Arrêt de la cigarette : la plus grosse difficulté que j’ai rencontrée

Arrêt de la cigarette : la plus grosse difficulté que j’ai rencontrée

temps de lecture : environ 6 minutes

Ça y’est, j’ai récemment fêté mes deux mois d’arrêt de la cigarette ! 🎁

J’en suis si contente que j’ai l’impression de ne parler que de ça autour de moi. Mais qu’importe, il est important pour moi de propager de bonnes ondes et d’inspirer mon entourage. 🙂

A l’occasion de ce bel anniversaire, j’ai relu mon post du mois dernier, “non fumeuse depuis 1 mois grâce à une vidéo Youtube” , où je vous annonçais fièrement avoir stoppé ma consommation de cigarette.

Je voulais me replonger dans mon état d’esprit du moment, pour faire un point, pour mesurer à quel point j’avais avancé dans mon cheminement pour redevenir non-fumeuse. En relisant mon article, je me suis aperçue que je ne vous avais pas parlé d’un point très important : la plus grosse difficulté que j’ai rencontré dans mon parcours (certes court, mais non moins intéressant).

La difficulté n’est pas là où on l’attend

Si je vous dis “difficulté à arrêter de fumer” , vous penserez probablement à la tentation, à l’envie de fumer ou la difficulté à se retenir… mais il n’en est rien ! Etonnamment (et comme je vous le disais dans mon premier post), ce n’est pas l’envie de cigarette qui m’a posée le plus de problème pour arrêter, car elle a très vite disparue.

Le plus dur à supporter a été la réaction des autres fumeurs et fumeuses de mon entourage. Quand j’ai décidé d’arrêter de fumer, je pensais naïvement que mon entourage serait d’un soutient sans faille dans ma démarche et que je pourrais compter sur mes proches pour m’aider.

Grossière erreur !

Bon, en réalité, la plupart de mon entourage m’a soutenue, ce serait mentir de prétendre l’inverse. En revanche, j’ai été très désagréablement surprise de constater que beaucoup de personnes fumeuses de mon entourage étaient très défaitistes quant à ma réussite à arrêter la clope.

Tu n’y arriveras pas !

Tu vas forcement craquer !

Ces deux phrases sont revenues un bon nombre de fois dans les bouches des personnes fumeuses qui avaient elle-mêmes échoué dans leurs tentatives d’arrêter de fumer. J’essaie de me mettre à la place de ces personnes et de comprendre pourquoi elles réagissent de cette manière.

Un biais d’attribution causale

Pour en avoir discuté avec nombre d’entre elles, j’ai l’impression que leur échec est très souvent attribué à une cause externe : la difficulté à arrêter, le mimétisme ou la tentation constante …

On pourrait le résumer de la façon suivante : “arrêter de fumer est trop difficile, voire impossible, donc j’ai échoué“. Et dans un second temps : “puisque c’est trop difficile d’arrêter, que la publicité où les personnes fumeuses autour de moi me tentent constamment, alors ce n’est pas de ma faute si j’ai échoué.”

En psychologie sociale, on appelle ce phénomène un biais d’attribution causale : c’est un mécanisme très courant, auquel nous avons tou•te•s recourt dans le but de nous rassurer, de calmer notre égo et de préserver notre estime de nous-même.

Les autres face à leur propre échec

Psychologiquement, il est bien plus confortable de se dire que nous ne sommes pas responsables de nos défaites. Il est plus facile de vivre avec l’idée qu’une cause externe et incontrôlable nous a empêché de réussir. Et si une autre personne souhaite s’aventurer sur une voie où nous avons nous-même échoué, son éventuelle victoire ne ferait que nous replacer face à notre échec (et à notre responsabilité dans celui-ci).

Si je réussis à arrêter de fumer, toute leur théorie s’effondre. Si je réussis, je prouve qu’arrêter est possible. Pas forcément simple, mais bel et bien possible. Si j’y parviens, cela signifie probablement pour ces personnes qu’ils ou elles n’ont pas fait assez d’effort pour y parvenir. Tout à coup, la cause de leur échec devient interne, et non plus externe.

En parvenant à arrêter, je leur prouve malgré moi que leur échec leur est imputable, et cette idée est bien plus dure à accepter. C’est cela qui, à mon avis, pousse ces personnes à avoir ces discours pessimistes et pas très encourageants. On pourrait même qualifier cela de “sabotage” (évidemment inconscient et dans le seul but de se rassurer) : ces personnes préférant me voir échouer plutôt qu’accepter leur propre échec.

Après le défaitisme vient le rejet

Au début, quand je n’étais non-fumeuse que depuis quelques jours, ces personnes n’hésitaient pas à se gausser et à me dire que je n’y arriverai pas. Peut-être se disaient-iels que j’étais “une personne de plus à vouloir arrêter, et qui ne ferait que rater” , comme une de ces bonnes résolutions de nouvelle année que nous ne tenons jamais.

Un mois plus tard, voyant que je n’avais pas craqué contrairement à leurs prédictions, la réaction de ces personnes à mon égard a bien changée et a confirmée mon hypothèse. Maintenant que je suis non-fumeuse depuis deux mois, ces personnes me regardent et me traitent avec un peu plus de sérieux et de respect. Iels n’osent plus mettre en doute mon sérieux et ma volonté.

Leur attitude est aujourd’hui bien différente et empreinte de beaucoup de jalousie. Quand j’aborde le sujet ou quand on me pose des questions, ces personnes qui ne croyaient pas en moi n’hésitent pas à m’envoyer quelques piques et moqueries.

Arrêtes de ta la péter.

Ça y’est, Madame à arrêté de fumer donc elle donne des leçons.

C’est toujours dit sur le ton de l’humour, mais ces personnes sont bien mauvaises pour cacher leur envie, et à quel point ça les énerve de me voir réussir là où iels ont échoué. Je trouve cette réaction bien dommage, mais très démonstrative de cette difficulté à accepter l’échec.

Soyez préparé•e à recevoir ce genre de remarque

Si je vous écris ce post aujourd’hui, c’est simplement pour que vous soyez prêt•e à encaisser ce genre de remarque de la part de votre entourage. Personnellement, je ne m’y attendais pas du tout, car je pensais naïvement que tous et toutes seraient enchanté•e•s pour moi et me montreraient du soutient.

Je dois avouer que ce manque d’encouragement et d’enthousiasme de la part de certain•e•s de mes proches m’a beaucoup affectée au début. Même si je tente de paraitre forte et inébranlable en toutes circonstances, cette dépréciation m’a touchée, et m’a fait douter de moi et de mes capacités.

Malgré tout, je me suis accrochée et suis vraiment fière de fêter aujourd’hui ces deux mois sans cigarette. Je revis, et ne peux que vous encourager à faire de même. Soyez néanmoins conscient•e•s que ce genre de remarque peut arriver, et faites en sorte qu’elles vous affectent le moins possible dans votre réussite. 🙂

Je reste disponible dans les commentaires pour toutes questions ou besoin d’encouragement. Tou•te•s ensemble, on peut y arriver ! 🙂

Comment arrêter de fumer en 15 minutes ? 🚬🚫

Comment arrêter de fumer en 15 minutes ? 🚬🚫

Mi-février dernier, je tombais par hasard sur une vidéo YouTube au titre accrocheur : “arrêter la cigarette en 15 minutes” (un véritable rêve pour moi !). Dans cette vidéo, le YouTuber Riverlevrai accompagné de son amie Clara, garantit de nous faire arrêter la clope en un quart d’heure à peine.

Riverlevrai – Arrêter la cigarette en 15 minutes

Je fume régulièrement depuis mes 16 ou 17 ans, j’en ai aujourd’hui 25 et ce n’est pas la première fois que j’essaie d’arrêter, sans succès. Je n’ai jamais “beaucoup” fumé (cinq cigarettes par jour tout au plus), mais comme le rappelle Riverlevrai dans sa vidéo, il n’y a pas de “petite fumeuse” ou “petit fumeur” !

Je n’ai jamais atteints le fameux “paquet par jour” loin de là, mais depuis maintenant presque 10 ans, je n’arrivais pas à me défaire de cette habitude, devenue une réelle addiction. Arrêter totalement en 15 minutes ? Pour moi, cela semblait totalement impossible. Mais qu’avais-je réellement à perdre ?

Dubitative, j’ai donc visionné la vidéo de Riverlevrai (que je ne vais pas vous résumer, ni vous expliquer, regardez-la directement). Son assurance et sa confiance dans le fait qu’il va réussir à nous faire arrêter est bluffante. Comme il le dit lui-même à plusieurs reprises, je suis très réservée sur l’efficacité de sa technique : cela semble si simple, si “bête” que c’est à peine croyable.

Pourtant, depuis sa vidéo : je suis non-fumeuse

Mais les faits sont là : je ne fume plus et cette fois-ci, je sais tout au fond de moi que c’est la bonne ! Si j’ai craqué les fois précédentes, c’est uniquement parce que je n’ai pas arrêté de fumer en me posant les bonnes questions, ni en ayant les bonnes pensées.

Mes précédentes tentatives d’arrêt étaient des luttes de tous les instants, des combats contre moi-même où je pensais que ma force et ma volonté étaient mes seules armes pour combattre mon envie de fumer.

Or, me battre contre mon envie n’était clairement pas la bonne stratégie, pour la simple et bonne raison que je fumais uniquement pour gérer mes émotions négatives : la colère principalement, et de temps en temps la tristesse. J’ai énormément de colère en moi, pour différentes raisons, et la cigarette était comme un tampon. La nicotine me faisait croire que fumer calmait ma colère : mais nous savons que c’est faux.

Je n’ai eu qu’un épisode de très grosse colère depuis que je suis non-fumeuse. Mon réflexe d’avoir envie d’une cigarette dans ces moments s’est manifesté, enrayé dans la seconde par un magnifique “bah non Fanny, tu es non-fumeuse” !

Je n’ai même pas eu à me forcer ni à lutter contre cette envie : désormais, je suis non-fumeuse donc je ne fume pas. C’est aussi simple que ça, c’est logique. Et croyez-moi, si j’ai pu abandonner ma clope de colère aussi facilement, c’est que je suis bel et bien libérée (c’est toujours lors d’un épisode de colère que j’ai repris).


Mon autre faiblesse : le mimétisme

En dehors de mes phases très colériques, voir quelqu’un fumer sans que je ne puisse moi-même fumer était une véritable torture. Je vous disais tout à l’heure que je n’ai jamais beaucoup fumé : il m’est même arrivé d’avoir de grandes périodes sans cigarette dans ma vie, principalement lorsque mon entourage était constitué quasi-exclusivement de personnes qui ne fument pas.

Dans ma famille proche, personne ne fume. Si pendant des vacances, je leur rendais visite sur une longue période, il était tout à fait possible que je ne fume aucune cigarette pendant toute la durée de mon séjour (même long), sans que cela ne me pose le moindre problème. En revanche, il m’était impossible de me retenir de fumer chez moi, car je vis avec mon copain et notre coloc : deux gros fumeurs. Les voir fumer non-stop me tentait énormément (et je craquais à chaque fois).


L’envie de fumer a bel et bien disparue

Pourquoi je suis convaincue que je suis enfin libérée de la clope ? Parce que dorénavant, je n’ai même plus envie de fumer en les voyant, pas un seul instant. Toute envie de cigarette a été éradiquée de mon cerveau, quasiment le jour même. La seule fois où l’envie est revenue, c’est lorsque je me suis mise très en colère (et je pense que cette envie était davantage un réflexe qu’une envie réelle, car elle a disparue instantanément).

Même en vous écrivant aujourd’hui ces lignes qui ne parlent que de cigarette, je n’éprouve aucune envie de fumer. Avant, rien que l’évocation du sujet suffisait à me faire craquer. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Je suis non-fumeuse, je le sais, je le sens et c’est gravé en moi pour toujours.


Compenser avec autre chose ?

Pendant la vidéo, j’ai eu un peu peur de compenser mon envie de cigarette avec autre chose de potentiellement néfaste (comme le grignotage par exemple, ou le shopping comme cela avait pu m’arriver précédemment). Même si Riverlevrai se voulait très rassurant à ce propos, cela m’inquiétait pas mal.

Pour l’instant, je n’ai expérimenté aucun phénomène de compensation. Aucune fringale à des moments inopportuns, pas d’envie particulière ni quoi que ce soit de notable. Lors de mes précédentes tentatives, j’avais compensé le manque de cigarette pour la simple raison que je luttais contre l’envie de fumer. Mais là, comme celle-ci s’est totalement évaporée, je n’ai rien à compenser, je n’ai rien à calmer.

C’est pour cette raison qu’il est important de faire un travail sur ses émotions lorsque l’on souhaite arrêter. Si nous fumons, c’est toujours pour calmer ou compenser quelque chose (même inconsciemment). Accepter ses émotions me semble primordial. Ce fameux jour où je me suis mise en colère, j’ai accepté cette colère et j’ai conscientisé que “fumer cette cigarette ne résoudrait pas mon problème et ne m’apaiserait pas réellement” ; l’envie a donc disparue d’elle-même.


Comment ça marche ?

Ce qui me frappe dans cette vidéo, c’est qu’elle ne m’a pas véritablement appris sur le tabac et les addictions. Pendant mon cursus universitaire, j’ai étudié l’addictologie, les mécanismes cérébraux qui vont avec ainsi que le fonctionnement précis du tabac sur notre organisme : rien de très neuf pour moi. Peut-être est-ce les mots employés, la façon de les dire, la répétition de plusieurs phrases ou l’approche plus émotionnelle

Je n’arrive pas à mettre le doigt sur ce qui rend cette méthode efficace, mais croyez-moi elle l’est. J’en suis la preuve aujourd’hui, ainsi que toutes les autres personnes qui ont arrêté : Riverlevrai lui même, Clara qui est non-fumeuse depuis la vidéo, ainsi que toutes les autres personnes qui ont témoigné.

Clara, toujours non-fumeuse après 5 mois ❤️

J’espère que la vidéo ainsi que l’article vous donneront ce petit élan pour arrêter et vous montreront que c’est possible. Croyez-moi, il suffit de pas grand chose pour avancer. Moi même je n’y croyais pas, mais un simple petit clic sur une vidéo de 15 minutes m’a faut sauter le pas ! Vous aussi en êtes capables !

Merci Damien ❤️