter chez les animaux d’élevage. Expertise scientifique collective, synthèse du rapport, INRA (France), 98.

(2). M. Faure, V. Paulmier, A. De Boyer Des Roches, A. Boissy, E.M.C. Terlouw, R. Guatteo, J. Cognié, C. Courteix, D.Durand. (2015). Douleur animale. Evaluation et traitement de la douleur chez les ruminants. INRA Prod. Anim., 28 (3), 231-242

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Dans cet extrait du rapport d’expertise de l’INRA sur l’identification de la douleur animale, vous aurez le plaisir de constater que même l’INRA ne peut s’empêcher de casser du sucre sur le dos des abolitionnistes : 1. en les qualifiant de radicaux, 2. en sortant des débilités sur notre “volonté de couper tout contact avec les animaux” (100 % faux) 3. en les accusant de façon foireuse et à moitié dissimulée d’avoir recours au sophisme de l’appel à la nature.

(3). Pour faire simple, on nomme dans l’industrie agroalimentaire “minerai de viande” un mélange de chute de viande issue de la découpe de l’animal. Ce mélange est utilisé dans les préparations contenant par exemple de la viande hachée. “Le minerai de viande au coeur de la polémique

Les extrémistes 269 Libération Animale maltraitent les animaux ! – Actu antispé #1

Les extrémistes 269 Libération Animale maltraitent les animaux ! – Actu antispé #1

Bonjour les carencé.e.s !

Jeudi 5 juillet, l’association 269 Libération Animale a sauvé la vie de Charlotte. Extraite par les activistes antispécistes de l’abattoir de Tielt (déjà bien connu pour ses cas de maltraitance), elle a ensuite été accueillie au sein d’un sanctuaire où elle pourra enfin retrouver son droit le plus fondamental : vivre sereinement, en sécurité, sans craindre la mort et sans être exploitée et maltraitée.

Voici ce qu’est une véritable maltraitance animale.

Il était évident que beaucoup trouveraient à redire sur cette action de sauvetage, à commencer par les acteur.rices de la filière cadavre. En tant qu’activiste, on ne peut qu’être habitué.e à ces réactions défensives. Malgré cela, très peu de personnes peuvent prétendre à un niveau d’indécence aussi élevé que celui du ministre flamand “du Bien-Être”, Mr Ben Weyts qui le jour même de l’action, déclara dans la presse :

On dépasse toutefois les bornes quand on traverse toute la France pour dénoncer de la maltraitance animale à laquelle on finit soi-même par s’adonner. Il nous est permis de croire que le Parquet poursuivra. Nous avons établi un PV et l’avons ajouté au dossier du Parquet.” Ben Weyts

Vous avez bien lu. Le ministre du “Bien-Être” flamand accuse clairement les activistes de 269LA de “maltraitance animale”, principalement à cause de la façon dont s’est déroulé le sauvetage de Charlotte, dont l’évacuation de l’abattoir a bien évidemment dû être la plus rapide possible.

Un simple visionnage du live de l’action de 269LA suffit pour se rendre compte de l’absurdité de ces accusations de “maltraitance animale” soit disant commises par les activistes. Un sauvetage n’est jamais simple, a fortiori lorsque les employé.e.s de l’abattoir sont présent.e.s et qu’il faut agir vite. Même dans le cas où vous trouveriez leurs gestes trop “brusques”, il est important de remettre les faits en perpective. Charlotte n’a connu qu’une triste vie d’exploitation et était destinée à l’abattage puis à la transformation de son cadavre en jambon, de ses os, de sa peau, de ses pieds, tendons et cartilages en gélifiant pour bonbons et que sais-je encore… Dans ces conditions, les personnes qui ont sauvée Charlotte sont-elles vraiment le problème principal ? Ma réponse est non. On ne peut reprocher décemment à des activistes d’avoir sauvé un individu innocent en prétextant une fausse brutalité, qui de toute manière serait bien moindre comparée à l’horrible sort qui attendait Charlotte. En voudriez-vous à la personne qui vous attrape un peu trop brusquement pour vous sortir d’un incendie ? En voudriez-vous à celui ou celle qui vous sauve, qui vous met hors de danger pour vous offrir une vie paisible ; alors que tout ce que vous auriez connu jusqu’à présent n’est qu’exploitation et souffrance ?

Une mauvaise foi à toute épreuve

Ce qui me révolte le plus et me motive à écrire cet article alors même que je ne fais pas partie de 269LA et ne partage pas certaines de leurs idées stratégiques, c’est bien la mauvaise foi totale du ministre Ben Weyts, ainsi que de toutes les personnes qui osent accuser une association animaliste de “maltraitance animale”.

Comme on le constate dans beaucoup de luttes sociales, il est beaucoup plus facile de pointer du doigt les personnes qui dénoncent plutôt que de regarder les choses en face. Encore une fois, plutôt que de se concentrer sur l’exploitation, la souffrance et la mort des animaux non-humains, ce sont les activistes ainsi que toutes les personnes qui se battent contre ces oppressions qui deviennent le problème principal.

De plus, les critiques de 269LA ont la mémoire courte, et une attention très sélective. Quelle hypocrisie de reconnaître la maltraitance animale uniquement quand cela les arrange ! Ces personnes et plus particulièrement BW s’offusquent que des activistes attrapent un cochon pour le mettre en sureté, mais j’ai une question pour elleux ! Combien de cochons arrivent déjà mutilés à l’abattoir ? Combien de cochons arrivent épuisés, affamés, déshydratés ou DÉJÀ MORTS dans les bétaillères à cause des conditions de transport désastreuses ? Et quand bien même, l’abattage n’est-il pas le summum de la maltraitance ?

Où se trouve vraiment la maltraitance ? Du côté des activistes antispécistes qui avec courage viennent sauver un individu innocent en l’attrapant fermement ? Ou plutôt du côté de celles et ceux qui font naître inutilement dans le seul but de tuer, qui enferment, qui mutilent, qui castrent à vif, sectionnent les queues des cochons à vif, qui exploitent, qui oppressent en prétendant aimer leurs victimes, qui envoient à l’abattoir, qui font tuer ou tuent directement ? Mr. Weyts tenterait-il de nous faire croire que Charlotte n’aurait pas été maltraitée si elle n’avait pas été sauvée par 269LA ?

Je vous laisse méditer sur ces questions. Le sauvetage de Charlotte me remplit de joie et d’espoir. Une innocente a été sauvée de ce système spéciste, et je pense aussi à toutes les autres victimes…

Source :
RTBF.be : Activistes antispécistes à l’abattoir de Tielt: le ministre Weyts les accuse de maltraitance animale.
Photo à la une : L214 – Ethique et animaux.