Le slashing : glamourisation de la précarité

Le slashing : glamourisation de la précarité

Le slashing : encore un nouvel anglicisme “à la mode”. La première fois que j’ai entendu parler de slashing, ce n’est pas lors de la vague d’indignation (justifiée) que le terme à provoquée récemment sur twitter, mais bien avant. C’était il y a environ six mois de cela, pendant un événement de développement personnel dans le milieu bien particulier de l’entrepreneuriat. L’intervenant nous avait introduit la dite notion, sans que cela n’ai réellement choqué le public.


Mais alors, qu’est ce que le slashing exactement ?

Ce mot désigne tout simplement le fait de cumuler plusieurs emplois ou activités. Par exemple : donner des cours particuliers le soir, tout en effectuant des heures de ménage. On appelle alors ces personnes des “slashers” . CertainEs vont même jusqu’à cumuler plus de trois emplois.

Une petite variante est à noter : le terme slashing peut également être utilisé pour désigner des personnes qui changent très souvent d’emploi, sans forcement les cumuler (le cumul d’emploi étant l’usage le plus courant du mot).


En quoi la notion de slashing pose-t-elle problème ?

Mais alors, quel est le problème avec le slashing ? Après tout, beaucoup de personnes font ce choix pour arrondir les fins de mois, ou pour ne plus s’ennuyer avec un seul travail répétitif… Hum, personnellement je ne suis pas du tout d’accord avec cela.

Chaque fois que j’ai vu le thème du slashing être abordé, que ce soit dans les média ou des ateliers, l’angle était toujours très “glamour” et romancé. Le slashing est très souvent présenté comme une nouvelle tendance, comme le dernier anglicisme en –ing à la mode, parfois même associé à “la nouvelle manière de réussir sa vie” comme dans un article du site Qapa, qui cite le sociologue Jean Viard :

“ Aujourd’hui, réussir sa vie ne signifie plus une carrière accomplie mais plutôt de multiplier les opportunités.

Jean Viard

Ce que l’on oublie souvent lorsque l’on parle de slashing, c’est que les fameux et fameuses “slashers” n’ont souvent pas d’autre choix que de cumuler des emplois précaires pour s’en sortir financièrement. Dans les média, on nous présente des athlètes de haut niveau qui ont aussi une activité (souvent d’élite) comme Teddy Riner, ou des personnalités politiques dont on compare le cumul de mandats à du slashing. Mais ces personnes sont-elles représentatives de la réalité de terrain ? Certainement pas.

Multiplier les opportunités ?

Peut-on vraiment dire que les slashers de base, celles et ceux qui cumulent les emplois précaires multiplient les opportunités ? Quel ravissement, ces fabuleuses opportunités de caissièrE, de garde d’enfant, d’heure de ménage ou que sais-je encore ! Peut-on vraiment parler d’opportunités de vie telles qu’elles sont décrites par les média ? Ces derniers ont l’air de dire que cumuler les emplois favorise les chances d’en trouver un autre encore mieux, et donc de s’élever socialement. Mais les emplois précaires précédemment cités sont-ils vraiment ceux qui apportent ces chances ?

Proud to be a slasher ?

Je vous parlais tout à l’heure de cet atelier de développement personnel où j’avais entendu parler de slashing pour la première fois. A la fin de la présentation de notre intervenant, le public a commencé à échanger et ce terme de slashing est pas mal revenu dans les conversations.

Tout le monde était assez refait d’avoir découvert un nouveau mot anglais qui les caractérise, comme si c’était hype, mais semblait aussi oublier à quel point vivre dans cette situation est difficile. Peut-être que dans le domaine de l’entrepreneuriat personne n’a vraiment à coeur d’avouer la galère vécue au quotidien.

Entre le lancement de notre activité indépendante (qui ne rapporte donc pas grand chose au début) que l’on doit conjuguer avec d’autres sources de revenus, à quel moment on imagine que c’est une partie de plaisir ?

J’ose le dire : je ne suis pas fière d’être une slasheuse, car c’est synonyme de galère. Celui ou celle qui prétend le contraire est juste en train de vous mentir pour faire bonne figure (comme beaucoup de personne de la Start-up Nation, milieu ou il est de bon ton de feindre une happy face et un bagou en toutes circonstances).


“Et si on jouait au pauvre pour voir ce que ça fait ?”

On touche enfin au vrai problème : le slashing n’est pas une tendance, ni un nouveau truc à la mode que les gens font par “plaisir de travailler”. C’est un bail de pauvres, que tous les pauvres font depuis toujours car il n’y a pas d’autre solution pour s’en sortir financièrement.

Quand le véritable problème est l’ennui au travail, on ne cherche pas un autre travail en plus du premier. On exerce plutôt ses passions, on s’amuse, on sort, on fait des activités qui nous plaisent.

Mais pour cela, il faut en avoir les moyens, ce qui n’est pas le cas de la personne qui “slashent”. Et si nous n’avons pas les moyens financiers pour profiter de la vie en dehors de ce travail qui nous ennuie tant, c’est que le problème initial n’est pas l’ennui, mais bien la précarité.

J’ai l’impression que l’on glamourise de plus en plus la situation du pauvre pour en faire quelque chose de désirable, de limite amusant pour mettre un peu de piment dans sa vie. Glamouriser les pauvres peut aussi endormir les consciences : on les flatte, on fait comme si leurs vies et leurs galères quotidiennes étaient “hypes” et intéressantes.

On leur fait ainsi miroiter l’illusion que leurs problèmes sont les problèmes de toute la population peu importe la classe sociale, ce qui a pour effet insidieux de calmer les envies de révolution et de changement. Il n’y a pourtant qu’à écouter le dédain et le mépris de Manu à chacun de ses discours pour mesurer à quel point cet “intérêt” n’en a que le nom…

Ça me fait beaucoup penser au “batch cooking” (2), cette “nouvelle tendance à la mode” de cuisiner une seule fois le week-end en grosse quantité pour manger toute la semaine, emmener sa gamelle au boulot, économiser les repas etc.

Réveillez-vous là, les pauvres font ça depuis toujours ! Ce n’est ni une partie de plaisir, ni un choix : simplement des stratégies d’adaptation que les personnes pauvres mettent en place au quotidien car c’est la seule solution pour s’en sortir.


Sources :


Atelier Bullet Journal gratuit à Tours, le 5 mars 2019 !

Atelier Bullet Journal gratuit à Tours, le 5 mars 2019 !

Bonjour à touste !

J’espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d’année ! Aujourd’hui, je vous propose un post 2 en 1 : un joli projet qui se réalise, et la présentation plus en détail d’un espace de coworking tourangeau.

Un atelier Bullet Journal gratuit à Tours !

C’est ma grande nouvelle de début d’année : j’organise un atelier Bullet Journal totalement gratuit au Hub Coworking, le 5 mars prochain. Si vous ne savez pas ce qu’est le bullet journal, je vous conseille de vous reporter à ma catégorie spécialisée où vous apprendrez pléthore de choses sur le sujet.

Pour vous expliquer rapidement, il s’agit d’une méthode de planification hyper bien faite, qui vous permet de ne pas vous laisser submerger par vos tâches quotidiennes et d’atteindre plus facilement vos objectifs.

Le secret, c’est l’anticipation, c’est pour ça que j’appelle parfois cette méthode “planification pro-active” : on réfléchit bien avant d’agir !

Et comme je suis une personne vraiment super sympa, je vous propose gratuitement cet atelier d’initiation le 5 février prochain. Attention, il faut réserver sa place en ligne. Pour être tenu.e au courant, je vous conseille de suivre la page Facebook du Hub, où toutes les informations seront données.

Comme d’habitude avec moi : pas de niveau ni de matériel requis (pas de dessin prévu, ni de calligraphie). Cet atelier s’adresse à tout le monde, plus particulièrement aux personnes qui rencontrent des difficultés d’organisation et qui ne sont pas vraiment satisfaites des options digitales.

C’est mon cas : je ne suis jamais assidue avec mon téléphone. J’ai testé pleins d’applications différentes, mais rien n’y fait. Quand j’ai découverts le Bullet Journal, qui ne requiert qu’un carnet et des stylos, j’ai enfin trouvé “mon truc” ! Peut-être que ce sera votre truc aussi, pour le savoir, il faut venir ! 😉

Notre hôte : le Hub Coworking

Je profite de cette annonce pour vous présenter rapidement notre hôte de la soirée ! L’atelier aura lieu au Hub Coworking, un lieu de travail vraiment génial que je fréquente depuis quelques mois, situé en pleins cœur de Tours (rue Nationale).

Le Hub est un espace de coworking, c’est à dire un lieu ouvert à touste, ou chacun.e peut venir “travailler” au sens très large du terme, moyennant un abonnement (sans engagement de durée).

C’est le lieu idéal pour celleux qui exercent une activité indépendante. Le Hub est également fréquenté par des artistes: peintres, cinéastes, photographes, ou encore des étudiant.e.s qui apprécient le calme et l’accueil chaleureux du lieu pour avancer leurs projets et révisions. L’endroit est cosy, très lumineux grâces aux grandes fenêtres, et accueillant. J’ai découvert cet espace de coworking par le biais de mon conjoint qui y travaille. Depuis, j’y ai noué de très belles relations, et je suis vraiment ravie que le Hub accueille mon atelier.

Pour ne rien gâcher, nous sommes toujoutrs accueilli.e.s comme des rois et reines. En plus des friandises à volonté, chaque atelier est suivi d’un petit apéro !


J’espère vous voir nombreux et nombreuses à cette initiation au Bullet Journal. Il est fort probable que je vous parle à nouveau du Hub Coworking en 2019, car je souhaite davantage aborder mes autres activités pro sur le blog. On parlera d’entreprenariat, je tenterais vous offrir des solutions hors des sentiers battus, bref vous montrer un autre chemin que le travail “classique” dont de plus en plus de personnes se lassent.

N’oubliez pas de réserver votre place pour le 5 mars ! Si vous êtes présent.e sur Facebook, vous y trouverez bientôt l’événement correspondant à mon atelier en suivant la page du Hub Coworking).

A très bientôt !

Modere : marque saine ou greenwashing ?

Modere : marque saine ou greenwashing ?

Hier, au hasard de mes pérégrinations virtuelles, je suis tombée sur une chronique de l’émission “On est pas des pigeons” qui a retenu mon attention. Le sujet : Modere, une marque américaine qui commercialise des produits cosmétiques et “bien-être” mais aussi des compléments alimentaires, des cures “détox” ainsi que des produits d’entretien (entre autres).

Si vous êtes présentE sur les réseaux sociaux, vous avez forcément déjà rencontré ce types de marques qui se distribue en réseau de vendeurs et vendeuses aux stratégies marketing très agressives et tenaces (pages, groupes Facebook auxquels vous êtes ajoutéE sans votre accord…)

Aujourd’hui, je me dois de vous parler de cette marque, de son fonctionnement et des gens qui y travaillent, afin que vous ne vous fassiez pas piéger comme je l’ai été !

Qui suis-je ? Quel est mon lien avec Modere ? Suis-je impartiale ?

Avant d’aller plus loin, je me dois de vous en dire le plus possible quant à mon lien avec Modere. Je tiens à préciser que cet article ne sera pas un “bla-bla” exagéré, malhonnête ni faussement élogieux à propos de la marque comme on en voit partout sur internet. Au contraire, je vais être franche à 100% en ce qui concerne Modere, que ce soit à propos des produits de la marque, des valeurs qu’elle défend ou des personnes qui participent à son développement en France.

J’ai tenté l’aventure Modere en janvier 2018 sur les conseils d’un ami qui est donc devenu mon parrain. Je ne me suis pas énormément développée, car j’ai très vite stoppé mon activité et mi fin à mon partenariat pour plusieurs raisons que je vais développer ensuite. Je ne gagne donc pas le moindre centime avec Modere, tout en connaissant quand même la société de l’intérieur.

Si vous souhaitez connaitre un avis franc, honnête et non influencé par un quelconque conflit d’intérêt, je vous invite à continuer votre lecture.

Quel est le mode de distribution des produits ?

La marque n’a pas de boutique “physique”, elle est distribuée uniquement via son site internet et grâce a ses “Social Marketers“. Pour faire simple, les “social marketers” (que j’abrégerai maintenant “SMa” pour plus de simplicité) sont les vendeurs et vendeuses Tupperware 2.0. Grâce à leurs réseaux personnels les SMa distribuent les produits de la marque.

Plus besoin de “réunions à domicile” démodées, plus besoin de se déplacer, de passer soi-même les commandes et de livrer les client•e•s : les SMa travaillent sur Internet en faisant la promotion des produits Modere (via des groupes Facebook, sur Instagram, ou même des blogs ou des chaînes Youtube). Les ventes sont identifiées à chaque SMa grâce au code promo individuel “-10€” (différents pour chaque SMa) et les client•e•s passent leur commande directement sur Internet (et sont livré•e•s à domicile).

Quelles sont les valeurs de Modere ?

Quand on entre chez Modere, on comprend très vite qu’avant de vendre les produits, nous vendons un véritable lifestyle. Les SMa n’ont que deux mots à la bouche : “live clean“, c’est-à-dire “vivre sainement” ou “une vie saine“. C’est le véritable crédo de Modere : permettre à tous les foyers d’avoir accès à une gamme complète de produits “””sains””” (du gel douche au complément alimentaire, en passant par la lessive, le produit vaisselle, les cures “détox” ou le dentifrice) et tout cela en respectant sa santé ainsi que l’environnement.

La marque Modere se dit très engagée :

  • pour l’écologie (packagings entièrement recyclables, usines alimentées à 100% par l’énergie éolienne, label “””mieux que bio””” etc.)
  • pour la santé de ses client•e•s (compositions saines, retrait de plus de 3000 ingrédients cosmétiques controversés, contrôle qualité à toute épreuve etc.)

Maintenant que vous connaissez les informations essentielles en ce qui concerne Modere, je vais vous laisser visionner le reportage de “On n’est pas des pigeons“, si vous le souhaitez (vous pouvez aussi passer directement à la suite).

Pour vous dire rapidement ce que j’en pense : il y a du vrai et du faux dans cette chronique, ainsi que beaucoup de raccourcis et d’inexactitudes (tout cela, je le développe juste après) !

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=CRsH-vxw4BQ&w=560&h=315]

Partie 1 : Mes réactions au reportage

Dans cette première partie, je vais m’attarder sur les points qui m’ont particulièrement fait tiquer dans ce reportage. Comme je le disais plus haut, il y a du vrai dans la chronique et malgré les très lourdes exagérations (que je rectifierai aussi) Modere est bien loin d’être une société irréprochable. Dans une seconde partie, je détaillerais davantage les raisons qui m’ont personnellement poussées à stopper mon activité. Allez, pas plus de blabla, je démêle le vrai du faux de cette chronique !

1. Le marketing de réseau

La première chose qui m’a vraiment soûlée dans cette chronique, c’est le ton volontairement très alarmiste et catastrophiste des journalistes et plus particulièrement de la femme blonde au tout début du reportage (celle qui lit la lettre anonyme d’une famille inquiète). De tout, les journalistes veulent faire du sensationnel. Entendons-nous bien, Modere n’est pas une société toute blanche, mais j’ai vraiment l’impression qu’on ne peut plus voir un reportage télévisé de ce genre sans que tout n’y soit totalement exagéré.

Pour la faire courte (et cela a été dit un peu plus loin) le marketing de réseau comme il est pratiqué par Modere est totalement légal. Il faut bien faire la différence entre le MLM (marketing de réseau) et ce que l’on appelle vulgairement un système pyramidale : ces deux notions sont très souvent confondues.

Une société de MLM devient un système pyramidal lorsque l’argent que gagnent les partenaires vient davantage des nouveaux partenaires recrutés que de vrais clients. En gros, dans un système pyramidal, votre job sera surtout de recruter de nouvelles personnes pour leur faire acheter le pack de démarrage (car c’est plus rentable), plutôt que de chercher des client.es. Ca, c’est un système pyramidal (et c’est illégal). Pour être légale, une société de MLM doit veiller à ce que la plus grande partie du salaire d’un partenaire (ou SMa) viennent de ses clients, et non pas des commandes des personnes de son équipe.

2. La pression sur les social marketers (SMa)

Le deuxième point qui me fait réagir est cette espèce de “pression” sur le jeune homme récemment recruté chez Modere, que fait ressortir la lettre. Le social retail est une activité totalement indépendante et surtout sans obligation de résultat (cela n’en fait pas une activité facile pour autant). Notre parrain ou marraine nous aide et nous accompagne dans notre développement, mais nous ne lui devons absolument rien. Chacun•e avance à son rythme ou choisit d’arrêter quand il ou elle le souhaite, comme c’est mon cas aujourd’hui. Je ne comprends pas vraiment en quoi le jeune homme dont il est question dans cette lettre anonyme puisse être sous pression. Je ne peux pas être certaine de ce que j’avance, mais je pense très sincèrement que cette pression ne vient pas de Modere, mais peut être expliquée par différentes choses :

  • La famille du SMa se fait peut-être de fausses idées et interprète mal l’enthousiasme du jeune homme.
  • Peut-être que c’est le SMa lui même qui se met énormément de pression pour réussir (c’est ce qui me semble le plus plausible).
  • La dernière explication est que le SMa ai été recruté par le ou la pire des mentors que l’on puisse imaginer, et que ce dernier ou cette dernière ne lui mette délibérément la pression. J’espère de tout coeur que ce n’est pas le cas, et cela fait une parfaite transition pour le point suivant.

3. Le facteur humain

L’avantage des sociétés de MLM réside dans l’accessibilité de leur activité : comme ils s’en vantent très souvent, tout le monde peut le faire. Et tout le monde, cela signifie les personnes bien intentionnées tout comme celles qui malheureusement ne le sont pas.

En entrant chez Modere (où toute autre société légale de MLM), vous jouez un peu à la loterie. Votre parrain/marraine pourra être tout à fait fantastique (cela a été mon cas) ou au contraire, avoir de mauvaises intentions.

J’en veux pour preuve cette formatrice qui lors de sa réunion d’information encourage les nouveaux partenaires à faire du copier/coller. Mon parrain ne m’a jamais encouragé à faire cela, bien au contraire, il m’a déconseillé de pomper le travail des autres et m’a encouragée à être la plus authentique possible et à faire ressortir ma véritable personnalité.

Mon parrain est une personne pour qui l’éthique est très importante : c’est avant tout un ami que je connaissais déjà avant de me lancer dans Modere avec lui. Cela fait toute la différence. J’ai toujours eu confiance en lui, alors que certaines personnes qui organisent des formations chez Modere n’en sont pas systématiquement dignes.

Une formatrice très renommée chez Modere (la fameuse jeune fille de 21 ans qui gagne 30 000€ par mois dont il est fait allusion dans le reportage) a monté sa communauté en organisant de faux concours sur son groupe Facebook.

Méthode très simple et efficace : organiser un concours avec un lot d’une valeur de 150€ à gagner où la participation consiste à ajouter 100 membres au groupe privé. C’est un gros lot, donc il est probable que beaucoup de personnes participent et que les personnes ajoutées lors du concours participent à leur tour et ajoutent à nouveau 100 personnes. Si seulement 10 personnes participent (et croyez moi, il y en a davantage que 10), c’est pas moins de 1000 nouvelles personnes sur le groupe (1000 clients potentiels attirés sur le groupe).

Pour ne pas se faire percer à jour, la demoiselle en question truque le tirage au sort et fait gagner une de ses recrues (un autre SMa qui possède déjà chez lui le produit Modere à gagner. Le faux gagnant pourra donc prendre un selfie tout sourire, en tenant le lot (qui on le rappelle n’est pas un vrai lot) et le poster dans le groupe de la formatrice en disant “ouais trop génial, produit bien reçu, vous pouvez faire confiance à Machine“). De cette manière, le faux gagnant montre aux autres membres que la demoiselle est “digne de confiance” et au prochain faux concours, encore plus de personnes participeront en pensant réellement pouvoir gagner un énorme lot.

Et voilà comment faire grossir un groupe Facebook en deux temps trois mouvements. C’est grâce à cette technique de faux concours que cette formatrice a gagné autant d’argent si vite et fait aujourd’hui partie du Top France Modere. Elle encourage très fortement ses recrues à faire de même pour gagner vite et beaucoup. J’en sais quelque chose, puisqu’elle vante les mérites de cette techniques dans ses formations et ses conférences.

Mais où est l’éthique là dedans ? Nul part. Beaucoup de formateurs et formatrices ne trouvent pas cela normal et le font très largement savoir, à commencer par Moha le numéro 1 France (qui est devenu “1er France” sans jamais faire cela), ainsi que mon parrain et beaucoup d’autres.

Je pense que vous voyez où je veux en venir : il y a de tout chez les partenaires Modere, du bon comme du mauvais et je ne pense pas que l’on puisse mettre toutes les mauvaises pratiques de certain.e.s partenaires sur le dos de la société.

Chacun.e devrait se concentrer sur le positif, comme le font mon parrain ou Moha, chacun.e devrait toujours garder à l’esprit qu’il est important de se développer en gardant l’éthique comme ligne de conduite. J’ai eu la chance de tomber sur un super formateur qui m’a beaucoup aidé, pas seulement pour Modere, car ses enseignements (notamment en développement personnel) m’ont été très utiles dans beaucoup de domaines.

4. Les formations chez Modere

Abordons maintenant le problème des formations chez Modere. Dans le reportage, Lou-Marine (la jeune fille infiltrée) met bien en avant le fait qu’elle a été quasi livrée à elle-même alors qu’elle débutait son activité de SMa.

Sur ce point, je vais faire court et concis : son expérience est aux antipodes de la mienne. S’il y a bien une chose que j’ai apprécié chez Modere, c’est la qualité des formations vidéos. Les formations sont très nombreuses et complètes : des heures et des heures de vidéos qui abordent toutes les facettes du métier de SMa. Comment bien débuter son activité, marketing d’attraction, réseaux sociaux, marketing de réseau, renforcement vente, démarches administratives, focus sur les produits… Tout y passe.

Ces formations sont gratuites (accessibles sur un site internet qui n’est même pas verrouillé ni par un mot de passe, ni par le besoin de se connecter : l’URL est publique). Tous les dimanches, une conférence en ligne (gratuite elle aussi) est diffusé via Zoom et Facebook et vous tient informé.e des actualités de la marque, des nouveaux produits ou encore aborde des thèmes de développement personnel et de motivation. Chaque matin, du lundi au vendredi, mon parrain poste une vidéo d’environ 10 minutes avec des conseils pour bien se développer ou des actus (sur le site de formation vidéo).

Soyons honnête, combien de société de MLM font payer les formations à leur recrues ? Un paquet, mais pas Modere. Honnêtement, je n’ai quasiment rien à redire sur leurs formations et l’accompagnement des SMa et je ne comprends vraiment pas ce qui a bien pu foirer dans le parcours de Lou-Marine pour qu’elle soit à ce point délaissée.

Le seul défaut des formations selon moi vient du fait que la partie qui aborde en détail les produits est beaucoup trop succincte. Tous les produits ne sont pas abordés (ou pas encore) et chaque vidéo dure moins de 5 minutes. Trop court pour vraiment connaître un produit (rappelez vous les conneries que racontait la femme qui organisait l’atelier “soin du visage”…) Voilà un premier point à améliorer chez Modere.

Voilà pour les points à éclaircir. Jusque là, j’ai été très “élogieuse” mais croyez moi ça ne va pas durer. Je n’ai fait que rectifier les points erronés du reportage, car même si j’ai souhaité quitter Modere, personne n’est tout noir ou tout blanc. Cette société a comme toutes les autres, du bon mais aussi du mauvais. Voici donc les raisons qui m’ont fait fuir Modere.


Partie 2 : Pourquoi j’ai décidé d’arrêter Modere

Modere semble pleine de bonne volonté et vouloir révolutionner pleins de choses, mais malheureusement pour moi, cela reste très insatisfaisant. Voici pourquoi je ne souhaite plus promouvoir cette marque à l’avenir.

1. Le trop d’enthousiasme

L’intitulé de mon paragraphe pourrait prêter à sourire, mais le côté trop enjoué ou plutôt le sourire fake fait bien parti des choses qui m’ont toujours énervées. Dire qu’une crème de nuit va changer votre vie, dire que votre vie n’est plus la même grâce à un nouveau shampooing : ça va bien 5 minutes ! Chez Modere, tout le monde est beaucoup trop content, beaucoup trop enjoué pour que cela ai l’air sincère.

Cela m’énerve, car être toujours content, toujours avoir la “happy face” peu importe les événements, ça veut aussi dire mettre les problèmes sous le tapis. Pour moi, parler de ce qui ne va pas est tout aussi important que de parler de ce qui va bien : pour régler un problème il faut commencer par le verbaliser.

Très souvent, j’ai remarqué que lorsque je soulevais un problème, on me reprochait directement (et parfois de façon assez virulente) de “ne pas être assez motivée” ou de “ne pas assez y croire” ou encore de “ne pas faire assez confiance en Modere“, plutôt que de discuter du problème dont je parlais. A la longue, c’est énervant. En plus de retourner la situation en disant que le problème vient de moi, cela laisse la question initiale en suspend et ne règle rien.

2. Les produits de mauvaises qualité et les mensonges

Tout ce qui est dit dans le reportage quant à la composition des produits est vrai : la présence de phénoxyéthanol alors que Modere prétend ne pas en utiliser, les mensonges sur les produits, le soit disant “label mieux que bio”… Tout cela n’est que mensonge. C’est une des deux raisons principales qui me poussent à arrêter mon partenariat.

Étant donné que la composante “saine” des produits est un des principaux arguments de vente, je ne peux pas cautionner cela. J’en veux pour exemple les analyses de composition de plusieurs produits Modere ci-dessous :

Composition des produits analysée avec l’application INCI Beauty, que je vous conseille vivement !

Pour une société si “clean“, les compositions sont réellement médiocres. La qualité n’est en rien suffisante pour justifier tout ce ramdam “live clean” et encore moins cette prétention d’être “mieux que bio” ni de prétendre proposer des produits sains et safes. 

Le pire, c’est qu’il n’y aurait pour moi pas le moindre problème si Modere vendait les mêmes produits, mais sans mentir et surtout sans prétendre être une marque exemplaire. Pour moi, c’est n’est ni plus ni moins qu’un nouvel exemple de greenwashing.

Le plus choquant selon moi reste le fait que certains des “3000 composants controversés que Modère a choisit de retirer des produits” … soient parfois présents dans leur composition. C’est purement scandaleux.

3. La majorité de produits non-végans

Et voilà le plus gros point noir du tableau. La marque est bien cruelty-free, mais je savais depuis le début que tous les produits n’étaient pas végans. J’ai longuement hésité à me lancer à cause de ce point, mais mon parrain m’a définitivement convaincu en me disant que “la majorité des produits de la marque sont végans, et comme tu es indépendante, tu peux tout à fait choisir les produits que tu vendras. Certes tout n’est pas végan, mais les exigences sur la compo et les standards écologiques sont si énormes qu’on peut faire cette concession et choisir les produits que l’on vend.”

Mais comme on vient de le voir, pour la compo ce n’est pas la joie, et après avoir épluché le catalogue plus en détail, les produits végans ne sont pas du tout majoritaires. Moins de la moitié sont végans, et plusieurs best seller ne le sont pas. Embêtant.

En discutant (toujours avec mon parrain) celui-ci me dit que Modere est une marque tellement tournée vers l’éthique et l’avenir qu’il est fortement probable qu’elle tende vers le véganisme dans le futur. Seulement voilà, à en voir les lancements produits de ces derniers mois, on ne peut qu’en douter : composants issus du broyage de poissons, carapaces de crustacés et j’en passe… Peut-être que Modere se fout de nos océans et de ses habitant.e.s…

J’espère que cet article vous aura aidé à y voir plus clair et que vous avez apprécié de lire un article franc sur cette marque. J’ai cherché longuement sur internet et aucun autre article que le mien ne l’est. Tout ceux que j’ai trouvé était écrit par des social marketers.

Je n’ai pas pu tout dire dans ce post, car il aurait été beaucoup trop long, mais je serais ravie de répondre à toutes vos questions en commentaires.

Bisous les carencé.e.s ❤️