Vidéo : les retards de diagnostic chez les femmes autistes

Vidéo : les retards de diagnostic chez les femmes autistes

Cet article est à l’attention des personnes étant plus à l’aise avec la lecture qu’avec une vidéo YouTube. Le texte qui suit est une retranscription quasi identiques en tout point de ma dernière vidéo à propos des retards de diagnostic chez les femmes autiste (en fait, il s’agit du script que j’ai suivi pour filmer la vidéo). Je vous souhaite une excellente lecture (celle-ci ne devrait pas excéder les 15 minutes environ).

Pour consulter la vidéo : suivez ce lien.

Pour cette première vidéo intégralement consacrée à l’autisme, je vais répondre à la question qu’une personne m’a posé sur Curious Cat. Je me suis dit que j’allais faire ça un peu plus souvent, pour les questions que je trouve intéressantes et qui méritent un peu plus qu’un tweet pour y répondre (et pas seulement sur l’autisme d’ailleurs, tous les sujets sont les bienvenus). Si vous être plus à l’aise avec un article écrit qu’avec une vidéo, sachez que j’ai publié ce script sur mon blog. Le lien de l’article se trouve en description. La question d’aujourd’hui nous vient d’Aelys, 18 ans, qui nous dit :

« Salut, je t’écris parce que tu es concernée donc tu peux peut-être me donner ton avis. Beaucoup de personnes me disent que je suis peut-être autiste, notamment à cause de certaines crises d’angoisses que j’ai faite à cause de sons forts, répétitifs, de lumières fortes clignotantes et rapides, d’une forte présence de monde, ou alors parce que j’ai de bonnes capacités de réflexion, ou aussi à cause de mes difficultés avec le contact social, et à comprendre certains codes sociaux. Bien évidemment je vais pas m’autoproclamer autiste parce que des gens m’ont dis que je l’était peut-être, je vais aller consulter une psychiatre spécialisée, mais la question que je me pose, c’est qu’aujourd’hui j’ai 18 ans, et c’est vraiment possible de vivre 18 ans sans se rendre compte qu’on est autiste ? Merci d’avoir pris le temps de lire ! Bonne soirée 💜 »

Aelys, 18 ans.

Déjà merci de m’écrire et de me faire assez confiance pour me confier tout ça ❤️ 

Le tableau que tu me décris fait effectivement beaucoup penser à l’autisme. Les difficultés sociales, ces crises d’angoisse qui semblent être causées par l’hypersensibilité sensorielle ou encore la difficulté à comprendre les codes sociaux… sont vraiment des signes très caractéristiques de l’autisme. Du coup, je comprends tout à fait pourquoi tes proches ont pensé ça. 

Néanmoins, il faut faire attention, parce que certains de ces signes peuvent être expliqués par d’autre troubles, c’est donc une très bonne idée d’aller voir un•e psychiatre spécialisé•e pour en avoir le coeur net. Les rendez-vous avec des pros t’aideront à y voir clair, je te souhaite d’ailleurs tout le meilleur dans cette démarche (et n’hésite pas à me ré-écrire à tout moment si tu en as besoin 🙂). 

Par rapport à ta question sur l’âge, c’est tout à fait possible d’être diagnostiqué•e assez tardivement dans la vie. De mon côté, l’autisme a été repéré il y a environ 6 mois, alors que j’avais 25 ans, donc biiiennn après mes 18 ans. Julie Dachez (de la chaine YouTube « Super Pépette », que je vous conseille), a été diagnostiquée à 27 ans. Un cas qui est assez courant aussi, c’est celui des mamans qui viennent consulter pour leur jeune garçon, et qui sont diagnostiquées en même temps que lui ! Bref, tu l’auras compris, les retards de diagnostique sont très fréquents, surtout chez les groupes sociaux moins privilégiées en ce qui concerne la santé : principalement les femmes et les personnes racisées, mais je pense que l’on peut étendre ça sans prendre trop de risque à à peu près tous les groupes sociaux discriminés.

Je vais essayer d’expliquer, ou au moins de donner des pistes de réflexion sur le pourquoi de ces retards de diagnostiques… Et pour cela, je vais inévitablement me concentrer sur le cas des femmes, car c’est celui que je connais et que je vis, mais ce n’est évidemment pas la seule approche.

LES BIAIS DE GENRE DES ETUDES MEDICALES

Déjà, comme à peu près toutes les maladies et conditions qui existent, l’autisme a d’abord été étudié avec un bais de genre. Ça signifie que les études qui ont servies à définir l’autisme tel que nous le connaissons aujourd’hui, ont été majoritairement menées sur des hommes. La principale conséquence de ce biais, c’est que l’équipe de recherche va passer totalement à côté d’éventuelles différences de manifestations entre les genres. Comme ces études vont aussi servir à établir les critères de diagnostics, il est probable que les femmes soient également discriminées à ce niveau là, puisque leurs spécificités n’ont pas assez, voire pas du tout été étudiées en amont. On se retrouve donc avec des critères diagnostics qui ne correspondent qu’à une seule sous-catégorie de la population : le groupe dominant.

C’est un peu ce qui se passe pour l’autisme, même si la situation a tendance à s’améliorer grâce à la prise de parole des femmes autistes et aux études plus récentes sur le sujet. Aujourd’hui, il est admis de façon assez consensuelle que l’autisme ne se manifeste pas tout à fait de la même manière chez les hommes et les femmes. Il existe des différences assez subtiles, qui selon moi, viennent en grande partie de la façon dont nous éduquons les enfants… Je m’explique… :

L’EDUCATION SEXISTE

En tant que femme, nous sommes éduquées à intérioriser nos difficultés. Cette éducation sexiste est inconsciente la plupart du temps. Heureusement, très peu de parents ont l’envie délibérée d’éduquer leurs enfants de façon sexiste. Mais ces apprentissages sont bel et bien là, et nous conditionnent à ne pas trop faire de colère, à être douce, à être discrète et à tout garder pour nous. Conséquemment, nous faisons donc un peu moins de crise, et nous sommes beaucoup moins visibles. Attention, ça ne veut pas dire que les femmes autistes ne font pas de crise ou qu’elles ont moins de difficultés que les hommes autistes, mais seulement qu’elles ont davantage tendance à les intérioriser et ne pas les exprimer. Ainsi, certains des signes clés de l’autisme vont être masqués chez elles, elles seront donc moins repérables. 

Je me rappelle très clairement d’épisodes où à l’école, j’étais en pleins meltdown, principalement à cause d’une surcharge au niveau sensorielle, j’avais vraiment cette sensation horrible que j’allais exploser, je ne vois pas trop comment la décrire autrement. Mais au lieu d’exploser comme l’aurait probablement fait un garçon autiste, avec des cris ou des pleurs, je devenais complètement mutique. Je restais dans mon coin et je n’étais même pas capable de parler. J’étais comme figée, les yeux grand ouverts, à attendre que la crise passe. Là encore, attention, ça ne veut pas dire que les garçons autistes n’intériorisent pas certains signes ou certaines de leurs difficultés. Je ne fais que vous donner des tendances statistiques. Ces différence de manifestation de l’autisme entre les hommes et les femmes sont une première piste pour expliquer les retards de diagnostics, et l’invisibilisation des femmes autistes : mais ça ne s’arrête pas là.

LA STRATEGIE D’IMITATION

Nous sommes également très douées pour imiter nos semblables, comme des petits caméléons. Par le biais de l’observation, nous allons reproduire les conduites de nos pairs afin de nous fondre dans la masse, pour avoir l’air les plus « neurotypiques » possible. 

Par exemple : quand j’étais petite, je me suis très vite rendu compte que mes tics étaient vu très bizarrement par les autres. Du coup, j’ai appris très tôt à les cacher. Soit je les atténuais pour que les autres ne les remarquent pas, soit je les stoppais complètement, ou je les remplaçait par d’autres tics moins voyants. Par exemple, au lieu de me balancer d’avant en arrière, je me mettais à me balancer d’un pied sur l’autre, et uniquement quand j’étais débout. En procédant ainsi, je trouve quasiment la même satisfaction que m’apportent les balancements, mais en étant quasiment immobile, et donc moins repérable. Attention, ceci n’est qu’un exemple pour illustrer mon propos, mais ce n’est en aucun cas la marche à suivre. Dans un monde idéal, nous ne devrions pas avoir à masquer nos spécificités pour exister socialement. La plupart de ces spécificités sont des attitudes totalement saines qui nous permettent de nous rassurer dans des moments stressants, mais on y reviendra dans une prochaine vidéo !

LES RESULTATS SCOLAIRES

Autre point qui n’aide pas les femmes autistes à être repérées : les résultats scolaires. En général, nous sommes de relativement bonnes élèves malgré nos difficultés. Il est donc assez probable qu’aucune des personnes de l’équipe pédagogique ne remarquent quoi que ce soit. A l’école, on sera plutôt cataloguées de « timide », de « réservée », mais ça n’ira rarement plus loin que ça. S’ajoute à cela un problème que j’évoquerais surement aussi dans une prochaine vidéo : les diagnostics (à mon sens) très problématiques de HPI, de « zèbre » ou de surdoué. Je ne vais pas développer aujourd’hui car ce sujet mérite une vidéo à lui seul. Le principal à retenir étant que ces diagnostics sont très ressemblants à l’autisme, mais n’apportent quasiment aucune aide à la personne concernée, et a aussi pour effet de stopper les investigations. J’y reviendrais plus tard, mais je suis convaincue que mon autisme aurait été décelé bien plus tôt si je n’avais pas été comme « enfermée » dans une de ces trois petites cases.

LES INTERETS SPECIFIQUES SOCIALEMENT ACCEPTES 

Il a été constaté qu’en général, les filles et les femmes autistes ont des intérêts spécifiques plus « acceptables socialement » et plus « discrets » que ceux des hommes. Il est assez simple à concevoir que l’on remarque un peu moins une fille autiste qui fait une fixette sur le maquillage, le chevaux, ou les animaux en général, qu’un garçon autiste qui se prend de passion pour les plans du métro ou les trains. Mes exemples sont très clichés évidemment, et une fille autiste peut tout aussi bien avoir un intérêt spécifique pour les plans du métro, mais statistiquement, il a été constaté que les intérêts spécifiques des femmes autistes sont moins « repérables ». 

LA COMPENSATION

En plus de ces intérêts spécifiques « moins visibles », certains de nos intérêts peuvent aussi nous servir à masquer encore plus nos difficultés que nous le faisons déjà. Et là, je n’ai pas besoin de chercher très loin pour vous donner un exemple : je vais vous parler de mes études en psychologie. 

En tant que personne autiste, je n’exagère pas du tout si je vous dis que le monde social dans lequel je survie n’a absolument aucun sens. Tout comme Aelys le dit dans son message, j’ai énormément de mal à comprendre les codes sociaux, à comprendre l’implicite, le second degré, l’humour, l’ironie ou le sarcasme… On dit souvent que la partie la plus importante de la communication est non-verbale. Notre posture, nos gestes, notre regard ou notre intonation sont aussi très porteurs de sens, souvent plus que les mots eux-même. Problème : ça non plus, je n’y comprends rien, et ma propre communication non verbale pouvait parfois paraitre très chelou pour les autres… Jusqu’à ce que j’étudie la psychologie à la fac ! Pendant mes études, j’ai énormément appris sur le fonctionnement psychologique des autres et d’une certaine manière, ça m’a aidé à rattraper la plupart des acquis sociaux que je n’avais pas réussi à assimiler. Pour les personne neuro-typiques, tous ces acquis sociaux sont évidents, ils coulent de sources et sont appris quasi automatiquement, sans trop d’effort. Pour moi, ça a été un travail de longue haleine. C’est un peu comme si j’avais appris « la sociabilité » de la même manière qu’on apprendrait les mathématiques ou la physique. Rien n’a été naturel, rien n’a « coulé de source », j’ai dû tout apprendre de A à Z, comme si c’était une autre langue. Voilà, c’est un exemple parmi d’autres d’un intérêt spécifique qui peut servir à compenser les difficultés des personnes autistes. La sociologie, les sciences sociales en général ou la littérature sont aussi des intérêts spécifiques pouvant aider à compenser nos difficultés. Apprendre la psychologie m’a beaucoup servi, mais c’est aujourd’hui un obstacle pour me faire diagnostiquer officiellement, car ça a un peu trop bien fonctionné. Aujourd’hui, j’ai l’air relativement « neuro-typique », du coup, les professionnels de santé ont parfois du mal à envisager que je sois autiste. 

Mais bref, c’est un autre sujet. Je vais m’arrêter ici pour cette vidéo (qui est déjà bien assez longue). J’espère qu’elle vous a plu et surtout, qu’elle vous a servi. Aelys, j’espère que tu y vois un peu plus clair maintenant, et que les pistes d’explication sur les retards de diagnostics de l’autisme ont peut-être fait écho à ton vécu. Je suis certaine qu’il existe bien d’autres pistes pour les expliquer, n’hésitez donc pas à compléter mes propos en commentaire. En conclusion, peu importe ton âge, ne doute surtout pas de ta légitimité. Je te souhaite bon courage pour la suite, et encore une fois, n’hésite pas à m’écrire à nouveau si tu en as besoin. 

Les relations toxiques : un exemple parlant.

Je reçois souvent des questions sur les relations toxiques. La plupart du temps, elles concernent le couple, mais aujourd’hui j’ai envie de partager avec vous une réalité souvent laissée de côté : en amitié aussi, les relations toxiques existent (et ça fonctionne de la même façon) ! Pour illustrer ça, quoi de mieux qu’une petite histoire personnelle de derrière les fagots? J’espère que vous en tirerez une bonne leçon et que vous ne ferez pas la même erreur que moi : toujours pardonner à l’autre, au nom de l’amitié. Afin que mon expérience soit profitable et VOUS serve, je vais ponctuer mon histoire de petites généralités sur les personnes manipulatrices, leur fonctionnement et leurs stratégies.


TW divers : manipulation, PN, mensonges, humiliations, relations toxiques…

La rencontre.

Cette histoire commence le samedi 24 mai 2003. J’ai tout juste 10 ans et je termine mon année de CM2. Ce samedi là (à contrecoeur), j’accompagne mes parents chez un couple d’ami•e•s choristes, à une sorte de “fête”. Chez ce couple, d’autres connaissances de connaissances sont présentes et je rencontre pour la première fois Marion (prénom modifié), la protagoniste de cette histoire. C’est la fille d’un autre couple (couple qui deviendra également proches de mes parents par la suite).

Marion et moi, on papote ensemble toute l’après-midi. Nos petits frères respectifs (j’en ai un, elle en a deux) jouent ensemble et deviennent aussi amis. Nos parents aussi deviennent ami•e•s, donc très vite, nous nous lions d’amitié elle et moi. Nous sommes quasiment du même âge (seulement quelques mois de différence).


Le harcèlement : un facilitateur d’emprise.

Dans mon école, je n’ai aucun•e ami•e. Marion me confie que pour elle, c’est exactement la même chose. Elle se sent complètement seule et les autres la harcèlent. Ces sentiments qu’on partage nous rapprochent beaucoup.

➡️ Une personne manipulatrice peut avoir tendance à vous “imiter” dans le but de se rapprocher de vous, inspirer votre sympathie et ainsi, vous entraîner plus rapidement dans le cercle vicieux de la manipulation.

Je ne sais pas si c’est le cas pour Marion et je pense vraiment qu’elle vivait la même chose que moi à l’école. Mais comme c’est une stratégie que mettent en place pas mal de manipulateurs au début d’une relation, je vous le dis car ça vous aidera p-ê à les reconnaître. Comme nos deux familles sont devenues très amies, Marion et moi nous voyons toutes les semaines (parfois plusieurs fois), mais nous ne fréquentons pas les mêmes écoles.


L’isolement de la victime : une étape clé

➡️ Une personne manipulatrice va systématiquement chercher à vous isoler de votre entourage proche. Elle n’en fera jamais la demande de façon frontale, car il est très probable qu’elle essuie votre refus. Elle

Comme je n’ai pas d’autres ami•e•s, Marion devient très vite ma (seule) Meilleure Amie, sans qu’elle ai besoin de m’isoler : c’est déjà le cas. Bref le temps passe, nous sommes de plus en plus proches, amies depuis quelques mois maintenant. Notre année de CM2 se termine et nous nous préparons à entrer au collège (là encore, dans deux établissements différents).


L’entrée au collège.

Sept. 2003 : j’entre en 6ème. Je pensais que je me trouverais d’autres ami•e•s, mais pour la faire courte : NON, c’est même encore pire qu’en primaire. Face au harcèlement que je subis pendant cette période, Marion, ma seule amie, est comme une bouée de sauvetage. Quand on passe du temps toutes les deux les weekends, on ne parle pas trop du collège et à quel point c’est difficile. Je sais vaguement qu’elle vit la même chose que moi, qu’elle n’a aucun•e ami•e•s, mais on n’en parle pas vraiment. On veut juste profiter.


Les critiques acerbes et gratuites.

Je ne sais pas comment entrer dans le vif du sujet, parce que je ne me souviens pas quel petit élément précis a fait que tout a basculé. Ce que je peux vous dire, c’est que j’ai commencé à remarquer que Marion était parfois très malveillante envers moi. Au début, c’était des petits trucs. Elle me critiquait beaucoup (et gratuitement) :

  • tu n’as aucune personnalité
  • tu ne sais pas t’habiller, tu connais rien à la mode, ça se voit
  • normal que les autres s’intéressent pas à toi

Elle se moquait aussi de mes notes et des appréciations sur mon bulletin scolaire, elle me disait “oh mais t’es nulle, tes moyennes sont toutes petites” ou “tes appréciations sont mauvaises” alors que j’était MEILLEURE qu’elle dans absolument toutes les matières.

Moi je n’ose trop rien dire, je ne déments pas, mais je ne m’énerve pas non plus. Je n’aimais pas ses remarques évidemment, mais j’avais pas la foi de la confronter. J’étais un peu comme “indifférente” à ses critiques parce que je les savais infondées. Ce ressenti est un peu compliqué à expliquer, mais c’est comme si ses pics étaient si débiles et facilement démontables (comme se moquer de mes notes alors que je suis objectivement meilleure qu’elle à l’école), qu’on a même pas envie de se donner la peine de les réfuter.


Les critiques sont “pour votre bien”

De plus, elle me critiquait d’une manière hyper particulière, comme si elle voulait m’en mettre pleins la gueule, mais en étant à la fois positive et “bienveillante” avec moi. Quand elle me disait que je n’avais “pas de personnalité” ou “aucun sens de la mode”, elle me donnait toujours des sortes de conseils, pour me faire croire qu’elle disait tout ça dans mon intérêt (c’est une technique de manipulation psychologique).

➡️ Une personne manipulatrice a recours à la critique pour vous dévaloriser, mais la tourne de manière à vous faire croire que c’est dans VOTRE intérêt qu’elle vous critique.

➡️ En plus de se placer dans une fausse position de “bon samaritain” qui valorise la personne manipulatrice, l’incohérence entre sa critique (négative) et son “aide” (positive) va vous déstabiliser, et C’EST SON BUT.

Du coup, je laissais pisser et je ne disais rien. Un jour, elle s’est moquée des poils sur mes jambes (qui ne me gênaient pas du tout à l’époque hein, j’avais 12 ans). Elle m’a dit qu’il fallait ABSOLUMENT me raser, car c’était HORRIBLE et DÉGOÛTANT. Elle est allée chercher un rasoir dans sa salle de bain, puis elle m’a rasé les jambes, sans aucune précaution ni attention. J’avais MAL. Ma peau était rouge vif, BRÛLANTE et j’avais des points de sang. Elle m’a quand même demandé pardon, donc je pense qu’elle n’a pas fait exprès, à mon avis elle ne se rendait pas compte qu’elle était brutale. Mais toujours est-il qu’elle s’était moquée de mon physique et avait créé chez moi ce complexe, jusque là inexistant.


La technique du “chaud / froid”

En fait, pour résumer la chose en ce qui concerne les critiques : Marion était parfois hyper sympa et parfois hyper méchante gratuitement, sans trop que j’arrive à mettre le doigt sur la raison. Spoiler : il n’y en a pas. C’est de la manipulation.

➡️ Le chaud/froid (gentil/méchant) est une technique de manipulation ultra courante. Elle vise à déstabiliser la victime qui ne comprend pas les réactions “aléatoires” du manipulateur. En général, le chaud/froid arrive quand la relation est déjà bien engagée. Et oui, car une victime qui n’est pas attachée à la personne manipulatrice ne va vraisemblablement pas rester dans la relation si tout à coup, l’autre pique une colère injustifiée. Non, le manipulateur attend d’avoir déjà une certaine emprise.

Si la victime a des failles psychologiques (dues à un passé douloureux par ex.), alors elle va quasi automatiquement se culpabiliser et penser que les phases colériques du manipulateur sont de SA faute (souvenez-vous que c’est totalement FAUX). De façon extrêmement perverse, la victime va alors chercher à s’améliorer pour aller dans le sens du manipulateur, “ne plus l’énerver” et chercher sans cesse sa validation. Le manipulateur lui, va devenir de plus en plus exigeant.

Dans mon cas, je pense que Marion a bien senti qu’en raison du harcèlement que je vivais dans mon collège, je lui passerais la plupart de ses attaques et sautes d’humeur. Elle savait bien qu’elle était ma seule amie, et que je n’allais donc pas la virer.

Autre chose que je détestais chez Marion : sa méchanceté envers les animaux. Ses parents tenaient un petit centre équestre, et l’après-midi, Marion et moi, on allait se promener dans les champs. Elle ne pouvait pas s’empêcher d’insulter les chevaux et de leur hurler dessus. Je lui disais tout le temps d’arrêter, mais elle refusait. Elle me disait que tel ou tel chevaux “l’avait mérité”. Je trouvais ça bizarre et diantre je ne comprenais pas ce qu’avait bien pu faire un cheval pour mériter ça…


Après les critiques, les humiliations…

Faisons un petit saut dans l’intensité des attaques de Marion. Voyant que les critiques n’avaient pas beaucoup d’effet sur moi, car j’y étais assez indifférente, elle a décidé de passer un cran au dessus en tentant de m’humilier aux yeux des autres. Ca a commencé avec nos familles. Marion était passionnée par la série Charmed et la “magie”. C’est elle qui m’a parlé pour la 1ère fois de “vaudou” (elle avait sûrement entendu ça dans Charmed) et elle avait envie qu’on essaie, pour s’amuser. Je n’y croyais pas, mais ça amusait beaucoup Marion. En bref, on jouait à inventer des formules magiques, à jouer aux sorcières, à faire des potions… Et puis un jour, elle a raconté à nos parents respectifs que c’est moi qui l’avait “entraînée là dedans”. Elle disait que c’était moi qui avait commencé, qu’elle avait accepté “pour me faire plaisir” mais que maintenant, elle était “terrorisée” à cause de moi, qu’elle avait peur que “des démons la tuent”, que j’étais “dangereuse”. C’était faux, c’était SON jeu, pas le mien.

➡️ Les manipulateurs essaient très souvent de vous discréditer aux yeux de vos proches, à la fois dans le but de se victimiser, de se sentir mieux en vous utilisant comme faire-valoir, parfois pour vous isoler et tout simplement aussi pour vous faire du mal.

Donc là le but, c’était de m’humilier auprès de nos familles et de me faire avoir des ennuis avec mes parents. L’histoire n’a pas pris plus d’importance que ça, je pense que ses parents lui ont juste expliqué que ces choses n’existaient pas, et on a continué à se voir. Là, mes propres parents ont commencé à se méfier de Marion. Je me rappelle que plusieurs fois, ma mère m’a demandé si tout se passait bien avec elle. En général, je disais que tout allait bien, même si “parfois elle était méchante sans raison”.


Les mensonges pathologiques

Autre point primordial à aborder : les mensonges pathologiques. Un jour, mon père m’a dit

“Franchement, ta copine Marion, elle raconte tout le temps n’importe quoi, non ?”

Je lui réponds par l’affirmative. Marion mentait tout le temps et s’inventait une vie. Je ne pourrais plus vous donner d’ex précis de ses mensonges car l’histoire est lointaine, mais c’était vraiment GROS. Elle me disait qu’elle connaissait certaines stars (chanteurs, acteurs…), bref des trucs tellement énormes que personne ne se donnait la peine de la démonter.

➡️ Les manipulateurs sont TOUS des menteurs pathologiques. Si vous voyez que quelqu’un ment tout le temps et s’invente une vie, soyez EXTRÊMEMENT méfiant•e•s et prenez vos distances. Il peut s’agir d’un•e simple mythomane, mais aussi d’une personne plus malveillante…

Attention, certains menteurs sont meilleurs que d’autres. Marion était ado, alors ses mensonges n’étaient pas très “vraisemblables” et on se rendait très facilement compte qu’elle mentait, mais ce n’est pas toujours le cas.

Mon père m’a alors dit que le mieux, c’était de la laisser raconter ses bêtises sans chercher à comprendre ou à la confronter, parce que ça ne servirait à rien. Il m’a aussi expliqué que “c’était de famille”, car le papa de Marion faisait EXACTEMENT la même chose. Mon père m’a raconté que le père de Marion était pris en pitié par TOUT. LE. MONDE. à cause de ses mensonges rocambolesques (genre raconter qu’il est recordman du + grand nombre de km parcourus en camion, et qu’un président lui a remis UNE MÉDAILLE pour ça). On est à ce niveau. J’ai donc suivi le conseil de mon père, et je me contentais d’acquiescer quand elle racontait n’importe quoi.


De très graves accusations

Heureusement que mes parents avaient conscience de la mythomanie de Marion, car dire qu’elle a essayé de me nuire est un euphémisme. Elle a raconté à mes parents que je fumais depuis l’âge de 10 ans (faux), que j’avais initié son petit frère de 8 ans à la cigarette (faux et très grave). Elle m’accusait de tout et n’importe quoi, mais ce n’était jamais pris au sérieux. Je pense que même les parents de Marion avaient totalement conscience que c’était une menteuse pathologique, car même quand elle m’accusait de choses pourtant très graves, ça n’avait jamais de conséquence. Je pense que tout le monde autour d’elle savait comment elle était. Et ça continue crescendo.

Comme nos familles ne rentraient pas dans le jeu de mensonges de Marion, elle a tenté de m’humilier auprès d’un nouveau public : les jeunes de son collège (que je ne connaissais pas vu que nous n’étions pas dans le même établissement). Je vous raconte ça maintenant pour que ce soit dans l’ordre chronologique, mais tout ça, je l’ai appris plus tard. Au début, je ne savais pas ce qu’elle faisait. Pour la faire courte, elle parlait en mal de moi auprès de tous les gens de son collège. Elle m’insultait, se moquait etc…


La goutte d’eau… je commence à m’éloigner

Un jour, ma famille et moi sommes allé à un “bal déguisé” dans le village de Marion. Des jeunes de son collège étaient là, à ce bal. Je me suis approchée pour dire bonjour. Ils se sont tous mis à m’insulter.

“Eh Marion, c’est elle la grosse pute dont tu parlais ?”

J’avais environ 13 ans à l’époque. C’est comme ça que j’ai appris tout ce qu’elle disait de moi, dans mon dos. Je l’ai regardée, elle riait aux éclats avec eux, donc je suis partie. Ce bal, c’était au mois d’octobre de l’année de mes 13 ans = mon début d’année de 3ème. Objectivement, c’est la “moins pire” de mes quatre années de collège. Quasiment tous les gens qui me harcelaient depuis ma 6ème étaient partis dans d’autres établissements. Du coup, j’étais un peu plus intégrée dans mon collège, j’avais quand même “quelques” rares ami•e•s : Marion n’était donc plus “la seule et unique”. Je m’en suis donc détachée suite à cette crasse, et je m’en portais très bien. Je continuais à la voir, car nos familles étaient vraiment très proches, je restais cordiale et gentille avec elle, mais notre relation n’était plus comme avant. Je ne la considérais plus comme une amie, et je rechignais même à la voir.

➡️ Face à une personne manipulatrice, vous n’avez que deux armes efficaces : l’INDIFFÉRENCE face aux attaques (que cette indifférence soit soit réelle ou feinte) et la DISTANCE (vous éloigner le plus possible de la personne).

Marion m’a quand même fait une autre crasse cette année là : faire tourner mon numéro dans son collège. Elle l’a donné à tout le monde en disant que j’étais “une salope” et que si des gars voulaient “baiser une meuf”, ils n’avaient qu’à m’appeler (je rappelle que j’ai 13 ans). Je recevais pleins d’appels et de messages hyper agréables, vous vous en doutez. Pleins de gars m’appelaient pour me dire des trucs obscènes. Je me doutais que ça venait de Marion, mais j’en étais pas sûre, et un jour, un gars m’a confirmé que c’était bien ça. Je n’étais pas du tout étonnée, car faire ça était bien son genre. Encore une fois, j’ai laissé pisser, et je suis passé à autre chose.


L’entrée au lycée

Le collège se termine. Nous passons toutes les deux en seconde générale… dans le même lycée… toutes les deux en internat. Nos parents ont l’idée de faire du covoiturage pour nous emmener le lundi matin au lycée (45 km de nos villages), et revenir nous chercher le vendredi soir. Malgré tout ce qui s’était passé de mauvais entre nous, vous n’allez pas me croire, mais j’étais contente de me retrouver dans le même lycée que Marion. Je me disais p-ê que l’on arriverait à recoller les morceaux.

➡️ Parfois, la manipulation est tellement forte sur la victime que celle-ci va en redemander et s’accrocher au manipulateur. Elle s’accroche en réalité à cette vision idyllique du tout début : cette personne qui nous comprenait et nous ressemblait. On espère la retrouver.

On espère pouvoir “faire changer” la personne, retrouver le bonheur du début de la relation, on s’accroche à ce souvenir heureux. Mais souvenez-vous que le manipulateur ne change JAMAIS, et ce masque parfait du début n’était qu’un leurre pour vous séduire.

Le plus dur est de faire le deuil de cette personne que vous aimez. Cette personne idéale que vous portez dans votre coeur, mais qui n’existe tout simplement PAS. C’était un appât que le manipulateur a utilisé pour vous attraper.

Je ne voulais pas voir le vrai visage de Marion, même si la vérité était sous mon nez. Je m’accrochais à ce souvenir de l’amie parfaite, rencontrée alors que tous les autres me tournaient le dos et me méprisaient. Mais revenons à la rentrée au lycée… Pour que le covoiturage fonctionne, il fallait que Marion et moi aient le même emploi du temps. On a donc appelé le lycée au mois d’août, avant la rentrée, pour demander à être dans la même classe (oui, sur ce coup là, j’étais carrément masochiste). Le lycée accepte, et la rentrée arrive. Comme Marion et moi ne connaissons quasiment personne au lycée, on se retrouve un peu, on se rapproche à nouveau. A l’internat, nous partageons la même chambre. Mais les choses vont vite se gâter.


La fin du harcèlement

De mon côté, j’ai le bonheur de m’intégrer enfin quelque part. Alors que le collège était un enfer, le lycée commence super bien, et j’en suis la première étonnée. Je vis mes premiers mois de lycée avec ce sentiment de bonheur si léger et si agréable… Dans mon lycée, quasiment tous les gens avaient un style un peu alternatif. Il y avait pleins de punks, de babs, de métalleux bref, pleins de style différents, et majoritairement des gens très ouverts d’esprit avec qui je m’entendais super bien. Tout n’était pas parfait évidemment, il y avait aussi des enfoirés de harceleurs, mais beaucoup moins en proportion de ce que j’avais vécu au collège (et je n’étais pas leur cible). J’ai l’impression de vivre dans un rêve, au paradis, après avoir vécu l’enfer pendant 6 ans. Mais pour Marion, c’est pas la même tisane.

Les gens voyaient tout simplement son côté “méchant” et “tyrannique”, alors elle n’était pas du tout appréciée par la grande majorité des élèves. Elle a quand même quelques ami•e•s, mais très peu. Elle se lie d’amitié uniquement avec les connards et les connasses de son espèce (minoritaires heureusement), les fouteurs de merde, les enfoirés qui se moquent gratuitement des gens dans les couloirs… et aussi quelques personnes sympas qu’elle arrive à manipuler.

J’ai sincèrement essayé de renouer avec elle, mais comme je goûtais enfin à des amitiés saines et heureuses avec les autres élèves du lycée, je me rendais bien compte en comparaison, que mon amitié avec Marion n’était pas du tout normale, ni saine.


La “rupture” officielle

J’ai fini par laisser tomber. J’ai arrêté de lui parler, j’ai arrêté de la défendre quand les autres la critiquaient (quasiment tout le temps à juste titre d’ailleurs…) De toute façon, à force, elle devenait indéfendable. Elle était odieuse, elle lançait des rumeurs sur les gens… Par exemple, elle a fait croire à tout le monde qu’un garçon s’était inscrit dans notre établissement, et pas à St Denis (le lycée privé de la ville où il était avant) parce que sa famille était ruinée financièrement. Bon, une rumeur de merde quoi.

Un jour par hasard, je papotais avec ce garçon, et il m’a parlé de St Denis, son ancien collège/lycée et me dit qu’il en est parti parce que c’était beaucoup trop strict et qu’il n’en pouvait plus (caméras, barbelés aux murs etc…) Du coup, ça me rappelle ce que Marion m’avait dit sur lui quelques semaines plus tôt, et une fois où je parlais avec elle, j’en profite pour lui dire innocemment

“Oh au fait, j’ai papoté avec X, et s’il est plus à St Denis, c’est pas du tout à cause de l’argent, mais blablabla …”

Et là… Tenez vous bien… Elle est entrée dans une colère noire, je n’avais jamais vu ça. On était dans le hall du lycée pendant la pause de midi. Elle s’est mise à hurler, à m’insulter de tous les noms devant tout le monde. Elle a jeté son sac sur les casiers en métal … Elle les a même frappés de ses poings en hurlant et mis des coups de pieds dedans. Je n’arrivais pas à croire ce que je voyais, elle était en pleine crise de nerfs… J’étais bouche bée, j’avais pas les mots, juste ultra choquée…

Des gens arrivent pour comprendre ce qu’il se passe et pour la calmer. Ils lui demandent ce qui ne va pas, avec un air aussi choqué que moi, et elle continue à hurler :

“MAIS C’EST L’AUTRE CONNE LA !! L’AUTRE GROSSE FOOOLLE !! ELLE RACONTE QUE DE LA MEEEERDE !! LA CONNE DE SERVICE !!”

Je finis par m’éloigner, car les surveillants arrivent et prennent la situation en main. En fait, elle a juste pété un câble parce que pour la première fois de notre relation amicale, je l’ai acculée.

Je l’ai confrontée à son mensonge.

➡️ Les manipulateurs peuvent devenir très colériques quand on les met face à leurs mensonges et leurs contradiction et qu’ils n’ont plus d’échappatoire. Il faut faire TRÈS attention à ces situations, car c’est dans ces moments qu’ils peuvent devenir violents.


Une ambiance tendue

L’histoire s’est soldée par une semaine de repos pour Marion, qui est restée au calme chez elle. Quelques mois ont passé, on ne se parlait plus du tout, et c’était même officiel : on ne pouvait vraiment plus se voir en peinture elle et moi. On continuait le covoiturage, parce que c’était plus simple pour nos parents, mais l’ambiance était vraiment tendue. On ne s’adressait pas là parole, on ne se regardait même pas. Elle a changé de chambre à l’internat pour rejoindre ses trois pétasses de copines. A cette époque de l’année, elle essayait aussi de lancer des rumeurs sur moi pour me discréditer. Mais manque de bol pour elle, la majorité des gens du lycée étaient “de mon côté” dans cette guerre qu’elle avait lancée.

Par exemple, elle essayait de faire croire aux gens que je me lavais avec du “sang de porc” (???) et que c’est pour ça que “je puais la mort” (rumeur niveau CP). Bref, les gens ne la croyaient évidemment pas. Au minimum, ils s’en foutaient, au mieux, ils me soutenaient.


La situation se retourne…

Voyant à quel point Marion est malveillante envers moi, les autres commencent à s’en prendre encore + à elle… situation que je déplore sincèrement, mais à laquelle je ne peux rien faire du tout… Elle s’est mise toute seule dans la merde. L’ambiance entre nous est de plus en plus tendue. Je voulais laisser pisser et passer à autre chose, car je m’étais fait pleins d’ami•e•s, mais le problème, c’est qu’on se voyait tout le temps, même lycée, même classe, même internat… L’histoire me collait au cul…

Marion commençait à être tellement mal au lycée qu’elle ne venait plus tout le temps. Parfois, elle était absente une semaine par-ci par-là… Elle manquait les cours, et ses notes chutaient. Mes parents ont insisté pour que je prenne soigneusement ses devoirs.


Je deviens sa chargée de devoirs…

Nous somme à peu près au mois de mai. L’année de seconde se termine, et Marion est absente depuis une bonne dizaine de jours. Je sais, de part ma famille, qu’elle est absente parce que sa grand-mère maternelle vient de décéder, paix à son âme. Je m’occupe donc de ses devoirs. Le weekend, mon papa et moi nous rendons chez Marion pour que je lui dépose les cours et les devoirs. Elle n’est pas présente, car elle est dans sa famille suite au décès de sa grand mère. Je dépose la pochette que j’avais préparée pour elle.

Un peu au dernier moment, je me rappelle que notre prof de physique à mi à notre dispo des sortes de “fiches de révisions” récapitulatives de l’année sur le site internet du lycée. Je demande donc au père de Marion (seul présent à la maison) si je peux accéder à l’ordinateur. Il me dit oui, mais veut quand même que j’appelle Marion pour lui demander l’autorisation (c’est son ordinateur à elle) et éventuellement le mot de passe si besoin. Je m’exécute. Au téléphone, je lui présente mes condoléances et lui explique pour les fiches et l’ordinateur.

Je suis très surprise et déstabilisée, parce qu’au bout du fil, Marion est HYPER chaleureuse avec moi, alors qu’on se déteste vraiment. Je sais qu’elle cherche à lancer tout un tas de rumeurs débiles sur moi, qu’elle m’en met pleins la gueule dans mon dos… Moi, je prends ses devoirs par pure charité et parce que mes parent me l’ont demandé, mais c’est tout. Je pensais qu’elle serait froide, mais non. Elle est très chaleureuse, elle me remercie pleins de fois, et elle me dit OK pour l’ordi (pas de mot de passe requis). Je lui dis “d’accord, prend soin de toi” bref, les basiques du respect quand quelqu’un•e est un deuil. Juste avant de raccrocher, elle m’a même lâché un petit “à bientôt au lycée, bisous”, mais je vous jure, j’ai jamais vu une hypocrite pareil… J’étais très troublée…


Mon erreur fatale…

Je vais donc dans sa chambre, là où se trouve l’ordinateur portable de Marion. J’ouvre le clapet et je constate qu’il n’est pas vraiment éteint, juste en veille. L’écran s’allume sans que j’ai besoin d’appuyer sur le bouton, et un document Word est ouvert. Son titre, en noir, en gros et en gras : “Lettre à Marielle…”

Marielle (nom modifié) est le prénom de sa grand mère récemment décédée. Donc juste avec le titre, je comprends que c’est une sorte de lettre posthume très personnelle à l’attention de sa grand-mère qui nous a quittée. Je ferme le document immédiatement, et télécharge les fiches de physique. Par acquis de conscience, j’ai fait une énorme erreur (erreur qui a déclenchée la fin de cette histoire… Je n’aurais jamais dû faire ça… mais je pensais vraiment pas à mal).

J’ai décidé de téléphoner à Marion pour lui expliquer ce qu’il venait de se passer. Je l’appelle et je lui dis très sincèrement et en étant vraiment désolée, que lorsque j’ai ouvert son ordinateur pour télécharger les fiches, le document était ouvert. J’insiste bien sur le fait que je ne l’ai pas lu, et que j’ai aussitôt fermé le document. Elle me dit qu’elle comprend, qu’effectivement, elle l’avait laissé ouvert avant de partir et que ce n’est pas grave, qu’elle me croit et que ce n’est pas de ma faute. Là encore, sa compréhension aurait dû m’alerter, mais j’ai rien vu venir. Je voulais juste être intègre et honnête, rester droite dans mes bottes et ne rien avoir à cacher, contrairement à elle qui était malsaine et mesquine. Mon père et moi, nous repartons chez nous.


Le mensonge ultime…

Environ deux semaines passent, la fin de l’année arrive bientôt. Marion revient au lycée. On ne se parle pas du tout, comme d’habitude. Et puis un midi, dans la file d’attente pour aller à la cantine, j’entends un groupe de filles parler de moi. Je me retourne, et elles me regardent avec des yeux noirs de haine, comme si j’avais tué leurs mères. Je leur demande si elles ont un problème, et si oui, qu’elles me le disent. Elles ne veulent pas trop me répondre, elles sont évasives, mais une d’entre elles me sort

“J’espère que Marion va porter plainte contre toi pour ce que t’as fait!! C’est vraiment dégueulasse !!”

Je ne comprends rien, je ne vois pas de quoi elle parle, j’essaie de leur demander mais elles ne veulent rien me dire. C’était un vendredi, donc le soir même je rentre chez moi. C’est au tour des parents de Marion de venir nous chercher. Je monte dans la voiture. Directement, j’invective Marion pour comprendre pourquoi ces filles ont dit ça ! J’insiste, mais elle ne me répond pas, sa mère ne me répond pas non plus. Je lui dis que d’après ces filles, j’aurais fait quelque chose qui mérite qu’on porte plainte, et que JE VEUX savoir !”

Personne ne me répond. La mère de Marion me dépose chez moi, et s’en va. J’ai aucune foutue réponse sur ce qui est en train d’arriver. Je rentre chez moi et là, je me fais cueillir par mon père qui me hurle dessus :

“COMMENT T’AS OSÉ FAIRE ÇA A MARION ??”


Le piège de Marion se referme sur moi…

Je lui demande de m’expliquer, je lui dit que je comprends rien, que tout le monde m’accuse d’un truc mais que personne ne daigne me dire ce que j’ai fait. C’est là que mon père m’explique le fin mot de l’histoire… Accrochez-vous…

Soit disant, j’aurais non seulement lu la lettre, mais je l’aurais aussi copiée sur une clé USB (ainsi que “d’autres documents personnels de Marion”), je l’aurais soit disant imprimée, affichée et distribuée dans tout le lycée dans le but d’humilier Marion.

Je suis sous le choc. Je comprends immédiatement qu’elle a inventé un énorme mensonge, le mensonge ultime pour essayer de me nuire aux yeux de tout le lycée. J’essaie d’expliquer à mon père que c’est faux, et qu’elle dit ça pour foutre la merde et me pourrir la vie. Mon père connaissait bien Marion, il savait que c’était une mythomane et sachant cela, je pensais qu’il se rangerait de mon côté… mais non. Il a énormément souffert de la perte de sa propre mère, et ainsi, il a pris en pitié Marion et sa famille qui venait de perdre un proche…Il s’est complètement fait retourner le cerveau par ses sentiments et ses blessures. Il m’a dit des choses horribles, que “je n’étais plus sa fille après ce que j’avais fait”, que “j’étais morte pour lui”.

C’est la 1ère fois que Marion réussissait aussi bien un mensonge… Ma mère par contre avait vu clair dans le jeu de Marion. Elle a essayé de raisonner mon père, mais rien à faire. Je les ai entendu se disputer plusieurs fois à ce propos. Ma mère, pour qui la vérité était évidente, ne comprenait pas pourquoi mon père ne me soutenait pas. Le weekend fut vraiment horrible. Le samedi, le père de Marion est venu chez nous pour tirer ça au clair. J’ai eu beau expliquer à tout le monde ma version, il n’y avait que ma mère qui y croyait. Tout le monde était persuadée que j’avais lu la lettre et que je l’avais partagée.

Alors que le père de Marion était encore là, le téléphone sonne. C’est la mère de Marion qui dit “avoir la preuve que j’ai lu la lettre”. Elle explique que dans les propriétés du document, c’est indiqué qu’il a été ouvert le jour où j’ai apporté les devoirs. Ma mère et moi, on réfute directement l’information. C’est tout à fait normal que cette date figure dans les propriétés, puisque quand j’ai apporté les devoirs à Marion, le document étaient encore ouvert sur l’ordinateur. Du coup, c’est une preuve de rien du tout. En plus, j’avais eu la bonne foi de le dire à l’époque…

Mais bon, les vieux et la technologie vous savez… Ça ne les convainc pas, mon père et les parents de Marion sont grave chauds avec “leur preuve” (alors qu’ils n’ont pas loin de ZÉRO de notion en informatique, contrairement à ma mère et moi)… Vu que la discussion ne mène à rien, le père de Marion repart. C’est toujours ultra tendu entre mon père et moi, malgré ma mère qui milite pour ma cause.


Marion en rajoute une couche, et c’est ce qui va la perdre !

La situation aurait pu s’arrêter là, mais ce qui m’a sauvée, c’est la menteuse elle-même. Alors que beaucoup de gens croyaient au mensonge de Marion (contrairement à d’habitude), elle va faire une erreur fatale : se montrer beaucoup trop gourmande. Pour l’instant, l’affaire était restée “familiale” et avait un peu tourné parmi ses copines… mais pas plus loi. Marion a fait la grosse erreur de vouloir mêler le lycée à ça, et c’est ce qui l’a perdue.

Enivrée par le fait que les gens la croyaient, et qu’elle pourrait réussir à me nuire sérieusement, elle est allé beaucoup trop loin pour “prouver son mensonge”. Déjà, elle a insisté auprès de sa mère pour porter l’affaire devant le proviseur du lycée. Sa mère accepte évidemment, et elles prennent rendez-vous dans son bureau. Marion donne sa version des faits, sa mère l’appuie, mais le proviseur voit vite la supercherie. Le rendez-vous se termine, et le proviseur dit qu’il prendra le temps de démêler le vrai du faux, et de prendre une sanction le cas échéant.

(Tout ça, je le sais parce que le proviseur s’est entretenu avec mes parents au téléphone quelques jours plus tard).

Lors de cet appel du proviseur, mes parents et moi apprenons toutes les choses qui Marion a inventées en plus pour “prouver son mensonge”. Elle prétend que c’est une surveillante de l’internat qui l’a avertie que je faisais tourner la lettre à sa grand mère. D’après Marion, la surveillante serait venue la voir un soir à l’internat, lui aurait restitué la lettre, en la prévenant au passage que c’était moi. La surveillante a bien évidemment nié. C’est tellement débile de mentir sur un truc si facilement vérifiable…

Par ailleurs, toute l’équipe éducative et tous les élèves du lycée à qui on a posé la question ont affirmé qu’aucune lettre d’aucune sorte n’avait tournée dans le lycée. Personne ne l’avait jamais vu, et c’est ça qui a finit par achever le mensonge de Marion. Voilà la conclusion du proviseur. Il nous a aussi informé que Marion quitteraient immédiatement et définitivement le lycée (à sa demande), surement trop honteuse pour assumer ses mensonges. Il nous a présenté ses excuses pour les proportions qu’a pris cette histoire.

Les parents de Marion quant à eux, ne se sont jamais excusée auprès de moi, je ne les ai jamais revu (tout comme Marion), mais d’après mes parents, ils baissaient bien les yeux quand ils se voyaient… Marion a changé de lycée, et d’après les nouvelles que j’avais par mes parents (qui continuaient à fréquenter les parents de Marion), l’histoire s’est répétée encore une fois dans son nouveau lycée, preuve que le problème venait bien d’elle.

Mon père s’est vite fait excusé auprès de moi, pour s’être rangé du côté de Marion et s’être fait complètement avoir.

Voilà, c’est la fin du storytime. C’était vraiment hyper long, et le dernier tiers était plus du racontage de vie, mais je trouvais important de vous montrer jusqu’où des histoires aussi futiles peuvent aller quand on est face à des personnalités aussi dérangées que celle de Marion. On est vraiment sur un type de personne malveillante qu’il faut apprendre à reconnaître et à éviter. J’écrirais surement un nouveau billet, plus synthétique et général sur les méthodes et les signes à reconnaître pour débusquer les manipulateurs, mais je pense qu’un exemple précis et détaillé est déjà assez parlant ! J’espère que le post vous a plu !

Womanizer Liberty : comment s’en servir ?

Womanizer Liberty : comment s’en servir ?

temps de lecture : environ 8 minutes

S’il y a bien une marque de sextoys que je souhaitais tester par dessus tout, c’est Womanizer. Je lorgne sur cette marque depuis plusieurs années, mais problème : les produits sont assez chers et je n’ai pas forcement les moyens de mettre 100 euros dans un sextoy. Je n’avais jamais sauté le pas à cause des prix trop élevés, mais j’ai eu la chance de recevoir le modèle “Liberty” pour mon anniversaire ! 😉

Vous n’avez pas pu passer à côté de cette petite révolution dans le monde des jouets intimes ! La marque allemande Womanizer est à l’origine d’une méthode de stimulation externe inédite : le “sans-contact” . Les produits de cette compagnie sont diablement réputés pour leur efficacité et la technologie brevetée qui a fait toute la célébrité de la marque.

Tables des matières

  1. Comment se servir d’un Womanizer ?
  2. Mes premières impressions
  3. Mon avis après plusieurs utilisations
  4. Quelques conseils pour bien débuter
  5. Quelques caractéristiques techniques
  6. Conclusion sur le Womanizer Liberty

Comment se servir d’un Womanizer ?

Chaque stimulateur dispose d’un “bec” creux en silicone que l’on viendra poser sur le clitoris (le bec est existe en différentes tailles). Grâce à son moteur, le Womanizer alterne entre des pulsations d’air et un mouvement d’aspiration. L’alternance entre pulsations et succion va produire cette sensation apparemment inédite et inimitable.

Mais que vaut réellement Womanizer ? Voilà bientôt un mois que je mets mon petit Liberty à rude épreuve. Sachez avant toute chose qu’il s’agit de mon tout premier stimulateur clitoridien, mais aussi la toute première fois que je teste la stimulation sans contact. C’est donc tout nouveau pour moi.


Mes premières impressions sur le Womanizer

Alors que ces petits joujoux sont réputés pour être de véritables machines à orgasmes, je ne vais pas vous mentir : au début, c’était une véritable catastrophe. Le Womanizer Liberty dispose de six vitesses, allant du plus soft au “plus intense” . Mais à la vitesse 1, 2 et 3, je n’ai strictement aucune sensation : c’est l’incompréhension totale. Je sens l’air, je sens la légère aspiration, mais je me dois d’être honnête : ça ne me procure aucun plaisir car la stimulation est beaucoup trop faible.

A la vitesse 4, je commence tout juste à ressentir un petit quelque chose, et à la vitesse 5, puis 6, la stimulation est tout à coup beaucoup trop forte, la rendant très désagréable. J’ai l’impression qu’il y a un très gros écart entre les premières vitesses ridiculement faibles, et les deux dernières qui sont trop intenses. On perd toute la progressivité des pulsations.

Très franchement, j’étais absolument dégoutée. On m’avait tellement vendu de rêve à propos de ces appareils que ce véritable flop m’a vraiment dépitée. D’autres utilisatrices me disent qu’elles n’ont pas du tout le même problème que moi, que pour elles tout va bien. Une me dit même qu’elle ne dépasse que très rarement la vitesse 3, car largement suffisante. Je ne comprends pas.

Mon avis après plusieurs utilisations

Après un petit temps d’adaptation (et de domptage de l’engin), la situation s’est quelque peu améliorée. Je pense qu’il faut s’exercer un moment avant de trouver le bon placement. Malgré la bonne connaissance que j’ai de mon corps, ça n’a pas été évident dès le départ. Il faut explorer et trouver ce qui fonctionne pour nous : quelle position, quel placement

Une fois le placement bien maîtrisé, les sensations sont quand même là. Les vitesses 1 et 2 assurent un bon warm-up et les suivantes sont très efficaces. Je l’ai testé dans plusieurs situations et il fait quand même bien son travail ce petit Womanizer Liberty. Mais même avec le recul, je regrette le manque de puissance et aurais apprécié avoir une ou deux vitesses supplémentaires.

En ce qui concerne l’utilisation en couple, cela reste assez compliqué pour moi : la difficulté de placement et de précision étant totalement incompatible avec l’agitation d’un rapport. Peut-être qu’il faut que je m’entraine encore un poil, parce que pour l’instant c’est vraiment très galère. Affaire à suivre…

Quelques conseils pour bien débuter

  • Le clitoris doit être vraiment dégagé pour que le Womanizer soit efficace, et c’est d’autant plus vrai avec le modèle Liberty dû à son manque de puissance (selon moi). Dégagez donc bien votre peau avant de le positionner.
  • Il ne faut pas trop appuyer, au risque “d’étouffer” les pulsations. Le poser délicatement suffit.
  • J’ai trouvé certaines positions plus efficaces que d’autres avec le Womanizer Liberty. Être accroupie (ou toutes positions dans le style de l’Andromaque) est très efficace (probablement car le clitoris est davantage dégagé avec ces postures). Je vous conseille également d’essayer de l’utiliser en étant allongée sur le ventre ou encore les jambes serrées : deux positions hyper sympas qui nous sont permises grâce à la petite taille de l’engin !
  • Ne restez pas bloquée sur les vitesses 5 et 6, car à cause du manque de puissance, vous allez vous y habituer très rapidement et regretter encore plus que le Liberty n’aille pas plus en intensité. Naviguez plutôt entre les vitesses en faisant des retours en arrière par moment.

Quelques caractéristiques techniques

En dehors du fait de tester ce tout nouveau mode de stimulation, c’est le côté “waterproof” du Womanizer Liberty qui m’a beaucoup attirée. Je n’avais encore aucun sextoy de ce type (rien avec un moteur qui soit compatible avec l’eau). Je crois même que j’ai sauté dans le bain dès réception tellement j’avais envie d’essayer. Je confirme qu’il est bien immersible, comme l’indique la norme IPX7. L’immersion est limitée à 30 minutes, je ne suis jamais allée au delà pour éviter tout problème, mais j’imagine que cela n’est si pas dérangeant de dépasser un peu cette limite.

J’ai eu la mauvaise surprise de constater que la batterie ne tient vraiment pas longtemps. En général, je le charge à 100% dans l’après midi, et je ne peux l’utiliser qu’une fois le soir et une fois le lendemain avant que la batterie ne tombe à plat. Il m’est arrivé assez fréquemment de devoir écourter mon utilisation à cause d’une panne de batterie. Une charge complète pour deux utilisations de vingt minutes chacune, c’est vraiment peu.

Le Womanizer Liberty est vendu sur le site de Passage du Désir (entre autres) pour le prix de 99€. Il a beau être le modèle le moins cher de la marque, il vaut quand même une centaine d’euros et ce n’est pas une petite somme. Mais du coup, vaut-il réellement son prix ? Récapitulons…

Points positifs :

  • Il est immersible pendant 30 minutes (norme IPX7), et l’utilisation dans le bain est vraiment cool !
  • Il est livré dans une boite scellée, garantissant une hygiène irréprochable.
  • Sa petite taille est absolument parfaite, il n’est pas trop imposant et sa prise en main est donc bonne.
  • Il est vendu avec un embout de rechange d’une taille légèrement différente pour s’adapter à toutes les morphologies.
  • Les couleurs pastels (le bleu et le lilas) sont vraiment jolies et changent un peu.

Points négatifs :

  • Pour moi, il n’est clairement pas assez puissant, j’aurais apprécié une voire deux vitesses supplémentaires.
  • Malgré la bonne prise en main due au fait qu’il soit petit, je le trouve difficile à positionner. Il me faut une précision chirurgicale pour vraiment sentir quelque chose.
  • A cause du point précédent, il est quasi impossible à utiliser en couple, car je dois être parfaitement immobile pour bien le placer.
  • La batterie ne tient pas assez longtemps, seulement deux ou trois utilisations d’environ 20 minutes…

Conclusion sur le Womanizer Liberty

Pour conclure sur ce petit engin, je vous dirais simplement que je vous recommande d’économiser un mois de plus pour vous offrir le modèle Classic ou Premium. Ces deux modèles sont certes plus chers, mais plus qualitatifs et surtout plus puissants. Le Liberty est un peu trop léger en terme d’intensité. Il est donc parfait pour débuter avec ce type de sextoy, cependant, on s’habitue assez vite aux plus grandes vitesses.

Il est quand même très efficace, je l’ai adopté malgré ce point faible non négligeable et je m’entraine à ne pas dépasser les vitesse 3 et 4. Si vous souhaitez tester la stimulation sans contact pour pas trop cher, je vous conseillerais plutôt le Satisfyer Traveler (l’alter-ego du Liberty, en beaucoup moins cher) ; ou d’autres modèles de cette compagnie.

Satisfyer est un peu la pâle copie des Womanizer : vous trouverez le même type de stimulation sans contact, pour des prix bien plus attractifs. Si je me fie aux avis des utilisatrices, la stimulation est quand même meilleure chez Womanizer (les pionniers), mais Satisfyer vous permettra au moins de tester à moindre cout. Si la sensation vous plait, alors là je vous conseillerais d’investir dans un Womanizer Classic ou Premium.


J’espère vous avoir été utile avec cette première revue de sextoy. Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas à la poster en commentaire, je me ferais une joie d’y répondre ! Très belle semaine à vous !

Arrêt de la cigarette : la plus grosse difficulté que j’ai rencontrée

Arrêt de la cigarette : la plus grosse difficulté que j’ai rencontrée

temps de lecture : environ 6 minutes

Ça y’est, j’ai récemment fêté mes deux mois d’arrêt de la cigarette ! 🎁

J’en suis si contente que j’ai l’impression de ne parler que de ça autour de moi. Mais qu’importe, il est important pour moi de propager de bonnes ondes et d’inspirer mon entourage. 🙂

A l’occasion de ce bel anniversaire, j’ai relu mon post du mois dernier, “non fumeuse depuis 1 mois grâce à une vidéo Youtube” , où je vous annonçais fièrement avoir stoppé ma consommation de cigarette.

Je voulais me replonger dans mon état d’esprit du moment, pour faire un point, pour mesurer à quel point j’avais avancé dans mon cheminement pour redevenir non-fumeuse. En relisant mon article, je me suis aperçue que je ne vous avais pas parlé d’un point très important : la plus grosse difficulté que j’ai rencontré dans mon parcours (certes court, mais non moins intéressant).

La difficulté n’est pas là où on l’attend

Si je vous dis “difficulté à arrêter de fumer” , vous penserez probablement à la tentation, à l’envie de fumer ou la difficulté à se retenir… mais il n’en est rien ! Etonnamment (et comme je vous le disais dans mon premier post), ce n’est pas l’envie de cigarette qui m’a posée le plus de problème pour arrêter, car elle a très vite disparue.

Le plus dur à supporter a été la réaction des autres fumeurs et fumeuses de mon entourage. Quand j’ai décidé d’arrêter de fumer, je pensais naïvement que mon entourage serait d’un soutient sans faille dans ma démarche et que je pourrais compter sur mes proches pour m’aider.

Grossière erreur !

Bon, en réalité, la plupart de mon entourage m’a soutenue, ce serait mentir de prétendre l’inverse. En revanche, j’ai été très désagréablement surprise de constater que beaucoup de personnes fumeuses de mon entourage étaient très défaitistes quant à ma réussite à arrêter la clope.

Tu n’y arriveras pas !

Tu vas forcement craquer !

Ces deux phrases sont revenues un bon nombre de fois dans les bouches des personnes fumeuses qui avaient elle-mêmes échoué dans leurs tentatives d’arrêter de fumer. J’essaie de me mettre à la place de ces personnes et de comprendre pourquoi elles réagissent de cette manière.

Un biais d’attribution causale

Pour en avoir discuté avec nombre d’entre elles, j’ai l’impression que leur échec est très souvent attribué à une cause externe : la difficulté à arrêter, le mimétisme ou la tentation constante …

On pourrait le résumer de la façon suivante : “arrêter de fumer est trop difficile, voire impossible, donc j’ai échoué“. Et dans un second temps : “puisque c’est trop difficile d’arrêter, que la publicité où les personnes fumeuses autour de moi me tentent constamment, alors ce n’est pas de ma faute si j’ai échoué.”

En psychologie sociale, on appelle ce phénomène un biais d’attribution causale : c’est un mécanisme très courant, auquel nous avons tou•te•s recourt dans le but de nous rassurer, de calmer notre égo et de préserver notre estime de nous-même.

Les autres face à leur propre échec

Psychologiquement, il est bien plus confortable de se dire que nous ne sommes pas responsables de nos défaites. Il est plus facile de vivre avec l’idée qu’une cause externe et incontrôlable nous a empêché de réussir. Et si une autre personne souhaite s’aventurer sur une voie où nous avons nous-même échoué, son éventuelle victoire ne ferait que nous replacer face à notre échec (et à notre responsabilité dans celui-ci).

Si je réussis à arrêter de fumer, toute leur théorie s’effondre. Si je réussis, je prouve qu’arrêter est possible. Pas forcément simple, mais bel et bien possible. Si j’y parviens, cela signifie probablement pour ces personnes qu’ils ou elles n’ont pas fait assez d’effort pour y parvenir. Tout à coup, la cause de leur échec devient interne, et non plus externe.

En parvenant à arrêter, je leur prouve malgré moi que leur échec leur est imputable, et cette idée est bien plus dure à accepter. C’est cela qui, à mon avis, pousse ces personnes à avoir ces discours pessimistes et pas très encourageants. On pourrait même qualifier cela de “sabotage” (évidemment inconscient et dans le seul but de se rassurer) : ces personnes préférant me voir échouer plutôt qu’accepter leur propre échec.

Après le défaitisme vient le rejet

Au début, quand je n’étais non-fumeuse que depuis quelques jours, ces personnes n’hésitaient pas à se gausser et à me dire que je n’y arriverai pas. Peut-être se disaient-iels que j’étais “une personne de plus à vouloir arrêter, et qui ne ferait que rater” , comme une de ces bonnes résolutions de nouvelle année que nous ne tenons jamais.

Un mois plus tard, voyant que je n’avais pas craqué contrairement à leurs prédictions, la réaction de ces personnes à mon égard a bien changée et a confirmée mon hypothèse. Maintenant que je suis non-fumeuse depuis deux mois, ces personnes me regardent et me traitent avec un peu plus de sérieux et de respect. Iels n’osent plus mettre en doute mon sérieux et ma volonté.

Leur attitude est aujourd’hui bien différente et empreinte de beaucoup de jalousie. Quand j’aborde le sujet ou quand on me pose des questions, ces personnes qui ne croyaient pas en moi n’hésitent pas à m’envoyer quelques piques et moqueries.

Arrêtes de ta la péter.

Ça y’est, Madame à arrêté de fumer donc elle donne des leçons.

C’est toujours dit sur le ton de l’humour, mais ces personnes sont bien mauvaises pour cacher leur envie, et à quel point ça les énerve de me voir réussir là où iels ont échoué. Je trouve cette réaction bien dommage, mais très démonstrative de cette difficulté à accepter l’échec.

Soyez préparé•e à recevoir ce genre de remarque

Si je vous écris ce post aujourd’hui, c’est simplement pour que vous soyez prêt•e à encaisser ce genre de remarque de la part de votre entourage. Personnellement, je ne m’y attendais pas du tout, car je pensais naïvement que tous et toutes seraient enchanté•e•s pour moi et me montreraient du soutient.

Je dois avouer que ce manque d’encouragement et d’enthousiasme de la part de certain•e•s de mes proches m’a beaucoup affectée au début. Même si je tente de paraitre forte et inébranlable en toutes circonstances, cette dépréciation m’a touchée, et m’a fait douter de moi et de mes capacités.

Malgré tout, je me suis accrochée et suis vraiment fière de fêter aujourd’hui ces deux mois sans cigarette. Je revis, et ne peux que vous encourager à faire de même. Soyez néanmoins conscient•e•s que ce genre de remarque peut arriver, et faites en sorte qu’elles vous affectent le moins possible dans votre réussite. 🙂

Je reste disponible dans les commentaires pour toutes questions ou besoin d’encouragement. Tou•te•s ensemble, on peut y arriver ! 🙂

5 applications mobiles “écolos” et gratuites 🌎📱

5 applications mobiles “écolos” et gratuites 🌎📱

temps de lecture : environ 7 minutes

L’écologie et le respect de notre planète sont désormais des sujets très importants pour nombre d’entre nous. Je n’ai pas besoin de vous faire un topo, vous savez probablement déjà à quel point nous sommes dans le caca. Mais les consciences s’éveillent, les mentalités changent et afin d’aligner nos actes et nos idéaux, je vous présente aujourd’hui cinq applications mobiles éco-friendly.

Toutes les applications que je vous propose aujourd’hui sont gratuites, et disponibles à la fois sur Android et sur iOS. Pour une navigation plus facile, voici un sommaire. Vous pouvez cliquer directement sur le chapitre qui vous intéresse. 🙂

  1. Too Good To Go
  2. Yuka
  3. INCI Beauty
  4. Vinted
  5. Geev

Too Good To Go

Too Good To Go vous permet de profiter chaque jour des centaines de produits invendus dans votre ville. Plutôt que de les jeter, les commerces publient eux-mêmes les produits disponibles pour vous en faire profiter à prix réduits.

Le gaspillage alimentaire est un véritable fléau. Pendant que des millions de personnes souffrent de la faim, des tonnes de nourritures sont jetées tous les jours. Chaque année, ce n’est pas moins de 10 millions de tonnes de boustifaille qui partent aux oubliettes. 20 tonnes par minutes. 317 kg chaque seconde. Too Good To Go est une bonne manière de lutter contre cela, à son niveau, mais aussi de faire des économies. 🙂

Les +

  • Les prix proposés sont vraiment attractifs. Je me remets dans la peau de l’étudiante fauchée que j’étais, et j’aurais beaucoup aimé avoir cette application à l’époque. Elle m’aurait permise de changer un peu de mes pâtes natures, et de me faire plaisir à moindre coup.

Les –

  • Il y a moins de choix lorsque l’on vit en province.
  • Trop peu d’offre végétalienne à mon gout. Les offres d’invendus reflètent l’offre générale de votre ville. S’il y a beaucoup de restaurants végéta*iens près de chez vous, vous aurez plus de choix. Perso, j’utilise rarement l’application pour cette raison, mais je la conseille quand même vivement ! 😃

Yuka

On reste dans l’alimentaire avec l’application Yuka, une application vraiment ultra pratique pour analyser la composition des produits du quotidien. Je l’ai vraiment adoptée ! Grâce à Yuka, vous pourrez éviter très facilement les produits contenants des substances néfastes, où qui ne sont pas recommandables.

Le principe est simple : vous n’avez qu’à scanner un produit pour en décrypter la composition en quelques secondes seulement (il est également possible de faire des recherches manuelles). Yuka notera le produit sur 100 et mettra à votre disposition un décryptage complet, vraiment très détaillé : informations nutritionnelles, qualités et défauts du produits…

Les +

  • L’application est très intuitive grâce à son code couleur et rapide à utiliser. Vous pouvez analyser un produit en un éclair, et même dégainer votre smartphone directement en magasin. Fini les recherches qui durent des plombes sur des ingrédients aux noms à coucher dehors.
  • Yuka fonctionne également pour les produits de beauté ! 😃
  • La présence de substances dangereuses dans les produits est très bien mise en avant. Yuka vous indique le nom de la substance et vous fait même un petit topo sur celle-ci, vous expliquant pourquoi elle est problématique. En l’utilisant, vous en apprendrez donc beaucoup sur ces substances à éviter : un point que j’adore !

Les –

  • Tous les produits ne sont pas référencés dans Yuka. Il est possible que celui que vous souhaitiez analyser soit inconnu de l’application. Vous pouvez néanmoins soumettre une analyse à Yuka. Je l’ai fait quelquefois, mais n’ai toujours pas eu de réponses plusieurs mois plus tard. 🙁
  • Le catalogue de produits de beauté n’est pas très développé, mais offre une parfaite transition pour l’application suivante ! 😉

INCI Beauty

L’application INCI Beauty fonctionne exactement comme Yuka, mais est spécialisée dans les produits de beauté. Contrairement à la précédente, le catalogue de produits est donc bien plus vaste. C’est cette application que j’avais utilisée dans mon article sur les produits de la marque Modere. Comme pour Yuka, vous pouvez scanner le produit directement, ou faire une recherche manuelle.

Les +

  • Les analyses sont très claires, utilisent le même code couleur que Yuka et détaillent aussi très bien les substances présentes dans les produits en fonction de leur dangerosité.
  • L’application s’utilise très facilement directement en boutique pour ne pas se faire avoir pendant l’achat, ou si l’employé•e du magasin tente de vous entourlouper (ça arrive ! 😉).

Les –

  • Pas mal de publicité dans l’application.

Vinted

Je vous avais déjà parlé de Vinted dans mes 10 astuces pour une mode éthique, mais j’aime tellement cette application que je tenais à l’inclure dans ma sélection du jour ! Aujourd’hui, on ne présente plus Vinted, la célèbre friperie en ligne. Vous y trouverez vêtements, accessoires, chaussures à foison et même parfois des pièces encore neuves !

Vinted est l’application parfaite pour éviter d’acheter en magasin tout en faisant des économies. Voilà maintenant presque un an que je n’achète plus en boutique, mais uniquement sur Vinted.

Je réduis mon emprunte carbone, je fais des économie et me fait quand même plaisir. Il m’arrive encore de “faire les boutiques” , mais uniquement pour repérer des articles et les chercher ensuite sur Vinted (et je trouve à chaque fois, je n’en suis donc pas du tout frustrée ! 😉)

♻️ Quand je reçois un article, je ne jette jamais l’emballage : je le garde pour le réutiliser. Ce serait trop dommage de devoir acheter des contenants pour expédier mes propres ventes.

Les +

  • Le catalogue est très varié, il y en a pour tous les goûts, à tous les prix !
  • L’app est très simple d’utilisation, que vous souhaitiez vendre ou acheter.

Les –

  • La communauté n’est pas toujours très agréable et offre parfois son lot de prises de becs. Ce problème arrive surtout si vous vendez. Je n’ai jamais le moindre souci lorsque c’est moi qui suis acheteuse (probablement parce que je suis respectueuse, contrairement à certain•e•s ! 😂)

Un article détaillé sur l’application Vinted est en cours d’écriture ! 😏 N’hésitez pas à vous abonner (tout en bas de la page) pour ne pas le louper ! J’y donnerai toutes mes bonnes astuces en tant que vendeuse expérimentée, ainsi que les pièges à éviter.


Geev

Geev, c’est la générosité à l’état pur : tout est gratuit. Vous y trouverez absolument tout : des meubles, des vêtements, de l’électroménager… en don ! Les objets peuvent être “à bricoler” mais aussi neufs ! Vous pouvez parcourir le catalogue, déposer une demande si vous ne trouvez pas ce que vous cherchez, et donner à votre tour ! 🙂

Les +

  • Des dons : que demander de plus ? 😄
  • Très simple d’utilisation.

Les –

  • Il arrive parfois que certains membres (qui n’ont apparemment pas bien compris le principe de l’application) proposent des objets en dons, puis vous annonce en message privé qu’il vous faudra payer une certaine somme. Bref, un faux don.
  • L’application vous demandera l’accès à de nombreuses données personnelles inutiles pour son bon fonctionnement. Vous pouvez refuser, mais je le mentionne car j’ai rarement vu une liste aussi longue dans une application !

J’espère que ces applications vous séduiront autant que moi ! Certaines, comme Vinted, sont déjà très connues, mais j’espère vous en avoir fait découvrir une ou deux ! 🙂 N’hésitez pas à partager vos applications préférées en commentaire, je me ferais un plaisir de les essayer !

Comment arrêter de fumer en 15 minutes ? 🚬🚫

Comment arrêter de fumer en 15 minutes ? 🚬🚫

Mi-février dernier, je tombais par hasard sur une vidéo YouTube au titre accrocheur : “arrêter la cigarette en 15 minutes” (un véritable rêve pour moi !). Dans cette vidéo, le YouTuber Riverlevrai accompagné de son amie Clara, garantit de nous faire arrêter la clope en un quart d’heure à peine.

Riverlevrai – Arrêter la cigarette en 15 minutes

Je fume régulièrement depuis mes 16 ou 17 ans, j’en ai aujourd’hui 25 et ce n’est pas la première fois que j’essaie d’arrêter, sans succès. Je n’ai jamais “beaucoup” fumé (cinq cigarettes par jour tout au plus), mais comme le rappelle Riverlevrai dans sa vidéo, il n’y a pas de “petite fumeuse” ou “petit fumeur” !

Je n’ai jamais atteints le fameux “paquet par jour” loin de là, mais depuis maintenant presque 10 ans, je n’arrivais pas à me défaire de cette habitude, devenue une réelle addiction. Arrêter totalement en 15 minutes ? Pour moi, cela semblait totalement impossible. Mais qu’avais-je réellement à perdre ?

Dubitative, j’ai donc visionné la vidéo de Riverlevrai (que je ne vais pas vous résumer, ni vous expliquer, regardez-la directement). Son assurance et sa confiance dans le fait qu’il va réussir à nous faire arrêter est bluffante. Comme il le dit lui-même à plusieurs reprises, je suis très réservée sur l’efficacité de sa technique : cela semble si simple, si “bête” que c’est à peine croyable.

Pourtant, depuis sa vidéo : je suis non-fumeuse

Mais les faits sont là : je ne fume plus et cette fois-ci, je sais tout au fond de moi que c’est la bonne ! Si j’ai craqué les fois précédentes, c’est uniquement parce que je n’ai pas arrêté de fumer en me posant les bonnes questions, ni en ayant les bonnes pensées.

Mes précédentes tentatives d’arrêt étaient des luttes de tous les instants, des combats contre moi-même où je pensais que ma force et ma volonté étaient mes seules armes pour combattre mon envie de fumer.

Or, me battre contre mon envie n’était clairement pas la bonne stratégie, pour la simple et bonne raison que je fumais uniquement pour gérer mes émotions négatives : la colère principalement, et de temps en temps la tristesse. J’ai énormément de colère en moi, pour différentes raisons, et la cigarette était comme un tampon. La nicotine me faisait croire que fumer calmait ma colère : mais nous savons que c’est faux.

Je n’ai eu qu’un épisode de très grosse colère depuis que je suis non-fumeuse. Mon réflexe d’avoir envie d’une cigarette dans ces moments s’est manifesté, enrayé dans la seconde par un magnifique “bah non Fanny, tu es non-fumeuse” !

Je n’ai même pas eu à me forcer ni à lutter contre cette envie : désormais, je suis non-fumeuse donc je ne fume pas. C’est aussi simple que ça, c’est logique. Et croyez-moi, si j’ai pu abandonner ma clope de colère aussi facilement, c’est que je suis bel et bien libérée (c’est toujours lors d’un épisode de colère que j’ai repris).


Mon autre faiblesse : le mimétisme

En dehors de mes phases très colériques, voir quelqu’un fumer sans que je ne puisse moi-même fumer était une véritable torture. Je vous disais tout à l’heure que je n’ai jamais beaucoup fumé : il m’est même arrivé d’avoir de grandes périodes sans cigarette dans ma vie, principalement lorsque mon entourage était constitué quasi-exclusivement de personnes qui ne fument pas.

Dans ma famille proche, personne ne fume. Si pendant des vacances, je leur rendais visite sur une longue période, il était tout à fait possible que je ne fume aucune cigarette pendant toute la durée de mon séjour (même long), sans que cela ne me pose le moindre problème. En revanche, il m’était impossible de me retenir de fumer chez moi, car je vis avec mon copain et notre coloc : deux gros fumeurs. Les voir fumer non-stop me tentait énormément (et je craquais à chaque fois).


L’envie de fumer a bel et bien disparue

Pourquoi je suis convaincue que je suis enfin libérée de la clope ? Parce que dorénavant, je n’ai même plus envie de fumer en les voyant, pas un seul instant. Toute envie de cigarette a été éradiquée de mon cerveau, quasiment le jour même. La seule fois où l’envie est revenue, c’est lorsque je me suis mise très en colère (et je pense que cette envie était davantage un réflexe qu’une envie réelle, car elle a disparue instantanément).

Même en vous écrivant aujourd’hui ces lignes qui ne parlent que de cigarette, je n’éprouve aucune envie de fumer. Avant, rien que l’évocation du sujet suffisait à me faire craquer. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Je suis non-fumeuse, je le sais, je le sens et c’est gravé en moi pour toujours.


Compenser avec autre chose ?

Pendant la vidéo, j’ai eu un peu peur de compenser mon envie de cigarette avec autre chose de potentiellement néfaste (comme le grignotage par exemple, ou le shopping comme cela avait pu m’arriver précédemment). Même si Riverlevrai se voulait très rassurant à ce propos, cela m’inquiétait pas mal.

Pour l’instant, je n’ai expérimenté aucun phénomène de compensation. Aucune fringale à des moments inopportuns, pas d’envie particulière ni quoi que ce soit de notable. Lors de mes précédentes tentatives, j’avais compensé le manque de cigarette pour la simple raison que je luttais contre l’envie de fumer. Mais là, comme celle-ci s’est totalement évaporée, je n’ai rien à compenser, je n’ai rien à calmer.

C’est pour cette raison qu’il est important de faire un travail sur ses émotions lorsque l’on souhaite arrêter. Si nous fumons, c’est toujours pour calmer ou compenser quelque chose (même inconsciemment). Accepter ses émotions me semble primordial. Ce fameux jour où je me suis mise en colère, j’ai accepté cette colère et j’ai conscientisé que “fumer cette cigarette ne résoudrait pas mon problème et ne m’apaiserait pas réellement” ; l’envie a donc disparue d’elle-même.


Comment ça marche ?

Ce qui me frappe dans cette vidéo, c’est qu’elle ne m’a pas véritablement appris sur le tabac et les addictions. Pendant mon cursus universitaire, j’ai étudié l’addictologie, les mécanismes cérébraux qui vont avec ainsi que le fonctionnement précis du tabac sur notre organisme : rien de très neuf pour moi. Peut-être est-ce les mots employés, la façon de les dire, la répétition de plusieurs phrases ou l’approche plus émotionnelle

Je n’arrive pas à mettre le doigt sur ce qui rend cette méthode efficace, mais croyez-moi elle l’est. J’en suis la preuve aujourd’hui, ainsi que toutes les autres personnes qui ont arrêté : Riverlevrai lui même, Clara qui est non-fumeuse depuis la vidéo, ainsi que toutes les autres personnes qui ont témoigné.

Clara, toujours non-fumeuse après 5 mois ❤️

J’espère que la vidéo ainsi que l’article vous donneront ce petit élan pour arrêter et vous montreront que c’est possible. Croyez-moi, il suffit de pas grand chose pour avancer. Moi même je n’y croyais pas, mais un simple petit clic sur une vidéo de 15 minutes m’a faut sauter le pas ! Vous aussi en êtes capables !

Merci Damien ❤️

Comment mieux nous comprendre à l’aide d’un simple exercice ?

Comment mieux nous comprendre à l’aide d’un simple exercice ?

Il est 10h du soir, et je sors à l’instant d’un atelier sur l’avenir des entreprises et les enjeux du monde du travail de demain. Dit comme ça, ça a l’air super barbant, mais j’y ai appris pas mal de choses intéressantes, dont un exercice de pensée qui m’a vraiment beaucoup plu et que je tiens à vous partager.

Nous ne savons pas communiquer

J’ai toujours été convaincue que la plupart de nos problèmes ont pour cause une mauvaise communication, ou même une absence de communication. Ne pas communiquer correctement avec les autres nous conduit fatalement à ne pas bien nous comprendre (et on ne connait que trop bien les soucis que cela engendre, que ce soit au travail ou dans notre vie privée).

Comment se mettre à la place de l’autre ?

Aujourd’hui, je vous propose donc ce petit exercice très simple pour vous aider à changer de prisme, ou plus simplement : à vous mettre à la place de l’autre et ainsi, mieux lea comprendre. Tout ce qu’il vous faut, c’est une feuille et un crayon.

Quelle est ma valeur ?

Je vais commencer par vous demander de penser à votre plus grande valeur : la chose, la qualité ou la cause pour laquelle vous seriez capables de donner votre vie.

Quand le coach nous a donné cette consigne, c’est facile à deviner, j’ai immédiatement pensé à l’antispécisme et à sa conséquence : le véganisme. Je vais donc reprendre cet exemple tout au long de l’article. A vous ensuite de refaire l’exercice avec votre propre valeur. Si vous aussi, vous avez spontanément choisi le véganisme ou l’antispécisme, je vous recommande de ne pas lire mes réponses (en italique) avant d’avoir fait l’exercice.

Maintenant que vous avez votre valeur en tête, je vais vous demander d’identifier son “anti-valeur”, son opposé.

Facile : c’est le spécisme et le carnisme.

On commence avec la partie facile !

Maintenant que vous avez identifié votre valeur et son anti-valeur, voilà votre premier exercice : listez les 15 avantages de votre valeur.

Normalement, vous ne devriez pas avoir trop de peine pour lister ces 15 avantages. Dans mon cas, je pense immédiatement au fait de ne pas participer au massacre de masse lié au spécisme, au fait de me battre de toutes mes forces pour quelques chose de plus grand que moi, aux sauvetages de tous les individus innocents auxquels j’ai participé, à la réduction de mon impact environnemental, au développement de mon empathie, à la redécouverte de saveurs oubliées, à mes rencontres avec toutes les personnes fantastiques qui partagent désormais ma vie, ou encore au fait que grâce au véganisme, j’ai totalement arrêté de grignoter vu qu’il y a beaucoup moins de choix de biscuits, bonbons, gâteaux et autres conneries…

Deuxième exercice simple : listez les 15 inconvénients de votre anti-valeur.

Cet exercice est encore plus facile que le premier. Pour être honnête avec vous, j’ai réussi à lister deux fois plus d’inconvénients du spécisme que d’avantages de l’antispécisme.

Parmi ces inconvénients, je note le meurtre inutile d’individus sensibles, la pollution massive causée par l’exploitation animale, les mécanismes oppressifs qui sous-tendent le spécisme, la mauvaise foi et la dissonance cognitive dont font preuve pas mal de gens, le manque total et cruel d’empathie pour les autres formes de vie (ou l’hypocrisie de prétendre aimer les animaux alors qu’on les mange), la consommation irréfléchie…

C’est là que les choses se corsent…

Je pense que vous avez deviné les deux prochaines questions : ceux sont elles les plus importantes de cet exercice, car c’est en vous mettant à la place de vos opposé.e.s que vous parviendrez à mieux les comprendre et à mieux communiquer.

Avant de vous poser les deux dernières questions, sachez qu’y répondre ne valide pas pour autant votre anti-valeur. Cela ne signifie pas que vous avez tort, le but est juste de vous mettre à la place des personnes qui ne pensent pas comme vous.

Listez les 15 inconvénients de votre valeur.

C’est tout de suite plus compliqué. En me forçant un peu, j’ai quand même réussi à lister des inconvénients au véganisme et à l’antispécisme. Si vous avez choisi la même valeur et la même anti-valeur que moi pour cet exercice, je vous recommande de ne surtout pas lire le paragraphe suivant et de réfléchir par vous-même. Vraiment, faites-le sans tricher et passez directement à la question suivante.

Parmi ces inconvénients, j’ai noté l’illusion de sauver des animaux en étant simplement végan.e, l’énergie perdue à toujours devoir justifier ses choix auprès des autres, ou devoir les éduquer alors que ce n’est pas notre rôle, l’épuisement face à toute l’horreur de notre société spéciste, le jugement omniprésent des autres même quand on essaie d’être “sympa et tolérant.e”, parfois même la perte de certain.e.s proches qui rejettent en bloc nos idées ou encore la grande difficulté que l’on rencontre pour trouver un médecin compétant…

Listez les 15 avantages de votre anti-valeur.

C’est véritablement la question la plus compliquée de l’exercice, mais aussi la plus importante (c’est pour cela qu’on la garde pour la fin). J’ai vraiment dû réfléchir très longtemps pour mettre en évidence les 15 avantages du spécisme. C’était vraiment difficile, mais j’ai fini par y arriver malgré tout.

Conclusion

Je ne peux pas vraiment vous donner de conclusion formelle à cet exercice, car je pense que chacun.e y trouvera un sens différent. J’espère que cela vous a apporté quelque chose, et vous a fait prendre du recul sur vos idées. Je le rappelle encore une fois, le but de cet exercice n’était pas de debunker votre valeur, mais juste de vous aider à vous mettre à la place des autres.

Je n’ai volontairement pas donné mes 15 avantages du spécisme car j’aimerais que vous le fassiez par vous-même. Étant donné que la majeure partie de mes abonné.e.s sont végan.e.s et auront probablement aussi choisi le véganisme et l’antispécisme au début de l’exercice, je n’ai pas envie de vous gâcher la réflexion que demande la dernière question. Je serais ravie qu’on se les donne dans les commentaires.


N’hésitez pas à me dire si vous avez apprécié l’exercice d’aujourd’hui, si vous aimeriez que je vous en propose à nouveau et surtout à me dire quelles étaient la valeur et l’anti-valeur que vous avez choisies.

Je remercie grandement Arnaud Viody, du cabinet de conseil en stratégie et marketing “Vertone” qui a animé cet atelier, ainsi que notre hôte : le Hub Coworking (dont je vous parlerai très bientôt sur le blog).

A la semaine prochaine !

Ne donnez plus d’argent au Téléthon – Actu antispé #4

Ne donnez plus d’argent au Téléthon – Actu antispé #4

En ce premier jour de décembre, je me dois de vous faire passer un message très important pour moi. Comme chaque année, le Téléthon fait son grand retour sur nos petits écrans. Chaque premier week-end de décembre, c’est pas moins de 5 millions de Français.e.s qui se rassemblent devant leurs télévisions.

Le Téléthon jouit d’une excellente image médiatique. Organisé pour la première fois en 1987, il a pour objectif de récolter des dons afin de financer la recherche médicale. Comment en vouloir aux Français.e.s de rentrer dans le jeu et de laisser aller leur générosité ?

Je ne reprocherai jamais à personnes d’avoir commis un acte lorsque cela est fait dans l’ignorance. Je ne peux pas à en vouloir aux donateurs et donatrices, car je suis intimement convaincue qu’ielles donnent avec leurs cœurs. Mais si vous envisagez de donner cette année, rappelez-vous que derrière la belle image médiatique, les vrais visages du Téléthon, ce sont eux…

Ne donnez plus d’argent au Téléthon…

Ces images sont issues d’une vidéo d’enquête sur les chiens du laboratoire de neurobiologie de l’École nationale vétérinaire d’Alfort servant aux expériences financées par l’AFM-Téléthon.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=Wr7OFqh6zsU&w=560&h=315]

Ces chiens naissent atteints de dystrophie musculaire, maladie qui leur inflige une dégradation musculaire handicapante et douloureuse. La dystrophie musculaire (DM) (…) fait des ravages sur leur corps et certaines fonctions vitales sont sévèrement atteintes : les chiens luttent pour marcher, déglutir et même respirer. (1)

Le Téléthon ne sauve pas ces chiens…

Vous pensez peut-être que je souligne l’évidence, mais il n’est pas rare d’entendre que le Téléthon cherche à sauver les chiens malades. C’est un comble. Oui, le Téléthon cherche un traitement, mais il est totalement hypocrite de dire que leur motivation est de soigner les chiens.

En réalité, les chiens sont sélectionnés pour naître malades. En reproduisant deux chiens atteints de dystrophie musculaire, les laboratoires s’assurent de faire naître des chiots eux-mêmes victimes de la maladie étudiée. Ainsi, la même souche de chiens malades est reproduites à l’infini pour servir de cobayes aux laboratoires.

Cette vie de souffrance leur est imposée par la sélection génétique. Si les laboratoires se préoccupaient véritablement du bien-être des chiens, ils ne les feraient simplement pas naître.

La parole poignante de Pascaline

Certain.e.s malades s’opposent aussi très vivement à ce type d’expérimentation et pour moi, il est primordiale que leur parole soit entendue. L’an dernier, pour l’édition 2017 du Téléthon, le témoignage de Pascaline avait fait le tour des réseaux sociaux.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=npYLF6hYwQE]

Pascaline est atteinte de myopathie depuis plus de quarante ans, et même après toutes les éditions du Téléthon, son traitement n’a pas évolué. A quoi a servi tout cet argent ? A quoi a servi toute cette souffrance ?

Comme Pascaline le dit si bien, elle n’a pas envie que des animaux souffrent pour elle. Beaucoup de personnes malades la félicitent en commentaire et rejoignent ses propos.

Mais… Il faut bien essayer de guérir les gens, non ?

Évidemment qu’il est vital de chercher des traitements. Ce que le Téléthon ne vous dit pas, c’est qu’il existe désormais des alternatives et des chercheurs et chercheuses qui développent depuis plusieurs années une recherche à la fois fiable et sans cruauté.

En France, c’est le collectif de chercheurs et chercheuses Antidote Europe qui porte au mieux ce message. Je vous invite très vivement à lire leur documentation qui dépoussière notre vision de l’expérimentation animale.

L’AFM-Téléthon considère encore la recherche sur les animaux comme primordiale, comme une nécessité. Nous sommes déjà dans le futur de la recherche médicale, mais le Téléthon ne semble clairement pas vouloir prendre cette direction. (2)

Les modèles animaux sont-ils pertinents ?

Il y a des centaines d’années, un gus à décidé de poser le paradigme suivant : “il y a plus de points communs entre l’humain et les autres animaux qu’il n’y a de différence” et a donc conclu que c’était OK d’expérimenter sur eux.

Cependant, pendant toutes mes études (neuropsychologie et neurosciences), mes profs et maître.sse.s de stage n’ont cessé de remettre en cause la validité des modèles animaux et nous invitaient régulièrement à y réfléchir. Une de mes profs, spécialiste française de l’étude du sommeil nous à même raconté un jour :

Pendant des décennies, on a étudié le sommeil sur le chat, en pensant que c’était généralisable à l’humain.e. Plus tard, avec l’arrivée de l’imagerie médicale, on s’est rendu compte que le cerveau du chat est très différent de celui de l’humain.e. Dans notre cerveau, nous avons une structure appelée formation réticulée, gérante de notre sommeil. C’est à cause de cette structure qu’on est complètement décalé si quelqu’un ou quelque chose dérange notre nuit. Grâce à l’imagerie, il a été prouvé que le chat ne possède pas de formation réticulée, et par la même occasion, on a mit à la poubelle des centaines d’années de recherches invalides.

Évidemment, ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais cette réflexion est intéressante et devrait selon moi être une des priorités dans la recherche médicale. Comment conduire des études valides et fiables sans torture.

Pour moi, l’expérimentation sur les animaux n’est pas une bonne solution. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous ne pouvons pas prédire la réaction du corps humain à une substance à partir de la réaction d’un animal à cette substance. Nos gênes sont différents, nos réactions seront donc également différentes. Cela signifie qu’après avoir utilisé des animaux pour tester l’action d’un actif, des tests sur les humain.e.s seront obligatoires. Seul l’être humain est le modèle de l’être humain.

Sur le même sujet, je vous invite à consulter l’article d’Antidote Europe : Pourquoi l’animal n’est pas le modèle biologique de l’homme ?

Ne financez plus leur torture…

Pour tous ces chiens, pour tous les animaux qui souffrent inutilement dans les laboratoires de recherche pour des traitements qui ne voient jamais le jour, je vous en prie, ne donnez plus au Téléthon.

A la place, vous pouvez soutenir des organismes de recherche sans cruauté comme Antidote Europe.


Pour aller plus loin :

Pourquoi l’animal n’est pas le modèle biologique de l’homme ?

Dix mensonges sur l’expérimentation animale


Source

(1) Petafrance.com : De nouvelles révélations montrent des chiens en grande souffrance dans un laboratoire financé par le Téléthon.

(2) Afm-telethon.fr : Recherche médicale et essais sur les animaux.

Témoignage : mon non-avortement.

Témoignage : mon non-avortement.

Ce post peut donner l’impression de tomber comme un cheveu sur la soupe, en fait c’est le cas. Avant de vous laisser à votre lecture, je me dois de préciser qu’il complète un second article à propos de l’IVG, que je suis actuellement encore en train de rédiger (il sortira mercredi 02.10). A l’origine, je souhaitais simplement intégrer ce présent témoignage au post de la semaine prochaine, mais les deux combinés donnaient un volume de texte beaucoup trop important pour que quiconque le lise (et c’est l’inverse de ce que je souhaite). Tout cela pour dire que je ne comptais pas véritablement faire un article séparé sur mon vécu, mais simplement l’intégrer à mon post sur l’IVG, afin d’illustrer mon propos. Lire ce témoignage de cette façon (à part, séparé de l’autre article) peut sembler dénué de sens, mais je vous encourage à l’envisager comme la première partie d’un diptyque. Voici donc, un petit peu en avance, le témoignage de ce que “j’aime” appeler mon non-avortement.


Au lycée, pendant mon année de première je rencontre Gontrand (prénom non contractuel, volontairement moche et désuet, car je hais ce type). On se plait beaucoup, on passe du temps ensemble, on se marre bien. Je décide de faire de lui mon “friends with benefits” car je n’ai pas du tout envie d’avoir un mec. Je ne prends pas encore la pilule, c’est donc en bonne élève que j’insiste pour que l’on utilise des capotes. Mais comme beaucoup de ses homologues masculins, Sir Gontrand De La Bite n’aime pas les préservatifs. Avec ce petit heaume de plastique, il éprouve beaucoup moins de plaisir. J’ai beau expliquer à notre preux chevalier qu’avec ce bouclier magique, qui certes peut être un poil encombrant, nous avons le pouvoir de triompher des démons VIH, Chlamydia et Papillomavirus et même d’éviter l’horrible ogre de la caverne : Sir Gontrand ne veut rien savoir. Il négocie, négocie et négocie encore, me met un bon soupçon de pression et je finis par céder (faible femme que je suis).

J’ai du retard. Un jour, puis deux, trois, quatre, puis une semaine. Je m’inquiète, alors je fais un test de grossesse (et oui, je ne suis pas idiote, je sais pertinemment que le retrait ne vaut que dalle comme contraception). Le test est positif. J’en fais deux autres, car je refuse d’y croire : eux aussi positifs. A cet instant, je suis totalement médusée et sous le choc. Je me sens atrocement coupable (et pour ne rien arranger, je suis loin de mes parents, car en voyage à Paris pour deux semaines). Recroquevillée dans les chiottes de mon hôtel parisien, je suis tellement en état de choc que j’ai l’impression de voir se dérouler la scène en dehors de mon propre corps. J’entre dans une sorte de pilote automatique, de mode survie dans lequel je ne suis plus vraiment maîtresse de mes pensées et de mes décisions. Je rentre précipitamment de Paris, préviens mes parents et Sir Gontrand De La Bite, puis entame la procédure.

A l’hôpital, la première échographie confirme la grossesse, l’infirmière est d’une froideur abominable. On me renvoie chez moi, les images de l’échographie sous le bras, sans vraiment me parler de la suite. En cachette, je commence à essayer de me blesser volontairement pour faire partir ce parasite. J’ai passé une semaine en Enfer, ne supportant pas l’idée d’être “habitée”. Je pleure du matin au soir, je fais des crises d’angoisse et des attaques de panique à répétition.

Une semaine plus tard, j’ai à nouveau rendez-vous à l’hôpital pour une seconde échographie ainsi que pour parler de la procédure. J’ai de la chance, c’est une autre infirmière qui s’occupe de moi (elle est un peu plus sympathique que la première). Et surprise, à l’échographie il n’y a rien. L’infirmière est étonnée, car je lui ai bien rapporté les papier de la première échographie qui confirmaient la grossesse. Elle continue, cherche pendant au moins quinze minutes. Comme le rendez-vous était très tôt dans la matinée et que par chance, j’étais à jeun, elle me fait faire un test urinaire rapidement. Il est négatif, l’infirmière conclut à une fausse couche et tente de me rassurer (selon elle c’est très courant). Je ne comprends pas trop, mais je suis soulagée et je reprends un peu conscience de ce qui m’entoure. Je ne sais pas si ce qui peut s’apparenter à une “fausse couche” était due aux façons dont je m’étais mutilée, au fait que j’avais pratiquement arrêté de manger, à la quantité astronomique d’alcool que j’avais volontairement engloutie en cachette, à mon mal-être extrême ou je ne sais quoi d’autre encore ; mais le résultat était là, je n’étais plus enceinte. Je rentre donc chez moi, annonce la nouvelle à mes parents. Nous n’en n’avons jamais reparlé depuis, pas une seule fois.

A ce stade, vous vous demandez surement ce qu’il advient de Sir Gontrand De La Bite. Et bien, il se foutait pas mal de tout ce qui se passait de mon côté. Je l’ai prévenu sans obtenir la moindre réaction de sa part. J’ai géré seule. Le plus difficile au quotidien était de lire dans les regards de chacun des membres de ma famille à quel point j’étais coupable à leurs yeux, pendant ces deux semaines. De façon générale, absolument toutes les personnes au courant de ce qu’il m’arrivait étaient silencieuses ou me condamnaient plus ou moins fermement. J’étais la coupable, celle que l’on sermonnait, celle que l’on jugeait irresponsable, celle qu’on pensait être une salope ou celle que l’on a simplement laissée se démerder seule, car après tout, elle l’avait bien cherché. Vous voulez connaître le point commun de tous ces gens ? C’est facile à deviner ! Aucun ne m’a parlé du père, pas la moindre mention de l’homme qui avaient causé cette grossesse non désirée. Mes parents ne m’ont même pas demandé son nom.

Sir Gontrand De La Bite ne m’a absolument pas soutenue. A compter de l’annonce de ma grossesse, il ne m’a pour ainsi dire plus jamais adressé la parole. Je sais de source sûre qu’il a ébruité l’affaire, puisque quelques années plus tard des ami.es communs m’en ont reparlé. A l’époque, il s’était carrément moqué de moi, et avait dit à ses potes que j’avais inventé cette histoire de grossesse pour essayer de lui mettre la pression pour que l’on se mette en couple (chose que je n’avais pourtant jamais désirée une seule seconde). Clairement, j’étais très mal suite à cet épisode : il le voyait. Comme tout le monde savait plus ou moins que lui et moi, on ne se calculait plus, je suis simplement passée pour la fille éplorée qui s’est fait jeter par “le mec qu’elle aimait”. Je pense que Gontrand a bondit sur cette parfaite occasion de se déculpabiliser aux yeux des autres, et de se pavaner. Il a radicalement changé : passant du mec simple, marrant et sympa avec qui je passais de bons moments, au vieux type qui se vante d’avoir le dessus sur une femme, de l’avoir à ses pieds et de la voir tenter de mettre en œuvres des stratagèmes pour le posséder. Stratagèmes qui évidemment ne fonctionnent pas, car en bon cliché qui se respecte, Sir Gontrand De La Bite se fout royalement de la femme en question, et s’amuse même de la voir se “démener pour lui”.

J’ai toujours défendu l’avortement bec et ongles, mais on m’exposait souvent des avis inverses. De moi-même, je ne culpabilisais pas, mais entendre les autres rabâcher que l’avortement est un meurtre, que les femmes sont égoïstes ou des sorcières meurtrières d’enfants ne m’aidait pas. J’essayais simplement de passer à autre chose, d’oublier Gontrand et toute cette histoire.  Pour moi ce mec était mort, enterré et je pissais sur son cadavre. Pourtant, quelques mois plus tard, il me renvoie un message pour me demander quelques nouvelles. Je ne sais pas s’il essayait délibérément de me torturer, mais il finit par me dire qu’il est persuadé que notre bébé aurait été une petite fille (cette phrase me donne encore envie de vomir aujourd’hui) et que je n’aurais pas du faire ça sur un coup de tête (il pensait que j’avais avorté, je ne lui ai jamais donné de détail). Il est allé jusqu’à lui donner un prénom. Je pense qu’il devait se foutre de moi cette fois là, je l’imagine mal être sérieux en disant cela. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à me sentir réellement coupable.

Je n’en ai pratiquement jamais parlé à personne. Après que Gontrand ai donné un prénom au parasite qui m’avait habitée, je me sentais hantée par la culpabilité. Elle n’était pas si forte, car j’ai toujours su que j’étais dans mes droits et que je n’avais pas à rougir, mais toujours belle et bien présente dans un petit coin de ma tête. Un jour j’ai ressorti les images de la première échographie, découpé une des petites vignettes noires et l’ai mise dans mon portefeuille. C’était ridicule, on ne distinguait absolument rien sur cette image, simplement le petit trait mesureur tracé informatiquement par l’infirmière. Je crois que j’ai fait cela dans le simple but de me torturer, de me punir pour avoir haï si fort ce petit embryon que mon corps l’a lui-même rejeté. Chaque fois que j’ouvrais ce portefeuille, j’y repensais. A chaque paiement dans un supermarché, j’imaginais un petit visage de fillette, accompagnée d’un prénom. J’ai gardé cette photo dans mon portefeuille pendant quatre ans. Je me suis torturée pendant quatre longues années jusqu’au moment où j’ai décidé d’arrêter de souffrir. C’est une amie de l’université qui m’a sortie de ce cercle vicieux, par une simple phrase.

Mais pourquoi tu continues à te torturer en gardant ton écho alors que le mec ne doit même plus y penser depuis des années ?” – une amie dans le vrai, 2013.

Rarement dans l’histoire de l’humanité une personne n’avait tapé aussi juste en une seule phrase. J’ai jetée l’écho, ou brûlée je ne sais plus, et depuis, j’avance.


Finalement, la chronologie que prend les événements n’est pas si mal. Je finis par me dire que lire mon expérience avant mon article sur l’IVG est une très bonne chose. Pour celles et ceux qui minimiseraient encore l’épreuve qu’est un avortement, j’espère que mon expérience vous aura fait relativiser un minimum, et vous encouragera dors et déjà à réfléchir sur le sujet. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour mon post sur l’IVG, qui j’espère vous permettra de déconstruire certains aspects du sexisme intériorisé et banalisé de notre société.

Implant contraceptif : la contraception rêvée ? (spoiler : NON!)

Implant contraceptif : la contraception rêvée ? (spoiler : NON!)

Il y a quelques mois, j’évoquais dans un fil de discussion sur le groupe Facebook “La Voie de Shakti” que j’avais malheureusement eu d’importantes complications avec mon implant contraceptif. Suite à cela, une dizaine de personnes m’avaient écrit, s’interrogeant sur les problèmes que j’avais rencontré. Au passage, je vous conseille très vivement ce groupe de gynécologie naturelle, pleins de merveilleuses personnes qui sauront vous donner d’excellents conseils.

Dans cet article, je reviens sur ce parcours du combattant qu’a été pour moi l’implant contraceptif. Même si mon cas fut assez extrême, autant dans les symptômes que dans la médiocre prise en charge par les professionnel.les de santé, il est tout de même bon de savoir à quoi s’attendre lorsque l’on souhaite avoir recours à l’implant contraceptif, ce dernier étant assez idéalisé et vendu comme “la contraception parfaite” : cette “pilule” que l’on n’oublie jamais.

TW : sang, violences gynécologiques


L’implant contraceptif, c’est quoi ?

Ce que l’on appelle couramment implant contraceptif est un petit bâtonnet en plastique souple non-biodégradable d’environ quatre centimètres de longueur pour quelques millimètres d’épaisseur. Il est introduit sous la peau de l’intérieur du bras pour que sa présence ne soit pas gênante et délivre en continue dans le sang une hormone progestative (il me semble que c’est la même que dans une pilule classique). L’anesthésie locale est obligatoire lors de la pose d’un implant (je le précise, car j’ai déjà lu quelques témoignages de personnes dont l’implant a été posé sans anesthésie). Votre implant vous sera prescris par ordonnance, ainsi qu’un patch anesthésiant à coller environ 1h avant la pose de l’implant.


La contraception “rêvée

J’ai fait poser mon implant contraceptif en septembre 2013 (j’avais 20 ans) après plusieurs années de galère avec la pilule traditionnelle. Je la supportais bien pour ce qui est des hormones, mais le geste de “prendre une pilule” me donnait des nausées insupportables. Quand je la prenais avec un verre d’eau, c’était l’horreur, mais quand je la cachais dans ma nourriture, tout allait bien (je pense que le problème était vraiment dans ma tête). A cause des vomissements que me provoquait la pilule, j’avais très peur que son efficacité ne soit plus au rendez-vous et d’attraper ce parasite qu’on appelle “enfant”. C’est donc sur les conseils d’une gynécologue que je me suis orientée vers l’implant. Elle ne m’a absolument pas informé des éventuels effets secondaires de cette contraception.

Elle me prescrit donc l’implant ainsi que le patch et me voilà en route chez ma docteure préférée pour la pose. Comme indiqué par la gynécologue, je colle mon patch sur l’intérieur de mon bras. Arrivée là-bas, Pauline (c’est son petit nom <3) me dit que je ne l’ai pas posé au bon endroit (les explications de la gynéco étaient un peu vagues) et me propose donc de faire une piqure qui sera plus efficace que le patch (qui d’après elle ne suffit pas à chaque fois). Pauline est une sainte. La pose se fait très rapidement et sans aucune douleur. Je n’ai qu’un minuscule hématome qui n’a pas duré plus de quelques jours et très vite, je ne sentais même plus la présence de l’implant.


Et les ennuis commencent…

Les six premiers mois, tout se passe à merveille. J’ai même un symptôme dont beaucoup rêvent : je n’ai plus mes règles du tout. Certes, ce n’est pas très naturel et l’on ne devrait pas s’en réjouir, mais sur le moment, j’appréciais la tranquillité de ne plus éprouver la moindre douleur de règles.

Ce répit n’aura de toute façon pas duré bien longtemps, puisque passé ces six mois c’est l’exact inverse qui se produit. Tout à coup, mes règles deviennent incessantes et sans la moindre période de ralentissement du flux. Je me vide littéralement de mon sang et mes règles sont aussi intenses et abondantes qu’elles le sont pendant les deux plus gros jours du cycle… mais tous les jours.

Mes règles ont toujours été irrégulières, un poil plus longues, un poil plus courtes selon le mois : je ne m’en formalise donc pas dès le début. Au bout de deux semaines voyant que la situation ne s’améliore pas, j’en parle à cette même gynéco, qui m’annonce que c’est tout à fait normal, que c’est un effet secondaire tout à fait classique et bénin de l’implant. Bénin ou pas, j’aurais aimé qu’elle m’en informe avant. Elle me rassure, me dit que cela passera très vite, m’explique qu’il est courant d’alterner entre des phases de plusieurs mois sans règles, entrecoupées de règles plus longues que la normale.

Je suis un peu rassurée, mais malheureusement ça ne passe pas. Quand je retourne la voir un mois plus tard, j’ai déjà mes règles depuis quasiment deux mois complets. Elle me dit à nouveau que c’est normal, que c’est les risques et que “la contraception magique, ça n’existe pas“. Elle continue en me disant assez sèchement que c’est “moi qui dois faire des efforts, prendre sur moi” et de “ne pas faire ma chochotte“.

A ce moment-là, je suis complètement perdue. Tout ce que je sais, c’est que jamais plus je ne veux me retrouver face à cette gynécologue. Pour des raisons géographiques, je ne peux plus retourner voir Pauline, son cabinet étant à la campagne à côté de chez mes parents. Je prends donc quand même plusieurs rendez-vous avec d’autres médecins qui ne me seront pas d’une grande aide non plus.

Je sens bien que le problème vient de l’implant, mais je ne suis pas médecin alors je doute de mon ressenti. Le premier médecin, un vieux largué sur les questions de contraception, me dit qu’il ne sait pas trop d’où peut venir mon problème mais, que cela n’est surement pas causé par l’implant. Il me prescrit des analyses sanguines pour détecter “d’éventuelles autres causes“.

Résultats : je suis anémiée (sans déconner?) et c’est tout. J’abandonne avec celui-ci et me rends, mes analyses sous le bras, chez unE médecin (je voulais absolument une femme cette fois-ci). Elle regarde mes analyses et s’étonne également que l’implant soit la cause de symptômes si retentissants. Elle ne cherchera pas plus loin pour identifier la cause, mais me prescrit tout de même de l’homéopathie pour faire stopper les saignements (la blague). Je n’ai même pas pris la peine de me rendre à la pharmacie.

Conclusion : je suis baladée de discours évasifs en discours évasifs. Personne ne sait trop ce que j’ai et personne ne semble admettre que l’implant puisse avoir des effets secondaires aussi lourds. Il y avait forcément autre chose : on m’a même parlé de cancers, d’infections ou maladies sexuellement transmissibles, mais les analyses ne donnaient rien. J’ai perdu un fric fou à payer de ma poche consultations et analyses en laboratoire à répétition pour au final me retrouver sans la moindre réponse et sans le sous.


La liste des symptômes s’allonge…

D’analyses inutiles en analyses inutiles, nous voilà arrivés à sept mois complets de règles très abondantes. Contrairement aux dires de la gynécologue, elles ne passaient pas. En plus des règles, j’ai commencé à faire de grosses hémorragies. Environ un matin sur quatre, je suis réveillée par mon nez qui saigne à pleins torrent (très agréable) et je me rends également compte que mes saignements ne viennent plus uniquement du vagin, mais aussi de l’anus (joie !). Le tout, accompagné de douleurs au ventre absolument atroces : sans aucune comparaison avec les douleurs habituelles des règles. J’ai l’impression que mes entrailles se déchirent et veulent sortir de mon corps…

A cause de l’anémie, la fatigue devient de plus en plus intense chaque semaine. Le moindre effort physique devient une épreuve olympique et rapidement, je ne peux même plus passer l’après-midi en ville avec des amies. Puis, même plus un repas. Très vite, les douleurs et la fatigue sont si intenses que je ne suis même plus capable de sortir de chez moi voire de mon lit, selon les jours.

Je suis passée d’environ 55kg à 39,5kg. Un médecin que j’ai vu lorsque j’étais au plus bas de mon poids m’a cru anorexique, alors même que j’avais augmenté mes prises alimentaires (sinon, je ne tenais pas). Il m’a suspectée de cacher mon “anorexie” avec mon histoire de contraception et m’a prescrit des rendez-vous chez une psychologue. Un autre médecin pensait quant à lui à une colopathie. La fatigue devenait insoutenable, je ne pouvais pas rester plus de dix minutes débout sans m’évanouir. Il m’est même arrivé de m’évanouir dans la rue.


Tout cela s’est déroulé entre l’année 2013 et 2014 et sachez une chose : j’ai encore aujourd’hui des séquelles physiques, même des années après. J’ai reprit tout le poids perdu petit à petit, mais mon cycle menstruel est totalement détraqué comme cela arrive aussi avec la pilule. Il m’arrive encore d’avoir mes règles pendant un mois ou deux mois d’affilé (tout de même moins abondantes), puis plus rien pendant trois mois ; ou de faire du spotting* pendant 6 mois.

Autre conséquence relou : je ne suis aujourd’hui plus du tout capable de pratiquer le flux libre instinctif (article à venir) car les douleurs et mon cycle détraqué ne me permettent plus de le faire. Je ne peux plus me repérer aux sensations, car j’ai mal tout le temps et suis donc repassée à la cup (non sans mal). Bref, c’est encore compliqué et j’espère que tout rentrera dans l’ordre un jour.

J’aurais aimé connaitre tous ces effets secondaires avant la pose. Là est pour moi la pire faute du système de santé. Il m’est toujours difficile de comprendre comment les professionnel.les de santé n’ont pas tout de suite fait le lien entre mes symptômes et l’implant, alors même que ces derniers sont très largement renseignés dans la littérature scientifique médicale, même jusque dans la notice du Nexplanon (marque de mon implant). Sont listés parmi les effets secondaires très fréquents (plus d’une “femme” sur 10) : maux de tête, règles irrégulières, état dépressif, douleurs abdominales, nausées, perte de poids, règles douloureuses … (2).

J’espère très sincèrement que les problèmes liés aux contraceptions hormonales sont désormais mieux pris en charge et mieux détectés par les professionnel.les de santé. En quatre ans, j’espère que la situation a évoluée et dans tous les cas, j’espère que cet article trouvera son public afin que vous soyez également capables de reconnaître le problème et de réagir en conséquence rapidement : la meilleure réaction étant de demander directement un retrait de l’implant dès que vous sentez que les choses deviennent problématiques.

Aujourd’hui, je suis de nouveau en errance contraceptive. Je ne veux plus la moindre contraception chimique dans mon corps à cause de tous les problèmes que j’ai rencontrés par le passé. Les préservatifs me répugnent un peu et causent tellement de déchets que je n’ai pas envie d’en utiliser, il en est de même pour les gelées spermicides. Dans l’idéal j’aimerais pouvoir me faire stériliser, mais je vous raconterai cette galère une autre fois… 😉

Prenez grand soin de vous 😉 <3


Lexique :
*spotting : des pertes très légères de sang, en général sans danger, qui surviennent entre les menstruations. (1)


Références :
(1) Dansmaculotte.com : Spotting, on vous dit tout sur ces saignements en dehors des règles.
(2) Eurekasanté.vidal.fr : NEXPLANON (fiche technique du médicament).

Pourquoi j’ai quitté la scène shibari parisienne

Pourquoi j’ai quitté la scène shibari parisienne

TW : violences, agressions sexuelles, viol.
(EDIT: ce post a été rédigé avant que Cyril ne s’exprime publiquement sur le sujet. Tout l’article est donc anonyme).

Il était temps que quelqu’un ose mettre ce problème sur la table, et même si mon billet arrive un peu après la « bataille » tant la difficulté pour moi de l’écrire est grande, il garde quand même son importance. Il y a un peu plus d’une semaine, Charlie mettait courageusement en lumière dans un article FetLife les agissements et les abus répétés d’un des leaders de la scène shibari parisienne sur ses modèles. Ses mots résonnent tout particulièrement en moi, et bien qu’elle se soit gardé de citer le moindre nom, il ne m’a pas fallu plus de quatre lignes de lecture pour ne plus avoir le moindre doute quant à l’identité de cette personne. A mon sens, cela atteste déjà de la gravité du problème et de l’absolue nécessité, non pas de tomber dans un acharnement contre le concerné, ni de le citer ouvertement, mais de se questionner sur les solutions à mettre en œuvre afin que cela ne se reproduise plus à l’avenir.

Nos chemins se sont croisé pour la première fois début 2015, lors de ma première visite dans ce lieu incontournable de la scène shibari parisienne. Au premier abord, j’y ai rencontré une personne saine, à l’écoute, bienveillante, respectueuse, déconstruite, à cheval sur le consentement dans la pratique des cordes et dont le credo a toujours été de présenter la pratique des cordes de façon totalement désexualisée au grand public, comme une pratique sportive et méditative. Bien que mon œil soit aujourd’hui davantage critique sur cette façon de vendre le shibari qu’il ne l’était à l’époque, c’est avec plaisir que j’ai accepté de me faire attacher par lui. Il n’y eut pas la moindre ombre au tableau cette première fois et malgré ma semi-nudité, aucun geste déplacé, ni limite bafouée. Cette séance vint par conséquent renforcer l’image idyllique de « sagesse » que je m’étais préalablement forgée, et nous avons peu à peu appris à nous connaître par le biais des cordes. Dès lors, je le considérais comme une personne proche de moi, un ami et parfois un confident, car il entrait en connexion avec une sphère très intime de mon être. Il est un des seuls attacheurs avec qui j’ai réussi à explorer le masochisme dans les cordes de façon si profonde et intime, et cela était pour moi la preuve de la confiance que je lui accordais.

Pour rester la plus honnête possible dans ce billet, je me dois d’insister sur le fait que cette session se déroulait bien, jusqu’à l’instant où j’ai atteint mon seuil de tolérance. Fatigue et douleur devenaient beaucoup trop fortes, impossibles à supporter. J’ai verbalisé cela en lui disant que « je ne tenais plus, qu’il fallait stopper la session » ce à quoi il m’a répondu « allez, encore un petit peu, moi aussi je ne tiendrai plus très longtemps de toute manière ». J’ai répété plusieurs fois mon désir de stopper la séance, toujours reçu de la même façon : une demande de sa part de « tenir encore ». Dans mon souvenir, le laps de temps entre ma première demande d’arrêt de la session et sa fin effective a duré une éternité. Là encore, le doute subsiste chez moi, tant le temps peut se distendre quand je suis dans les cordes. Tout.e.s les modèles vous le diront, le temps se modifie de façon extrême pendant une session : deux heures peuvent passer en quinze minutes, et inversement. Je me rappelle cependant d’avoir clairement verbalisé mon souhait de stopper la session plusieurs fois avant qu’il ne commence à me détacher ; ce qui en soit est un non-respect total des valeurs de respect et de consentement que cette personne prône habituellement. Bien que je ne lui en ai pas touché un mot (ce qui est également un de mes torts), cette session a créé un véritable malaise chez moi, au point de ne plus jamais pratiquer les cordes avec lui, tout en essayant d’oublier cet événement. A tort, j’ai préféré garder cela pour moi et continuer d’avancer de mon côté.

A mesure que je fréquentais la scène parisienne et rencontrais d’autres modèles et riggers, de plus en plus d’éléments inquiétants à son propos m’étaient relatés. Plus je rencontrais de nouvelles modèles, plus elles me confiaient des évènements graves qui me ramenaient à mon propre vécu avec lui. Des cordes placées à des endroits non désirés (alors qu’ielles avaient expressément indiqué qu’ielles ne le souhaitaient pas, AVANT la session), attouchements, session « trop sensuelle », « trop sexuelle », « trop intense », « trop douloureuse », limites ouvertement franchies, sans cesse poussées plus loin, plus loin et encore plus loin, refus de stopper la session alors que le.la modèle le demande… Tout cela m’inquiétait et ce tout dernier point (refus d’arrêter) me ramenait particulièrement à ma propre expérience. Après ces nombreuses et longues discussions avec celleux de la communauté qui m’étaient les plus proches, j’ai constaté avec stupéfaction que tout le monde était au courant de ses agissements et condamnait très fermement sa conduite envers ses modèles, dans l’ombre. Cependant, personne n’osait prendre la parole publiquement, certain.e.s par crainte d’être rejeté.e.s par la communauté, ou de ne plus pouvoir organiser de workshops, du fait de la place importante de cette personne dans la sphère des cordes parisiennes, et d’autres (comme moi) par manque d’assurance, de motivation et de courage ainsi que par résignation. Je ne trouve pas les mots pour exprimer à quel point je me sens coupable aujourd’hui. Coupable d’avoir su, coupable d’avoir entendu nombre de personnes dénoncer les agressions et abus de cette personne sans jamais oser ne serait-ce qu’initier une prise de parole générale ; et en cela je ne pourrai jamais assez remercier et admirer @Charlie_Bear pour son courage.

C’est en partie cela qui m’a conduit à délaisser la scène parisienne, jusqu’à délaisser ma passion des cordes par manque de partenaires motivés dans ma région. J’ai arrêté de fréquenter cet endroit que j’ai pourtant considéré pendant longtemps comme une seconde maison, comme cet endroit « où je me sens aussi bien et épanouie que chez moi », moi qui pourtant ne me sens que rarement bien à l’extérieur. Comme on dit, « home is were the ropes are », mais je ne me sentais plus chez moi, ni épanouie là bas. Petit à petit, et naturellement, j’ai commencé à espacer mes visites et à refuser certaines collaborations qui représentaient pourtant des occasions en or. Je suis pleine de regrets et de remords, car plutôt que de prendre la parole, j’ai préféré fuir, et m’évincer du faut de cette atmosphère malsaine.

Avec le recul, je ne peux m’empêcher de souligner une certaine hypocrisie dans le fait de présenter la pratique des cordes comme étant totalement détachée de la sexualité, et aujourd’hui, je pense que le concerné paie le prix de la dissonance totale entre les valeurs qu’il défend et ses actes. Si dissocier les cordes de la sexualité est en partie hypocrite, ça l’est encore plus d’ignorer le consentement de ses modèles, d’outrepasser les limites et le cadre posé au préalable pour ensuite organiser et animer des ateliers et des débats sur le consentement et l’écoute dans les cordes. J’insiste sur « en partie » car je pense néanmoins qu’il est possible de pratiquer sans dimension sexuelle, mais uniquement lorsque tout le monde joue au même jeu et respecte les mêmes règles. Malheureusement, j’ai rencontré bien plus d’hommes prenant davantage de plaisir dans la transgression des limites que dans le jeu consentant et éclairé. En ce sens, j’ai peur pour la suite, j’ai peur pour les nouveaux et nouvelles qui s’embarqueront dans un jeu dont ielles ne connaissent pas tous les tenants et aboutissants, ni toutes les règles qui le régissent. Je suis pourtant la première à m’enthousiasmer de voir de plus en plus de cordes là où je ne m’y serais jamais attendu des années plus tôt. Clips, publicités, films : les références au shibari dans les média sont de plus en plus nombreuses et cela apporte son lot d’avantages et d’inconvénients. Je suis ravie de rencontrer de plus en plus de compréhension quant à mes pratiques chez des personnes pourtant étrangères au milieu. Je suis ravie de voir de plus en plus de personne s’intéresser aux sexualités alternatives, qui sont à mon sens un excellent moyen d’arriver à l’épanouissement. En revanche, je ne peux que déplorer de voir à quel point certain.e.s profitent de cette médiatisation de façon malsaine et dénuée d’éthique. Dans un tout autre contexte, je ne peux que me rappeler des propos abjectes de certaines figures du milieu BDSM parisien à l’arrivée du phénomène fifty shades, suivi d’une déferlante de jeunes prêt.e.s à s’essayer aux sensations fortes. La soudaine médiatisation du « BDSM » version « tout public » fut une aubaine pour bon nombre de pratiquants chevronnés. Ces derniers y ont vu une réelle « livraison massive de chair fraîche à malmener sans ménagement » ; le propos sous-jacent étant « des jeunes vanilles dont ils auraient le loisir de profiter, non familièr.e.s des codes de conduites, de l’éthique, des règles à observer et parfois même ignorant.e.s de la simple notion de consentement, inhérente à une pratique safe et saine ». Je digresse, mais ce point me semble important pour mettre en lumière les conséquences que peut avoir cette dissociation entre cordes et sexualité. Comment se prémunir de tout problème quand on vend le shibari de cette manière, alors qu’à chaque session, une certaine énergie sexuelle peut transparaitre, même involontairement, ou même lorsque l’on se limite à l’exercice ? Et comment s’étonner des retours négatifs, abus, ou agressions quand « l’expérience vendue » est si différente de « l’expérience réelle », surtout pour les néophytes ?

Je déplore de constater l’ampleur de la pression, l’ampleur de ce silence qui dure depuis des années. Je déplore que des mécanismes de starisation aient empêché les victimes de prendre la parole d’elles-mêmes et empêché tous les intervenant.e.s de ce lieu de s’interposer et de dénoncer ces actes commis à répétition (à ma connaissance, cela n’est pas arrivé, peut-être est-ce incorrect). En ce sens, j’attends avec une réelle impatience leurs déclarations, qui seront pour moi lourdes de signification. Dans un milieu fondé sur ces valeurs si importantes que sont la bienveillance, le respect, l’écoute, la communication ou le consentement, l’omerta ne fut que plus révoltante à mes yeux ; et la dissonance d’autant plus évidente entre les valeurs prônées et les actes.

En parlant d’actes, je conclurai rapidement ce billet en abordant la réponse ouverte de l’intéressé, publiée hier sur FetLife. Je retrouve dans ses mots une tentative de coller à tout prix à cette image, l’idyllique représentation que je m’étais moi-même forgée à nos premiers contacts. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les excuses arrivent tard, pour celles qui avaient mis tant d’effort à aborder le sujet avec lui, ou ne serait-ce qu’initier vainement un dialogue. J’en viens même à douter de leur sincérité, tant les actes commis sont minimisés, passant « d’agressions » à des « personnes blessées ». Très honnêtement et mettant à part mon propre vécu et mes propres émotions, cette réponse est vraiment la moindre des choses, le moins qu’il pouvait faire, et j’irais jusqu’à dire « ce qu’il se devait de faire » maintenant que le sujet est sur la table. Réelles excuses ou manipulation, mon cœur balance car j’aime voir le bon en chacun, mais je ne peux que douter, encore une fois, de leur bien-fondé. Je doute de sa compréhension de la situation, je doute de la réalité de la remise en question, et plus que des mots, j’attends maintenant des actes.