Témoignage : mon non-avortement.

Témoignage : mon non-avortement.

Ce post peut donner l’impression de tomber comme un cheveu sur la soupe, en fait c’est le cas. Avant de vous laisser à votre lecture, je me dois de préciser qu’il complète un second article à propos de l’IVG, que je suis actuellement encore en train de rédiger (il sortira mercredi 02.10). A l’origine, je souhaitais simplement intégrer ce présent témoignage au post de la semaine prochaine, mais les deux combinés donnaient un volume de texte beaucoup trop important pour que quiconque le lise (et c’est l’inverse de ce que je souhaite). Tout cela pour dire que je ne comptais pas véritablement faire un article séparé sur mon vécu, mais simplement l’intégrer à mon post sur l’IVG, afin d’illustrer mon propos. Lire ce témoignage de cette façon (à part, séparé de l’autre article) peut sembler dénué de sens, mais je vous encourage à l’envisager comme la première partie d’un diptyque. Voici donc, un petit peu en avance, le témoignage de ce que “j’aime” appeler mon non-avortement.


Au lycée, pendant mon année de première je rencontre Gontrand (prénom non contractuel, volontairement moche et désuet, car je hais ce type). On se plait beaucoup, on passe du temps ensemble, on se marre bien. Je décide de faire de lui mon “friends with benefits” car je n’ai pas du tout envie d’avoir un mec. Je ne prends pas encore la pilule, c’est donc en bonne élève que j’insiste pour que l’on utilise des capotes. Mais comme beaucoup de ses homologues masculins, Sir Gontrand De La Bite n’aime pas les préservatifs. Avec ce petit heaume de plastique, il éprouve beaucoup moins de plaisir. J’ai beau expliquer à notre preux chevalier qu’avec ce bouclier magique, qui certes peut être un poil encombrant, nous avons le pouvoir de triompher des démons VIH, Chlamydia et Papillomavirus et même d’éviter l’horrible ogre de la caverne : Sir Gontrand ne veut rien savoir. Il négocie, négocie et négocie encore, me met un bon soupçon de pression et je finis par céder (faible femme que je suis).

J’ai du retard. Un jour, puis deux, trois, quatre, puis une semaine. Je m’inquiète, alors je fais un test de grossesse (et oui, je ne suis pas idiote, je sais pertinemment que le retrait ne vaut que dalle comme contraception). Le test est positif. J’en fais deux autres, car je refuse d’y croire : eux aussi positifs. A cet instant, je suis totalement médusée et sous le choc. Je me sens atrocement coupable (et pour ne rien arranger, je suis loin de mes parents, car en voyage à Paris pour deux semaines). Recroquevillée dans les chiottes de mon hôtel parisien, je suis tellement en état de choc que j’ai l’impression de voir se dérouler la scène en dehors de mon propre corps. J’entre dans une sorte de pilote automatique, de mode survie dans lequel je ne suis plus vraiment maîtresse de mes pensées et de mes décisions. Je rentre précipitamment de Paris, préviens mes parents et Sir Gontrand De La Bite, puis entame la procédure.

A l’hôpital, la première échographie confirme la grossesse, l’infirmière est d’une froideur abominable. On me renvoie chez moi, les images de l’échographie sous le bras, sans vraiment me parler de la suite. En cachette, je commence à essayer de me blesser volontairement pour faire partir ce parasite. J’ai passé une semaine en Enfer, ne supportant pas l’idée d’être “habitée”. Je pleure du matin au soir, je fais des crises d’angoisse et des attaques de panique à répétition.

Une semaine plus tard, j’ai à nouveau rendez-vous à l’hôpital pour une seconde échographie ainsi que pour parler de la procédure. J’ai de la chance, c’est une autre infirmière qui s’occupe de moi (elle est un peu plus sympathique que la première). Et surprise, à l’échographie il n’y a rien. L’infirmière est étonnée, car je lui ai bien rapporté les papier de la première échographie qui confirmaient la grossesse. Elle continue, cherche pendant au moins quinze minutes. Comme le rendez-vous était très tôt dans la matinée et que par chance, j’étais à jeun, elle me fait faire un test urinaire rapidement. Il est négatif, l’infirmière conclut à une fausse couche et tente de me rassurer (selon elle c’est très courant). Je ne comprends pas trop, mais je suis soulagée et je reprends un peu conscience de ce qui m’entoure. Je ne sais pas si ce qui peut s’apparenter à une “fausse couche” était due aux façons dont je m’étais mutilée, au fait que j’avais pratiquement arrêté de manger, à la quantité astronomique d’alcool que j’avais volontairement engloutie en cachette, à mon mal-être extrême ou je ne sais quoi d’autre encore ; mais le résultat était là, je n’étais plus enceinte. Je rentre donc chez moi, annonce la nouvelle à mes parents. Nous n’en n’avons jamais reparlé depuis, pas une seule fois.

A ce stade, vous vous demandez surement ce qu’il advient de Sir Gontrand De La Bite. Et bien, il se foutait pas mal de tout ce qui se passait de mon côté. Je l’ai prévenu sans obtenir la moindre réaction de sa part. J’ai géré seule. Le plus difficile au quotidien était de lire dans les regards de chacun des membres de ma famille à quel point j’étais coupable à leurs yeux, pendant ces deux semaines. De façon générale, absolument toutes les personnes au courant de ce qu’il m’arrivait étaient silencieuses ou me condamnaient plus ou moins fermement. J’étais la coupable, celle que l’on sermonnait, celle que l’on jugeait irresponsable, celle qu’on pensait être une salope ou celle que l’on a simplement laissée se démerder seule, car après tout, elle l’avait bien cherché. Vous voulez connaître le point commun de tous ces gens ? C’est facile à deviner ! Aucun ne m’a parlé du père, pas la moindre mention de l’homme qui avaient causé cette grossesse non désirée. Mes parents ne m’ont même pas demandé son nom.

Sir Gontrand De La Bite ne m’a absolument pas soutenue. A compter de l’annonce de ma grossesse, il ne m’a pour ainsi dire plus jamais adressé la parole. Je sais de source sûre qu’il a ébruité l’affaire, puisque quelques années plus tard des ami.es communs m’en ont reparlé. A l’époque, il s’était carrément moqué de moi, et avait dit à ses potes que j’avais inventé cette histoire de grossesse pour essayer de lui mettre la pression pour que l’on se mette en couple (chose que je n’avais pourtant jamais désirée une seule seconde). Clairement, j’étais très mal suite à cet épisode : il le voyait. Comme tout le monde savait plus ou moins que lui et moi, on ne se calculait plus, je suis simplement passée pour la fille éplorée qui s’est fait jeter par “le mec qu’elle aimait”. Je pense que Gontrand a bondit sur cette parfaite occasion de se déculpabiliser aux yeux des autres, et de se pavaner. Il a radicalement changé : passant du mec simple, marrant et sympa avec qui je passais de bons moments, au vieux type qui se vante d’avoir le dessus sur une femme, de l’avoir à ses pieds et de la voir tenter de mettre en œuvres des stratagèmes pour le posséder. Stratagèmes qui évidemment ne fonctionnent pas, car en bon cliché qui se respecte, Sir Gontrand De La Bite se fout royalement de la femme en question, et s’amuse même de la voir se “démener pour lui”.

J’ai toujours défendu l’avortement bec et ongles, mais on m’exposait souvent des avis inverses. De moi-même, je ne culpabilisais pas, mais entendre les autres rabâcher que l’avortement est un meurtre, que les femmes sont égoïstes ou des sorcières meurtrières d’enfants ne m’aidait pas. J’essayais simplement de passer à autre chose, d’oublier Gontrand et toute cette histoire.  Pour moi ce mec était mort, enterré et je pissais sur son cadavre. Pourtant, quelques mois plus tard, il me renvoie un message pour me demander quelques nouvelles. Je ne sais pas s’il essayait délibérément de me torturer, mais il finit par me dire qu’il est persuadé que notre bébé aurait été une petite fille (cette phrase me donne encore envie de vomir aujourd’hui) et que je n’aurais pas du faire ça sur un coup de tête (il pensait que j’avais avorté, je ne lui ai jamais donné de détail). Il est allé jusqu’à lui donner un prénom. Je pense qu’il devait se foutre de moi cette fois là, je l’imagine mal être sérieux en disant cela. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à me sentir réellement coupable.

Je n’en ai pratiquement jamais parlé à personne. Après que Gontrand ai donné un prénom au parasite qui m’avait habitée, je me sentais hantée par la culpabilité. Elle n’était pas si forte, car j’ai toujours su que j’étais dans mes droits et que je n’avais pas à rougir, mais toujours belle et bien présente dans un petit coin de ma tête. Un jour j’ai ressorti les images de la première échographie, découpé une des petites vignettes noires et l’ai mise dans mon portefeuille. C’était ridicule, on ne distinguait absolument rien sur cette image, simplement le petit trait mesureur tracé informatiquement par l’infirmière. Je crois que j’ai fait cela dans le simple but de me torturer, de me punir pour avoir haï si fort ce petit embryon que mon corps l’a lui-même rejeté. Chaque fois que j’ouvrais ce portefeuille, j’y repensais. A chaque paiement dans un supermarché, j’imaginais un petit visage de fillette, accompagnée d’un prénom. J’ai gardé cette photo dans mon portefeuille pendant quatre ans. Je me suis torturée pendant quatre longues années jusqu’au moment où j’ai décidé d’arrêter de souffrir. C’est une amie de l’université qui m’a sortie de ce cercle vicieux, par une simple phrase.

Mais pourquoi tu continues à te torturer en gardant ton écho alors que le mec ne doit même plus y penser depuis des années ?” – une amie dans le vrai, 2013.

Rarement dans l’histoire de l’humanité une personne n’avait tapé aussi juste en une seule phrase. J’ai jetée l’écho, ou brûlée je ne sais plus, et depuis, j’avance.


Finalement, la chronologie que prend les événements n’est pas si mal. Je finis par me dire que lire mon expérience avant mon article sur l’IVG est une très bonne chose. Pour celles et ceux qui minimiseraient encore l’épreuve qu’est un avortement, j’espère que mon expérience vous aura fait relativiser un minimum, et vous encouragera dors et déjà à réfléchir sur le sujet. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour mon post sur l’IVG, qui j’espère vous permettra de déconstruire certains aspects du sexisme intériorisé et banalisé de notre société.

Implant contraceptif : la contraception rêvée ? (spoiler : NON!)

Implant contraceptif : la contraception rêvée ? (spoiler : NON!)

Il y a quelques mois, j’évoquais dans un fil de discussion sur le groupe Facebook “La Voie de Shakti” que j’avais malheureusement eu d’importantes complications avec mon implant contraceptif. Suite à cela, une dizaine de personnes m’avaient écrit, s’interrogeant sur les problèmes que j’avais rencontré. Au passage, je vous conseille très vivement ce groupe de gynécologie naturelle, pleins de merveilleuses personnes qui sauront vous donner d’excellents conseils.

Dans cet article, je reviens sur ce parcours du combattant qu’a été pour moi l’implant contraceptif. Même si mon cas fut assez extrême, autant dans les symptômes que dans la médiocre prise en charge par les professionnel.les de santé, il est tout de même bon de savoir à quoi s’attendre lorsque l’on souhaite avoir recours à l’implant contraceptif, ce dernier étant assez idéalisé et vendu comme “la contraception parfaite” : cette “pilule” que l’on n’oublie jamais.

TW : sang, violences gynécologiques


L’implant contraceptif, c’est quoi ?

Ce que l’on appelle couramment implant contraceptif est un petit bâtonnet en plastique souple non-biodégradable d’environ quatre centimètres de longueur pour quelques millimètres d’épaisseur. Il est introduit sous la peau de l’intérieur du bras pour que sa présence ne soit pas gênante et délivre en continue dans le sang une hormone progestative (il me semble que c’est la même que dans une pilule classique). L’anesthésie locale est obligatoire lors de la pose d’un implant (je le précise, car j’ai déjà lu quelques témoignages de personnes dont l’implant a été posé sans anesthésie). Votre implant vous sera prescris par ordonnance, ainsi qu’un patch anesthésiant à coller environ 1h avant la pose de l’implant.


La contraception “rêvée

J’ai fait poser mon implant contraceptif en septembre 2013 (j’avais 20 ans) après plusieurs années de galère avec la pilule traditionnelle. Je la supportais bien pour ce qui est des hormones, mais le geste de “prendre une pilule” me donnait des nausées insupportables. Quand je la prenais avec un verre d’eau, c’était l’horreur, mais quand je la cachais dans ma nourriture, tout allait bien (je pense que le problème était vraiment dans ma tête). A cause des vomissements que me provoquait la pilule, j’avais très peur que son efficacité ne soit plus au rendez-vous et d’attraper ce parasite qu’on appelle “enfant”. C’est donc sur les conseils d’une gynécologue que je me suis orientée vers l’implant. Elle ne m’a absolument pas informé des éventuels effets secondaires de cette contraception.

Elle me prescrit donc l’implant ainsi que le patch et me voilà en route chez ma docteure préférée pour la pose. Comme indiqué par la gynécologue, je colle mon patch sur l’intérieur de mon bras. Arrivée là-bas, Pauline (c’est son petit nom <3) me dit que je ne l’ai pas posé au bon endroit (les explications de la gynéco étaient un peu vagues) et me propose donc de faire une piqure qui sera plus efficace que le patch (qui d’après elle ne suffit pas à chaque fois). Pauline est une sainte. La pose se fait très rapidement et sans aucune douleur. Je n’ai qu’un minuscule hématome qui n’a pas duré plus de quelques jours et très vite, je ne sentais même plus la présence de l’implant.


Et les ennuis commencent…

Les six premiers mois, tout se passe à merveille. J’ai même un symptôme dont beaucoup rêvent : je n’ai plus mes règles du tout. Certes, ce n’est pas très naturel et l’on ne devrait pas s’en réjouir, mais sur le moment, j’appréciais la tranquillité de ne plus éprouver la moindre douleur de règles.

Ce répit n’aura de toute façon pas duré bien longtemps, puisque passé ces six mois c’est l’exact inverse qui se produit. Tout à coup, mes règles deviennent incessantes et sans la moindre période de ralentissement du flux. Je me vide littéralement de mon sang et mes règles sont aussi intenses et abondantes qu’elles le sont pendant les deux plus gros jours du cycle… mais tous les jours.

Mes règles ont toujours été irrégulières, un poil plus longues, un poil plus courtes selon le mois : je ne m’en formalise donc pas dès le début. Au bout de deux semaines voyant que la situation ne s’améliore pas, j’en parle à cette même gynéco, qui m’annonce que c’est tout à fait normal, que c’est un effet secondaire tout à fait classique et bénin de l’implant. Bénin ou pas, j’aurais aimé qu’elle m’en informe avant. Elle me rassure, me dit que cela passera très vite, m’explique qu’il est courant d’alterner entre des phases de plusieurs mois sans règles, entrecoupées de règles plus longues que la normale.

Je suis un peu rassurée, mais malheureusement ça ne passe pas. Quand je retourne la voir un mois plus tard, j’ai déjà mes règles depuis quasiment deux mois complets. Elle me dit à nouveau que c’est normal, que c’est les risques et que “la contraception magique, ça n’existe pas“. Elle continue en me disant assez sèchement que c’est “moi qui dois faire des efforts, prendre sur moi” et de “ne pas faire ma chochotte“.

A ce moment-là, je suis complètement perdue. Tout ce que je sais, c’est que jamais plus je ne veux me retrouver face à cette gynécologue. Pour des raisons géographiques, je ne peux plus retourner voir Pauline, son cabinet étant à la campagne à côté de chez mes parents. Je prends donc quand même plusieurs rendez-vous avec d’autres médecins qui ne me seront pas d’une grande aide non plus.

Je sens bien que le problème vient de l’implant, mais je ne suis pas médecin alors je doute de mon ressenti. Le premier médecin, un vieux largué sur les questions de contraception, me dit qu’il ne sait pas trop d’où peut venir mon problème mais, que cela n’est surement pas causé par l’implant. Il me prescrit des analyses sanguines pour détecter “d’éventuelles autres causes“.

Résultats : je suis anémiée (sans déconner?) et c’est tout. J’abandonne avec celui-ci et me rends, mes analyses sous le bras, chez unE médecin (je voulais absolument une femme cette fois-ci). Elle regarde mes analyses et s’étonne également que l’implant soit la cause de symptômes si retentissants. Elle ne cherchera pas plus loin pour identifier la cause, mais me prescrit tout de même de l’homéopathie pour faire stopper les saignements (la blague). Je n’ai même pas pris la peine de me rendre à la pharmacie.

Conclusion : je suis baladée de discours évasifs en discours évasifs. Personne ne sait trop ce que j’ai et personne ne semble admettre que l’implant puisse avoir des effets secondaires aussi lourds. Il y avait forcément autre chose : on m’a même parlé de cancers, d’infections ou maladies sexuellement transmissibles, mais les analyses ne donnaient rien. J’ai perdu un fric fou à payer de ma poche consultations et analyses en laboratoire à répétition pour au final me retrouver sans la moindre réponse et sans le sous.


La liste des symptômes s’allonge…

D’analyses inutiles en analyses inutiles, nous voilà arrivés à sept mois complets de règles très abondantes. Contrairement aux dires de la gynécologue, elles ne passaient pas. En plus des règles, j’ai commencé à faire de grosses hémorragies. Environ un matin sur quatre, je suis réveillée par mon nez qui saigne à pleins torrent (très agréable) et je me rends également compte que mes saignements ne viennent plus uniquement du vagin, mais aussi de l’anus (joie !). Le tout, accompagné de douleurs au ventre absolument atroces : sans aucune comparaison avec les douleurs habituelles des règles. J’ai l’impression que mes entrailles se déchirent et veulent sortir de mon corps…

A cause de l’anémie, la fatigue devient de plus en plus intense chaque semaine. Le moindre effort physique devient une épreuve olympique et rapidement, je ne peux même plus passer l’après-midi en ville avec des amies. Puis, même plus un repas. Très vite, les douleurs et la fatigue sont si intenses que je ne suis même plus capable de sortir de chez moi voire de mon lit, selon les jours.

Je suis passée d’environ 55kg à 39,5kg. Un médecin que j’ai vu lorsque j’étais au plus bas de mon poids m’a cru anorexique, alors même que j’avais augmenté mes prises alimentaires (sinon, je ne tenais pas). Il m’a suspectée de cacher mon “anorexie” avec mon histoire de contraception et m’a prescrit des rendez-vous chez une psychologue. Un autre médecin pensait quant à lui à une colopathie. La fatigue devenait insoutenable, je ne pouvais pas rester plus de dix minutes débout sans m’évanouir. Il m’est même arrivé de m’évanouir dans la rue.


Tout cela s’est déroulé entre l’année 2013 et 2014 et sachez une chose : j’ai encore aujourd’hui des séquelles physiques, même des années après. J’ai reprit tout le poids perdu petit à petit, mais mon cycle menstruel est totalement détraqué comme cela arrive aussi avec la pilule. Il m’arrive encore d’avoir mes règles pendant un mois ou deux mois d’affilé (tout de même moins abondantes), puis plus rien pendant trois mois ; ou de faire du spotting* pendant 6 mois.

Autre conséquence relou : je ne suis aujourd’hui plus du tout capable de pratiquer le flux libre instinctif (article à venir) car les douleurs et mon cycle détraqué ne me permettent plus de le faire. Je ne peux plus me repérer aux sensations, car j’ai mal tout le temps et suis donc repassée à la cup (non sans mal). Bref, c’est encore compliqué et j’espère que tout rentrera dans l’ordre un jour.

J’aurais aimé connaitre tous ces effets secondaires avant la pose. Là est pour moi la pire faute du système de santé. Il m’est toujours difficile de comprendre comment les professionnel.les de santé n’ont pas tout de suite fait le lien entre mes symptômes et l’implant, alors même que ces derniers sont très largement renseignés dans la littérature scientifique médicale, même jusque dans la notice du Nexplanon (marque de mon implant). Sont listés parmi les effets secondaires très fréquents (plus d’une “femme” sur 10) : maux de tête, règles irrégulières, état dépressif, douleurs abdominales, nausées, perte de poids, règles douloureuses … (2).

J’espère très sincèrement que les problèmes liés aux contraceptions hormonales sont désormais mieux pris en charge et mieux détectés par les professionnel.les de santé. En quatre ans, j’espère que la situation a évoluée et dans tous les cas, j’espère que cet article trouvera son public afin que vous soyez également capables de reconnaître le problème et de réagir en conséquence rapidement : la meilleure réaction étant de demander directement un retrait de l’implant dès que vous sentez que les choses deviennent problématiques.

Aujourd’hui, je suis de nouveau en errance contraceptive. Je ne veux plus la moindre contraception chimique dans mon corps à cause de tous les problèmes que j’ai rencontrés par le passé. Les préservatifs me répugnent un peu et causent tellement de déchets que je n’ai pas envie d’en utiliser, il en est de même pour les gelées spermicides. Dans l’idéal j’aimerais pouvoir me faire stériliser, mais je vous raconterai cette galère une autre fois… 😉

Prenez grand soin de vous 😉 <3


Lexique :
*spotting : des pertes très légères de sang, en général sans danger, qui surviennent entre les menstruations. (1)


Références :
(1) Dansmaculotte.com : Spotting, on vous dit tout sur ces saignements en dehors des règles.
(2) Eurekasanté.vidal.fr : NEXPLANON (fiche technique du médicament).