Vidéo : les retards de diagnostic chez les femmes autistes

Vidéo : les retards de diagnostic chez les femmes autistes

Cet article est à l’attention des personnes étant plus à l’aise avec la lecture qu’avec une vidéo YouTube. Le texte qui suit est une retranscription quasi identiques en tout point de ma dernière vidéo à propos des retards de diagnostic chez les femmes autiste (en fait, il s’agit du script que j’ai suivi pour filmer la vidéo). Je vous souhaite une excellente lecture (celle-ci ne devrait pas excéder les 15 minutes environ).

Pour consulter la vidéo : suivez ce lien.

Pour cette première vidéo intégralement consacrée à l’autisme, je vais répondre à la question qu’une personne m’a posé sur Curious Cat. Je me suis dit que j’allais faire ça un peu plus souvent, pour les questions que je trouve intéressantes et qui méritent un peu plus qu’un tweet pour y répondre (et pas seulement sur l’autisme d’ailleurs, tous les sujets sont les bienvenus). Si vous être plus à l’aise avec un article écrit qu’avec une vidéo, sachez que j’ai publié ce script sur mon blog. Le lien de l’article se trouve en description. La question d’aujourd’hui nous vient d’Aelys, 18 ans, qui nous dit :

« Salut, je t’écris parce que tu es concernée donc tu peux peut-être me donner ton avis. Beaucoup de personnes me disent que je suis peut-être autiste, notamment à cause de certaines crises d’angoisses que j’ai faite à cause de sons forts, répétitifs, de lumières fortes clignotantes et rapides, d’une forte présence de monde, ou alors parce que j’ai de bonnes capacités de réflexion, ou aussi à cause de mes difficultés avec le contact social, et à comprendre certains codes sociaux. Bien évidemment je vais pas m’autoproclamer autiste parce que des gens m’ont dis que je l’était peut-être, je vais aller consulter une psychiatre spécialisée, mais la question que je me pose, c’est qu’aujourd’hui j’ai 18 ans, et c’est vraiment possible de vivre 18 ans sans se rendre compte qu’on est autiste ? Merci d’avoir pris le temps de lire ! Bonne soirée 💜 »

Aelys, 18 ans.

Déjà merci de m’écrire et de me faire assez confiance pour me confier tout ça ❤️ 

Le tableau que tu me décris fait effectivement beaucoup penser à l’autisme. Les difficultés sociales, ces crises d’angoisse qui semblent être causées par l’hypersensibilité sensorielle ou encore la difficulté à comprendre les codes sociaux… sont vraiment des signes très caractéristiques de l’autisme. Du coup, je comprends tout à fait pourquoi tes proches ont pensé ça. 

Néanmoins, il faut faire attention, parce que certains de ces signes peuvent être expliqués par d’autre troubles, c’est donc une très bonne idée d’aller voir un•e psychiatre spécialisé•e pour en avoir le coeur net. Les rendez-vous avec des pros t’aideront à y voir clair, je te souhaite d’ailleurs tout le meilleur dans cette démarche (et n’hésite pas à me ré-écrire à tout moment si tu en as besoin 🙂). 

Par rapport à ta question sur l’âge, c’est tout à fait possible d’être diagnostiqué•e assez tardivement dans la vie. De mon côté, l’autisme a été repéré il y a environ 6 mois, alors que j’avais 25 ans, donc biiiennn après mes 18 ans. Julie Dachez (de la chaine YouTube « Super Pépette », que je vous conseille), a été diagnostiquée à 27 ans. Un cas qui est assez courant aussi, c’est celui des mamans qui viennent consulter pour leur jeune garçon, et qui sont diagnostiquées en même temps que lui ! Bref, tu l’auras compris, les retards de diagnostique sont très fréquents, surtout chez les groupes sociaux moins privilégiées en ce qui concerne la santé : principalement les femmes et les personnes racisées, mais je pense que l’on peut étendre ça sans prendre trop de risque à à peu près tous les groupes sociaux discriminés.

Je vais essayer d’expliquer, ou au moins de donner des pistes de réflexion sur le pourquoi de ces retards de diagnostiques… Et pour cela, je vais inévitablement me concentrer sur le cas des femmes, car c’est celui que je connais et que je vis, mais ce n’est évidemment pas la seule approche.

LES BIAIS DE GENRE DES ETUDES MEDICALES

Déjà, comme à peu près toutes les maladies et conditions qui existent, l’autisme a d’abord été étudié avec un bais de genre. Ça signifie que les études qui ont servies à définir l’autisme tel que nous le connaissons aujourd’hui, ont été majoritairement menées sur des hommes. La principale conséquence de ce biais, c’est que l’équipe de recherche va passer totalement à côté d’éventuelles différences de manifestations entre les genres. Comme ces études vont aussi servir à établir les critères de diagnostics, il est probable que les femmes soient également discriminées à ce niveau là, puisque leurs spécificités n’ont pas assez, voire pas du tout été étudiées en amont. On se retrouve donc avec des critères diagnostics qui ne correspondent qu’à une seule sous-catégorie de la population : le groupe dominant.

C’est un peu ce qui se passe pour l’autisme, même si la situation a tendance à s’améliorer grâce à la prise de parole des femmes autistes et aux études plus récentes sur le sujet. Aujourd’hui, il est admis de façon assez consensuelle que l’autisme ne se manifeste pas tout à fait de la même manière chez les hommes et les femmes. Il existe des différences assez subtiles, qui selon moi, viennent en grande partie de la façon dont nous éduquons les enfants… Je m’explique… :

L’EDUCATION SEXISTE

En tant que femme, nous sommes éduquées à intérioriser nos difficultés. Cette éducation sexiste est inconsciente la plupart du temps. Heureusement, très peu de parents ont l’envie délibérée d’éduquer leurs enfants de façon sexiste. Mais ces apprentissages sont bel et bien là, et nous conditionnent à ne pas trop faire de colère, à être douce, à être discrète et à tout garder pour nous. Conséquemment, nous faisons donc un peu moins de crise, et nous sommes beaucoup moins visibles. Attention, ça ne veut pas dire que les femmes autistes ne font pas de crise ou qu’elles ont moins de difficultés que les hommes autistes, mais seulement qu’elles ont davantage tendance à les intérioriser et ne pas les exprimer. Ainsi, certains des signes clés de l’autisme vont être masqués chez elles, elles seront donc moins repérables. 

Je me rappelle très clairement d’épisodes où à l’école, j’étais en pleins meltdown, principalement à cause d’une surcharge au niveau sensorielle, j’avais vraiment cette sensation horrible que j’allais exploser, je ne vois pas trop comment la décrire autrement. Mais au lieu d’exploser comme l’aurait probablement fait un garçon autiste, avec des cris ou des pleurs, je devenais complètement mutique. Je restais dans mon coin et je n’étais même pas capable de parler. J’étais comme figée, les yeux grand ouverts, à attendre que la crise passe. Là encore, attention, ça ne veut pas dire que les garçons autistes n’intériorisent pas certains signes ou certaines de leurs difficultés. Je ne fais que vous donner des tendances statistiques. Ces différence de manifestation de l’autisme entre les hommes et les femmes sont une première piste pour expliquer les retards de diagnostics, et l’invisibilisation des femmes autistes : mais ça ne s’arrête pas là.

LA STRATEGIE D’IMITATION

Nous sommes également très douées pour imiter nos semblables, comme des petits caméléons. Par le biais de l’observation, nous allons reproduire les conduites de nos pairs afin de nous fondre dans la masse, pour avoir l’air les plus « neurotypiques » possible. 

Par exemple : quand j’étais petite, je me suis très vite rendu compte que mes tics étaient vu très bizarrement par les autres. Du coup, j’ai appris très tôt à les cacher. Soit je les atténuais pour que les autres ne les remarquent pas, soit je les stoppais complètement, ou je les remplaçait par d’autres tics moins voyants. Par exemple, au lieu de me balancer d’avant en arrière, je me mettais à me balancer d’un pied sur l’autre, et uniquement quand j’étais débout. En procédant ainsi, je trouve quasiment la même satisfaction que m’apportent les balancements, mais en étant quasiment immobile, et donc moins repérable. Attention, ceci n’est qu’un exemple pour illustrer mon propos, mais ce n’est en aucun cas la marche à suivre. Dans un monde idéal, nous ne devrions pas avoir à masquer nos spécificités pour exister socialement. La plupart de ces spécificités sont des attitudes totalement saines qui nous permettent de nous rassurer dans des moments stressants, mais on y reviendra dans une prochaine vidéo !

LES RESULTATS SCOLAIRES

Autre point qui n’aide pas les femmes autistes à être repérées : les résultats scolaires. En général, nous sommes de relativement bonnes élèves malgré nos difficultés. Il est donc assez probable qu’aucune des personnes de l’équipe pédagogique ne remarquent quoi que ce soit. A l’école, on sera plutôt cataloguées de « timide », de « réservée », mais ça n’ira rarement plus loin que ça. S’ajoute à cela un problème que j’évoquerais surement aussi dans une prochaine vidéo : les diagnostics (à mon sens) très problématiques de HPI, de « zèbre » ou de surdoué. Je ne vais pas développer aujourd’hui car ce sujet mérite une vidéo à lui seul. Le principal à retenir étant que ces diagnostics sont très ressemblants à l’autisme, mais n’apportent quasiment aucune aide à la personne concernée, et a aussi pour effet de stopper les investigations. J’y reviendrais plus tard, mais je suis convaincue que mon autisme aurait été décelé bien plus tôt si je n’avais pas été comme « enfermée » dans une de ces trois petites cases.

LES INTERETS SPECIFIQUES SOCIALEMENT ACCEPTES 

Il a été constaté qu’en général, les filles et les femmes autistes ont des intérêts spécifiques plus « acceptables socialement » et plus « discrets » que ceux des hommes. Il est assez simple à concevoir que l’on remarque un peu moins une fille autiste qui fait une fixette sur le maquillage, le chevaux, ou les animaux en général, qu’un garçon autiste qui se prend de passion pour les plans du métro ou les trains. Mes exemples sont très clichés évidemment, et une fille autiste peut tout aussi bien avoir un intérêt spécifique pour les plans du métro, mais statistiquement, il a été constaté que les intérêts spécifiques des femmes autistes sont moins « repérables ». 

LA COMPENSATION

En plus de ces intérêts spécifiques « moins visibles », certains de nos intérêts peuvent aussi nous servir à masquer encore plus nos difficultés que nous le faisons déjà. Et là, je n’ai pas besoin de chercher très loin pour vous donner un exemple : je vais vous parler de mes études en psychologie. 

En tant que personne autiste, je n’exagère pas du tout si je vous dis que le monde social dans lequel je survie n’a absolument aucun sens. Tout comme Aelys le dit dans son message, j’ai énormément de mal à comprendre les codes sociaux, à comprendre l’implicite, le second degré, l’humour, l’ironie ou le sarcasme… On dit souvent que la partie la plus importante de la communication est non-verbale. Notre posture, nos gestes, notre regard ou notre intonation sont aussi très porteurs de sens, souvent plus que les mots eux-même. Problème : ça non plus, je n’y comprends rien, et ma propre communication non verbale pouvait parfois paraitre très chelou pour les autres… Jusqu’à ce que j’étudie la psychologie à la fac ! Pendant mes études, j’ai énormément appris sur le fonctionnement psychologique des autres et d’une certaine manière, ça m’a aidé à rattraper la plupart des acquis sociaux que je n’avais pas réussi à assimiler. Pour les personne neuro-typiques, tous ces acquis sociaux sont évidents, ils coulent de sources et sont appris quasi automatiquement, sans trop d’effort. Pour moi, ça a été un travail de longue haleine. C’est un peu comme si j’avais appris « la sociabilité » de la même manière qu’on apprendrait les mathématiques ou la physique. Rien n’a été naturel, rien n’a « coulé de source », j’ai dû tout apprendre de A à Z, comme si c’était une autre langue. Voilà, c’est un exemple parmi d’autres d’un intérêt spécifique qui peut servir à compenser les difficultés des personnes autistes. La sociologie, les sciences sociales en général ou la littérature sont aussi des intérêts spécifiques pouvant aider à compenser nos difficultés. Apprendre la psychologie m’a beaucoup servi, mais c’est aujourd’hui un obstacle pour me faire diagnostiquer officiellement, car ça a un peu trop bien fonctionné. Aujourd’hui, j’ai l’air relativement « neuro-typique », du coup, les professionnels de santé ont parfois du mal à envisager que je sois autiste. 

Mais bref, c’est un autre sujet. Je vais m’arrêter ici pour cette vidéo (qui est déjà bien assez longue). J’espère qu’elle vous a plu et surtout, qu’elle vous a servi. Aelys, j’espère que tu y vois un peu plus clair maintenant, et que les pistes d’explication sur les retards de diagnostics de l’autisme ont peut-être fait écho à ton vécu. Je suis certaine qu’il existe bien d’autres pistes pour les expliquer, n’hésitez donc pas à compléter mes propos en commentaire. En conclusion, peu importe ton âge, ne doute surtout pas de ta légitimité. Je te souhaite bon courage pour la suite, et encore une fois, n’hésite pas à m’écrire à nouveau si tu en as besoin. 

Les relations toxiques : un exemple parlant.

Je reçois souvent des questions sur les relations toxiques. La plupart du temps, elles concernent le couple, mais aujourd’hui j’ai envie de partager avec vous une réalité souvent laissée de côté : en amitié aussi, les relations toxiques existent (et ça fonctionne de la même façon) ! Pour illustrer ça, quoi de mieux qu’une petite histoire personnelle de derrière les fagots? J’espère que vous en tirerez une bonne leçon et que vous ne ferez pas la même erreur que moi : toujours pardonner à l’autre, au nom de l’amitié. Afin que mon expérience soit profitable et VOUS serve, je vais ponctuer mon histoire de petites généralités sur les personnes manipulatrices, leur fonctionnement et leurs stratégies.


TW divers : manipulation, PN, mensonges, humiliations, relations toxiques…

La rencontre.

Cette histoire commence le samedi 24 mai 2003. J’ai tout juste 10 ans et je termine mon année de CM2. Ce samedi là (à contrecoeur), j’accompagne mes parents chez un couple d’ami•e•s choristes, à une sorte de “fête”. Chez ce couple, d’autres connaissances de connaissances sont présentes et je rencontre pour la première fois Marion (prénom modifié), la protagoniste de cette histoire. C’est la fille d’un autre couple (couple qui deviendra également proches de mes parents par la suite).

Marion et moi, on papote ensemble toute l’après-midi. Nos petits frères respectifs (j’en ai un, elle en a deux) jouent ensemble et deviennent aussi amis. Nos parents aussi deviennent ami•e•s, donc très vite, nous nous lions d’amitié elle et moi. Nous sommes quasiment du même âge (seulement quelques mois de différence).


Le harcèlement : un facilitateur d’emprise.

Dans mon école, je n’ai aucun•e ami•e. Marion me confie que pour elle, c’est exactement la même chose. Elle se sent complètement seule et les autres la harcèlent. Ces sentiments qu’on partage nous rapprochent beaucoup.

➡️ Une personne manipulatrice peut avoir tendance à vous “imiter” dans le but de se rapprocher de vous, inspirer votre sympathie et ainsi, vous entraîner plus rapidement dans le cercle vicieux de la manipulation.

Je ne sais pas si c’est le cas pour Marion et je pense vraiment qu’elle vivait la même chose que moi à l’école. Mais comme c’est une stratégie que mettent en place pas mal de manipulateurs au début d’une relation, je vous le dis car ça vous aidera p-ê à les reconnaître. Comme nos deux familles sont devenues très amies, Marion et moi nous voyons toutes les semaines (parfois plusieurs fois), mais nous ne fréquentons pas les mêmes écoles.


L’isolement de la victime : une étape clé

➡️ Une personne manipulatrice va systématiquement chercher à vous isoler de votre entourage proche. Elle n’en fera jamais la demande de façon frontale, car il est très probable qu’elle essuie votre refus. Elle

Comme je n’ai pas d’autres ami•e•s, Marion devient très vite ma (seule) Meilleure Amie, sans qu’elle ai besoin de m’isoler : c’est déjà le cas. Bref le temps passe, nous sommes de plus en plus proches, amies depuis quelques mois maintenant. Notre année de CM2 se termine et nous nous préparons à entrer au collège (là encore, dans deux établissements différents).


L’entrée au collège.

Sept. 2003 : j’entre en 6ème. Je pensais que je me trouverais d’autres ami•e•s, mais pour la faire courte : NON, c’est même encore pire qu’en primaire. Face au harcèlement que je subis pendant cette période, Marion, ma seule amie, est comme une bouée de sauvetage. Quand on passe du temps toutes les deux les weekends, on ne parle pas trop du collège et à quel point c’est difficile. Je sais vaguement qu’elle vit la même chose que moi, qu’elle n’a aucun•e ami•e•s, mais on n’en parle pas vraiment. On veut juste profiter.


Les critiques acerbes et gratuites.

Je ne sais pas comment entrer dans le vif du sujet, parce que je ne me souviens pas quel petit élément précis a fait que tout a basculé. Ce que je peux vous dire, c’est que j’ai commencé à remarquer que Marion était parfois très malveillante envers moi. Au début, c’était des petits trucs. Elle me critiquait beaucoup (et gratuitement) :

  • tu n’as aucune personnalité
  • tu ne sais pas t’habiller, tu connais rien à la mode, ça se voit
  • normal que les autres s’intéressent pas à toi

Elle se moquait aussi de mes notes et des appréciations sur mon bulletin scolaire, elle me disait “oh mais t’es nulle, tes moyennes sont toutes petites” ou “tes appréciations sont mauvaises” alors que j’était MEILLEURE qu’elle dans absolument toutes les matières.

Moi je n’ose trop rien dire, je ne déments pas, mais je ne m’énerve pas non plus. Je n’aimais pas ses remarques évidemment, mais j’avais pas la foi de la confronter. J’étais un peu comme “indifférente” à ses critiques parce que je les savais infondées. Ce ressenti est un peu compliqué à expliquer, mais c’est comme si ses pics étaient si débiles et facilement démontables (comme se moquer de mes notes alors que je suis objectivement meilleure qu’elle à l’école), qu’on a même pas envie de se donner la peine de les réfuter.


Les critiques sont “pour votre bien”

De plus, elle me critiquait d’une manière hyper particulière, comme si elle voulait m’en mettre pleins la gueule, mais en étant à la fois positive et “bienveillante” avec moi. Quand elle me disait que je n’avais “pas de personnalité” ou “aucun sens de la mode”, elle me donnait toujours des sortes de conseils, pour me faire croire qu’elle disait tout ça dans mon intérêt (c’est une technique de manipulation psychologique).

➡️ Une personne manipulatrice a recours à la critique pour vous dévaloriser, mais la tourne de manière à vous faire croire que c’est dans VOTRE intérêt qu’elle vous critique.

➡️ En plus de se placer dans une fausse position de “bon samaritain” qui valorise la personne manipulatrice, l’incohérence entre sa critique (négative) et son “aide” (positive) va vous déstabiliser, et C’EST SON BUT.

Du coup, je laissais pisser et je ne disais rien. Un jour, elle s’est moquée des poils sur mes jambes (qui ne me gênaient pas du tout à l’époque hein, j’avais 12 ans). Elle m’a dit qu’il fallait ABSOLUMENT me raser, car c’était HORRIBLE et DÉGOÛTANT. Elle est allée chercher un rasoir dans sa salle de bain, puis elle m’a rasé les jambes, sans aucune précaution ni attention. J’avais MAL. Ma peau était rouge vif, BRÛLANTE et j’avais des points de sang. Elle m’a quand même demandé pardon, donc je pense qu’elle n’a pas fait exprès, à mon avis elle ne se rendait pas compte qu’elle était brutale. Mais toujours est-il qu’elle s’était moquée de mon physique et avait créé chez moi ce complexe, jusque là inexistant.


La technique du “chaud / froid”

En fait, pour résumer la chose en ce qui concerne les critiques : Marion était parfois hyper sympa et parfois hyper méchante gratuitement, sans trop que j’arrive à mettre le doigt sur la raison. Spoiler : il n’y en a pas. C’est de la manipulation.

➡️ Le chaud/froid (gentil/méchant) est une technique de manipulation ultra courante. Elle vise à déstabiliser la victime qui ne comprend pas les réactions “aléatoires” du manipulateur. En général, le chaud/froid arrive quand la relation est déjà bien engagée. Et oui, car une victime qui n’est pas attachée à la personne manipulatrice ne va vraisemblablement pas rester dans la relation si tout à coup, l’autre pique une colère injustifiée. Non, le manipulateur attend d’avoir déjà une certaine emprise.

Si la victime a des failles psychologiques (dues à un passé douloureux par ex.), alors elle va quasi automatiquement se culpabiliser et penser que les phases colériques du manipulateur sont de SA faute (souvenez-vous que c’est totalement FAUX). De façon extrêmement perverse, la victime va alors chercher à s’améliorer pour aller dans le sens du manipulateur, “ne plus l’énerver” et chercher sans cesse sa validation. Le manipulateur lui, va devenir de plus en plus exigeant.

Dans mon cas, je pense que Marion a bien senti qu’en raison du harcèlement que je vivais dans mon collège, je lui passerais la plupart de ses attaques et sautes d’humeur. Elle savait bien qu’elle était ma seule amie, et que je n’allais donc pas la virer.

Autre chose que je détestais chez Marion : sa méchanceté envers les animaux. Ses parents tenaient un petit centre équestre, et l’après-midi, Marion et moi, on allait se promener dans les champs. Elle ne pouvait pas s’empêcher d’insulter les chevaux et de leur hurler dessus. Je lui disais tout le temps d’arrêter, mais elle refusait. Elle me disait que tel ou tel chevaux “l’avait mérité”. Je trouvais ça bizarre et diantre je ne comprenais pas ce qu’avait bien pu faire un cheval pour mériter ça…


Après les critiques, les humiliations…

Faisons un petit saut dans l’intensité des attaques de Marion. Voyant que les critiques n’avaient pas beaucoup d’effet sur moi, car j’y étais assez indifférente, elle a décidé de passer un cran au dessus en tentant de m’humilier aux yeux des autres. Ca a commencé avec nos familles. Marion était passionnée par la série Charmed et la “magie”. C’est elle qui m’a parlé pour la 1ère fois de “vaudou” (elle avait sûrement entendu ça dans Charmed) et elle avait envie qu’on essaie, pour s’amuser. Je n’y croyais pas, mais ça amusait beaucoup Marion. En bref, on jouait à inventer des formules magiques, à jouer aux sorcières, à faire des potions… Et puis un jour, elle a raconté à nos parents respectifs que c’est moi qui l’avait “entraînée là dedans”. Elle disait que c’était moi qui avait commencé, qu’elle avait accepté “pour me faire plaisir” mais que maintenant, elle était “terrorisée” à cause de moi, qu’elle avait peur que “des démons la tuent”, que j’étais “dangereuse”. C’était faux, c’était SON jeu, pas le mien.

➡️ Les manipulateurs essaient très souvent de vous discréditer aux yeux de vos proches, à la fois dans le but de se victimiser, de se sentir mieux en vous utilisant comme faire-valoir, parfois pour vous isoler et tout simplement aussi pour vous faire du mal.

Donc là le but, c’était de m’humilier auprès de nos familles et de me faire avoir des ennuis avec mes parents. L’histoire n’a pas pris plus d’importance que ça, je pense que ses parents lui ont juste expliqué que ces choses n’existaient pas, et on a continué à se voir. Là, mes propres parents ont commencé à se méfier de Marion. Je me rappelle que plusieurs fois, ma mère m’a demandé si tout se passait bien avec elle. En général, je disais que tout allait bien, même si “parfois elle était méchante sans raison”.


Les mensonges pathologiques

Autre point primordial à aborder : les mensonges pathologiques. Un jour, mon père m’a dit

“Franchement, ta copine Marion, elle raconte tout le temps n’importe quoi, non ?”

Je lui réponds par l’affirmative. Marion mentait tout le temps et s’inventait une vie. Je ne pourrais plus vous donner d’ex précis de ses mensonges car l’histoire est lointaine, mais c’était vraiment GROS. Elle me disait qu’elle connaissait certaines stars (chanteurs, acteurs…), bref des trucs tellement énormes que personne ne se donnait la peine de la démonter.

➡️ Les manipulateurs sont TOUS des menteurs pathologiques. Si vous voyez que quelqu’un ment tout le temps et s’invente une vie, soyez EXTRÊMEMENT méfiant•e•s et prenez vos distances. Il peut s’agir d’un•e simple mythomane, mais aussi d’une personne plus malveillante…

Attention, certains menteurs sont meilleurs que d’autres. Marion était ado, alors ses mensonges n’étaient pas très “vraisemblables” et on se rendait très facilement compte qu’elle mentait, mais ce n’est pas toujours le cas.

Mon père m’a alors dit que le mieux, c’était de la laisser raconter ses bêtises sans chercher à comprendre ou à la confronter, parce que ça ne servirait à rien. Il m’a aussi expliqué que “c’était de famille”, car le papa de Marion faisait EXACTEMENT la même chose. Mon père m’a raconté que le père de Marion était pris en pitié par TOUT. LE. MONDE. à cause de ses mensonges rocambolesques (genre raconter qu’il est recordman du + grand nombre de km parcourus en camion, et qu’un président lui a remis UNE MÉDAILLE pour ça). On est à ce niveau. J’ai donc suivi le conseil de mon père, et je me contentais d’acquiescer quand elle racontait n’importe quoi.


De très graves accusations

Heureusement que mes parents avaient conscience de la mythomanie de Marion, car dire qu’elle a essayé de me nuire est un euphémisme. Elle a raconté à mes parents que je fumais depuis l’âge de 10 ans (faux), que j’avais initié son petit frère de 8 ans à la cigarette (faux et très grave). Elle m’accusait de tout et n’importe quoi, mais ce n’était jamais pris au sérieux. Je pense que même les parents de Marion avaient totalement conscience que c’était une menteuse pathologique, car même quand elle m’accusait de choses pourtant très graves, ça n’avait jamais de conséquence. Je pense que tout le monde autour d’elle savait comment elle était. Et ça continue crescendo.

Comme nos familles ne rentraient pas dans le jeu de mensonges de Marion, elle a tenté de m’humilier auprès d’un nouveau public : les jeunes de son collège (que je ne connaissais pas vu que nous n’étions pas dans le même établissement). Je vous raconte ça maintenant pour que ce soit dans l’ordre chronologique, mais tout ça, je l’ai appris plus tard. Au début, je ne savais pas ce qu’elle faisait. Pour la faire courte, elle parlait en mal de moi auprès de tous les gens de son collège. Elle m’insultait, se moquait etc…


La goutte d’eau… je commence à m’éloigner

Un jour, ma famille et moi sommes allé à un “bal déguisé” dans le village de Marion. Des jeunes de son collège étaient là, à ce bal. Je me suis approchée pour dire bonjour. Ils se sont tous mis à m’insulter.

“Eh Marion, c’est elle la grosse pute dont tu parlais ?”

J’avais environ 13 ans à l’époque. C’est comme ça que j’ai appris tout ce qu’elle disait de moi, dans mon dos. Je l’ai regardée, elle riait aux éclats avec eux, donc je suis partie. Ce bal, c’était au mois d’octobre de l’année de mes 13 ans = mon début d’année de 3ème. Objectivement, c’est la “moins pire” de mes quatre années de collège. Quasiment tous les gens qui me harcelaient depuis ma 6ème étaient partis dans d’autres établissements. Du coup, j’étais un peu plus intégrée dans mon collège, j’avais quand même “quelques” rares ami•e•s : Marion n’était donc plus “la seule et unique”. Je m’en suis donc détachée suite à cette crasse, et je m’en portais très bien. Je continuais à la voir, car nos familles étaient vraiment très proches, je restais cordiale et gentille avec elle, mais notre relation n’était plus comme avant. Je ne la considérais plus comme une amie, et je rechignais même à la voir.

➡️ Face à une personne manipulatrice, vous n’avez que deux armes efficaces : l’INDIFFÉRENCE face aux attaques (que cette indifférence soit soit réelle ou feinte) et la DISTANCE (vous éloigner le plus possible de la personne).

Marion m’a quand même fait une autre crasse cette année là : faire tourner mon numéro dans son collège. Elle l’a donné à tout le monde en disant que j’étais “une salope” et que si des gars voulaient “baiser une meuf”, ils n’avaient qu’à m’appeler (je rappelle que j’ai 13 ans). Je recevais pleins d’appels et de messages hyper agréables, vous vous en doutez. Pleins de gars m’appelaient pour me dire des trucs obscènes. Je me doutais que ça venait de Marion, mais j’en étais pas sûre, et un jour, un gars m’a confirmé que c’était bien ça. Je n’étais pas du tout étonnée, car faire ça était bien son genre. Encore une fois, j’ai laissé pisser, et je suis passé à autre chose.


L’entrée au lycée

Le collège se termine. Nous passons toutes les deux en seconde générale… dans le même lycée… toutes les deux en internat. Nos parents ont l’idée de faire du covoiturage pour nous emmener le lundi matin au lycée (45 km de nos villages), et revenir nous chercher le vendredi soir. Malgré tout ce qui s’était passé de mauvais entre nous, vous n’allez pas me croire, mais j’étais contente de me retrouver dans le même lycée que Marion. Je me disais p-ê que l’on arriverait à recoller les morceaux.

➡️ Parfois, la manipulation est tellement forte sur la victime que celle-ci va en redemander et s’accrocher au manipulateur. Elle s’accroche en réalité à cette vision idyllique du tout début : cette personne qui nous comprenait et nous ressemblait. On espère la retrouver.

On espère pouvoir “faire changer” la personne, retrouver le bonheur du début de la relation, on s’accroche à ce souvenir heureux. Mais souvenez-vous que le manipulateur ne change JAMAIS, et ce masque parfait du début n’était qu’un leurre pour vous séduire.

Le plus dur est de faire le deuil de cette personne que vous aimez. Cette personne idéale que vous portez dans votre coeur, mais qui n’existe tout simplement PAS. C’était un appât que le manipulateur a utilisé pour vous attraper.

Je ne voulais pas voir le vrai visage de Marion, même si la vérité était sous mon nez. Je m’accrochais à ce souvenir de l’amie parfaite, rencontrée alors que tous les autres me tournaient le dos et me méprisaient. Mais revenons à la rentrée au lycée… Pour que le covoiturage fonctionne, il fallait que Marion et moi aient le même emploi du temps. On a donc appelé le lycée au mois d’août, avant la rentrée, pour demander à être dans la même classe (oui, sur ce coup là, j’étais carrément masochiste). Le lycée accepte, et la rentrée arrive. Comme Marion et moi ne connaissons quasiment personne au lycée, on se retrouve un peu, on se rapproche à nouveau. A l’internat, nous partageons la même chambre. Mais les choses vont vite se gâter.


La fin du harcèlement

De mon côté, j’ai le bonheur de m’intégrer enfin quelque part. Alors que le collège était un enfer, le lycée commence super bien, et j’en suis la première étonnée. Je vis mes premiers mois de lycée avec ce sentiment de bonheur si léger et si agréable… Dans mon lycée, quasiment tous les gens avaient un style un peu alternatif. Il y avait pleins de punks, de babs, de métalleux bref, pleins de style différents, et majoritairement des gens très ouverts d’esprit avec qui je m’entendais super bien. Tout n’était pas parfait évidemment, il y avait aussi des enfoirés de harceleurs, mais beaucoup moins en proportion de ce que j’avais vécu au collège (et je n’étais pas leur cible). J’ai l’impression de vivre dans un rêve, au paradis, après avoir vécu l’enfer pendant 6 ans. Mais pour Marion, c’est pas la même tisane.

Les gens voyaient tout simplement son côté “méchant” et “tyrannique”, alors elle n’était pas du tout appréciée par la grande majorité des élèves. Elle a quand même quelques ami•e•s, mais très peu. Elle se lie d’amitié uniquement avec les connards et les connasses de son espèce (minoritaires heureusement), les fouteurs de merde, les enfoirés qui se moquent gratuitement des gens dans les couloirs… et aussi quelques personnes sympas qu’elle arrive à manipuler.

J’ai sincèrement essayé de renouer avec elle, mais comme je goûtais enfin à des amitiés saines et heureuses avec les autres élèves du lycée, je me rendais bien compte en comparaison, que mon amitié avec Marion n’était pas du tout normale, ni saine.


La “rupture” officielle

J’ai fini par laisser tomber. J’ai arrêté de lui parler, j’ai arrêté de la défendre quand les autres la critiquaient (quasiment tout le temps à juste titre d’ailleurs…) De toute façon, à force, elle devenait indéfendable. Elle était odieuse, elle lançait des rumeurs sur les gens… Par exemple, elle a fait croire à tout le monde qu’un garçon s’était inscrit dans notre établissement, et pas à St Denis (le lycée privé de la ville où il était avant) parce que sa famille était ruinée financièrement. Bon, une rumeur de merde quoi.

Un jour par hasard, je papotais avec ce garçon, et il m’a parlé de St Denis, son ancien collège/lycée et me dit qu’il en est parti parce que c’était beaucoup trop strict et qu’il n’en pouvait plus (caméras, barbelés aux murs etc…) Du coup, ça me rappelle ce que Marion m’avait dit sur lui quelques semaines plus tôt, et une fois où je parlais avec elle, j’en profite pour lui dire innocemment

“Oh au fait, j’ai papoté avec X, et s’il est plus à St Denis, c’est pas du tout à cause de l’argent, mais blablabla …”

Et là… Tenez vous bien… Elle est entrée dans une colère noire, je n’avais jamais vu ça. On était dans le hall du lycée pendant la pause de midi. Elle s’est mise à hurler, à m’insulter de tous les noms devant tout le monde. Elle a jeté son sac sur les casiers en métal … Elle les a même frappés de ses poings en hurlant et mis des coups de pieds dedans. Je n’arrivais pas à croire ce que je voyais, elle était en pleine crise de nerfs… J’étais bouche bée, j’avais pas les mots, juste ultra choquée…

Des gens arrivent pour comprendre ce qu’il se passe et pour la calmer. Ils lui demandent ce qui ne va pas, avec un air aussi choqué que moi, et elle continue à hurler :

“MAIS C’EST L’AUTRE CONNE LA !! L’AUTRE GROSSE FOOOLLE !! ELLE RACONTE QUE DE LA MEEEERDE !! LA CONNE DE SERVICE !!”

Je finis par m’éloigner, car les surveillants arrivent et prennent la situation en main. En fait, elle a juste pété un câble parce que pour la première fois de notre relation amicale, je l’ai acculée.

Je l’ai confrontée à son mensonge.

➡️ Les manipulateurs peuvent devenir très colériques quand on les met face à leurs mensonges et leurs contradiction et qu’ils n’ont plus d’échappatoire. Il faut faire TRÈS attention à ces situations, car c’est dans ces moments qu’ils peuvent devenir violents.


Une ambiance tendue

L’histoire s’est soldée par une semaine de repos pour Marion, qui est restée au calme chez elle. Quelques mois ont passé, on ne se parlait plus du tout, et c’était même officiel : on ne pouvait vraiment plus se voir en peinture elle et moi. On continuait le covoiturage, parce que c’était plus simple pour nos parents, mais l’ambiance était vraiment tendue. On ne s’adressait pas là parole, on ne se regardait même pas. Elle a changé de chambre à l’internat pour rejoindre ses trois pétasses de copines. A cette époque de l’année, elle essayait aussi de lancer des rumeurs sur moi pour me discréditer. Mais manque de bol pour elle, la majorité des gens du lycée étaient “de mon côté” dans cette guerre qu’elle avait lancée.

Par exemple, elle essayait de faire croire aux gens que je me lavais avec du “sang de porc” (???) et que c’est pour ça que “je puais la mort” (rumeur niveau CP). Bref, les gens ne la croyaient évidemment pas. Au minimum, ils s’en foutaient, au mieux, ils me soutenaient.


La situation se retourne…

Voyant à quel point Marion est malveillante envers moi, les autres commencent à s’en prendre encore + à elle… situation que je déplore sincèrement, mais à laquelle je ne peux rien faire du tout… Elle s’est mise toute seule dans la merde. L’ambiance entre nous est de plus en plus tendue. Je voulais laisser pisser et passer à autre chose, car je m’étais fait pleins d’ami•e•s, mais le problème, c’est qu’on se voyait tout le temps, même lycée, même classe, même internat… L’histoire me collait au cul…

Marion commençait à être tellement mal au lycée qu’elle ne venait plus tout le temps. Parfois, elle était absente une semaine par-ci par-là… Elle manquait les cours, et ses notes chutaient. Mes parents ont insisté pour que je prenne soigneusement ses devoirs.


Je deviens sa chargée de devoirs…

Nous somme à peu près au mois de mai. L’année de seconde se termine, et Marion est absente depuis une bonne dizaine de jours. Je sais, de part ma famille, qu’elle est absente parce que sa grand-mère maternelle vient de décéder, paix à son âme. Je m’occupe donc de ses devoirs. Le weekend, mon papa et moi nous rendons chez Marion pour que je lui dépose les cours et les devoirs. Elle n’est pas présente, car elle est dans sa famille suite au décès de sa grand mère. Je dépose la pochette que j’avais préparée pour elle.

Un peu au dernier moment, je me rappelle que notre prof de physique à mi à notre dispo des sortes de “fiches de révisions” récapitulatives de l’année sur le site internet du lycée. Je demande donc au père de Marion (seul présent à la maison) si je peux accéder à l’ordinateur. Il me dit oui, mais veut quand même que j’appelle Marion pour lui demander l’autorisation (c’est son ordinateur à elle) et éventuellement le mot de passe si besoin. Je m’exécute. Au téléphone, je lui présente mes condoléances et lui explique pour les fiches et l’ordinateur.

Je suis très surprise et déstabilisée, parce qu’au bout du fil, Marion est HYPER chaleureuse avec moi, alors qu’on se déteste vraiment. Je sais qu’elle cherche à lancer tout un tas de rumeurs débiles sur moi, qu’elle m’en met pleins la gueule dans mon dos… Moi, je prends ses devoirs par pure charité et parce que mes parent me l’ont demandé, mais c’est tout. Je pensais qu’elle serait froide, mais non. Elle est très chaleureuse, elle me remercie pleins de fois, et elle me dit OK pour l’ordi (pas de mot de passe requis). Je lui dis “d’accord, prend soin de toi” bref, les basiques du respect quand quelqu’un•e est un deuil. Juste avant de raccrocher, elle m’a même lâché un petit “à bientôt au lycée, bisous”, mais je vous jure, j’ai jamais vu une hypocrite pareil… J’étais très troublée…


Mon erreur fatale…

Je vais donc dans sa chambre, là où se trouve l’ordinateur portable de Marion. J’ouvre le clapet et je constate qu’il n’est pas vraiment éteint, juste en veille. L’écran s’allume sans que j’ai besoin d’appuyer sur le bouton, et un document Word est ouvert. Son titre, en noir, en gros et en gras : “Lettre à Marielle…”

Marielle (nom modifié) est le prénom de sa grand mère récemment décédée. Donc juste avec le titre, je comprends que c’est une sorte de lettre posthume très personnelle à l’attention de sa grand-mère qui nous a quittée. Je ferme le document immédiatement, et télécharge les fiches de physique. Par acquis de conscience, j’ai fait une énorme erreur (erreur qui a déclenchée la fin de cette histoire… Je n’aurais jamais dû faire ça… mais je pensais vraiment pas à mal).

J’ai décidé de téléphoner à Marion pour lui expliquer ce qu’il venait de se passer. Je l’appelle et je lui dis très sincèrement et en étant vraiment désolée, que lorsque j’ai ouvert son ordinateur pour télécharger les fiches, le document était ouvert. J’insiste bien sur le fait que je ne l’ai pas lu, et que j’ai aussitôt fermé le document. Elle me dit qu’elle comprend, qu’effectivement, elle l’avait laissé ouvert avant de partir et que ce n’est pas grave, qu’elle me croit et que ce n’est pas de ma faute. Là encore, sa compréhension aurait dû m’alerter, mais j’ai rien vu venir. Je voulais juste être intègre et honnête, rester droite dans mes bottes et ne rien avoir à cacher, contrairement à elle qui était malsaine et mesquine. Mon père et moi, nous repartons chez nous.


Le mensonge ultime…

Environ deux semaines passent, la fin de l’année arrive bientôt. Marion revient au lycée. On ne se parle pas du tout, comme d’habitude. Et puis un midi, dans la file d’attente pour aller à la cantine, j’entends un groupe de filles parler de moi. Je me retourne, et elles me regardent avec des yeux noirs de haine, comme si j’avais tué leurs mères. Je leur demande si elles ont un problème, et si oui, qu’elles me le disent. Elles ne veulent pas trop me répondre, elles sont évasives, mais une d’entre elles me sort

“J’espère que Marion va porter plainte contre toi pour ce que t’as fait!! C’est vraiment dégueulasse !!”

Je ne comprends rien, je ne vois pas de quoi elle parle, j’essaie de leur demander mais elles ne veulent rien me dire. C’était un vendredi, donc le soir même je rentre chez moi. C’est au tour des parents de Marion de venir nous chercher. Je monte dans la voiture. Directement, j’invective Marion pour comprendre pourquoi ces filles ont dit ça ! J’insiste, mais elle ne me répond pas, sa mère ne me répond pas non plus. Je lui dis que d’après ces filles, j’aurais fait quelque chose qui mérite qu’on porte plainte, et que JE VEUX savoir !”

Personne ne me répond. La mère de Marion me dépose chez moi, et s’en va. J’ai aucune foutue réponse sur ce qui est en train d’arriver. Je rentre chez moi et là, je me fais cueillir par mon père qui me hurle dessus :

“COMMENT T’AS OSÉ FAIRE ÇA A MARION ??”


Le piège de Marion se referme sur moi…

Je lui demande de m’expliquer, je lui dit que je comprends rien, que tout le monde m’accuse d’un truc mais que personne ne daigne me dire ce que j’ai fait. C’est là que mon père m’explique le fin mot de l’histoire… Accrochez-vous…

Soit disant, j’aurais non seulement lu la lettre, mais je l’aurais aussi copiée sur une clé USB (ainsi que “d’autres documents personnels de Marion”), je l’aurais soit disant imprimée, affichée et distribuée dans tout le lycée dans le but d’humilier Marion.

Je suis sous le choc. Je comprends immédiatement qu’elle a inventé un énorme mensonge, le mensonge ultime pour essayer de me nuire aux yeux de tout le lycée. J’essaie d’expliquer à mon père que c’est faux, et qu’elle dit ça pour foutre la merde et me pourrir la vie. Mon père connaissait bien Marion, il savait que c’était une mythomane et sachant cela, je pensais qu’il se rangerait de mon côté… mais non. Il a énormément souffert de la perte de sa propre mère, et ainsi, il a pris en pitié Marion et sa famille qui venait de perdre un proche…Il s’est complètement fait retourner le cerveau par ses sentiments et ses blessures. Il m’a dit des choses horribles, que “je n’étais plus sa fille après ce que j’avais fait”, que “j’étais morte pour lui”.

C’est la 1ère fois que Marion réussissait aussi bien un mensonge… Ma mère par contre avait vu clair dans le jeu de Marion. Elle a essayé de raisonner mon père, mais rien à faire. Je les ai entendu se disputer plusieurs fois à ce propos. Ma mère, pour qui la vérité était évidente, ne comprenait pas pourquoi mon père ne me soutenait pas. Le weekend fut vraiment horrible. Le samedi, le père de Marion est venu chez nous pour tirer ça au clair. J’ai eu beau expliquer à tout le monde ma version, il n’y avait que ma mère qui y croyait. Tout le monde était persuadée que j’avais lu la lettre et que je l’avais partagée.

Alors que le père de Marion était encore là, le téléphone sonne. C’est la mère de Marion qui dit “avoir la preuve que j’ai lu la lettre”. Elle explique que dans les propriétés du document, c’est indiqué qu’il a été ouvert le jour où j’ai apporté les devoirs. Ma mère et moi, on réfute directement l’information. C’est tout à fait normal que cette date figure dans les propriétés, puisque quand j’ai apporté les devoirs à Marion, le document étaient encore ouvert sur l’ordinateur. Du coup, c’est une preuve de rien du tout. En plus, j’avais eu la bonne foi de le dire à l’époque…

Mais bon, les vieux et la technologie vous savez… Ça ne les convainc pas, mon père et les parents de Marion sont grave chauds avec “leur preuve” (alors qu’ils n’ont pas loin de ZÉRO de notion en informatique, contrairement à ma mère et moi)… Vu que la discussion ne mène à rien, le père de Marion repart. C’est toujours ultra tendu entre mon père et moi, malgré ma mère qui milite pour ma cause.


Marion en rajoute une couche, et c’est ce qui va la perdre !

La situation aurait pu s’arrêter là, mais ce qui m’a sauvée, c’est la menteuse elle-même. Alors que beaucoup de gens croyaient au mensonge de Marion (contrairement à d’habitude), elle va faire une erreur fatale : se montrer beaucoup trop gourmande. Pour l’instant, l’affaire était restée “familiale” et avait un peu tourné parmi ses copines… mais pas plus loi. Marion a fait la grosse erreur de vouloir mêler le lycée à ça, et c’est ce qui l’a perdue.

Enivrée par le fait que les gens la croyaient, et qu’elle pourrait réussir à me nuire sérieusement, elle est allé beaucoup trop loin pour “prouver son mensonge”. Déjà, elle a insisté auprès de sa mère pour porter l’affaire devant le proviseur du lycée. Sa mère accepte évidemment, et elles prennent rendez-vous dans son bureau. Marion donne sa version des faits, sa mère l’appuie, mais le proviseur voit vite la supercherie. Le rendez-vous se termine, et le proviseur dit qu’il prendra le temps de démêler le vrai du faux, et de prendre une sanction le cas échéant.

(Tout ça, je le sais parce que le proviseur s’est entretenu avec mes parents au téléphone quelques jours plus tard).

Lors de cet appel du proviseur, mes parents et moi apprenons toutes les choses qui Marion a inventées en plus pour “prouver son mensonge”. Elle prétend que c’est une surveillante de l’internat qui l’a avertie que je faisais tourner la lettre à sa grand mère. D’après Marion, la surveillante serait venue la voir un soir à l’internat, lui aurait restitué la lettre, en la prévenant au passage que c’était moi. La surveillante a bien évidemment nié. C’est tellement débile de mentir sur un truc si facilement vérifiable…

Par ailleurs, toute l’équipe éducative et tous les élèves du lycée à qui on a posé la question ont affirmé qu’aucune lettre d’aucune sorte n’avait tournée dans le lycée. Personne ne l’avait jamais vu, et c’est ça qui a finit par achever le mensonge de Marion. Voilà la conclusion du proviseur. Il nous a aussi informé que Marion quitteraient immédiatement et définitivement le lycée (à sa demande), surement trop honteuse pour assumer ses mensonges. Il nous a présenté ses excuses pour les proportions qu’a pris cette histoire.

Les parents de Marion quant à eux, ne se sont jamais excusée auprès de moi, je ne les ai jamais revu (tout comme Marion), mais d’après mes parents, ils baissaient bien les yeux quand ils se voyaient… Marion a changé de lycée, et d’après les nouvelles que j’avais par mes parents (qui continuaient à fréquenter les parents de Marion), l’histoire s’est répétée encore une fois dans son nouveau lycée, preuve que le problème venait bien d’elle.

Mon père s’est vite fait excusé auprès de moi, pour s’être rangé du côté de Marion et s’être fait complètement avoir.

Voilà, c’est la fin du storytime. C’était vraiment hyper long, et le dernier tiers était plus du racontage de vie, mais je trouvais important de vous montrer jusqu’où des histoires aussi futiles peuvent aller quand on est face à des personnalités aussi dérangées que celle de Marion. On est vraiment sur un type de personne malveillante qu’il faut apprendre à reconnaître et à éviter. J’écrirais surement un nouveau billet, plus synthétique et général sur les méthodes et les signes à reconnaître pour débusquer les manipulateurs, mais je pense qu’un exemple précis et détaillé est déjà assez parlant ! J’espère que le post vous a plu !

Vacances

Vacances

Bonjour à toutes et à tous ! En ce jeudi férié, je vous écris un tout petit poste pour vous prévenir qu’il n’y aura pas d’article pendant quelques temps. L’image est trompeuse, je ne part pas en vacances au soleil, j’ai juste besoin d’une petite pause.

Je traverse une période un peu difficile pour diverses raisons persos, et j’ai du mal à suivre le rythme des articles (tant ceux du blog que ceux de mes client•e•s, ce qui est plus embêtant encore). Je suis extrêmement fatiguée.

Je préfère être honnête, me ménager et mettre le blog en pause. Mais rassurez-vous, je me connais, j’aime tellement écrire que je serais très vite de retour. J’en profite pour vous rappelez que vous pouvez me suivre sur Twitter (@putethique), le réseau social où je suis la plus active.

Je vous envoie pleins de bonnes ondes, à très bientôt !

Mon mini Bujo pour les jours de flemme – Plan With Me #5

Mon mini Bujo pour les jours de flemme – Plan With Me #5

Vous le savez, je suis une fan de Bullet Journal. Je vous en ai déjà parlé pleins de fois sur mon blog, avec une initiation assez complète à cet outil d’organisation créatif, des idées de pages faciles minimalistes, une vidéo flip through de mon propre journal… Avec tous ces articles, vous pensez peut-être que je suis une pro du bujo et que mon journal est parfait ? Que nenni !

Moi aussi, j’ai mes périodes de flemmes, des phases où je ne pense pas à remplir mon carnet. J’essaie d’être assidue, car je vois clairement une différence de productivité et d’organisation entre les deux, mais parfois il n’y a rien à faire et je me laisse aller. Cela m’a inspiré un nouvel article à propos du Bujo : vous montrer mon organisation mensuelle vraiment minimaliste, ce que je fais au minimum quand la flemme est au rendez-vous.

Pour ce faire, je vous ai tourné une petite vidéo (avec une toute nouvelle caméra 😃) pour vous montrer mon mois de juin, le mois de la flemme :

Comment fabriquer son propre déodorant sain et naturel ?

Comment fabriquer son propre déodorant sain et naturel ?

Quoi de plus gênant que les grosses odeurs de transpiration acide ? Si en plus, vous êtes une personne facilement stressée et anxieuse, alors le problème peut être décuplé, vous stresser et nourrir ainsi un cercle vicieux.

Heureusement, il existe aujourd’hui pleins de solutions pour éviter ce petit souci très commun et masquer les odeurs. Le problème, c’est qu’elles ne sont pas toujours hyper cleans, ni bonnes pour votre santé. Beaucoup de déodorants du commerce contiennent des substances nocives (comme les sels d’aluminium), et certaines ont même un lien très étroits avec le développement de cancers. Oui, je pose l’ambiance.

J’ai une bonne nouvelle pour vous aujourd’hui : je vous propose une recette ultra-efficace pour ce qui est de neutraliser les odeurs, saine, végane évidement et avec seulement deux ingrédients.

Attention, il ne s’agit pas d’un anti-transpirant ! Ma recette ne bloquera pas l’évacuation de la transpiration (d’ailleurs, il ne faut surtout pas le faire). C’est en revanche l’option la plus efficace pour masquer totalement et durablement les odeurs.


Pour la concocter, vous aurez besoin d’huile de coco pure et de bicarbonate de soude alimentaire. C’est tout ! Ah si, et un petit pot pour accueillir votre mixture. En général, je réutilise de vieux pots de chez Lush. Avant de commencer, assurez vous que tous vos contenants, vos ustensiles ainsi que vos mains sont bien propres. On n’a pas envie de mettre pleins de sales microbes dans notre mixture !

La première étape (facultative (si la température est élevée chez vous) est de réchauffer votre huile de coco pour la rendre totalement liquide et transparente. Vous pouvez la faire chauffer dans un bain marie, une casserole, voire même au micro-onde. C’est vous qui décidez !

Une fois l’huile chauffée (et tous les petits grumeaux dissous), il est temps d’ajouter le bicarbonate de soude alimentaire.

Cette petite poudre blanche est bien connue des foyers écolos ! Ses propriétés sont multiples, et aujourd’hui, c’est sur sa capacité anti-odeur que nous allons nous reposer ! Je n’ai pas de quantité précise à vous indiquer, si ce n’est que vous aurez besoin de deux ou trois fois plus de bicarbonate que d’huile de coco, pour que celle-ci soit bien saturée en poudre (très important pour éviter tout problème de fuite de votre pot).

L’huile de coco est solide à température ambiante, mais elle fondra dès que les fortes chaleurs reviendront. En saturant l’huile de bicarbonate, vous vous assurez que le mélange restera le plus solide possible même en pleine canicule.

Ajoutez donc le plus possible de poudre, jusqu’à ce que cela deviennent difficile à mélanger. La texture doit être sableuse. Une fois qu’il deviendra trop compliqué d’ajouter de la poudre, tassez le mélange et placez le au frigo pendant une petite heure, sans refermer le couvercle. 1h plus tard, votre mélange sera solidifié et prêt à être utilisé ! Vous n’aurez qu’à prélever un peu de matière et à l’appliquer comme un baume sur vos aisselles.

La recette est hyper efficace, mais surtout très économique. J’achète mon gros pot d’huile de coco chez Action (pure, bio et au prix de 3€ pour plus de 500g, alors qu’il ne faut qu’une cuillère à soupe pour mon mélange). Quant au bicarbonate de soude, il s’achète pour trois fois rien dans tous les supermarchés.

Le cout de revient est vraiment imbattable, et l’efficacité au rendez-vous. Le bicarbonate de soude est très connu pour son efficacité comme déodorant, mais il n’est pas pratique à appliquer à cause de sa texture poudreuse. Pendant longtemps, je l’ai appliqué au doigt, à la sortie de la douche sur peau humide. Mais je dois dire que cette version sous forme de baume est quand même bien plus pratique, et l’huile de coco hydratera votre peau au passage.

Voilà, j’espère vous avoir convaincu•e avec cette recette, qui est meilleure pour votre santé, pour votre porte monnaie mais aussi pour la planète (car vous réduirez vos déchets en n’achetant plus de déodorant du commerce). Vous m’en direz des nouvelles !

Womanizer Liberty : comment s’en servir ?

Womanizer Liberty : comment s’en servir ?

temps de lecture : environ 8 minutes

S’il y a bien une marque de sextoys que je souhaitais tester par dessus tout, c’est Womanizer. Je lorgne sur cette marque depuis plusieurs années, mais problème : les produits sont assez chers et je n’ai pas forcement les moyens de mettre 100 euros dans un sextoy. Je n’avais jamais sauté le pas à cause des prix trop élevés, mais j’ai eu la chance de recevoir le modèle “Liberty” pour mon anniversaire ! 😉

Vous n’avez pas pu passer à côté de cette petite révolution dans le monde des jouets intimes ! La marque allemande Womanizer est à l’origine d’une méthode de stimulation externe inédite : le “sans-contact” . Les produits de cette compagnie sont diablement réputés pour leur efficacité et la technologie brevetée qui a fait toute la célébrité de la marque.

Tables des matières

  1. Comment se servir d’un Womanizer ?
  2. Mes premières impressions
  3. Mon avis après plusieurs utilisations
  4. Quelques conseils pour bien débuter
  5. Quelques caractéristiques techniques
  6. Conclusion sur le Womanizer Liberty

Comment se servir d’un Womanizer ?

Chaque stimulateur dispose d’un “bec” creux en silicone que l’on viendra poser sur le clitoris (le bec est existe en différentes tailles). Grâce à son moteur, le Womanizer alterne entre des pulsations d’air et un mouvement d’aspiration. L’alternance entre pulsations et succion va produire cette sensation apparemment inédite et inimitable.

Mais que vaut réellement Womanizer ? Voilà bientôt un mois que je mets mon petit Liberty à rude épreuve. Sachez avant toute chose qu’il s’agit de mon tout premier stimulateur clitoridien, mais aussi la toute première fois que je teste la stimulation sans contact. C’est donc tout nouveau pour moi.


Mes premières impressions sur le Womanizer

Alors que ces petits joujoux sont réputés pour être de véritables machines à orgasmes, je ne vais pas vous mentir : au début, c’était une véritable catastrophe. Le Womanizer Liberty dispose de six vitesses, allant du plus soft au “plus intense” . Mais à la vitesse 1, 2 et 3, je n’ai strictement aucune sensation : c’est l’incompréhension totale. Je sens l’air, je sens la légère aspiration, mais je me dois d’être honnête : ça ne me procure aucun plaisir car la stimulation est beaucoup trop faible.

A la vitesse 4, je commence tout juste à ressentir un petit quelque chose, et à la vitesse 5, puis 6, la stimulation est tout à coup beaucoup trop forte, la rendant très désagréable. J’ai l’impression qu’il y a un très gros écart entre les premières vitesses ridiculement faibles, et les deux dernières qui sont trop intenses. On perd toute la progressivité des pulsations.

Très franchement, j’étais absolument dégoutée. On m’avait tellement vendu de rêve à propos de ces appareils que ce véritable flop m’a vraiment dépitée. D’autres utilisatrices me disent qu’elles n’ont pas du tout le même problème que moi, que pour elles tout va bien. Une me dit même qu’elle ne dépasse que très rarement la vitesse 3, car largement suffisante. Je ne comprends pas.

Mon avis après plusieurs utilisations

Après un petit temps d’adaptation (et de domptage de l’engin), la situation s’est quelque peu améliorée. Je pense qu’il faut s’exercer un moment avant de trouver le bon placement. Malgré la bonne connaissance que j’ai de mon corps, ça n’a pas été évident dès le départ. Il faut explorer et trouver ce qui fonctionne pour nous : quelle position, quel placement

Une fois le placement bien maîtrisé, les sensations sont quand même là. Les vitesses 1 et 2 assurent un bon warm-up et les suivantes sont très efficaces. Je l’ai testé dans plusieurs situations et il fait quand même bien son travail ce petit Womanizer Liberty. Mais même avec le recul, je regrette le manque de puissance et aurais apprécié avoir une ou deux vitesses supplémentaires.

En ce qui concerne l’utilisation en couple, cela reste assez compliqué pour moi : la difficulté de placement et de précision étant totalement incompatible avec l’agitation d’un rapport. Peut-être qu’il faut que je m’entraine encore un poil, parce que pour l’instant c’est vraiment très galère. Affaire à suivre…

Quelques conseils pour bien débuter

  • Le clitoris doit être vraiment dégagé pour que le Womanizer soit efficace, et c’est d’autant plus vrai avec le modèle Liberty dû à son manque de puissance (selon moi). Dégagez donc bien votre peau avant de le positionner.
  • Il ne faut pas trop appuyer, au risque “d’étouffer” les pulsations. Le poser délicatement suffit.
  • J’ai trouvé certaines positions plus efficaces que d’autres avec le Womanizer Liberty. Être accroupie (ou toutes positions dans le style de l’Andromaque) est très efficace (probablement car le clitoris est davantage dégagé avec ces postures). Je vous conseille également d’essayer de l’utiliser en étant allongée sur le ventre ou encore les jambes serrées : deux positions hyper sympas qui nous sont permises grâce à la petite taille de l’engin !
  • Ne restez pas bloquée sur les vitesses 5 et 6, car à cause du manque de puissance, vous allez vous y habituer très rapidement et regretter encore plus que le Liberty n’aille pas plus en intensité. Naviguez plutôt entre les vitesses en faisant des retours en arrière par moment.

Quelques caractéristiques techniques

En dehors du fait de tester ce tout nouveau mode de stimulation, c’est le côté “waterproof” du Womanizer Liberty qui m’a beaucoup attirée. Je n’avais encore aucun sextoy de ce type (rien avec un moteur qui soit compatible avec l’eau). Je crois même que j’ai sauté dans le bain dès réception tellement j’avais envie d’essayer. Je confirme qu’il est bien immersible, comme l’indique la norme IPX7. L’immersion est limitée à 30 minutes, je ne suis jamais allée au delà pour éviter tout problème, mais j’imagine que cela n’est si pas dérangeant de dépasser un peu cette limite.

J’ai eu la mauvaise surprise de constater que la batterie ne tient vraiment pas longtemps. En général, je le charge à 100% dans l’après midi, et je ne peux l’utiliser qu’une fois le soir et une fois le lendemain avant que la batterie ne tombe à plat. Il m’est arrivé assez fréquemment de devoir écourter mon utilisation à cause d’une panne de batterie. Une charge complète pour deux utilisations de vingt minutes chacune, c’est vraiment peu.

Le Womanizer Liberty est vendu sur le site de Passage du Désir (entre autres) pour le prix de 99€. Il a beau être le modèle le moins cher de la marque, il vaut quand même une centaine d’euros et ce n’est pas une petite somme. Mais du coup, vaut-il réellement son prix ? Récapitulons…

Points positifs :

  • Il est immersible pendant 30 minutes (norme IPX7), et l’utilisation dans le bain est vraiment cool !
  • Il est livré dans une boite scellée, garantissant une hygiène irréprochable.
  • Sa petite taille est absolument parfaite, il n’est pas trop imposant et sa prise en main est donc bonne.
  • Il est vendu avec un embout de rechange d’une taille légèrement différente pour s’adapter à toutes les morphologies.
  • Les couleurs pastels (le bleu et le lilas) sont vraiment jolies et changent un peu.

Points négatifs :

  • Pour moi, il n’est clairement pas assez puissant, j’aurais apprécié une voire deux vitesses supplémentaires.
  • Malgré la bonne prise en main due au fait qu’il soit petit, je le trouve difficile à positionner. Il me faut une précision chirurgicale pour vraiment sentir quelque chose.
  • A cause du point précédent, il est quasi impossible à utiliser en couple, car je dois être parfaitement immobile pour bien le placer.
  • La batterie ne tient pas assez longtemps, seulement deux ou trois utilisations d’environ 20 minutes…

Conclusion sur le Womanizer Liberty

Pour conclure sur ce petit engin, je vous dirais simplement que je vous recommande d’économiser un mois de plus pour vous offrir le modèle Classic ou Premium. Ces deux modèles sont certes plus chers, mais plus qualitatifs et surtout plus puissants. Le Liberty est un peu trop léger en terme d’intensité. Il est donc parfait pour débuter avec ce type de sextoy, cependant, on s’habitue assez vite aux plus grandes vitesses.

Il est quand même très efficace, je l’ai adopté malgré ce point faible non négligeable et je m’entraine à ne pas dépasser les vitesse 3 et 4. Si vous souhaitez tester la stimulation sans contact pour pas trop cher, je vous conseillerais plutôt le Satisfyer Traveler (l’alter-ego du Liberty, en beaucoup moins cher) ; ou d’autres modèles de cette compagnie.

Satisfyer est un peu la pâle copie des Womanizer : vous trouverez le même type de stimulation sans contact, pour des prix bien plus attractifs. Si je me fie aux avis des utilisatrices, la stimulation est quand même meilleure chez Womanizer (les pionniers), mais Satisfyer vous permettra au moins de tester à moindre cout. Si la sensation vous plait, alors là je vous conseillerais d’investir dans un Womanizer Classic ou Premium.


J’espère vous avoir été utile avec cette première revue de sextoy. Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas à la poster en commentaire, je me ferais une joie d’y répondre ! Très belle semaine à vous !

Game of Thrones – S8E3

Game of Thrones – S8E3

temps de lecture : environ 15 minutes (et il y a pleins d’images ♥️)

⚠️Cet article contient des spoilers (à propos de l’épisode 3) ainsi que mes théories pour la suite des événements (qui n’engagent que moi). Je n’ai visionné aucun contenu concernant les théories futures et les avis d’autres personnes avant de rédiger mon article, afin de ne pas être influencée. Toute ressemblance est donc fortuite (et c’est aussi valable si je raconte n’importe quoi !) 😅


Je suis une véritable fan de Game Of Thrones, et même si les séries et l’audiovisuel en général sont très éloignés de mes thématiques habituelles, je n’ai pas envie de me priver. En véritable cinéphile, je pense d’ailleurs aborder cela plus souvent. 😉 Quand l’envie me prendra, je posterai des petites reviews, que ce soit sur GoT ou d’autres oeuvres.

Quoi qu’il en soit, c’est la dernière ligne droite pour Game of Thrones : l’ultime saison. La tension est à son comble, tout comme ma hype à l’idée de retrouver mes personnages préférés. 😃

Un début de saison tout en douceur

Contrairement à beaucoup de fans de la série qui reprochaient aux épisodes 1 et 2 d’être trop lents, j’ai beaucoup apprécié ce retour aux sources. Quand on y pense, jamais une saison de GoT n’a directement commencée dans le sang et les larmes. On prend le temps d’exposer les lieux, les décors, la situation ainsi que les relations entre les personnages, placées au coeur de l’intrigue.

Jamie et Brienne dans la cour de Winterfell qui évoquent la bataille à venir
Jaime et Brienne dans la cour de Winterfell qui évoquent la bataille à venir

Les épisodes 1 et 2 étaient comme une pommade au coeur avant que les choses sérieuses ne commencent. L’adoubement de Brienne par Jaime, la première fois d’Arya, les retrouvailles entre Lady Mormont et Jorah, les projets de lune de miel de Vers Gris et Missandei, l’escapade de Danny et Jon…

Que de moments touchants, qui nous préparent subtilement à de nombreuses tragédies… Et je ne parle même pas de la scène de la cheminée, où tous ces personnages mythiques, autrefois ennemis pour certains, s’échangent leurs souvenirs dans l’attente de cette bataille qui s’annonce meurtrière … J’ai vraiment adoré ces deux premiers épisodes !

J’ai aussi beaucoup aimé qu’ils soient centrés sur Winterfell. Certes, la capitale est laissée de côté (tout comme cette teigne de Cersei Lannister), ce qui n’est pas pour me déplaire. Mais pas d’inquiétude, King’s Landing sera sans nul doute au centre de la deuxième moitié de saison vue la fin de l’épisode 3 (on y reviendra).

Arya et Sansa Stark se tenant sur les remparts enneigés du château de Winterfell.

Mon avis sur l’épisode 3 de Game of Thrones, saison 8

Pas d’inquiétude, je ne vous ferais pas un décryptage plan par plan, ce serait bien trop long pour vous. J’aborderai seulement les choses qui m’ont marquées dans l’épisode, les critiques que j’ai à émettre et mes suppositions pour la suite de l’ultime saison. 😉

Un petit souci d’étalonnage

Dès le commencement de l’épisode, je suis chafouinée par l’obscurité de l’image. C’est vraiment sombre, au point qu’il devient parfois compliqué de discerner l’action. Ces ténèbres couplées à des plans très serrés des combats rendent la lecture de l’image assez difficile par moment. Pour ne rien arranger, nous avons visionné l’épisode dès sa sortie sur OCS (en direct) et la qualité n’était pas vraiment au rendez-vous, malgré notre installation fibre optique.

Vers Gris au coeur de la bataille.
Vers Gris au coeur de la bataille.

Je sais bien que cet effet est totalement volontaire : les plans serrés pour une question de budget et l’obscurité pour symboliser la mort qui s’abat sur Winterfell (et mettre en exergue les interventions de Mélisandre et du Maître de la Lumière)…

Malgré ce choix artistique que je respecte (et qui s’est avéré diablement efficace lors de l’extinction des sabres des Dothrakis, ravagés jusqu’au dernier par les spectres), l’image était vraiment trop sombre selon moi… L’effet n’aurait pas été moins saisissant s’il avait été un peu moins marqué, mais nous aurait au moins permis de distinguer correctement les personnages pendant les combats.

Une stratégie très discutable…

Je ne suis pas une pro de la stratégie militaire, mais je ne pense pas trop m’avancer en disant qu’envoyer la horde Dothrakis en première ligne, à l’aveugle, sans même parvenir à distinguer l’armée des morts était … une grosse connerie. Etait-ce par manque de temps pour préparer la bataille ou par inexpérience ? Je ne saurais le dire, la série étant assez approximative sur sa temporalité.

De grands stratèges étaient pourtant présents sur place, à commencer par Jaime Lannister (même si je vois difficilement la Reine des Dragons et les Nordiens lui faire confiance en raison de sa maison). J’espérais que Bran nous éclaire de son savoir, mais il semblerait qu’il ai définitivement décidé d’être aussi utile qu’une multiprise branchée sur elle-même

La horde de Dothrakis levant leur sabres enflammés par Mélissandre.
La horde de Dothrakis levant leur sabres enflammés par Mélissandre.

Quoi qu’il en soit, Winterfell semblait être une forteresse largement assez grande pour abriter toutes les troupes, pendant que les deux dragons encore en vie auraient pu avoir la joie de calciner les spectres au fur et à mesure (peut être même en restant protégés derrière les remparts) ! Je ne suis pas une pro de la guerre, mais je serais clairement partie sur cette option !

Dans cette configuration, les troupes auraient pu être utilisées seulement en tout dernier recours et pas comme de la chair à canon prête à se faire sacrifier (et au passage, à rejoindre l’armée des morts). Elles auraient surtout été sauvegardées pour la future guerre contre Cersei et Euron ! Notre chère Danny n’a actuellement plus grand monde pour la défendre, et c’est une des raisons qui me font penser qu’elle ne montera jamais sur le Trône de Fer.

La plus grande bataille de tous les temps ?

Je sais, je sais, je m’avère être bien meilleure stratège que tous les nobles du Nord, mais si ces derniers avaient suivi mon plan, la bataille n’aurait clairement pas duré longtemps… Et ce n’est pas ce que nous avait teasé les show runners ! Je ne me suis pas particulièrement informée sur la saison 8 pendant sa production afin de ne pas être spoilée, mais tout le tintouin des scénaristes n’a pas échappé à mes oreilles…

Arya et Sansa Stark perchées sur les remparts, contemplant les troupes Dothrakis et leurs sabres enflammés par la magie de R’hllor.

La plus grande bataille de tous les écrans !” avaient-ils dit. Une telle promesse n’est guère facile à tenir. Plus grande que toutes les batailles que nous avons déjà pu voir dans Game of Thrones, plus grande que toutes celles de l’histoire du cinéma. Et même plus grande que les batailles du Seigneurs des Anneaux… Impossible. Pour moi, malgré les efforts qui se ressentent tout au long de l’épisode, le niveau est clairement en dessous.

Bataille de la Néra : l’explosion de feu grégeois ravageant la flotte de Stannis Barathéon.

Sans même parler des batailles épiques et somptueusement millimétrées du Seigneur des Anneaux, je me souviens avoir été bien plus éblouie par la bataille de la Néra (pour ne citer qu’elle). A mon avis, le soucis vient principalement de ce problème d’étalonnage dont je parlais en début d’article, des plans un peu trop serrés et cutés trop rapidement ; mais aussi de plusieurs éléments scénaristiques qui m’ont beaucoup déçue…

L’inutilité de Bran

En tête de cortège des points fâcheux de cette saison, je ne peux que citer monsieur Brandon Stark dont l’inutilité totale est désormais admise. Ce petit bonhomme est supposé rassembler la mémoire des Hommes, avoir des pouvoirs sensationnels mais ne sert strictement à rien depuis le début de la saison (si ce n’est servir d’appât pour attirer le Roi de la Nuit dans le bois sacré de Winterfell).

Brandon Stark face à Jon dans la cour de Winterfell, au moment de leurs retrouvailles.

Je suis extrêmement déçue de la façon dont est traité ce personnage dans la saison 8. Il possède pourtant toutes les connaissances nécessaires pour vaincre les Marcheurs Blancs, mais il reste impassible et inutile, ne servant qu’à ajouter une touche creepy avec son regard vide d’émotion. Dans les deux premiers épisodes, j’attendais des révélations sur les Marcheurs Blancs, sur leurs objectifs, sur leur passé : mais rien. Bran se contente d’être spectateurs, tout comme nous.

Sa seule action pendant l’épisode 3 fut d’utiliser son pouvoir de zooman afin d’aller observer le Roi de la Nuit, au travers d’une nuée de corbeaux. Pourquoi ? Dans quel but ? On ne sait pas. Pour attirer le roi de la Nuit vers lui ? Je ne pense pas, car le Night King est supposé connaître la position de notre Corneille nationale à tout moment, grâce à la marque sur le bras de Bran. Aucun pay-off, donc. Le mystère reste entier.

La fin des marcheurs blancs

Ce mystère autour des Marcheurs Blancs et de leurs objectifs restera entier pendant longtemps, car l’épisode 3 marque également leur fin. Il y avait pourtant tant de chose à dire sur ce peuple que l’on connait à peine. Nous ne savons pratiquement rien d’eux, et comme beaucoup d’autres fans, je comptais sur les pouvoirs de Bran pour nous en apprendre davantage.

Le Night King élevant les bras pour relever les morts de la bataille de Hard Home.

Quand on sait que le futur spin-off de Game of Thrones portera sur la Longue Nuit, les Enfants de la Forêt ainsi que les Marcheurs Blancs, je pense qu’il est couru d’avance que nous n’apprendrons plus rien sur eux dans la saison 8 (l’arc narratif étant désormais clos avec la mort du Night King). Maintenant que cette menace a été écartée, il est évident que les trois derniers épisodes se concentreront sur la guerre pour le Trône de Fer.

J’ai été un poil déçue de voir les Marcheurs Blancs tomber si vite. Je ne vais pas vous mentir, leur chute n’était pas vraiment une surprise tant le trailer de la saison 8 était axé sur le Trône, mais j’attendais plutôt leur fin pour l’épisode 4. On notera aussi la présence inutile des généraux du Night King, qui n’ont même pas eu droit au moindre combat dans l’épisode…

Arya, ma vie : la véritable héroïne de cet épisode

Cette chute des Marcheurs Blancs, nous la devons avant tout à Arya, véritable assassine de l’ombre qui a accomplit l’exploit de terrasser le Night King d’un coup de dague en acier valyrien. Arya a toujours été mon personnage favoris de Game of Thrones, depuis le tout début de la série. Je la porte dans mon coeur et je suis vraiment plus qu’enchantée de la voir évoluer ainsi.

Dès la saison 7, j’étais persuadée que c’est elle qui allait vaincre le Night King. Depuis plusieurs saisons déjà, elle est une assassine hors pair et c’est précisément ce qui a fait naitre en moi cette conviction qu’elle serait LA badass de la guerre contre les Marcheurs Blancs.

Le Night King explosant en mille morceaux de glace après le coup de dague d’Arya.

Lors de l’épisode 1 de la saison 8, la commande pour une arme spécifique en verredragon qu’elle passe auprès de Gendry n’a fait que confirmer ma théorie. Je la sentais se préparer pour le coup du siècle. Lorsque le Night King s’est retourné pour l’attraper par la cou, j’ai vraiment serré les fesses, prié et je n’ai pas été déçue de mon personnage favoris ! ♥️

Bon, je n’ai jamais abordé le sujet sur le blog, mais tous mes proches vous le diront, je suis “Team Arya” depuis le tout début. J’ai entendu pas mal de fans s’énerver à propos du fait qu’elle soit devenue cette combattante ultime, voire une peu cheatée, mais je ne suis pas d’accord !

Arya pendant son entrainement chez les Sans-Visage sur l’île de Braavos. On la voit tenir un bâton,habillée de haillons, les yeux totalement blancs après qu’elle ai perdu la vue en buvant l’eau du temple du Dieu Multiface.

Pensez à l’entrainement qu’elle a reçu chez les sans-visages, ou même de la part de Syrio Forel, son maître à danser de Braavos. Sa façon de combattre est vraiment très différente de celle des autres habitants de Westeros. Plus fluide, plus souple, plus suprenante, Arya est une anguille qui ne se laisse pas atteindre. Pour moi, il n’y avait aucun doute sur le fait qu’elle serait LA plus efficace contre les spectres sur le champs de bataille. Il n’y avait guerre que le regretté Oberyn Martell qui lui arrivait à la cheville. J’aurais tant aimé le voir combattre les spectres…

La danse de l’eau qu’elle a appris aux côté de Syrio lui confère une agilité, une précision et une rapidité hors pairs : les trois qualités indispensables pour être efficace en corps-à-corps contre les spectres (très rapides eux aussi, trop pour des chevaliers en armure qui se laisseront vite dépasser à cause de leur lenteur). Rappelez-vous, elle s’est même payé le luxe de mettre l’impitoyable Brienne à l’amende (si ce n’est pas un signe de badasserie, alors je ne sais pas ce que c’est !)

Syrio Forel et Arya Stark en plein entraînement, armés de leurs épées de bois pendant la saison 1.

Tel un chat, elle ne fait aucun bruit en se déplaçant, une qualité supplémentaire qui lui servira au combat, lui sauvera la vie et lui vaudra même la victoire contre le Night King qui n’a pas su la repérer à temps. Bravo Arya ! J’espère que des statues d’or à son effigie décoreront toutes les cités des Sept Royaumes !

La mort de Mélisandre

Il n’y avait aucun doute sur la mort de notre prêtresse rouge préférée, car Mélisandre la spoil elle-même dans la saison 7, déclarant à Varys qu’elle retournerait sur Westeros pour y mourir. Elle a rempli sa mission : apporter la lumière sur le champ de bataille au péril de sa vie et guider Arya vers sa destiné. Une fois cette mission accomplie, elle se laissera mourir sur les terres glacées du Nord, après avoir ôté son collier.

Varys et Mélissandre, debout face à face sur la côte de Peyredragon
Varys et Mélisandre, debout face à face sur la côte de Peyredragon

Ma seule petite déception quant à la mort de Mélisandre, est qu’elle marque le non-aboutissement de la théorie du sacrifice de Varys. Vous ne le saviez peut-être pas, mais une théorie très séduisante avançait que notre chère araignée était en fait un Targaryen, plus précisément un “Feu Noir”, une branche parallèle de la famille des Dragons. Cela aurait expliqué son enlèvement et sa castration rituelle par un prêtre rouge pendant son enfance.

La théorie voulait que, dans un dernier espoir pour terrasser les Marcheurs Blancs, la prêtresse rouge et Varys se livrent à un rituel visant à faire jaillir le Feu Noir pour décimer les troupes du Night King. Les deux n’y survivraient pas et auraient ainsi donné leurs vies pour le salut de Westeros.

Kinvara, la prêtresse rouge.

Mélisandre nous ayant quitté dans l’épisode 3, cette théorie tombe un peu à l’eau (à moins que Kinvara ne fasse son come-back, ce qui n’est pas impossible ! 😉)


Vous l’aurez compris, je suis assez mitigée sur cet épisode 3. Ce n’est pas tant sa réalisation qui me pose problème, ni même cette promesse de “plus grande bataille de tous les temps” des show runners, qui n’a pas vraiment été tenue ; mais surtout les choix scénaristiques qui ont été pris. Il y avait, je pense, beaucoup plus intéressant à faire pour la suite et c’est assez dommage.

Avec la fin des Marcheurs Blancs et la fin de Mélisandre, c’est un peu l’arc narratif de la magie de Game of Thrones qui se ferme. Nous attentions beaucoup de révélations sur le background de la série et les différentes prophéties : sujets si intéressants qui ne seront pas développés dans la suite de la saison.

Beric, Ed et Tormund devant le petit Ned Omble, sacrifié au milieu d’une spirale de cadavres en feu (ambiance !)

J’ai regretté que la tension de la bataille viennent quasi uniquement de la pression sur la mort de nos personnages préférés, et pas sur un réel travail d’ambiance. Soyons honnête, Brienne, Jaimie, Sam, Podrick, Vers Gris, Jon et même Danny auraient dû mourir plus d’une fois. Au final, aucun personnage principal n’a perdu la vie (ce qui selon moi, empêchera cette bataille d’être inoubliable).

J’ai tout de même été profondément marquée par la mort de Lyanna Mormont, presque aussi badass qu’Arya, et celle de Jorah (dont j’étais persuadée du trépas suite à la scène si solennelle où Sam lui remet l’épée des Tarly).

Lyanna Mormont, morte au combat, étendue au sol après avoir terrassé un géant de glace zombie, du haut de ses 9 ans ♥️

La survie de Vers Gris m’a vraiment surprise, tant ses projets de lune de miel avec Missandei sur l’île de Naath étaient beaux à entendre. Connaissant le plaisir que prennent les show runners à tuer nos personnages favoris, je voyais déjà Vers Gris revenir en marcheur blanc et faire du sale. Je n’ai jamais été aussi heureuse de m’être trompée.

Dans l’ensemble, l’épisode est quand même très réussi et nous offre des scènes grandioses que nous espérions voir depuis le tout début de Game of Thrones : comme la danse des dragons et cette fameuse bataille tant attendue des vivants contre les morts.


Et la suite ? Mes espoirs pour les épisodes à venir…

(présision importante : je n’ai volontairement pas regardé le trailer de l’épisode 4)

Les Marcheurs Blancs ayant été terrassés par les talents d’Arya, la suite de l’action se concentrera sans aucune surprise sur la guerre pour monter sur le Trône de Fer. Etant donné la mauvaise stratégie mise en place par Danny et Jon pendant la bataille de l’épisode 3, je ne donne pas cher de leurs peaux face au duo Cersei-Euron, dont les troupes et la flotte sont encore toutes fraîches et pimpantes. Comme quoi, la position de traître offre parfois des avantages. 😉

Cersei dans son costume de Mad Queen gothique, accompagné de son fidèle acolyte Qyburn.
Cersei dans son costume de Mad Queen gothique, accompagnée de son fidèle acolyte Qyburn.

Alors que nous élevions tous Cersei au rang de folle après sa décision de ne pas se joindre au combat contre le Night King, il faut reconnaître qu’elle nous a tous eu. Son plan de laisser ses ennemis s’entretuer, puis d’affronter le vainqueur a finalement fonctionné (même si je pense qu’elle n’aurait pas fait la maligne face au Night King et l’armée des morts si les vivants avaient perdu cette bataille).

Il est à noter que grâce à ce bon vieux Qyburn et ses scorpions / balistes, King’s Landing est équipé d’une solide défense contre les dragons (ces derniers étant désormais les seuls véritables atouts de Danny et Jon, dont les troupes font un peu la gueule). Leur seule chance : parcourir Westeros pour trouver de nouveaux alliés, peut être du côté des Glover, du Val ou de Dorne (moi je parie sur Dorne et sur le grand retour d’Ellaria Sand ! ♥️😉).

Danny et Jon chevauchant côte à côte.

Nous ne sommes également pas à l’abris d’une rupture entre Danny et Jon, que ce soit pour leur lien de parenté ou pour cet épineux problème d’accès au Trône de Fer. Nous savons tous que Jon n’en veut à aucun moment, mais Danny prendra-t-elle le risque de guerroyer aux côtés d’un potentiel adversaire ?

Nyméria et la meute

Avouons-le, c’est un grand fantasme pour beaucoup fans : le retour de Nyméria et de sa meute de loups pour venir en aide aux vivants. J’attendais fermement la meute pendant l’épisode 3, mais c’est à peine si nous avons pu profiter de quelques plans de Ghost. J’y crois encore, je veux y croire dur comme fer, j’émets donc l’hypothèse que la meute viendra prêter patte forte au camp Danny-Jon.

Arya Stark à genoux dans un bois enneigé du Nord, faisant face à sa louve retrouvé Nyméria, accompagnée de toute sa meute.
Arya Stark à genoux dans un bois enneigé du Nord, faisant face à sa louve retrouvé Nyméria, accompagnée de toute sa meute.

La mort de Cersei Lannister

Je ne peux me résoudre à voir cette teigne de Cersei Lannister sur le Trône à la fin de la série. Pour moi, elle trouvera la mort, dans la souffrance qu’elle mérite. Je rêve par dessus tout de voir Arya la tuer, cette dernière en profitant pour compléter sa fameuse liste.

Arya Stark, fière et forte !

Peut-être le fera-t-elle avec son vrai visage, ou celui d’un proche de Cersei pour l’approcher plus facilement (un personnage secondaire de préférence, étant donné que l’utilisation d’un visage suppose qu’Arya l’ai tué hors champ pour nous laisser la surprise). Pour cette raison, le visage emprunté ne sera pas celui de la Montagne, dont la mort est bien entendue réservée pour le Gleganebowl. Je parie plutôt sur Qyburn (ou Euron).

Même si la fameuse théorie du Valonqar n’est pas abordée dans la série, Jaime est également un bon candidat pour ôter la vie de la reine détestée. Nous verrons bien. 🙂

Le duo de choc Tyrion-Sansa

Pour finir ce post (qui commence à être long), j’aimerais juste aborder ce qui serait pour moi un des dénouements parfaits de la série : voir le duo Tyrion Lannister et Sansa Stark gérer les Sept Royaumes, à la manière d’un “couple platonique” . Sansa a vraiment fait ses preuves à la tête du Nord : elle est faite pour gouverner. Tyrion quant à lui, est sans conteste l’un des hommes les plus intelligents de Westeros. Sa brève nomination au prestigieux poste de Main du Roi lui a permit de faire montre de toutes ses qualités de dirigeant.

Tyrion Lannister et Sansa Stark, assis côte à côté à table lors du mariage de Joeffrey et Margeary.
Tyrion Lannister et Sansa Stark, assis côte à côté à table lors du mariage de Joeffrey et Margeary.

Je crois dur comme fer en ce duo, car je ne vois ni Danny, ni Jon, ni personne d’autre à cette place. Jon le dit lui-même, il ne veut pas du Trône. Lorsque l’on se penche sur l’évolution de Danny depuis les deux dernières saisons, on ne peut pas dire qu’elle ferait une bonne reine. C’est une excellente conquérante, tout comme Jon est un excellent guerrier. Or, comme on le disait au sujet du grand Robert Barathéon, les bons conquérants ne font pas forcement de bons Rois.

Pour cette raison, et aussi suite à cet échange de regard dans la crypte de Winterfell, je crois de tout mon coeur en Tyrion et Sansa pour remettre de l’ordre dans ce royaume, y apporter plus d’humanité, voire même “casser la roue” comme le disait Danny.


Et vous, qu’avez-vous pensé de l’épisode ?

Quelles sont vos théories pour la suite ?

Arrêt de la cigarette : la plus grosse difficulté que j’ai rencontrée

Arrêt de la cigarette : la plus grosse difficulté que j’ai rencontrée

temps de lecture : environ 6 minutes

Ça y’est, j’ai récemment fêté mes deux mois d’arrêt de la cigarette ! 🎁

J’en suis si contente que j’ai l’impression de ne parler que de ça autour de moi. Mais qu’importe, il est important pour moi de propager de bonnes ondes et d’inspirer mon entourage. 🙂

A l’occasion de ce bel anniversaire, j’ai relu mon post du mois dernier, “non fumeuse depuis 1 mois grâce à une vidéo Youtube” , où je vous annonçais fièrement avoir stoppé ma consommation de cigarette.

Je voulais me replonger dans mon état d’esprit du moment, pour faire un point, pour mesurer à quel point j’avais avancé dans mon cheminement pour redevenir non-fumeuse. En relisant mon article, je me suis aperçue que je ne vous avais pas parlé d’un point très important : la plus grosse difficulté que j’ai rencontré dans mon parcours (certes court, mais non moins intéressant).

La difficulté n’est pas là où on l’attend

Si je vous dis “difficulté à arrêter de fumer” , vous penserez probablement à la tentation, à l’envie de fumer ou la difficulté à se retenir… mais il n’en est rien ! Etonnamment (et comme je vous le disais dans mon premier post), ce n’est pas l’envie de cigarette qui m’a posée le plus de problème pour arrêter, car elle a très vite disparue.

Le plus dur à supporter a été la réaction des autres fumeurs et fumeuses de mon entourage. Quand j’ai décidé d’arrêter de fumer, je pensais naïvement que mon entourage serait d’un soutient sans faille dans ma démarche et que je pourrais compter sur mes proches pour m’aider.

Grossière erreur !

Bon, en réalité, la plupart de mon entourage m’a soutenue, ce serait mentir de prétendre l’inverse. En revanche, j’ai été très désagréablement surprise de constater que beaucoup de personnes fumeuses de mon entourage étaient très défaitistes quant à ma réussite à arrêter la clope.

Tu n’y arriveras pas !

Tu vas forcement craquer !

Ces deux phrases sont revenues un bon nombre de fois dans les bouches des personnes fumeuses qui avaient elle-mêmes échoué dans leurs tentatives d’arrêter de fumer. J’essaie de me mettre à la place de ces personnes et de comprendre pourquoi elles réagissent de cette manière.

Un biais d’attribution causale

Pour en avoir discuté avec nombre d’entre elles, j’ai l’impression que leur échec est très souvent attribué à une cause externe : la difficulté à arrêter, le mimétisme ou la tentation constante …

On pourrait le résumer de la façon suivante : “arrêter de fumer est trop difficile, voire impossible, donc j’ai échoué“. Et dans un second temps : “puisque c’est trop difficile d’arrêter, que la publicité où les personnes fumeuses autour de moi me tentent constamment, alors ce n’est pas de ma faute si j’ai échoué.”

En psychologie sociale, on appelle ce phénomène un biais d’attribution causale : c’est un mécanisme très courant, auquel nous avons tou•te•s recourt dans le but de nous rassurer, de calmer notre égo et de préserver notre estime de nous-même.

Les autres face à leur propre échec

Psychologiquement, il est bien plus confortable de se dire que nous ne sommes pas responsables de nos défaites. Il est plus facile de vivre avec l’idée qu’une cause externe et incontrôlable nous a empêché de réussir. Et si une autre personne souhaite s’aventurer sur une voie où nous avons nous-même échoué, son éventuelle victoire ne ferait que nous replacer face à notre échec (et à notre responsabilité dans celui-ci).

Si je réussis à arrêter de fumer, toute leur théorie s’effondre. Si je réussis, je prouve qu’arrêter est possible. Pas forcément simple, mais bel et bien possible. Si j’y parviens, cela signifie probablement pour ces personnes qu’ils ou elles n’ont pas fait assez d’effort pour y parvenir. Tout à coup, la cause de leur échec devient interne, et non plus externe.

En parvenant à arrêter, je leur prouve malgré moi que leur échec leur est imputable, et cette idée est bien plus dure à accepter. C’est cela qui, à mon avis, pousse ces personnes à avoir ces discours pessimistes et pas très encourageants. On pourrait même qualifier cela de “sabotage” (évidemment inconscient et dans le seul but de se rassurer) : ces personnes préférant me voir échouer plutôt qu’accepter leur propre échec.

Après le défaitisme vient le rejet

Au début, quand je n’étais non-fumeuse que depuis quelques jours, ces personnes n’hésitaient pas à se gausser et à me dire que je n’y arriverai pas. Peut-être se disaient-iels que j’étais “une personne de plus à vouloir arrêter, et qui ne ferait que rater” , comme une de ces bonnes résolutions de nouvelle année que nous ne tenons jamais.

Un mois plus tard, voyant que je n’avais pas craqué contrairement à leurs prédictions, la réaction de ces personnes à mon égard a bien changée et a confirmée mon hypothèse. Maintenant que je suis non-fumeuse depuis deux mois, ces personnes me regardent et me traitent avec un peu plus de sérieux et de respect. Iels n’osent plus mettre en doute mon sérieux et ma volonté.

Leur attitude est aujourd’hui bien différente et empreinte de beaucoup de jalousie. Quand j’aborde le sujet ou quand on me pose des questions, ces personnes qui ne croyaient pas en moi n’hésitent pas à m’envoyer quelques piques et moqueries.

Arrêtes de ta la péter.

Ça y’est, Madame à arrêté de fumer donc elle donne des leçons.

C’est toujours dit sur le ton de l’humour, mais ces personnes sont bien mauvaises pour cacher leur envie, et à quel point ça les énerve de me voir réussir là où iels ont échoué. Je trouve cette réaction bien dommage, mais très démonstrative de cette difficulté à accepter l’échec.

Soyez préparé•e à recevoir ce genre de remarque

Si je vous écris ce post aujourd’hui, c’est simplement pour que vous soyez prêt•e à encaisser ce genre de remarque de la part de votre entourage. Personnellement, je ne m’y attendais pas du tout, car je pensais naïvement que tous et toutes seraient enchanté•e•s pour moi et me montreraient du soutient.

Je dois avouer que ce manque d’encouragement et d’enthousiasme de la part de certain•e•s de mes proches m’a beaucoup affectée au début. Même si je tente de paraitre forte et inébranlable en toutes circonstances, cette dépréciation m’a touchée, et m’a fait douter de moi et de mes capacités.

Malgré tout, je me suis accrochée et suis vraiment fière de fêter aujourd’hui ces deux mois sans cigarette. Je revis, et ne peux que vous encourager à faire de même. Soyez néanmoins conscient•e•s que ce genre de remarque peut arriver, et faites en sorte qu’elles vous affectent le moins possible dans votre réussite. 🙂

Je reste disponible dans les commentaires pour toutes questions ou besoin d’encouragement. Tou•te•s ensemble, on peut y arriver ! 🙂

5 applications mobiles “écolos” et gratuites 🌎📱

5 applications mobiles “écolos” et gratuites 🌎📱

temps de lecture : environ 7 minutes

L’écologie et le respect de notre planète sont désormais des sujets très importants pour nombre d’entre nous. Je n’ai pas besoin de vous faire un topo, vous savez probablement déjà à quel point nous sommes dans le caca. Mais les consciences s’éveillent, les mentalités changent et afin d’aligner nos actes et nos idéaux, je vous présente aujourd’hui cinq applications mobiles éco-friendly.

Toutes les applications que je vous propose aujourd’hui sont gratuites, et disponibles à la fois sur Android et sur iOS. Pour une navigation plus facile, voici un sommaire. Vous pouvez cliquer directement sur le chapitre qui vous intéresse. 🙂

  1. Too Good To Go
  2. Yuka
  3. INCI Beauty
  4. Vinted
  5. Geev

Too Good To Go

Too Good To Go vous permet de profiter chaque jour des centaines de produits invendus dans votre ville. Plutôt que de les jeter, les commerces publient eux-mêmes les produits disponibles pour vous en faire profiter à prix réduits.

Le gaspillage alimentaire est un véritable fléau. Pendant que des millions de personnes souffrent de la faim, des tonnes de nourritures sont jetées tous les jours. Chaque année, ce n’est pas moins de 10 millions de tonnes de boustifaille qui partent aux oubliettes. 20 tonnes par minutes. 317 kg chaque seconde. Too Good To Go est une bonne manière de lutter contre cela, à son niveau, mais aussi de faire des économies. 🙂

Les +

  • Les prix proposés sont vraiment attractifs. Je me remets dans la peau de l’étudiante fauchée que j’étais, et j’aurais beaucoup aimé avoir cette application à l’époque. Elle m’aurait permise de changer un peu de mes pâtes natures, et de me faire plaisir à moindre coup.

Les –

  • Il y a moins de choix lorsque l’on vit en province.
  • Trop peu d’offre végétalienne à mon gout. Les offres d’invendus reflètent l’offre générale de votre ville. S’il y a beaucoup de restaurants végéta*iens près de chez vous, vous aurez plus de choix. Perso, j’utilise rarement l’application pour cette raison, mais je la conseille quand même vivement ! 😃

Yuka

On reste dans l’alimentaire avec l’application Yuka, une application vraiment ultra pratique pour analyser la composition des produits du quotidien. Je l’ai vraiment adoptée ! Grâce à Yuka, vous pourrez éviter très facilement les produits contenants des substances néfastes, où qui ne sont pas recommandables.

Le principe est simple : vous n’avez qu’à scanner un produit pour en décrypter la composition en quelques secondes seulement (il est également possible de faire des recherches manuelles). Yuka notera le produit sur 100 et mettra à votre disposition un décryptage complet, vraiment très détaillé : informations nutritionnelles, qualités et défauts du produits…

Les +

  • L’application est très intuitive grâce à son code couleur et rapide à utiliser. Vous pouvez analyser un produit en un éclair, et même dégainer votre smartphone directement en magasin. Fini les recherches qui durent des plombes sur des ingrédients aux noms à coucher dehors.
  • Yuka fonctionne également pour les produits de beauté ! 😃
  • La présence de substances dangereuses dans les produits est très bien mise en avant. Yuka vous indique le nom de la substance et vous fait même un petit topo sur celle-ci, vous expliquant pourquoi elle est problématique. En l’utilisant, vous en apprendrez donc beaucoup sur ces substances à éviter : un point que j’adore !

Les –

  • Tous les produits ne sont pas référencés dans Yuka. Il est possible que celui que vous souhaitiez analyser soit inconnu de l’application. Vous pouvez néanmoins soumettre une analyse à Yuka. Je l’ai fait quelquefois, mais n’ai toujours pas eu de réponses plusieurs mois plus tard. 🙁
  • Le catalogue de produits de beauté n’est pas très développé, mais offre une parfaite transition pour l’application suivante ! 😉

INCI Beauty

L’application INCI Beauty fonctionne exactement comme Yuka, mais est spécialisée dans les produits de beauté. Contrairement à la précédente, le catalogue de produits est donc bien plus vaste. C’est cette application que j’avais utilisée dans mon article sur les produits de la marque Modere. Comme pour Yuka, vous pouvez scanner le produit directement, ou faire une recherche manuelle.

Les +

  • Les analyses sont très claires, utilisent le même code couleur que Yuka et détaillent aussi très bien les substances présentes dans les produits en fonction de leur dangerosité.
  • L’application s’utilise très facilement directement en boutique pour ne pas se faire avoir pendant l’achat, ou si l’employé•e du magasin tente de vous entourlouper (ça arrive ! 😉).

Les –

  • Pas mal de publicité dans l’application.

Vinted

Je vous avais déjà parlé de Vinted dans mes 10 astuces pour une mode éthique, mais j’aime tellement cette application que je tenais à l’inclure dans ma sélection du jour ! Aujourd’hui, on ne présente plus Vinted, la célèbre friperie en ligne. Vous y trouverez vêtements, accessoires, chaussures à foison et même parfois des pièces encore neuves !

Vinted est l’application parfaite pour éviter d’acheter en magasin tout en faisant des économies. Voilà maintenant presque un an que je n’achète plus en boutique, mais uniquement sur Vinted.

Je réduis mon emprunte carbone, je fais des économie et me fait quand même plaisir. Il m’arrive encore de “faire les boutiques” , mais uniquement pour repérer des articles et les chercher ensuite sur Vinted (et je trouve à chaque fois, je n’en suis donc pas du tout frustrée ! 😉)

♻️ Quand je reçois un article, je ne jette jamais l’emballage : je le garde pour le réutiliser. Ce serait trop dommage de devoir acheter des contenants pour expédier mes propres ventes.

Les +

  • Le catalogue est très varié, il y en a pour tous les goûts, à tous les prix !
  • L’app est très simple d’utilisation, que vous souhaitiez vendre ou acheter.

Les –

  • La communauté n’est pas toujours très agréable et offre parfois son lot de prises de becs. Ce problème arrive surtout si vous vendez. Je n’ai jamais le moindre souci lorsque c’est moi qui suis acheteuse (probablement parce que je suis respectueuse, contrairement à certain•e•s ! 😂)

Un article détaillé sur l’application Vinted est en cours d’écriture ! 😏 N’hésitez pas à vous abonner (tout en bas de la page) pour ne pas le louper ! J’y donnerai toutes mes bonnes astuces en tant que vendeuse expérimentée, ainsi que les pièges à éviter.


Geev

Geev, c’est la générosité à l’état pur : tout est gratuit. Vous y trouverez absolument tout : des meubles, des vêtements, de l’électroménager… en don ! Les objets peuvent être “à bricoler” mais aussi neufs ! Vous pouvez parcourir le catalogue, déposer une demande si vous ne trouvez pas ce que vous cherchez, et donner à votre tour ! 🙂

Les +

  • Des dons : que demander de plus ? 😄
  • Très simple d’utilisation.

Les –

  • Il arrive parfois que certains membres (qui n’ont apparemment pas bien compris le principe de l’application) proposent des objets en dons, puis vous annonce en message privé qu’il vous faudra payer une certaine somme. Bref, un faux don.
  • L’application vous demandera l’accès à de nombreuses données personnelles inutiles pour son bon fonctionnement. Vous pouvez refuser, mais je le mentionne car j’ai rarement vu une liste aussi longue dans une application !

J’espère que ces applications vous séduiront autant que moi ! Certaines, comme Vinted, sont déjà très connues, mais j’espère vous en avoir fait découvrir une ou deux ! 🙂 N’hésitez pas à partager vos applications préférées en commentaire, je me ferais un plaisir de les essayer !

Big V Sanctuary 🐷

Big V Sanctuary 🐷

C’est bien beau de sauver des animaux de l’exploitation qu’ils•elles subissent, encore faut-il avoir le courage de s’en occuper ensuite soi-même, ou de leur trouver une terre d’accueil digne de ce nom : où ils•elles trouveront soin, paix et sécurité.


C’est précisément la mission de Miranda et Jérôme, les gérant•e•s de Big V Sancturay : un sanctuaire de la région Limousine dont le but est d’accueillir tous les animaux qui en ont besoin. Sauvé•e•s d’élevages par des activistes, ou amené•e•s de bon coeur par les éleveurs et éleveuses : pas de distinction à Big V. Tout le monde trouve sa place.

Nous traitons les animaux d’élevage et leur offrons des soins, de l’amour et la paix dans notre sanctuaire, en les traitant avec dignité et respect. Nous prenons soin d’eux jusqu’a ce qu’ils recouvrent la santé après une période d’abus et de négligence, puis nous trouvons des foyers d’accueil le cas échéant. Nous offrons également un sanctuaire pour les animaux de compagnie, leur permettant de se remettre de mauvais traitements et de trouver des foyers d’accueil sûrs et aimants où ils passent le reste de leur vie. Notre objectif est de permettre à chaque individu de vivre une vie longue et épanouissante dans un environnement sûr, tout en faisant preuve de compassion selon leurs besoins.

Jérome, co-gérant du sanctuaire Big V

Les animaux : des individus uniques

C’est lorsque l’on va au contact des animaux que nous les rencontrons vraiment. Pour les personnes qui n’ont pas eu la chance de passer leur enfance à la campagne comme moi, côtoyer cochons, vaches ou chevaux n’est pas forcément chose commune.

Par conséquent, nous avons tendance à beaucoup simplifier voire “caricaturer” ces animaux qui vivent loin de nous. On leur prête moins d’intelligence, d’émotions et de capacités mentales, contrairement à nos animaux “de compagnie” que nous connaissons et comprenons davantage, du fait de cette proximité.

Quand il s’agit de chiens ou de chats, nous reconnaissons très aisément qu’ils ont une personnalité propre, un caractère bien distinct de celui des autres membres de son espèce.

Nous savons que tous les chats et tous les chiens ne sont pas les mêmes. Prenons mes deux chats en exemple : l’un est très aventurier et indépendant, tandis que le second est un gros patachon peureux et avide de câlins.

Et devinez quoi, c’est exactement la même chose pour chaque espèce. Ce n’est pas différent pour les cochons, les moutons, les vaches… Tous et toutes ont une personnalité, une sensibilité et sociabilisent de façon différente. C’est seulement en se rendant dans des endroits comme Big V Sanctuary pour passer du temps avec eux qu’il est possible de le réaliser.


Des liens très fort créés avec les pensionnaires

Au fur et à mesure de mes visites, des liens très forts se sont créés avec certain•e•s pensionnaires. De la même façon que se tissent nos relations sociales avec nos congénères humain•e•s, des affinités se développent en fonction de nos personnalités. Avec certain•e•s, c’est comme une évidence, et avec d’autres, ça ne colle pas.

William, Violette, Pheobe, Lilly, Blossom, Teddy, Bess, Little Bean, Florence, Pipkin, Edward, Bryn… sont autant de noms qui resteront gravés pour toujours dans mon petit coeur. Ils et elles sont comme des ami•e•s, celles et ceux avec qui j’ai tissé des liens très forts. Certain•e•s ne sont plus parmi nous aujourd’hui, mais il ne passe pas un jour sans que je pense à eux.


Un besoin constant de bénévoles

Les lieux comme Big V Sanctuary ont sans arrêt besoin de bénévoles. A l’inverse des fermes ou des zoos, les sanctuaires (qui n’ont pas un but lucratif), ne se font pas d’argent sur le dos des animaux, et ne les exploitent pas. Ces lieux ne vivent que grâce à la générosité et aux dons, qu’ils soient matériels, financiers ou en temps de bénévolat.

Je ne peux que vous encourager à tenter cette expérience incroyable, et à la renouveler. Même si le travail est dur, même si vous aurez peut-être quelques difficultés au début, je vous assure que vous ne le regretterez pas, tant cette expérience sera riche d’enseignements.

J’espère vous voir très bientôt à Big V Sancturay

Rejoignez-les sur leur page Facebook, ainsi que sur Tipeee.

Que vous souhaitez venir sur place et aider au sanctuaire, ou simplement faire un don, toute l’équipe de Big V ains que les pensionnaires du sanctuaires vous remercient chaleureusement pour votre aide. ❤️

Comment arrêter de fumer en 15 minutes ? 🚬🚫

Comment arrêter de fumer en 15 minutes ? 🚬🚫

Mi-février dernier, je tombais par hasard sur une vidéo YouTube au titre accrocheur : “arrêter la cigarette en 15 minutes” (un véritable rêve pour moi !). Dans cette vidéo, le YouTuber Riverlevrai accompagné de son amie Clara, garantit de nous faire arrêter la clope en un quart d’heure à peine.

Riverlevrai – Arrêter la cigarette en 15 minutes

Je fume régulièrement depuis mes 16 ou 17 ans, j’en ai aujourd’hui 25 et ce n’est pas la première fois que j’essaie d’arrêter, sans succès. Je n’ai jamais “beaucoup” fumé (cinq cigarettes par jour tout au plus), mais comme le rappelle Riverlevrai dans sa vidéo, il n’y a pas de “petite fumeuse” ou “petit fumeur” !

Je n’ai jamais atteints le fameux “paquet par jour” loin de là, mais depuis maintenant presque 10 ans, je n’arrivais pas à me défaire de cette habitude, devenue une réelle addiction. Arrêter totalement en 15 minutes ? Pour moi, cela semblait totalement impossible. Mais qu’avais-je réellement à perdre ?

Dubitative, j’ai donc visionné la vidéo de Riverlevrai (que je ne vais pas vous résumer, ni vous expliquer, regardez-la directement). Son assurance et sa confiance dans le fait qu’il va réussir à nous faire arrêter est bluffante. Comme il le dit lui-même à plusieurs reprises, je suis très réservée sur l’efficacité de sa technique : cela semble si simple, si “bête” que c’est à peine croyable.

Pourtant, depuis sa vidéo : je suis non-fumeuse

Mais les faits sont là : je ne fume plus et cette fois-ci, je sais tout au fond de moi que c’est la bonne ! Si j’ai craqué les fois précédentes, c’est uniquement parce que je n’ai pas arrêté de fumer en me posant les bonnes questions, ni en ayant les bonnes pensées.

Mes précédentes tentatives d’arrêt étaient des luttes de tous les instants, des combats contre moi-même où je pensais que ma force et ma volonté étaient mes seules armes pour combattre mon envie de fumer.

Or, me battre contre mon envie n’était clairement pas la bonne stratégie, pour la simple et bonne raison que je fumais uniquement pour gérer mes émotions négatives : la colère principalement, et de temps en temps la tristesse. J’ai énormément de colère en moi, pour différentes raisons, et la cigarette était comme un tampon. La nicotine me faisait croire que fumer calmait ma colère : mais nous savons que c’est faux.

Je n’ai eu qu’un épisode de très grosse colère depuis que je suis non-fumeuse. Mon réflexe d’avoir envie d’une cigarette dans ces moments s’est manifesté, enrayé dans la seconde par un magnifique “bah non Fanny, tu es non-fumeuse” !

Je n’ai même pas eu à me forcer ni à lutter contre cette envie : désormais, je suis non-fumeuse donc je ne fume pas. C’est aussi simple que ça, c’est logique. Et croyez-moi, si j’ai pu abandonner ma clope de colère aussi facilement, c’est que je suis bel et bien libérée (c’est toujours lors d’un épisode de colère que j’ai repris).


Mon autre faiblesse : le mimétisme

En dehors de mes phases très colériques, voir quelqu’un fumer sans que je ne puisse moi-même fumer était une véritable torture. Je vous disais tout à l’heure que je n’ai jamais beaucoup fumé : il m’est même arrivé d’avoir de grandes périodes sans cigarette dans ma vie, principalement lorsque mon entourage était constitué quasi-exclusivement de personnes qui ne fument pas.

Dans ma famille proche, personne ne fume. Si pendant des vacances, je leur rendais visite sur une longue période, il était tout à fait possible que je ne fume aucune cigarette pendant toute la durée de mon séjour (même long), sans que cela ne me pose le moindre problème. En revanche, il m’était impossible de me retenir de fumer chez moi, car je vis avec mon copain et notre coloc : deux gros fumeurs. Les voir fumer non-stop me tentait énormément (et je craquais à chaque fois).


L’envie de fumer a bel et bien disparue

Pourquoi je suis convaincue que je suis enfin libérée de la clope ? Parce que dorénavant, je n’ai même plus envie de fumer en les voyant, pas un seul instant. Toute envie de cigarette a été éradiquée de mon cerveau, quasiment le jour même. La seule fois où l’envie est revenue, c’est lorsque je me suis mise très en colère (et je pense que cette envie était davantage un réflexe qu’une envie réelle, car elle a disparue instantanément).

Même en vous écrivant aujourd’hui ces lignes qui ne parlent que de cigarette, je n’éprouve aucune envie de fumer. Avant, rien que l’évocation du sujet suffisait à me faire craquer. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Je suis non-fumeuse, je le sais, je le sens et c’est gravé en moi pour toujours.


Compenser avec autre chose ?

Pendant la vidéo, j’ai eu un peu peur de compenser mon envie de cigarette avec autre chose de potentiellement néfaste (comme le grignotage par exemple, ou le shopping comme cela avait pu m’arriver précédemment). Même si Riverlevrai se voulait très rassurant à ce propos, cela m’inquiétait pas mal.

Pour l’instant, je n’ai expérimenté aucun phénomène de compensation. Aucune fringale à des moments inopportuns, pas d’envie particulière ni quoi que ce soit de notable. Lors de mes précédentes tentatives, j’avais compensé le manque de cigarette pour la simple raison que je luttais contre l’envie de fumer. Mais là, comme celle-ci s’est totalement évaporée, je n’ai rien à compenser, je n’ai rien à calmer.

C’est pour cette raison qu’il est important de faire un travail sur ses émotions lorsque l’on souhaite arrêter. Si nous fumons, c’est toujours pour calmer ou compenser quelque chose (même inconsciemment). Accepter ses émotions me semble primordial. Ce fameux jour où je me suis mise en colère, j’ai accepté cette colère et j’ai conscientisé que “fumer cette cigarette ne résoudrait pas mon problème et ne m’apaiserait pas réellement” ; l’envie a donc disparue d’elle-même.


Comment ça marche ?

Ce qui me frappe dans cette vidéo, c’est qu’elle ne m’a pas véritablement appris sur le tabac et les addictions. Pendant mon cursus universitaire, j’ai étudié l’addictologie, les mécanismes cérébraux qui vont avec ainsi que le fonctionnement précis du tabac sur notre organisme : rien de très neuf pour moi. Peut-être est-ce les mots employés, la façon de les dire, la répétition de plusieurs phrases ou l’approche plus émotionnelle

Je n’arrive pas à mettre le doigt sur ce qui rend cette méthode efficace, mais croyez-moi elle l’est. J’en suis la preuve aujourd’hui, ainsi que toutes les autres personnes qui ont arrêté : Riverlevrai lui même, Clara qui est non-fumeuse depuis la vidéo, ainsi que toutes les autres personnes qui ont témoigné.

Clara, toujours non-fumeuse après 5 mois ❤️

J’espère que la vidéo ainsi que l’article vous donneront ce petit élan pour arrêter et vous montreront que c’est possible. Croyez-moi, il suffit de pas grand chose pour avancer. Moi même je n’y croyais pas, mais un simple petit clic sur une vidéo de 15 minutes m’a faut sauter le pas ! Vous aussi en êtes capables !

Merci Damien ❤️

La tarte soleil ☀️ un apéro végane facile et rapide !

La tarte soleil ☀️ un apéro végane facile et rapide !

Aujourd’hui, je vous propose ma recette préférée pour l’apéro !

Elle est très facile, rapide, ne coute pas grand chose à préparer et surtout : c’est un succès à chaque fois. 😉

Les gens me la réclament et même mes voisinEs qui habituellement se moquent un peu du véganisme et pensent que l’on ne peut pas se faire plaisir en ayant ce régime ; insistent pour que je la prépare à chaque fois que nous organisons un repas ensemble.

Une recette végane parfaite pour l’apéro ! ❤️

Le concept est très simple : deux pâtes feuilletées rondes, posées l’une sur l’autre et garnie d’absolument ce que vous voulez. Pour la réussir, il n’y a que deux règles :

  • la sauce ne doit pas être trop liquide afin de ne pas détremper la pâte. Si tel est le cas, votre pâte feuilletée du dessous restera molle et ça ne sera vraiment pas bon.
  • les ingrédients qui composent la garniture doivent être coupés vraiment très finement, sinon, vous aurez beaucoup de mal à twister les parts.

Rien que pour vous, j’ai réalisée une courte vidéo pour vous montrer les étapes plus en détail. La recette est un peu différente que dans ce post, mais elle vous sera probablement utile pour l’étape de la découpe et du twistage des parts. 😊 Je vous conseille cependant de suivre les ingrédients de la recette du blog, car elle est plus élaborée que celle de la vidéo.

Recette de la Tarte Soleil en vidéo ☀️

Ingrédients :

Pour faire votre torsade, vous aurez besoin de :

  • deux pâtes feuilletées rondes
  • un petit pot de concentré de tomate
  • de la sauce aigre-douce
  • un gros oignon
  • une gousse d’ail
  • 5 champignons de paris
  • du fromages végane râpé
  • des olives (noires ou vertes, comme vous voulez)
  • des herbes de Provence
  • une cuillère à café de Sriracha
  • toutes les épices que vous voulez (perso j’ajoute toujours au moins : de la pâte de piment antillais, du gingembre moulu, du curcuma, du paprika fumé…)

Recette étape par étape :

  1. Commencez par hacher très finement tous les ingrédients qui vont garnir la torsade : l’oignon, les champignons, les olives et la gousse d’ail.
  2. Dans un gros bol, mélangez les ingrédients hachés avec le concentré de tomate, 2 cuillères à soupe de sauce aigre-douce, une cuillère à café de Sriracha, le fromage végane râpé (environ une poignée) ainsi que toutes les épices selon votre goût (si vous mettez des olives dans votre garniture, je vous déconseille fortement d’ajouter du sel).
  3. C’est le moment d’ouvrir sur votre plan de travail une première pâte feuilletée (conservez la feuille de cuisson en dessous). Sur cette pâte, étalez votre mélange d’ingrédients de façon uniforme sur tout la surface.
  4. Ouvrez votre deuxième pâte feuilletée, et disposez là par dessus la première pour enfermer la garniture. Scellez les deux pâtes en appuyant sur les bords en faisant tout le tour.
  5. Prenez maintenant un petit bol (pas trop gros) ou un verre assez large (l’idéal étant environ 7 cm de diamètre) et placez le à l’envers au centre de la pâte feuilletée pour délimiter le centre.
  6. Coupez votre tarte soleil en 4. Puis chaque part encore en 4.
  7. Retirez votre bol/verre et tournez chaque petite part sur elle-même en faisant deux tours à chaque fois (je vous conseille de regarder la vidéo pour cette étape, ça sera plus parlant que des mots 😅) !
  8. Il est maintenant temps de badigeonner votre tarte pour la faire dorer, à l’aide d’un pinceau. Pour cela, pas besoin de blanc d’oeuf ! Vous pouvez le faire avec au choix : du lait végétal, une huile végétale, ou mieux (ce que j’utilise à chaque fois) : de la sauce aigre-douce. Après cuisson, votre tarte soleil sera non seulement dorée, mais aussi parfumée grâce à la sauce et légèrement caramélisée ! Je vous conseille vivement cette option.
  9. A l’aide de la feuille de cuisson du dessous, faites glisser la tarte soleil sur une grille. Je vous déconseille d’utiliser une plaque de cuisson simple, car la cuisson risquera d’être déséquilibrée entre la pâte du dessus et celle du dessous.
Il ne vous reste plus qu’à enfourner votre tarte dans un four préchauffé à 180 degrés pendant au moins 15 minutes (mon four chauffe vraiment très fort, il est donc possible que vous ayez besoin de plus de temps et/ou d’augmenter la température de cuisson). Pour la même raison que pour l’étape 9, je vous conseille de mettre votre four en mode “chaleur tournante”, pour que la chaleur soit mieux répartie entre vos deux pâtes.

Une fois la tarte bien dorée, on peut considérer que la cuisson est terminée. Il est néanmoins très important que vous jetiez un oeil sur la pâte du dessous pour vérifier qu’elle est bien cuite (il n’y a rien de plus dégoutant que de la pâte feuilletée mal cuite). Si elle est encore molle ou légèrement translucide, je vous conseille de la laisser cuire encore un peu, par tranche de 5 minutes.

Une torsade base tomate, accompagné de salade 🥗❤️

La tarte soleil est un plat qui garantie un succès général à chaque fois, comme je l’ai dit plus haut, tout le monde me la réclame. Un autre gros avantage : vous pouvez la décliner à l’infini avec tout ce que vous aimez. Le tout est de bien respecter les deux conseils donnés au début : des ingrédients hachés très finement et une sauce épaisse pour ne pas détremper la pâte. Si vous respectez ces deux points, alors vous êtes assuréE de la réussir ! 😊

A la maison, on adore varier la sauce en utilisant une base de pesto plutôt que tomate, ça change et c’est vraiment délicieux ! J’ai également vu sur Internet que pas mal de gens la font aussi en version sucrée (pâte à tartiner, compote…). Je n’ai jamais essayé car je préfère vraiment manger salé, mais ça doit être sympa aussi ! 😉


Et voilà, maintenant vous connaissez tous mes secrets pour réaliser cette tarte ! Si vous la reproduisez, n’hésitez pas à m’envoyer des photos, me taguer sur Instagram (@3615panda) et surtout, me dire en commentaire ce que vous en avez pensé ! 😃

#JournéeDeLaFemme : dépolitisation des luttes et stéréotypes de genre

#JournéeDeLaFemme : dépolitisation des luttes et stéréotypes de genre

Aujourd’hui, nous sommes le 8 mars, l’occasion rêvée pour vous proposer ce billet bonus. En ce jour important, il me parait pertinent de faire une petite piqure de rappel féministe. Comme vous le savez forcément, nous célébrons aujourd’hui la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Pas “la journée de la femme” .

Ni “la journée un soutif acheté, une culotte offerte” .

Page d’accueil du site marchand Etam, affichant fièrement l’offre “1 soutien-gorge acheté = la culotte à 1€”. On leur reconnaîtra tout de même le “mérite” d’avoir presque correctement nommé le 8 mars, en ne cédant pas au vulgaire “journée de la femme” .

Dépolitisation et instrumentalisation des luttes féministes

Cela peut vous paraître futile d’insister sur la formulation, mais la distinction est importante. Pourquoi ? Tout simplement car se contenter de parler de la “journée de la femme” revient à dépolitiser les luttes féministes, en excluant les notions de “luttes” et de “droits des femmes” .

Dépolitiser nos luttes a beaucoup de conséquences. Premièrement, cette appellation de “journée de la femme” nous empêche d’être réellement prises au sérieux. Elle renvoie à quelque chose de “léger” et de “festif” alors que la lutte pour les droits des femmes n’a rien d’une partie de plaisir.

Cette appellation invisibilise une nouvelle fois la lutte féministe, ainsi que les conséquences désastreuses et quotidiennes du sexisme sur les femmes et les minorités de genre.

Elle nous impose une charge de travail d’éducation supplémentaire : celui que je suis en train d’abattre actuellement. Alors que je pourrais me focaliser sur d’autres aspects de nos combats, je me dois de rédiger ce billet pour mettre les points sur les i.


La “journée de la femme” et les stéréotypes de genre

Le stéréotype est la base de toute discrimination. Il nait du besoin d’économie cognitive de notre cerveau, qui n’a pas la capacité de traiter toutes les informations en même temps. Ainsi, plutôt que de décrypter une personne en détail quand nous la rencontrons, notre cerveau ira au plus simple et au plus rapide : coller sur cette personne une “étiquette” toute faite. Cette étiquette, c’est ce que l’on appelle le stéréotype.

Petit à petit, les stéréotypes s’ancrent dans notre cerveau. Plus nous les utilisons, plus ils deviennent puissants et difficiles à déconstruire. Si certains stéréotypes peuvent être inoffensifs et réellement utiles au quotidien, d’autres s’avèrent bien plus délétères.

C’est le cas lorsqu’ils deviennent des “préjugés” , que l’on peut définir comme des idées préconçues sur des groupes sociaux, mais dont la connotation est négative. Exemple : “les femmes ne savent pas ce qu’elles veulent” . L’étape suivante est le passage à l’acte par la discrimination et la violence. Exemple : “coucher avec une femme, même si celle-ci a dit “non” , puisque les femmes ne savent pas ce qu’elles veulent” .

Cette construction sociale des stéréotypes se fait de façon inconsciente et insidieuse. Chaque personne utilise des stéréotypes au quotidien par souci d’économie cognitive ; prétendre le contraire serait malhonnête.

La “journée de la femme” participe à l’élaboration de ces stéréotypes de genre, à coups de marketing et de promotions alléchantes sur des culottes ou des mixeurs plongeants. Lorsque l’on me dit que “je devrais me concentrer sur des combats plus importants que les “petites blagues” ou les publicités sexistes” , je dis non.

S’attaquer aux stéréotypes, c’est arracher le mal par la racine : là où naissent les discriminations. Le travail de déconstruction des stéréotypes est absolument primordial. Utiliser des stéréotypes n’est pas une honte, c’est inévitable, le tout est de savoir s’en détacher en en prenant conscience afin de ne pas céder aux préjugés et à la discrimination.


En cette journée du 8 mars, j’aimerais qu’on laisse de côté les culottes et les mixeurs. J’aimerais que l’on se concentre sur les luttes et les moyens à notre disposition pour améliorer la situation des femmes et des minorités de genre. En 2019, j’aimerais que l’on se battent pour TOUTES les femmes, pas seulement les femmes blanches, hétérosexuelles, dyadiques, cisgenres, valides, [insérez ici toutes autres normes dominantes]. NOUS TOUTES, ensemble !

Les alliés du féminisme nous sont également d’une grande aide (oui messieurs, c’est de vous dont je parle 😉). Si vous souhaitez creuser le sujet, ou si vous vous demandez comment faire avancer la situation à votre échelle, je vous recommande la lecture de mes autres articles de la catégorie féminisme.

Bonne journée internationale de lutte pour le droit des femmes ♥️

Mes meilleures astuces pour de beaux cheveux

Mes meilleures astuces pour de beaux cheveux

S’il y a une chose sur laquelle on me complimente sans arrêt : c’est bien mes cheveux ! Quasiment à chaque sortie, à chaque rencontres avec une nouvelle personne, on me glisse des gentilles remarques sur ma tignasse et on me demande vraiment très souvent ce que je fais pour qu’ils soient “si beaux”

Avant de commencer, je préfère vous préciser que je ne suis pas une pro du cheveux (je suis même plutôt une quiche, notamment pour tout ce qui touche à la coiffure 😅). Tout ce qui suit est issu de ma propre expérience, ainsi que des conseils que j’ai pu recevoir de la part de coiffeurs et coiffeuses. 🙂

Mon meilleur conseil : ne rien faire !

Si je devais résumer cet article en trois mots, ce serait “ne faites rien“. Laissez-donc votre tignasse en paix, et elle vous remerciera !

C’est ce que j’applique au quotidien : en faire le minimum possible pour mes cheveux et ils me le rendent très bien ! Je sais, c’est vague mais pas d’inquiétude, je détaille tout ça dans la suite de l’article ! 🙂

Pour commencer, ces deux idées reçues sont à bannir !

Avant de vous donner mes conseils, je me dois de dégommer deux fausses idées sur les cheveux. Posons déjà la base : vos cheveux sont de la matière morte.

Acceptez donc que les “soins réparateurs” ne servent à rien

Contrairement à tout ce que les soins capillaires du marché vous promettent, il faut accepter que nos cheveux ne peuvent pas être “réparés”. C’est un mensonge. Une fois que vos cheveux sont abîmés, c’est la fin. Vous n’avez plus qu’à les couper.

Pendant longtemps, j’ai cherché tel le saint graal les soins capillaires qui pourraient revigorer mes cheveux secs : rien n’a jamais fonctionné. Pourtant j’ai testé des centaines et des centaines de produits différents : Lush, Kérastase, Aussie, des soins à la kératine (qui au passage, ne sont pas véganes), des marques de salon de coiffure, des soins chez le coiffeur et j’en passe… Aucun effet. Tout simplement parce qu’aucun produit ne peut réparer quelque chose qui est déjà mort !

Les produits “bio” et “cleans” ne sont pas “inefficaces”

J’entends assez régulièrement que les produits cleans (sans parabens, sans silicone etc) ont certes l’avantage d’être plus respectueux de l’environnement et de notre santé, mais que le résultat sur les cheveux n’est vraiment pas joli. C’est faux.

Les produits “classiques” de supermarché vous donnent simplement l’illusion que vos cheveux sont beaux. Je pense notamment aux silicones (très présents dans les soins capillaires) qui “enrobent” la fibre du cheveux et lui donnent cet aspect lisse et brillant. Malheureusement, tout cela n’est qu’une illusion : sous les silicones qui étouffent la fibre, vos cheveux sont toujours autant abimées.

Au contraire, lorsque vous utilisez des produits capillaires sans toutes ces substances, c’est là que vous mesurerez le réel état de vos cheveux. C’est en quelques sorte leur vrai visage : et malheureusement, c’est impossible à réparer.

La solution pour de beaux cheveux est donc de prendre soin d’eux en amont, AVANT qu’ils ne soient abimés !


1. Commencez par couper les parties trop abîmées

Oui ça fait mal à entendre, mais c’est malheureusement la première chose à faire. Si vous ne le faites pas, les fourches continueront de remonter et iront casser des fibres capillaires alors encore saines (et ce serait dommage).

Prenez donc ce bon réflexe de toujours couper vos cheveux lorsque des fourches apparaissent. Ainsi, vous repartirez sur une base saine pour appliquer les conseils suivants.

2. Choisissez les produits les plus “cleans” possibles

Dans la mesure du possible, concentrez-vous sur des produits sains, sans substances occlusives (comme les silicones) ou agressives (comme les sulfates par exemple).

Actuellement, je n’ai pas de marques particulières à vous conseiller, car je m’évertue à finir mes anciens produits avant d’en acheter d’autres (et en lisant mon conseil suivant, vous comprendrez pourquoi c’est si long !). Cependant, on m’a vivement conseillé la marque Lamazuna, vers laquelle je me tournerai à l’avenir.

Concrètement, ça signifie qu’il faut oublier TOUS les produits de supermarché. Oui, même les marques comme Timotei, Le petit marseillais, Yves Rocher, Lush et compagnie, qui sont les rois du greenwashing (utiliser une marketing “vert” et “écolo” pour vendre des produits aux compositions dégueulasses).

3. Espacez au maximum les shampooings

Qu’il soit cleans ou pleins de sulfates, le shampooing n’est de toute façon pas le meilleur ami des beaux cheveux. Afin de les agresser le moins possible, il vous faudra aussi les laver le moins possible. Je connais même plusieurs personnes qui ne les lavent plus du tout, et qui s’en portent très bien (et qui ont aussi des cheveux sublimes, comme par hasard !)

Un peu comme notre vagin ou notre nez, le cheveu possède un cycle d’auto-nettoyage avec lequel il ne vaut mieux pas interférer. Alors oui, ce sera difficile au début, mais gardez à l’esprit que si vos cheveux graissent, c’est seulement en réactions à toutes les agressions que vous leur faites subir. Moins vous les laverez, moins ils graisseront. Ce processus sera long et fastidieux, mais les résultats en valent la chandelle !

Je n’en suis pas encore au “no-poo” (ne plus du tout se laver les cheveux avec un shampooing), mais je ne fais jamais plus d’un shampooing par mois, et les résultats sont hallucinants !

4. Faites vos soins AVANT le shampooing, et non l’inverse

Que vous choisissiez de réduire la fréquence de vos shampooings ou non, faites toujours vos soins AVANT le lavage (et non après, comme la coutume l’enseigne). En général, lorsqu’ils sont appliqués après le shampooing, les soins laissent toujours des résidus dans les cheveux qui auront pour effet d’étouffer la fibre. Même avec un bon rinçage, il est possible qu’il en reste. Appliquez-les plutôt avant le shampooing pour éviter ça.

5. Pas de chaleur, de teintures, de produits coiffants etc…

Là aussi, le but est de minimiser au maximum les agressions que subissent vos cheveux : la chaleur étant leur pire ennemie. N’utilisez jamais de sèche cheveux, préférez laisser sécher votre crinière à l’air libre. On évitera aussi au maximum les fers à lisser (ou pire, les brosses lissantes) et tout autre appareil utilisant la chaleur pour coiffer vos cheveux.

Evitez également de les teindre, de les décolorer ou d’utiliser au quotidien des produits comme la laque, les cires ou les gels coiffants. Les choix de coiffures seront certes moins larges, mais il existe pleins de méthodes pour mettre en forme vos cheveux ou les colorer sans pour autant les détériorer (le henné, les bigoudis, les tresses pendant la nuit pour donner un effet wavy sans chaleur etc…)

De toute façon, si vos cheveux sont en bonne santé et beaux au naturel, vous n’aurez même pas besoin de passer du temps à vous coiffer (perso je ne fais jamais rien et tout le monde dans mon entourage a pourtant l’air de jalouser mes “secrets capillaires”) !

Edit : un coiffeur m’a recommandé sur Twitter de ne jamais laisser les cheveux sécher à l’air libre, car l’eau fait également des dégâts aux cheveux. Il recommande un séchage au sèche-cheveux avec une chaleur très douce. Cela serait préférable qu’au séchage à l’air libre.

6. Ne dormez jamais les cheveux lâchés

Votre oreiller est également un ennemi ! Les frottements entre vos cheveux et la taie sont vraiment très mauvais pour eux.

Afin de minimiser cela, je vous conseille de faire deux tresses de chaque côté le soir avant de vous coucher, cela les protègera. C’est aussi mon meilleur conseil coiffure. Le matin, vous n’aurez qu’à dénouer les tresses pour avoir un bel effet wavy sans effort (c’est ce que je fais tous les jours).

Je vous conseille également de vous procurez des taies d’oreiller en satin, matière beaucoup plus douce pour les cheveux que le traditionnel coton.


C’est tout pour cette première édition ! J’espère que les conseils donnés vous aideront, même si j’ai bien conscience que certains seront difficiles à appliquer : notamment espacer les shampoings. Quand bien même, je vous encourage vraiment à tenir bon, car les résultats en valent vraiment la peine.

Le slashing : glamourisation de la précarité

Le slashing : glamourisation de la précarité

Le slashing : encore un nouvel anglicisme “à la mode”. La première fois que j’ai entendu parler de slashing, ce n’est pas lors de la vague d’indignation (justifiée) que le terme à provoquée récemment sur twitter, mais bien avant. C’était il y a environ six mois de cela, pendant un événement de développement personnel dans le milieu bien particulier de l’entrepreneuriat. L’intervenant nous avait introduit la dite notion, sans que cela n’ai réellement choqué le public.


Mais alors, qu’est ce que le slashing exactement ?

Ce mot désigne tout simplement le fait de cumuler plusieurs emplois ou activités. Par exemple : donner des cours particuliers le soir, tout en effectuant des heures de ménage. On appelle alors ces personnes des “slashers” . CertainEs vont même jusqu’à cumuler plus de trois emplois.

Une petite variante est à noter : le terme slashing peut également être utilisé pour désigner des personnes qui changent très souvent d’emploi, sans forcement les cumuler (le cumul d’emploi étant l’usage le plus courant du mot).


En quoi la notion de slashing pose-t-elle problème ?

Mais alors, quel est le problème avec le slashing ? Après tout, beaucoup de personnes font ce choix pour arrondir les fins de mois, ou pour ne plus s’ennuyer avec un seul travail répétitif… Hum, personnellement je ne suis pas du tout d’accord avec cela.

Chaque fois que j’ai vu le thème du slashing être abordé, que ce soit dans les média ou des ateliers, l’angle était toujours très “glamour” et romancé. Le slashing est très souvent présenté comme une nouvelle tendance, comme le dernier anglicisme en –ing à la mode, parfois même associé à “la nouvelle manière de réussir sa vie” comme dans un article du site Qapa, qui cite le sociologue Jean Viard :

“ Aujourd’hui, réussir sa vie ne signifie plus une carrière accomplie mais plutôt de multiplier les opportunités.

Jean Viard

Ce que l’on oublie souvent lorsque l’on parle de slashing, c’est que les fameux et fameuses “slashers” n’ont souvent pas d’autre choix que de cumuler des emplois précaires pour s’en sortir financièrement. Dans les média, on nous présente des athlètes de haut niveau qui ont aussi une activité (souvent d’élite) comme Teddy Riner, ou des personnalités politiques dont on compare le cumul de mandats à du slashing. Mais ces personnes sont-elles représentatives de la réalité de terrain ? Certainement pas.

Multiplier les opportunités ?

Peut-on vraiment dire que les slashers de base, celles et ceux qui cumulent les emplois précaires multiplient les opportunités ? Quel ravissement, ces fabuleuses opportunités de caissièrE, de garde d’enfant, d’heure de ménage ou que sais-je encore ! Peut-on vraiment parler d’opportunités de vie telles qu’elles sont décrites par les média ? Ces derniers ont l’air de dire que cumuler les emplois favorise les chances d’en trouver un autre encore mieux, et donc de s’élever socialement. Mais les emplois précaires précédemment cités sont-ils vraiment ceux qui apportent ces chances ?

Proud to be a slasher ?

Je vous parlais tout à l’heure de cet atelier de développement personnel où j’avais entendu parler de slashing pour la première fois. A la fin de la présentation de notre intervenant, le public a commencé à échanger et ce terme de slashing est pas mal revenu dans les conversations.

Tout le monde était assez refait d’avoir découvert un nouveau mot anglais qui les caractérise, comme si c’était hype, mais semblait aussi oublier à quel point vivre dans cette situation est difficile. Peut-être que dans le domaine de l’entrepreneuriat personne n’a vraiment à coeur d’avouer la galère vécue au quotidien.

Entre le lancement de notre activité indépendante (qui ne rapporte donc pas grand chose au début) que l’on doit conjuguer avec d’autres sources de revenus, à quel moment on imagine que c’est une partie de plaisir ?

J’ose le dire : je ne suis pas fière d’être une slasheuse, car c’est synonyme de galère. Celui ou celle qui prétend le contraire est juste en train de vous mentir pour faire bonne figure (comme beaucoup de personne de la Start-up Nation, milieu ou il est de bon ton de feindre une happy face et un bagou en toutes circonstances).


“Et si on jouait au pauvre pour voir ce que ça fait ?”

On touche enfin au vrai problème : le slashing n’est pas une tendance, ni un nouveau truc à la mode que les gens font par “plaisir de travailler”. C’est un bail de pauvres, que tous les pauvres font depuis toujours car il n’y a pas d’autre solution pour s’en sortir financièrement.

Quand le véritable problème est l’ennui au travail, on ne cherche pas un autre travail en plus du premier. On exerce plutôt ses passions, on s’amuse, on sort, on fait des activités qui nous plaisent.

Mais pour cela, il faut en avoir les moyens, ce qui n’est pas le cas de la personne qui “slashent”. Et si nous n’avons pas les moyens financiers pour profiter de la vie en dehors de ce travail qui nous ennuie tant, c’est que le problème initial n’est pas l’ennui, mais bien la précarité.

J’ai l’impression que l’on glamourise de plus en plus la situation du pauvre pour en faire quelque chose de désirable, de limite amusant pour mettre un peu de piment dans sa vie. Glamouriser les pauvres peut aussi endormir les consciences : on les flatte, on fait comme si leurs vies et leurs galères quotidiennes étaient “hypes” et intéressantes.

On leur fait ainsi miroiter l’illusion que leurs problèmes sont les problèmes de toute la population peu importe la classe sociale, ce qui a pour effet insidieux de calmer les envies de révolution et de changement. Il n’y a pourtant qu’à écouter le dédain et le mépris de Manu à chacun de ses discours pour mesurer à quel point cet “intérêt” n’en a que le nom…

Ça me fait beaucoup penser au “batch cooking” (2), cette “nouvelle tendance à la mode” de cuisiner une seule fois le week-end en grosse quantité pour manger toute la semaine, emmener sa gamelle au boulot, économiser les repas etc.

Réveillez-vous là, les pauvres font ça depuis toujours ! Ce n’est ni une partie de plaisir, ni un choix : simplement des stratégies d’adaptation que les personnes pauvres mettent en place au quotidien car c’est la seule solution pour s’en sortir.


Sources :


Revue du carnet en liège Lemome – Plan With Me 4

Revue du carnet en liège Lemome – Plan With Me 4

Bonjour à toutes et à tous !

Aujourd’hui, je vous présente une revue plus en détail du carnet en liège de la marque Lemome. Vous l’avez vu sur ma chaîne pour la première fois lors de mon set-up 2019, mais je l’utilise depuis mi-décembre 2018.

Je sais, je sais. Vous le voyez déjà partout si vous êtes adepte de Bullet Journal. Je l’ai commandé début décembre, et deux semaines après l’avoir reçu, les revues sur le Lemome pullulaient sur Youtube. Pourtant, quand j’ai voulu consulter des revues sur la plateforme pour avoir des avis, il n’y avait que trois ou quatre vidéos à tout casser.

J’ai voulu être originale et changer du traditionnel Leuchtturm 1917, mais c’est raté ! J’en suis la première désolée, et j’espère que cette redondance ne vous soule pas trop. Quoi qu’il en soit, je tiens quand même à ajouter ma pierre à l’édifice en publiant ma propre revue :

Carnet en liège Lemome : mon avis.

Etre un allié du féminisme #2

Etre un allié du féminisme #2

Il y a quelques temps, je vous avais proposé 5 actions à mettre en place au quotidien pour rendre notre monde un peu moins sexiste et dégueulasse.

J’avoue, j’ai menti. Dans le premier volume, j’ai surtout donné quelques pistes théoriques pour te faire réfléchir à propos du sexisme.

Je souhaitais vraiment reprendre les bases et poser un cadre, juste au cas où certain.e.s lecteurices ne soient pas hyper familier.e.s du sujet.

Aujourd’hui, promis, on passe à l’action !

Comment être un allié ? Volume 2.

Cette fois ci, les actions vont te demander un peu plus d’investissement et de prise de position assumée. C’est pour cela que je tiens à te préciser qu’en matière de lutte, chacun.e fait en fonction de ses moyens (physiques ou psychologiques).

Tout le monde n’a pas les moyens d’aller en manifestation, en action ou même suffisamment d’assurance pour aller à contre-courant en public et tenir tête à des personnes qui ne sont pas d’accord avec nous. Et ce n’est pas grave.

Ne te met surtout pas la pression, et fait de ton mieux, à ton niveau (les choses viendront petit à petit).

1. Reprends ton entourage lorsque leur attitude pose problème

Le début du changement passe forcement par cette étape : faire comprendre aux autres que leurs actes sont problématiques.

N’hésite pas à te faire entendre ! Tu t’exposera probablement à de la réactance, mais crois en mon expérience, les choses s’améliorent toujours avec le temps, même chez les cas les plus désespéré.e.s ! 😉

Reprends tes potes, ne laisse plus passer les sifflements dans la rue, ne laisse pas passer les remarques sur la tenue des femmes ou encore la drague lourde. Petit à petit, je te promets qu’ielles vont comprendre et changer. Bien sur, il en va de même pour les insultes, les agressions, les viols

2. Interviens en cas problème

Si tu vois n’importe qui dans une situation dangereuse : interviens. Fais toi passer pour un père, un frère, un ami et interposes toi. Et si tu ne peux pas intervenir, appelle immédiatement les secours.

Après avoir appelé de l’aide, tu peux aussi essayer de prendre des photos ou de filmer pour aider la victime si celle-ci souhaite porter plainte.

Très souvent, a fortiori quand il s’agit d’agressions sexistes, les faits sont minimisés et disqualifiés par les forces de l’ordre et la Justice. Parfois, les femmes doivent même se rendre dans plusieurs commissariats différents avant que quelqu’un.e accepte de prendre leur plainte.

Ça a été mon cas l’an dernier. Un mec m’a giflée dans la rue devant une dizaine de témoins. J’ai voulu porter plainte, mais on m’a très clairement fait comprendre que ça ne servait pas à grand chose et que j’allais faire perdre leur temps aux flics. Avoir une preuve matérielle de mon agression m’aurait surement aidé.

3. Évite le virilisme

Au quotidien, essaie d’éviter le virilisme : cet “idéal” de perfection, de performance et de courage, qui passe autant par des démonstrations corporelles que par des démonstrations verbales d’autorité et de pouvoir.

De façon plus concrète, évite par exemple de systématiquement associer “courage” et “couilles” et les expressions dérivées (eg. “poser ses couilles sur la table“, “avoir des couilles” etc.).

4. Non, les blagues sexistes ne passent pas

Les blagues sexistes sont la base de la pyramide des violences faites aux femmes (et minorités de genre). Elles entretiennent les stéréotypes, les préjugés, les discriminations et donc les agressions. N’en fait pas, et essaie de reprendre ton entourage le cas échéant.

Je te conseille très vivement de regarder cette vidéo si tu veux en apprendre plus sur les problèmes que posent les blagues sexistes.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=ew7F-iudnV0]

Et qu’on ne me sorte pas le fameux point Desproges : non, on ne peut pas “rire de tout”.

A l’origine, l’humoriste a prononcé cette phrase à la radio, dans une émission dont l’invité du jour était Jean Marie Le Pen. Ce jour là, Desproges manifeste son mécontentement et son refus de “rire de tout” devant/avec une personne de la trempe de JMLP par sa fameuse phrase : “on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui.

Depuis, cette dernière a été détournée et est utilisée comme une justification fallacieuse à toutes les blagues salaces, alors que Pierre Desproges n’a jamais voulu dire cela.

5. Si tu as des enfants, essaie des les éduquer de façon non genrée

Le changement viendra également par les nouvelles générations : à nous de bien les éduquer. Laissez vos enfants porter les couleurs qui leur plaisent ou jouer avec les jeux qui leur plaisent. Ne leur mettez pas la pression.

Sans rire, j’ai déjà vu une mère hurler sur son fils d’environ 6 ans dans un supermarché car il avait choisi une paire de lunettes de soleil avec des montures roses. Elle lui criait dessus que “le rose c’est pour les filles” et le gosse pleurait toutes les larmes de son corps.

C’est un peu cliché comme situation, mais elle est assez révélatrice. Essayez également de complimenter les filles pour leur force, leur logique ou leur intelligence (pas seulement pour leur beauté). De même, n’hésitez pas à renforcer positivement chez les garçons les actes de douceur et de bienveillance.

Je ne suis pas une pro de l’éducation non genrée (ni de l’éducation tout court), alors si vous avez des enfants, je vous invite à creuser un peu plus ce sujet. 🙂

6. Ne fait jamais une des précédentes actions dans le but de te faire bien voir

En général, on le remarque très vite. Essaie de ne pas fanfaronner parce que tu es “déconstruit” et de ne pas te vanter dès que tu défends une femme en public. On captera tout de suite que tu fais juste cela pour te faire bien voir et t’attirer les bonnes faveurs des femmes.

Comprend aussi que nous soyons un poil méfiante face à cette attitude. Dans le milieu militant, beaucoup d’homme ont usé de leur supposée déconstruction pour agresser des femmes.


Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui. J’espère que vous entreprendrez ces petites actions quotidiennes qui peuvent déjà faire la différence !
A la semaine prochaine !

Atelier Bullet Journal gratuit à Tours, le 5 mars 2019 !

Atelier Bullet Journal gratuit à Tours, le 5 mars 2019 !

Bonjour à touste !

J’espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d’année ! Aujourd’hui, je vous propose un post 2 en 1 : un joli projet qui se réalise, et la présentation plus en détail d’un espace de coworking tourangeau.

Un atelier Bullet Journal gratuit à Tours !

C’est ma grande nouvelle de début d’année : j’organise un atelier Bullet Journal totalement gratuit au Hub Coworking, le 5 mars prochain. Si vous ne savez pas ce qu’est le bullet journal, je vous conseille de vous reporter à ma catégorie spécialisée où vous apprendrez pléthore de choses sur le sujet.

Pour vous expliquer rapidement, il s’agit d’une méthode de planification hyper bien faite, qui vous permet de ne pas vous laisser submerger par vos tâches quotidiennes et d’atteindre plus facilement vos objectifs.

Le secret, c’est l’anticipation, c’est pour ça que j’appelle parfois cette méthode “planification pro-active” : on réfléchit bien avant d’agir !

Et comme je suis une personne vraiment super sympa, je vous propose gratuitement cet atelier d’initiation le 5 février prochain. Attention, il faut réserver sa place en ligne. Pour être tenu.e au courant, je vous conseille de suivre la page Facebook du Hub, où toutes les informations seront données.

Comme d’habitude avec moi : pas de niveau ni de matériel requis (pas de dessin prévu, ni de calligraphie). Cet atelier s’adresse à tout le monde, plus particulièrement aux personnes qui rencontrent des difficultés d’organisation et qui ne sont pas vraiment satisfaites des options digitales.

C’est mon cas : je ne suis jamais assidue avec mon téléphone. J’ai testé pleins d’applications différentes, mais rien n’y fait. Quand j’ai découverts le Bullet Journal, qui ne requiert qu’un carnet et des stylos, j’ai enfin trouvé “mon truc” ! Peut-être que ce sera votre truc aussi, pour le savoir, il faut venir ! 😉

Notre hôte : le Hub Coworking

Je profite de cette annonce pour vous présenter rapidement notre hôte de la soirée ! L’atelier aura lieu au Hub Coworking, un lieu de travail vraiment génial que je fréquente depuis quelques mois, situé en pleins cœur de Tours (rue Nationale).

Le Hub est un espace de coworking, c’est à dire un lieu ouvert à touste, ou chacun.e peut venir “travailler” au sens très large du terme, moyennant un abonnement (sans engagement de durée).

C’est le lieu idéal pour celleux qui exercent une activité indépendante. Le Hub est également fréquenté par des artistes: peintres, cinéastes, photographes, ou encore des étudiant.e.s qui apprécient le calme et l’accueil chaleureux du lieu pour avancer leurs projets et révisions. L’endroit est cosy, très lumineux grâces aux grandes fenêtres, et accueillant. J’ai découvert cet espace de coworking par le biais de mon conjoint qui y travaille. Depuis, j’y ai noué de très belles relations, et je suis vraiment ravie que le Hub accueille mon atelier.

Pour ne rien gâcher, nous sommes toujoutrs accueilli.e.s comme des rois et reines. En plus des friandises à volonté, chaque atelier est suivi d’un petit apéro !


J’espère vous voir nombreux et nombreuses à cette initiation au Bullet Journal. Il est fort probable que je vous parle à nouveau du Hub Coworking en 2019, car je souhaite davantage aborder mes autres activités pro sur le blog. On parlera d’entreprenariat, je tenterais vous offrir des solutions hors des sentiers battus, bref vous montrer un autre chemin que le travail “classique” dont de plus en plus de personnes se lassent.

N’oubliez pas de réserver votre place pour le 5 mars ! Si vous êtes présent.e sur Facebook, vous y trouverez bientôt l’événement correspondant à mon atelier en suivant la page du Hub Coworking).

A très bientôt !

Etre un allié du féminisme #1

Etre un allié du féminisme #1

Salut à toi, homme cisgenre !

Je viens en paix aujourd’hui, avec pleins de doux conseils dans ma hotte de Mère Noël (un peu en retard) !

Comment être un allié du féminisme ?

Je suis persuadée que toi aussi, tu souhaites aboutir à une équité des genres. J’ai le plaisir de t’annoncer que tu as aussi un rôle à jouer dans la lutte contre le sexisme !

C’est pour cela que je te propose aujourd’hui quelques idées d’actions à mettre en œuvre pour faire de notre monde un endroit un peu moins dégueulasse. 😉

1. N’arrête jamais de t’éduquer

Le sexisme est appris. C’est notre éducation, qu’elle vienne de l’école, de la maison, des média ou que sais-je encore, qui nous a conditionnée à être sexiste.

Le désapprentissage du sexisme est donc un travail sur soi de longue haleine et qui je pense, dure toute la vie. Personne ne peut se prétendre déconstruit.e à 100%, peu importe le genre de ladite personne.

Pour cette raison, je t’invite à toujours t’informer sur le sujet du féminisme (et toutes les autres luttes évidemment) et à rester ouvert.e d’esprit. Moi-même, j’en apprends tous les jours, surtout grâce à mon entourage qui a su m’ouvrir les yeux sur beaucoup de chose. <3

2. Ne te braque pas quand on te fait une remarque

Pour la même raison que le point précédent, accepte que l’on te fasse des remarques si ton attitude pose problème. Comme personne ne peut-être déconstruit.e en tout point, chacun.e d’entre nous est susceptible de dire ou faire de mauvaises choses. C’est normal, et c’est même humain.e.

Pour prendre un exemple, en tant que personne blanche, j’ai conscience d’avoir intériorisé des stéréotypes raciaux problématiques, et j’ai conscience de profiter au quotidien du privilège d’être blanche dans notre société. Si une personne racisée me fait une remarque, je me dois de l’écouter et d’essayer de comprendre.

Si tu doutes encore de l’existence du “privilège blanc”, je t’invite à lire cette BD qui en parle, avec pleins de statistiques intéressantes. 🙂

Il faut accepter que les concerné.e.s nous expliquent en quoi nos dires et/ou nos actes sont problématiques. Je sais, accepter ses torts fait partie des choses les plus difficiles en ce monde. Je sais également que ces remarques ne sont pas toujours dispensées dans la bienveillance, et que cela rend l’information difficilement entendable pour toi.

Essaie néanmoins de mettre ton égo de côté et de garder l’esprit ouvert. Dans la mesure du possible, concentre toi sur le fond plutôt que sur la forme. Et si la personne en face de toi est vraiment trop agressive, tant pis. Met un terme à la conversation et réfléchit tranquillement à la question, de ton côté.

Essaie aussi de comprendre que cela peut être vraiment très usant pour nous de toujours expliquer les mêmes choses. C’est souvent pour cette raison que l’on s’emporte. Le plus énervant, c’est de voir à quel point les hommes ne nous comprennent pas, alors que nous ne demandons que le respect et l’équité.

Si ça peut te rassurer, sache que tout le monde peut proférer des propos sexistes, peu importe le genre.

3. Pitié, ne fais pas pas de “NotAllMen

Le “notallmen“, c’est cette tendance à invisibiliser le vécu d’une personne et à déplacer le débat pour que le centre d’attention soit encore et toujours “les hommes” et non pas les violences faites aux minorités de genre.

La situation typique du “notallmen“, c’est lorsqu’une personne (souvent un homme, mais pas que) rétorque à une victime de viol que “tous les hommes ne sont pas comme ça” ou “tous les hommes ne sont pas des violeurs“.

Afin de rassurer inconsciemment ton égo, tu éprouveras peut-être le besoin de dire cela. Peut être même que tes intentions seront bonnes, et que tu souhaites simplement montrer le bon côté des choses pour rassurer la victime…

Peu importe tes raisons, je te conseille vraiment de ne jamais dire cela, car c’est extrêmement impoli et irrespectueux pour la victime. Oui. On. Le. Sait. Bien sur que les hommes ne sont pas tous des violeurs ou des pervers. Nous ne l’avons jamais prétendu.

On ne parle pas “des hommes” en général, mais des violences faites aux minorités de genre. Malheureusement, ils se trouvent que ces violences sont très majoritairement commises par des hommes. C’est un fait que personne ne peut nier.

Faire glisser le débat de cette façon revient encore une fois à placer les hommes au centre de l’attention et invisibilise les violences que nous souhaitons combattre.

Si une personne te raconte son vécu, c’est qu’elle te fait assez confiance pour aborder ce sujet douloureux avec toi. Respecte là en retour, ne minimise pas et n’invisibilise pas son vécu traumatique en lui parlant “des hommes” alors qu’elle voulait te parler de son histoire.

Si tu le souhaites, tu peux visionner cette vidéo très pédagogique de l’Effet Chimpanzé, qui parle du phénomène “NotAllMen”, en plus d’aborder le problème du harcèlement de rue.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=h85WcUUxnM4&w=560&h=315]

4. Laisse les concerné.e.s s’exprimer

C’est déjà assez énervant en tant que féministe, de vouloir mettre en lumière des problèmes et de ne pas être écouté.e  ni pris.e au sérieux. Ça l’est encore plus quand on voit que lorsque ce sont des hommes qui parlent de ces problèmes, on les écoute.

Exemple : ici, le YouTuber “le roi des rats” nous expose un problème que vivent les femmes : le cyber-harcèlement, plus précisément sur les mineures. Quand c’est un homme qui en parle, il est écouté et respecté.

Mais quand des femmes ou des jeunes filles en parlent, elles seront très souvent culpabilisées.

A leur âge, elles n’ont rien à faire sur des sites de rencontre !

Elle l’a cherché, quand on ne veut pas être sollicitée, on ne s’inscrit pas sur ces sites !

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=CpZaAerYL-M&w=560&h=315]

Il en va de même pour toutes les autres luttes. Quand Gaëlle Garcia Diaz s’est rasé le crâne en soutient à une femme de sa famille atteinte d’un cancer, c’est elle que l’on a écouté dénoncer les discriminations envers les personnes malades. Autrement dit, c’est une personne valide qui prend la parole, et pas directement les personnes concerné.e.s.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=bjy5xBVd3kg&w=560&h=315]

Bien évidemment, j’ai conscience que ces deux personnes avaient les meilleures intentions du monde, je les remercie donc d’avoir pris la parole, surtout avec une telle audience.

Je voudrais juste que l’on se recentre un petit peu, et qu’on laisse un maximum la parole aux personnes concerné.e.s. C’est un angle du problème que tu peux envisager dans ton quotidien ! 😉

Face à l’incompréhension de beaucoup de cismecs, c’est vraiment hyper appréciable d’avoir des alliés. Cependant, veille à ce que ta parole n’invisibilise jamais celle des concerné.e.s.

5. Aie conscience de tes privilèges

Être blanc.he, être un homme, être cisgenre, être hétérosexuel.le, être valide etc. donne droit à des privilèges. Je sais bien que cette idée à du mal à passer, mais c’est bel et bien une réalité dont tu dois avoir conscience.

Si tu n’aimes pas le terme “privilège“, imagine alors que “La Vie” est un jeu vidéo. Comme dans presque tous les jeux, il y a des niveaux de difficulté. Pour te faire comprendre la notion de privilège, considère que le réglage homme blanc cis hétéro valide…” est le niveau le plus facile, celui avec lequel tu accèdera le plus facilement aux récompenses et où tu auras moins d’obstacles sur ta route.

Dans ce jeu, tu ne choisis pas tes caracs au début, elles apparaissent d’elles-mêmes et tu dois faire avec. C’est pas juste, je sais, exactement comme dans la vie. Si tu as la chance de tomber sur “homme blanc cis hétéro valide“, tu auras par exemple beaucoup plus facilement accès aux meilleurs quêtes, et tu gagnera même davantage de pièces d’or pour les avoir completées.

Et oui, il y aura de meilleures joueureuses que toi, même des non-“homme blanc cis hétéro validete battront et te surpasseront, car ielles sont simplement meilleures au jeu.

Mais ça ne change pas le fait que le jeu a été plus facile pour toi à la base.

Je trouve cette analogie super, je l’ai trouvé sur le blog d’un militant féministe anglais, mais je ne retrouve pas le lien. Si je mets la main dessus un jour, il apparaitra ici. 🙂

Avoir conscience de ses privilèges est une chose importante, mais elle n’est pas innée, il faut y réfléchir.

Au fond, le privilège blanc, le privilège d’être un homme, hétéro ou d’appartenir à toutes autres normes dominantes, c’est le luxe de vivre dans cette ignorance bohème de ce que vivent les autres.


C’est déjà tout pour aujourd’hui ! Je te le dis direct, il y aura un volume 2 ! Aujourd’hui, j’ai été assez théorique dans le but de reprendre les bases. La réflexion est l’étape la plus importante, il ne faut donc pas la négliger. La prochaine fois, on se penchera plus en détail sur des actions concrètes.

A la semaine prochaine !

Mon BuJo 2019 – Plan With Me #3

Mon BuJo 2019 – Plan With Me #3

Je continue sur ma lancée avec un nouvel article sur le Bullet Journal ! Vous semblez beaucoup apprécier cette thématique, et ça me fait vraiment plaisir. Aujourd’hui, voici en vidéo l’intégralité de mon set-up pour un nouveau carnet, j’espère que ça vous plaira !


Comment commencer son bullet journal ?

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=HzNwV6iOU7M]

Ça me touche vraiment beaucoup de lire vos commentaires, ou lorsque vous me raconter dans la vie de tous les jours que cette méthode vous a vraiment aidé à réaliser vos objectifs ! Je ne pensais faire qu’un ou deux articles sur le BuJo, mais finalement, il devient une vraie thématique de mon blog (j’en suis la première heureuse) !

10 astuces pour s’habiller végane et éthique !

10 astuces pour s’habiller végane et éthique !

10 astuces pour s’habiller végane et éthique !

Lorsque l’on choisit de devenir végane, c’est toute notre vie que nous remettons en question. Alimentation, loisirs, cosmétiques mais aussi mode : tout y passe ! Et si, en plus de l’attention portée pour éviter les produits animaux dans nos vêtements et accessoires, on souhaite s’orienter sur des produits éthiques, équitables et écologiques, l’équation peut vite devenir compliquée ! Aujourd’hui, je vous propose quelques astuces afin d’y voir plus clair !

1. Moins c’est mieux

Avant toute chose, réfléchissons cinq petites minutes et posons nous les bonnes questions !

Pour cela, je vous conseille la méthode bisou ! Avez-vous vraiment besoin de cet article ? L’achat est-il vraiment urgent ? N’avez-vous pas déjà un article équivalent chez vous ? Posez-vous également la question de son origine et de ce que cela implique. Est ce que cet article vous sera vraiment utile ?

Si la réponse est oui, envisagez-alors votre achat en pleine conscience, et faites au mieux avec les conseils suivants.

2. Privilégiez les achats “seconde main”

A la méthode bisou, j’ajouterais la question : est ce que cet objet peut être acheté d’occasion?

Depuis un peu plus d’un an, je n’achète plus rien en boutique mais uniquement d’occas. Il m’arrive encore de faire du lèche-vitrine, mais uniquement pour repérer les articles qui me plaisent. Ensuite, je recherche l’équivalent sur Vinted, ou directement en friperies. Vous pouvez également consulter les innombrables groupes Facebook de “vide dressing” pour éviter le transport.

Pour des soucis de taille et de style vestimentaire, je ne trouve quasiment jamais rien en friperie.

En revanche, les applications de vide dressing sont de vraies mines d’or. J’utilise principalement Vinted et United Wardrobe. J’y trouve ce que je cherche quasiment à chaque fois.

Certes, il y a des emballages et du transport, mais ce n’est qu’un petit grain de poussière comparé à l’impact environnemental d’un produit neuf.

Je ne jette aucun emballage : ils me servent à expédier les vêtements que je revends.

Le seul défaut que je trouve à Vinted, c’est le côté très classique des pièces proposées. Pour des articles un peu plus stylés et originaux, je vous recommande davantage l’application United Wardrobe. C’est un peu plus cher, et je ne suis pas très fan de leur système de vente, mais vous y trouverez de véritables petites perles.

Évidemment, vous trouverez de tout sur ces applis, y comprit des marques de grande distribution pas du tout éthiques, il convient donc aussi de faire un petit tri. Et si vous craquez vraiment sur une pièce, au moins, vous ne l’achetez pas neuve. On va dire que c’est “moins pire”.

3. Privilégiez les petit.e.s créateurices

Dans le cas où vous souhaiteriez vraiment acheter un produit neuf, autant le faire auprès de créateurices à plus petite échelle. Je préfère largement donner mon argent à de petites structures françaises et éthiques, dont voici quelques exemples …

  • Dikt’art : vêtements écologiques et équitables (coton 100% biologique et certifié GOTS, OE 100, OE Blended, OEKO TEX et REACH).
  • Paulette à Bicyclette : joaillerie éthique (premier joaillier français labellisé Fairmined).
  • Minuit Sur Terre : chaussures véganes conçues avec respect (éthique et avec du choix).

4. Renseignez-vous avant d’aller en boutique

Tous les conseils que je vous donner aujourd’hui devraient idéalement être appliqués avant votre sortie shopping.

Sur place, c’est presque déjà trop tard, car ce n’est pas en pleins milieu de la boutique que vous aurez la motivation de lancer une longue recherche sur les méthodes et la transparence d’une marque. Et ne comptez surtout pas sur les employé.e.s pour vous donner les informations dont vous aurez besoin, a fortiori sur les questions éthiques et de production.

Règle générale : ne JAMAIS croire le moindre mot issu de la bouche du personnel (et c’est une nana expérimentée dans la vente qui vous le dit).

Quasiment tous mes précédents employeurs m’ont déjà demandé de mentir, ou de dissimuler des informations aux client.e.s sur une caractéristique d’un produit ou la marque en général.

5. Les étiquettes ne sont pas forcément fiables

Elles sont déjà difficiles à décrypter, mais le pire dans tout ça, c’est qu’elles ne sont même pas nos meilleures alliées ! Je parle bien évidemment de ces étiquettes si compliquées, pourtant censées nous être utiles ! Voici quelques informations utiles à connaitre :

  • La mention “made in …” désigne le pays d’assemblage du vêtement. Par conséquent, une boutique peut afficher “made in France” car le produit a été cousu en France, alors que les matières premières peuvent venir de n’importe où.
    Exemple : Maje, qui profite de la mention “made in…” indiquant un pays d’Europe pour faire croire aux client.e.s que la fourrure vient du dit pays, alors qu’elle vient en réalité de Chine (ouais je balance, Maje ne mérite pas mon silence).
  • Pour avoir plus d’information sur le pays d’assemblage, vous pouvez consulter les premiers chiffres du code barre (ils indiquent une localisation). Vous trouverez ici la correspondance entre le code barre et les différents pays.

Sachez également que certain.e.s commerçant.e.s malhonnêtes pratiquent l’étiquetage frauduleux (particulièrement sur les marchés et les stands).

Ma dernière prise en date : le stand au marché de Noël de Tours de l’enseigne “La Boîte à Chapeaux”. Vous trouverez de magnifique petits bonnets ornés d’un pompon de fourrure animale. Alors que l’étiquette indique un bonnet 100% synthétique, le pompon quant à lui est certifié 100% cadavre. Pour ne plus vous faire avoir, retrouvez mes astuces pour discerner la fourrure animale et la fourrure synthétique.

Le mieux, c’est de se renseigner sur la marque en amont, et d’être capable de reconnaitre soi-même les matières.

6. La vraie fourrure n’est pas forcément chère

Cette idée reçue à la peau dure ! Nous avons touste l’image du manteau de fourrure de luxe au prix exorbitant, mais cela ne reflète plus du tout la réalité !

Aujourd’hui, à cause de la production massive de fourrure animale (principalement d’origine chinoise et finlandaise), le prix de la “vraie fourrure” s’est aligné sur la fausse.

Pour plus de détail au sujet de la fourrure, je vous conseille de lire mon grand guide de la fourrure, paru il y a quelques mois sur le blog !

7. Le “cuir végétal” n’est pas végane

Attention à la mention “cuir végétal” sur les produits de maroquinerie ! Cela ne signifie absolument pas que le produit ne contient pas de cuir, mais seulement que la peau de l’animal a été tannée avec des matières végétales (un peu comme l’appellation “poulet végétal”, qui signifie que l’animal a été nourri d’une certaine façon, et pas qu’il s’agit à proprement parler de “poulet végétal”). Point de véganie là-dedans.

8. Les fausses plumes n’existent pas

Si vous voyez la mention “plumes synthétiques” sur un produit, sachez qu’il s’agit bel et bien de plumes d’oiseaux. En général, la mention “synthétique” signifie surtout que les plumes ont été colorées.

Des fausses plumes seraient bien trop compliquées à fabriquer ; alors que les industriels peuvent en disposer à foison. Les plumes sont un sous-produit animal, c’est à dire un déchet de l’élevage. Elles sont donc disponibles en grandes quantités pour un prix ridicule, et c’est pour cette raison qu’aucune marque à ma connaissance ne s’embête à fabriquer des “plumes véganes”.

9. Les colles textiles à base de poisson

Cela n’est jamais mentionné sur l’étiquette, mais certaines colles utilisées dans l’industrie textile et la maroquinerie contiennent du poisson.

Je n’ai pas d’astuce à proprement parler pour débusquer la présence de ces colles dans les produits car les marques ne l’indiquent jamais. Pour les éviter, je vous conseille de vous orienter vers les marques de mode véganes, qui veillent à ce que ce type de colle ne soit pas utilisé dans leur chaine de production.

Pour une liste très complète des marques de mode éthiques, véganes et dont certaines sont aussi made in France, je vous conseille de consulter l’article suivant sur le blog Hypiness.

10. Privilégiez les matières végétale naturelles

Évidemment, je ne vous parle pas de cuir, ni de fourrure ! Nous voulons une mode sans souffrance. Néanmoins, je ne saurais que trop vous conseiller de vous tourner vers des matières aussi naturelles que possible comme le coton ou le lin, le cuir de champignon, le piniatex (cuir d’ananas)…

Évitez autant que possible les produits dérivées de la pétrochimie comme le polyester, qui en plus d’être très désagréables peuvent être nocives et contenir des perturbateurs endocriniens.


J’espère que cet article vous a aidé à y voir un peu plus clair. Si vous avez d’autres astuces, n’hésitez pas à les partager en commentaire ! A la semaine prochaine !

Comment mieux nous comprendre à l’aide d’un simple exercice ?

Comment mieux nous comprendre à l’aide d’un simple exercice ?

Il est 10h du soir, et je sors à l’instant d’un atelier sur l’avenir des entreprises et les enjeux du monde du travail de demain. Dit comme ça, ça a l’air super barbant, mais j’y ai appris pas mal de choses intéressantes, dont un exercice de pensée qui m’a vraiment beaucoup plu et que je tiens à vous partager.

Nous ne savons pas communiquer

J’ai toujours été convaincue que la plupart de nos problèmes ont pour cause une mauvaise communication, ou même une absence de communication. Ne pas communiquer correctement avec les autres nous conduit fatalement à ne pas bien nous comprendre (et on ne connait que trop bien les soucis que cela engendre, que ce soit au travail ou dans notre vie privée).

Comment se mettre à la place de l’autre ?

Aujourd’hui, je vous propose donc ce petit exercice très simple pour vous aider à changer de prisme, ou plus simplement : à vous mettre à la place de l’autre et ainsi, mieux lea comprendre. Tout ce qu’il vous faut, c’est une feuille et un crayon.

Quelle est ma valeur ?

Je vais commencer par vous demander de penser à votre plus grande valeur : la chose, la qualité ou la cause pour laquelle vous seriez capables de donner votre vie.

Quand le coach nous a donné cette consigne, c’est facile à deviner, j’ai immédiatement pensé à l’antispécisme et à sa conséquence : le véganisme. Je vais donc reprendre cet exemple tout au long de l’article. A vous ensuite de refaire l’exercice avec votre propre valeur. Si vous aussi, vous avez spontanément choisi le véganisme ou l’antispécisme, je vous recommande de ne pas lire mes réponses (en italique) avant d’avoir fait l’exercice.

Maintenant que vous avez votre valeur en tête, je vais vous demander d’identifier son “anti-valeur”, son opposé.

Facile : c’est le spécisme et le carnisme.

On commence avec la partie facile !

Maintenant que vous avez identifié votre valeur et son anti-valeur, voilà votre premier exercice : listez les 15 avantages de votre valeur.

Normalement, vous ne devriez pas avoir trop de peine pour lister ces 15 avantages. Dans mon cas, je pense immédiatement au fait de ne pas participer au massacre de masse lié au spécisme, au fait de me battre de toutes mes forces pour quelques chose de plus grand que moi, aux sauvetages de tous les individus innocents auxquels j’ai participé, à la réduction de mon impact environnemental, au développement de mon empathie, à la redécouverte de saveurs oubliées, à mes rencontres avec toutes les personnes fantastiques qui partagent désormais ma vie, ou encore au fait que grâce au véganisme, j’ai totalement arrêté de grignoter vu qu’il y a beaucoup moins de choix de biscuits, bonbons, gâteaux et autres conneries…

Deuxième exercice simple : listez les 15 inconvénients de votre anti-valeur.

Cet exercice est encore plus facile que le premier. Pour être honnête avec vous, j’ai réussi à lister deux fois plus d’inconvénients du spécisme que d’avantages de l’antispécisme.

Parmi ces inconvénients, je note le meurtre inutile d’individus sensibles, la pollution massive causée par l’exploitation animale, les mécanismes oppressifs qui sous-tendent le spécisme, la mauvaise foi et la dissonance cognitive dont font preuve pas mal de gens, le manque total et cruel d’empathie pour les autres formes de vie (ou l’hypocrisie de prétendre aimer les animaux alors qu’on les mange), la consommation irréfléchie…

C’est là que les choses se corsent…

Je pense que vous avez deviné les deux prochaines questions : ceux sont elles les plus importantes de cet exercice, car c’est en vous mettant à la place de vos opposé.e.s que vous parviendrez à mieux les comprendre et à mieux communiquer.

Avant de vous poser les deux dernières questions, sachez qu’y répondre ne valide pas pour autant votre anti-valeur. Cela ne signifie pas que vous avez tort, le but est juste de vous mettre à la place des personnes qui ne pensent pas comme vous.

Listez les 15 inconvénients de votre valeur.

C’est tout de suite plus compliqué. En me forçant un peu, j’ai quand même réussi à lister des inconvénients au véganisme et à l’antispécisme. Si vous avez choisi la même valeur et la même anti-valeur que moi pour cet exercice, je vous recommande de ne surtout pas lire le paragraphe suivant et de réfléchir par vous-même. Vraiment, faites-le sans tricher et passez directement à la question suivante.

Parmi ces inconvénients, j’ai noté l’illusion de sauver des animaux en étant simplement végan.e, l’énergie perdue à toujours devoir justifier ses choix auprès des autres, ou devoir les éduquer alors que ce n’est pas notre rôle, l’épuisement face à toute l’horreur de notre société spéciste, le jugement omniprésent des autres même quand on essaie d’être “sympa et tolérant.e”, parfois même la perte de certain.e.s proches qui rejettent en bloc nos idées ou encore la grande difficulté que l’on rencontre pour trouver un médecin compétant…

Listez les 15 avantages de votre anti-valeur.

C’est véritablement la question la plus compliquée de l’exercice, mais aussi la plus importante (c’est pour cela qu’on la garde pour la fin). J’ai vraiment dû réfléchir très longtemps pour mettre en évidence les 15 avantages du spécisme. C’était vraiment difficile, mais j’ai fini par y arriver malgré tout.

Conclusion

Je ne peux pas vraiment vous donner de conclusion formelle à cet exercice, car je pense que chacun.e y trouvera un sens différent. J’espère que cela vous a apporté quelque chose, et vous a fait prendre du recul sur vos idées. Je le rappelle encore une fois, le but de cet exercice n’était pas de debunker votre valeur, mais juste de vous aider à vous mettre à la place des autres.

Je n’ai volontairement pas donné mes 15 avantages du spécisme car j’aimerais que vous le fassiez par vous-même. Étant donné que la majeure partie de mes abonné.e.s sont végan.e.s et auront probablement aussi choisi le véganisme et l’antispécisme au début de l’exercice, je n’ai pas envie de vous gâcher la réflexion que demande la dernière question. Je serais ravie qu’on se les donne dans les commentaires.


N’hésitez pas à me dire si vous avez apprécié l’exercice d’aujourd’hui, si vous aimeriez que je vous en propose à nouveau et surtout à me dire quelles étaient la valeur et l’anti-valeur que vous avez choisies.

Je remercie grandement Arnaud Viody, du cabinet de conseil en stratégie et marketing “Vertone” qui a animé cet atelier, ainsi que notre hôte : le Hub Coworking (dont je vous parlerai très bientôt sur le blog).

A la semaine prochaine !

Ne donnez plus d’argent au Téléthon – Actu antispé #4

Ne donnez plus d’argent au Téléthon – Actu antispé #4

En ce premier jour de décembre, je me dois de vous faire passer un message très important pour moi. Comme chaque année, le Téléthon fait son grand retour sur nos petits écrans. Chaque premier week-end de décembre, c’est pas moins de 5 millions de Français.e.s qui se rassemblent devant leurs télévisions.

Le Téléthon jouit d’une excellente image médiatique. Organisé pour la première fois en 1987, il a pour objectif de récolter des dons afin de financer la recherche médicale. Comment en vouloir aux Français.e.s de rentrer dans le jeu et de laisser aller leur générosité ?

Je ne reprocherai jamais à personnes d’avoir commis un acte lorsque cela est fait dans l’ignorance. Je ne peux pas à en vouloir aux donateurs et donatrices, car je suis intimement convaincue qu’ielles donnent avec leurs cœurs. Mais si vous envisagez de donner cette année, rappelez-vous que derrière la belle image médiatique, les vrais visages du Téléthon, ce sont eux…

Ne donnez plus d’argent au Téléthon…

Ces images sont issues d’une vidéo d’enquête sur les chiens du laboratoire de neurobiologie de l’École nationale vétérinaire d’Alfort servant aux expériences financées par l’AFM-Téléthon.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=Wr7OFqh6zsU&w=560&h=315]

Ces chiens naissent atteints de dystrophie musculaire, maladie qui leur inflige une dégradation musculaire handicapante et douloureuse. La dystrophie musculaire (DM) (…) fait des ravages sur leur corps et certaines fonctions vitales sont sévèrement atteintes : les chiens luttent pour marcher, déglutir et même respirer. (1)

Le Téléthon ne sauve pas ces chiens…

Vous pensez peut-être que je souligne l’évidence, mais il n’est pas rare d’entendre que le Téléthon cherche à sauver les chiens malades. C’est un comble. Oui, le Téléthon cherche un traitement, mais il est totalement hypocrite de dire que leur motivation est de soigner les chiens.

En réalité, les chiens sont sélectionnés pour naître malades. En reproduisant deux chiens atteints de dystrophie musculaire, les laboratoires s’assurent de faire naître des chiots eux-mêmes victimes de la maladie étudiée. Ainsi, la même souche de chiens malades est reproduites à l’infini pour servir de cobayes aux laboratoires.

Cette vie de souffrance leur est imposée par la sélection génétique. Si les laboratoires se préoccupaient véritablement du bien-être des chiens, ils ne les feraient simplement pas naître.

La parole poignante de Pascaline

Certain.e.s malades s’opposent aussi très vivement à ce type d’expérimentation et pour moi, il est primordiale que leur parole soit entendue. L’an dernier, pour l’édition 2017 du Téléthon, le témoignage de Pascaline avait fait le tour des réseaux sociaux.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=npYLF6hYwQE]

Pascaline est atteinte de myopathie depuis plus de quarante ans, et même après toutes les éditions du Téléthon, son traitement n’a pas évolué. A quoi a servi tout cet argent ? A quoi a servi toute cette souffrance ?

Comme Pascaline le dit si bien, elle n’a pas envie que des animaux souffrent pour elle. Beaucoup de personnes malades la félicitent en commentaire et rejoignent ses propos.

Mais… Il faut bien essayer de guérir les gens, non ?

Évidemment qu’il est vital de chercher des traitements. Ce que le Téléthon ne vous dit pas, c’est qu’il existe désormais des alternatives et des chercheurs et chercheuses qui développent depuis plusieurs années une recherche à la fois fiable et sans cruauté.

En France, c’est le collectif de chercheurs et chercheuses Antidote Europe qui porte au mieux ce message. Je vous invite très vivement à lire leur documentation qui dépoussière notre vision de l’expérimentation animale.

L’AFM-Téléthon considère encore la recherche sur les animaux comme primordiale, comme une nécessité. Nous sommes déjà dans le futur de la recherche médicale, mais le Téléthon ne semble clairement pas vouloir prendre cette direction. (2)

Les modèles animaux sont-ils pertinents ?

Il y a des centaines d’années, un gus à décidé de poser le paradigme suivant : “il y a plus de points communs entre l’humain et les autres animaux qu’il n’y a de différence” et a donc conclu que c’était OK d’expérimenter sur eux.

Cependant, pendant toutes mes études (neuropsychologie et neurosciences), mes profs et maître.sse.s de stage n’ont cessé de remettre en cause la validité des modèles animaux et nous invitaient régulièrement à y réfléchir. Une de mes profs, spécialiste française de l’étude du sommeil nous à même raconté un jour :

Pendant des décennies, on a étudié le sommeil sur le chat, en pensant que c’était généralisable à l’humain.e. Plus tard, avec l’arrivée de l’imagerie médicale, on s’est rendu compte que le cerveau du chat est très différent de celui de l’humain.e. Dans notre cerveau, nous avons une structure appelée formation réticulée, gérante de notre sommeil. C’est à cause de cette structure qu’on est complètement décalé si quelqu’un ou quelque chose dérange notre nuit. Grâce à l’imagerie, il a été prouvé que le chat ne possède pas de formation réticulée, et par la même occasion, on a mit à la poubelle des centaines d’années de recherches invalides.

Évidemment, ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais cette réflexion est intéressante et devrait selon moi être une des priorités dans la recherche médicale. Comment conduire des études valides et fiables sans torture.

Pour moi, l’expérimentation sur les animaux n’est pas une bonne solution. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous ne pouvons pas prédire la réaction du corps humain à une substance à partir de la réaction d’un animal à cette substance. Nos gênes sont différents, nos réactions seront donc également différentes. Cela signifie qu’après avoir utilisé des animaux pour tester l’action d’un actif, des tests sur les humain.e.s seront obligatoires. Seul l’être humain est le modèle de l’être humain.

Sur le même sujet, je vous invite à consulter l’article d’Antidote Europe : Pourquoi l’animal n’est pas le modèle biologique de l’homme ?

Ne financez plus leur torture…

Pour tous ces chiens, pour tous les animaux qui souffrent inutilement dans les laboratoires de recherche pour des traitements qui ne voient jamais le jour, je vous en prie, ne donnez plus au Téléthon.

A la place, vous pouvez soutenir des organismes de recherche sans cruauté comme Antidote Europe.


Pour aller plus loin :

Pourquoi l’animal n’est pas le modèle biologique de l’homme ?

Dix mensonges sur l’expérimentation animale


Source

(1) Petafrance.com : De nouvelles révélations montrent des chiens en grande souffrance dans un laboratoire financé par le Téléthon.

(2) Afm-telethon.fr : Recherche médicale et essais sur les animaux.

5 idées de pages minimalistes pour votre BuJo – Plan With Me #2

5 idées de pages minimalistes pour votre BuJo – Plan With Me #2

Bonjour à toutes et à tous !

C’est reparti, j’en remets une couche avec le Bullet Journal ! Vous aviez fait un accueil tellement chaleureux à mes 5 idées de pages pour votre BuJo, que je vous propose un deuxième article sur le sujet !

Dans ce post, je ne vous donne pas d’idée de templates pour votre journal, mais des conseils plus généraux et surtout, une bonne dose de déculpabilisation suite à vos gentils commentaires.

Let’s go, aujourd’hui on reprend les bases. Pas plus de bla-bla, je vous présente mon organisation mensuelle. Cela signifie que tous les mois, je reproduis ces modèles pour m’organiser.

5 idées de pages pour votre BuJo

Je ne fais quasiment jamais de page de garde pour un nouveau mois. Je n’en vois pas vraiment l’utilité étant donné que je ne dessine pas. Je commence directement avec la première double page (que l’on appelle un “spread“, car “étalée sur deux pages“).

Vous allez le voir, mon style de Bujo est vraiment très simple et minimaliste. Avec moi, pas de fioriture (ou pas trop), c’est à la porté de tout le monde !

Le planner

Sur cette première double page, je dessine un grand calendrier sous forme de cases. Je trace le plus grand possible pour pouvoir y placer toutes les informations dont j’ai besoin. Ici, je noterai surtout mes rendez-vous principaux, les actions pour les animaux, bref les choses véritablement importantes. Par manque d’espace, je n’inscrirai pas les petites tâches du quotidien, qui trouveront davantage leur place dans mon semainier.

Niveau déco, comme je vous le disais, je suis assez minimale. J’ai simplement écrit “décembre” sur un post-it marbré, que j’ai collé sur les derniers jours de novembre, et fixé avec un petit bout de masking-tape (qui m’a aussi servit à masquer la ligne noire qui dépassait).

Objectifs mensuels et “Habits Tracker”

Ma double page suivante est consacrée à mes objectifs mensuels, ainsi qu’à mes trackers d’habitudes. Si vous souhaitez reproduire une page d’objectifs, je vous conseille fortement de rester raisonnable dans le nombre de goals fixés, et de vous concentrer sur des choses réalisables dans le mois pour ne pas vous plomber le moral. La page de trackers quant à elle, est très utile pour se motiver à prendre de bonnes habitudes.

La page d’objectifs

Elle est vraiment très simple : j’ai écrit le titre dans une typo que je trouve sympa, j’ai tracé quelques points pour dresser ma liste et pour finir, j’ai collé deux bandes de masking-tape en pied de page. Elle a littéralement été bouclée en moins de deux minutes.

La page de tracker

Elle a été beaucoup plus longue à créer, mais cela est dû à mon carnet à page blanche. Je suis obligée de tracer beaucoup de ligne au crayon de papier pour la préparer. Si j’avais eu des guides sur ma page, j’aurais simplement eu besoin de deux minutes pour inscrire les jours et les habitudes à traquer. C’est pour cette raison que mon prochain carnet sera impérativement pointillés.

Sinon, elle reste très simple dans son fonctionnement, équivalent à un tableau à double entrée où l’on viendra cocher chaque jour les habitudes que l’on a bien effectuées. En colonne, j’inscris les habitudes que je veux traquer et en ligne tous les jours du mois. Niveau déco, c’est toujours la même chose, je choisis une typo sympa pour le titre et j’ajoute une bande de masking-tape pour habiller le tout. Point.

Voici un petit exemple déjà rempli, pour vous aider à visualiser ce que donne cette page (il s’agit de mon tracker du mois de novembre). Je traque mon travail sur le blog, mais aussi sur les blogs de mes client.e.s (je suis rédactrice), les jours où j’ai réussi à ne pas fumer (j’essaye d’arrêter), où j’ai trouvé le temps de faire du yoga ou de la méditation, où j’ai réussi à sortir de chez moi…

Bref, vous l’aurez comprit, à chacun.e ses trackers. Je vous donne les miens pour vous donner des idées, mais l’important c’est qu’ils VOUS soient utiles au quotidien !

La page de “Gratitude”

Cette nouvelle double page est faite pour vous si comme moi, vous avez tendance à être facilement déprimé.e. On l’appelle une page de “gratitude” car elle consiste à inscrire chaque jour deux éléments de votre journée pour lesquels vous vous sentez reconnaissant.e. Cela parait simplet, mais croyez-moi, cette page est diablement efficace pour aider à se concentrer sur le positif.

Cela fait maintenant quatre mois que je reproduis ce modèle, et il m’a vraiment aidé à me concentrer sur les bonnes choses. On ne réalise pas toujours à quel point nous avons de la chance au quotidien de vivre notre vie. Parfois, j’ai tellement d’idées noires que je ne vois plus ma chance. Se forcer à trouver deux points positifs par jours change vraiment tout. Et si jamais un coup de mou arrive, vous n’avez qu’à relire votre page pour vous aider à aller mieux.

Au niveau de sa construction, elle reste également très simple (même si j’ai encore eu à tracer des lignes). J’inscris mon titre dans un typo que j’aime bien, en l’étalant bien sur les deux pages pour lier l’ensemble, et je divise le mois en deux colonnes. Seule touche de déco : une petite bande de masking-tape sous mon titre pour habiller la page.

L’organisation en semaine

Je continue avec la double page la plus importante du mois : le semainier. C’est celle à laquelle je me rapporterai le plus, car elle va rassembler mes To-Do list journalières.

Sa construction est très simple aussi. En haut à gauche, j’inscris le numéro de la semaine, ou les dates (ça dépend de mon humeur). Je place ensuite deux colonnes aux extrémités des deux pages. Celle de gauche sera divisée en 7 parties égales et fonctionnera comme le planner (pour les rendez-vous principaux). La colonne de droite sera une simple To-Do list de la semaine (elle me sert à inscrire les tâches qui doivent être effectuées cette semaine mais qui ne sont pas spécialement reliées à un jour précis).

Et enfin, l’espace du milieu sera consacré aux tâches quotidiennes, que je viendrais inscrire jour après jour sous forme de To-Do list. Rien ne vaut un exemple déjà rempli pour vous montrer (encore une semaine du mois de novembre).

Si vous êtes un.e petit.e malin.e, vous aurez compris que chaque mois, il y aura quatre semainiers. 😉

Le moodala

Je termine cet article avec le seul exemple de page un poil fancy et qui peut paraître effrayante au premier abord : le moodala, comme j’aime l’appeler (mood + mandala). Je n’ai jamais vu cette page dans un autre bullet journal avant même si je suis certaine que le concept existe déjà et que je n’en suis pas l’origine. C’est une façon un peu plus sympa et de réaliser ce que l’on appelle un mood tracker : comprenez par là un tracker de l’humeur.

Pour cela, j’ai réalisé directement au feutre un mandala sous forme de rosace, que j’ai divisée en 31 sections : une pour chaque jour du mois de décembre. Sur la page de gauche se trouvera la légende du mandala et il y sera indiqué à quelle humeur ou sentiment correspond chaque couleur. Tous les soirs de décembre, je viendrais colorier la section du jour correspondant en fonction de mon humeur. Et à la fin du mois, j’aurais un joli mandala de toutes les couleurs (j’ai déjà colorié deux jours au pif, alors que l’on est pas encore en décembre, juste pour l’exemple).

Il va de soi que cette page est beaucoup plus longue à réaliser que les autres, mais elle n’est pas plus compliquée ! Les mandalas sont en fait très faciles à dessiner, il existe pleins de méthode différentes dont je pourrais faire des articles ou des vidéos si cela vous intéresse (dites moi en commentaire). Et dans tous les cas, elle reste complètement facultative. Moi-même, il est très rare que je la fasse, par manque de temps ou par flemme.


J’espère que ces idées de pages vous auront plus ! Je ne pense pas refaire d’article sur le bullet journal tous les mois, car j’utilise les mêmes modèles à chaque fois. A moins d’un nouveau type de page, il n’y aura pas de nouveauté pour mon mois de janvier. 

En revanche, j’arrive à la fin de ce fichu carnet à page blanche qui me demande tant de temps et de traçage de ligne. Cela signifie que pour mon mois de janvier, je vais devoir commencer un nouveau carnet et refaire toutes mes pages basiques annuelles (aujourd’hui je ne vous ai montré que les pages mensuelles). Je peux donc éventuellement refaire un post en janvier. Peut être une vidéo où je montrerais la réalisation complète, pas à pas, de toutes mes pages annuelles et des pages mensuelles de janvier. Et si cela vous dit, je pourrais également donner des petites astuces de temps en temps.

En attendant le mois de janvier, j’espère que cet article vous aidera dans votre vie de tous les jours. Le bujo n’est pas forcement pour toutes et tous. Certain.e.s n’adhéreront peut être pas au concept, le trouvant trop compliqué, et cela se comprend parfaitement. Pour moi, il a vraiment été une révélation, même une révolution dans ma vie. J’espère que ce sera le cas pour vous, ou que vous trouverez votre propre méthode pour réussir tout ce que vous entreprenez.

Je suis super curieuse, et j’ai envie de papoter Bullet Journal avec vous. Avez-vous un Bullet Journal ? Si oui, depuis quand et dans quel style ? Et si non, envisagez-vous d’en commencer un ?

Bon mois de décembre, et bon bullet journal à vous !

Initiation au Bullet Journal – Plan With Me #1

Initiation au Bullet Journal – Plan With Me #1

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un mal fou à me concentrer et m’organiser. Mon esprit est indomptable et part dans tous les sens, faisant de moi une personne assez créative et bouillonnante d’idées, mais dont la productivité et l’efficacité laissent franchement à désirer. Par conséquent, je ne finis jamais les projets que je commence et je me laisse très facilement submerger par mes tâches quotidiennes…

Cela ne vous rappelle pas quelqu’un ? 😉 Je suis certaine que beaucoup d’entre vous se reconnaissent dans cette description. Heureusement, j’ai découvert il y a maintenant un peu plus d’un an une solution très simple, à la fois créative et accessible : le Bullet Journal.

Qu’est-ce qu’un Bullet Journal ?

Le Bullet Journal ou “BuJo” pour les intimes, est un outil d’organisation très simple qui vous permet de répartir vos différentes tâches quotidiennes de façon plus réfléchie, et d’être ainsi plus efficace.

Il est tout : un agenda, une liste de courses, un calendrier, un semainier, une To-Do list quotidienne, une bucket list, un outils de note, un support de gribouillage… Sur la base d’un carnet vierge, vous allez vous-même créer selon vos besoins des pages d’organisation.

Avant d’utiliser mon bujo, je n’étais vraiment pas productive, je procrastinais beaucoup et par conséquent, j’étais en panique quand mes dead-lines arrivaient. En gros, je ne foutais rien, et je me sentais submergée par les tâches quotidiennes, malgré ma relative oisiveté (un comble). Maintenant, je fais facilement dix fois plus de choses qu’avant dans une même journée, mais en me sentant hyper sereine, car je suis beaucoup mieux organisée.

Le matériel

Rien de plus simple, pour commencer votre Bullet Journal, vous n’avez besoin que de trois éléments : le carnet et le stylo de votre choix, ainsi qu’une règle (et encore, la règle est tout à fait dispensable).

En ce qui concerne le carnet, chacun.e a sa petite préférence. Le mien est entièrement blanc, sans lignes, ni carreaux, ni pointillés, mais ce n’est rétrospectivement pas ce que je vous recommanderais (et d’ailleurs, je vais bientôt changer de carnet).

Les carnets vierges offrent certes plus de possibilités et de liberté que leurs homologues lignés et quadrillés, mais je perds beaucoup de temps à tracer des lignes sur certaines pages (comme les pages de trackers dans l’exemple ci-dessous).

Ma préférence va donc aux pointillés, plus discrets sur votre page que les lignes ou les carreaux, mais amplement suffisants pour servir de guide et gagner du temps dans le tracé des tableaux ou des encarts.

Voici ma page de trackers d’habitude du mois de Novembre. Vous voyez que j’ai dû tracer beaucoup de ligne au crayon de papier pour pouvoir placer mes croix aux bons endroits. Si j’avais eu des pointillés, je n’aurais pas eu à le faire.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire !

N’achetez pas de carnet spécialement pour l’occasion, n’importe quel cahier que vous avez chez vous fera l’affaire, même ce vieux journal intime que vous aviez commencé il y a trois ans, puis oublié dans un tiroir une semaine plus tard. Tournez la page, et commencez votre Bujo.

Ne dépensez pas non plus votre argent dans des feutres de marque hors de prix, dans des pinceaux à calligraphie ou des aquarelles. Vous n’en avez pas besoin pour profiter de l’essence même du Bullet Journal : vous organiser et gagnez du temps !

Si je n’avais que deux conseils à vous donner, ils seraient les suivants : ne vous prenez pas la tête, faites simple et ne comparez pas votre Bullet Journal à celui des autres. Il n’y a rien de plus démotivant que de passer des heures sur Instagram ou Pinterest à chiner des idées de pages, et de tomber sur des créations magnifiquement compliquées, regorgeant de dessins, de couleurs et d’aquarelles.

Ce genre de page, aussi belle soit-elle, ne doit pas devenir un but à atteindre, vous stresser ou vous bloquer dans votre processus créatif. Votre Bujo doit vous ressembler, à vous ! – Création à revoir sur le blog de Aurelabelette.

Le minimalisme pour plus d’efficacité

Je ne dessine pour ainsi dire jamais dans mon Bullet Journal. Je mets très peu, voire pas du tout de couleur, et c’est totalement volontaire. Le BuJo est très à la mode depuis quelques années, et plus le temps passe, plus on voit apparaître de dessins et de pages compliqués.

Tout cela est superflue. Gardez à l’esprit que votre Bullet Journal doit VOUS correspondre. Ainsi, si vous êtes un.e pro du dessin et de l’aquarelle, que vous aimez ça, foncez. Mais si, comme moi, ce n’est pas votre tasse de thé, ne vous forcez pas et ne vous comparez pas. Je suis partisane des modèles de page très simples, très rapides à réaliser, avec très peu, ou même pas du tout de décoration.

Mes seuls outils de décos sont le masking-tape, les posts-it et les stickers, car ils sont tous très rapides à utiliser. En gros, chaque page se réalise de la même façon : j’écris mon titre avec une jolie typographie, et je colle du masking-tape pour décorer. Point.

Ce qu’il faut retenir

L’important, c’est de toujours garder à l’esprit que votre Bullet Journal ne doit souffrir d’aucune comparaison et doit avant tout garder sa fonction première : vous aider à vous organiser.

Le garder simple et clair est pour moi la meilleure méthode pour être le ou la plus efficace possible. Cela fonctionne pour moi, mais peut-être que pour vous, le côté graphique fonctionnera davantage. C’est toute la beauté du Bullet Journal : il est adaptable à vos besoins. Que ce soit dans le choix des pages ou du style choisit, faite au mieux pour vous et selon le temps dont vous disposez pour le faire.

Le Bujo ne conviendra surement pas à tout le monde, même si je pense que chacun.e d’entre nous pourrait en tirer de grands avantages. Pour certain.e.s, ce système est trop long à réaliser, trop compliqué et trop prise de tête, et je le comprends parfaitement.

Je conseillerais quand même à ces personnes de tenter le Bujo minimaliste si des lacunes d’organisation sont ressenties. Je suis assez convaincue que ce rejet de la méthode vient davantage de la tendance du Bujo sophistiqué plutôt que du Bujo lui-même. En tout et pour tout, je passe 5 minutes chaque soir à remplir mon bujo, et environ 20 minutes quand je dois créer un nouveau mois. C’est ridicule comparé au temps que mon journal me fait gagner au quotidien.


Je suis ravie de vous avoir proposé ce premier article sur le Bullet Journal. Il était volontairement très général, mais rassurez-vous, je prépare en ce moment même un second post où je vous détaillerai toute ma mise en page du mois de décembre. Évidemment, il sortira en avance pour vous permettre de vous en inspirer si vous le souhaitez, pour votre propre mois de décembre.

J’espère que le sujet vous plait, car c’est certain que j’en reparlerai ! 😉

Je suis curieuse de connaître vos expériences sur le Bullet Journal, dites moi en commentaire si vous en possédez un, si vous avez pour projet d’en commencer un, dans quel style etc… 🙂 Dites moi tout ! En attendant, je vous souhaite une bonne semaine, et bon Bullet Journal !

Le choix des mots dans la lutte antispéciste – Réflexion #1

Le choix des mots dans la lutte antispéciste – Réflexion #1

Dans mon dernier article (une délicieuse recette de fondant au chocolat végan), je vous disais vouloir aborder des thèmes un peu plus légers qu’à l’accoutumé, en l’occurrence la cuisine. Pour continuer dans les montagnes russes émotionnelles, aujourd’hui nous allons parler holocauste, esclavage, exploitation, viol et mise à mort ! Alors, content.e ?

Plus consciencieusement, et n’allez surtout pas croire que je dénigre la gravité et le sérieux de ces sujets par de l’humour douteux, je souhaite aujourd’hui vous parler de l’importance du choix de nos mots, en tant que militant.es et activistes antispécistes.

Ce billet (comme tous les posts estampillés “réflexion“) n’a pas vocation à dispenser une vérité absolue et établie, mais plutôt d’apporter des pistes et d’ouvrir un débat, qui je l’espère se poursuivra en commentaire.

Le poids des mots

C’est loin d’être une nouveauté : il est courant d’entendre des véganes, militant.e.s ou activistes antispécistes comparer certains points de l’exploitation animale avec l’exploitation humaine. Parmi les plus courants, nous pouvons citer les comparatifs entre le viol et l’insémination forcée des vaches “laitières”, les parallèles entre l’esclavage et les numéros de cirques avec animaux ou plus généralement, l’utilisation du terme holocauste en référence à l’élevage, de la naissance forcée de l’animal à sa mise à mort précoce.

Les mécanismes oppressifs

Cher.e végan.e, militant.e, activiste, laisse moi commencer par te dire que tu as raison ! Selon moi, il peut être intelligent en certaines circonstances de faire des ponts entre l’exploitation animale et les luttes sociales humaines. Cela peut s’avérer extrêmement efficace pour mettre en évidence les mécanismes oppressifs sous-jacents de l’exploitation animale.

Cela peut aussi être très utile quand on souhaite démontrer à quel point l’oppression que subissent les animaux est invisibilisée et banalisée. Les mécanismes oppressifs qui sous-tendent cette violence inouïe semblent même “normaux” pour les néophytes (alors que ces mêmes mécanismes sont jugés “intolérables” lorsque ce sont des êtres humain.e.s qui en sont victimes).

Les comparaisons incomprises

Il est important de comprendre que comparer les éléments A et B ne signifie pas pour autant qu’ils sont en tout point identiques. Une comparaison n’a pas pour but de montrer que A est le reflet de B, mais peut tout aussi bien extraire une partie de A et une partie de B afin de les mettre en relief. Une gifle et un viol ont pour point commun d’être des agressions, pourtant personne ne prétend que ce sont deux choses identiques. Une comparaison n’est donc, selon moi, pas systématiquement synonyme d’équivalence.

Malheureusement, ce formidable outil explicatif est à double tranchant. On nous reproche souvent ces comparaisons car pour le public non-averti, le comparant et le comparé sont tout bonnement incomparables : l’un concerne des êtres humain.e.s et l’autre de simples animaux.

Dans notre monde spéciste et pour la majorité de nos homologues sapiens, animaux et humain.e.s ne méritent pas d’être traité.e.s selon le même système de valeurs morales. Certain.e.s vont même jusqu’à penser qu’en créant ces ponts, pourtant dans un seul but explicatif, nous rabaissons l’humain.e au même niveau que les animaux.

Des mots forts pour faire réagir

J’entends tout à fait la nécessité de placer des mots justes sur ce que vivent au quotidien les millions d’animaux tués. J’entends tout à fait que placer ces mots justes et forts peut produire un électrochoc chez l’interlocuteur.ice. J’entends tout à fait qu’il est juste d’employer le terme holocauste. Il est vrai que sa définition pure et dure n’indique à aucun moment qu’un holocauste désigne un massacre humain (à moins qu’il n’ai un H majuscule). Tout cela est vrai, alors je le répète, vous avez raison.

Il faut pourtant que nous nous rendions à l’évidence. La plupart des personnes non-sensibilisées à la lutte antispéciste ne sont psychologiquement pas prêts à entendre que l’exploitation humaine et animale sont régies par les mêmes ficelles. Encore moins d’entendre des termes si forts utilisés pour décrire la souffrance animale.

Même si ces dernières sont régies par les mêmes schémas de domination et d’asservissement. Même si nous ne souhaitons à aucun moment rabaisser l’humain.e, seulement élever notre niveau d’empathie. Même si personne ne prétend que l’exploitation animale et humaine sont égales, c’est obligatoirement l’interprétation qui en sera faite à cause de la réactance du public.

Faire ces comparaisons posent donc bel et bien des problèmes, et cela bien au-delà de la classique incompréhension. En réalité, cela dépend aussi de votre but. Souhaitez-vous convaincre, ou simplement choquer ? Sensibiliser le public est-il votre but ? Et si oui, voici pour vous la question à 1 million : préférez-vous avoir raison ou atteindre votre but ?

Derrière les mots se cachent des maux

Il faut garder à l’esprit que chaque mot ne peut être dissocié de la ou des émotions qui lui sont rattachées. Qui plus est lorsque l’on parle de sujet aussi graves que l’exploitation sous toutes ses formes, le viol ou l’holocauste.

On ne peut jamais reprocher à une personne de faire ressortir son vécu émotionnel. J’ai personnellement du mal à en vouloir à une victime de viol d’être choquée par la comparaison entre viol et insémination forcée. On ne peut pas demander aux autres de faire preuve d’empathie pour les animaux si nous sommes nous-mêmes incapables d’être empathique envers leur vécu.

De nos jours, les visions du viol, de l’esclavage ou de ce qu’est un holocauste sont liés à des constructions émotionnelles très fortes, et cela même pour les personnes qui n’en sont pas directement victimes. Ces constructions représentent pour beaucoup d’entre nous le paroxysme de la souffrance humaine. Elles prennent même un caractère intouchable, interdisant d’office toute remise en question (et c’est une chose louable). Compte tenu de tout cela, je ne vois pas comment les ponts entre souffrance animale et humaine pourraient être bien reçus.

Le seul cas où la comparaison pourrait être efficace (et par conséquent le seul cas où il serait intelligent de la faire) est celui où l’interlocuteur.ice est capable de prendre suffisamment de recul. La personne doit être capable de comprendre que vous ne sous-entendez pas que les exploitations animales et humaines sont égales, mais qu’elles reposent bien sur les mêmes mécanismes oppressifs. Je pense que c’est une bonne manière d’amener les personnes à réaliser que l’exploitation animale est tout aussi arbitraire, culturelle et injustifiable que le sont le viol, le meurtre ou l’holocauste.

Cela sous-entend une sensibilisation préalable, ou un dialogue déjà bien engagé avec une personne réellement bienveillante et ouverte, capable d’esprit critique et de déconstruction des normes sociales.

Convergence et appropriation des luttes

Se pose ensuite le problème de l’appropriation des luttes, mais surtout de l’instrumentalisation de la souffrance d’autres victimes pour la mettre au service de notre cause. En faisant ces comparaisons, les personnes s’approprient souvent le vécu et les souffrances d’autres personnes. N’étant pas directement concerné.e, cela sous-entend que ce vécu et ces souffrances ne sont peut-être pas toujours comprises et mesurées.

Le livre de Charles Patterson, Un Éternel Treblinka, est cité à tout va pour justifier la comparaison entre élevage et holocauste. Il est tout de même bon de rappeler que les propos tenus dans cet ouvrage n’engagent que son auteur et qu’ils ne sont pas représentatifs de la pensée de toutes les personnes déportées. Si une victime de l’Holocauste fait le parallèle entre élevage et camp de la mort, on ne peut en aucun cas généraliser sa parole à toutes les victimes, et encore moins se réapproprier son discours ni instrumentaliser la souffrance d’autrui.

Glissement de débat

Tous les points que j’ai abordés plus haut m’amènent naturellement à ce qui est, pour moi, la plus grosse faiblesse de ces comparaisons entre exploitation humaine et animale : le glissement du débat. Rien n’est plus efficace qu’un exemple pour vous faire passer mon message :

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=sbN-a0Mg6Ns]

Dans ce débat de l’émission C politique, Tiphaine Lagarde expose avec brio les fondements de l’antispécisme suite à un court reportage portant sur une des actions de son association, 269 Libération Animale. Ne trouvez-vous pas dommage que ce débat ai davantage porté sur la justification de qualifier l’exploitation animale d’holocauste, plutôt que sur l’exploitation animale elle-même ?

Plutôt que de se concentrer sur le réel problème, le débat est déplacé sur une masturbation technique, sur une légitimité à comparer deux choses entre elles. C’est du pain béni pour nos opposant.e.s, l’occasion rêvée d’invisibiliser une nouvelle fois l’horreur vécue par les animaux, au profit de l’idéologie spéciste.

Trouvez-vous vraiment utile et productif de comparer exploitation animale et humaine ? Pensez-vous que cela vaut le coup une fois que l’on prend en compte les points positifs et négatifs que cela apporte ?


Merci de m’avoir lue jusqu’ici, j’espère sincèrement que ce sujet vous a intéressé.e et que le débat se poursuivra en commentaire.

Encore une fois, tous les posts de la catégorie réflexion n’ont pas vocation à apporter une réponse toute faite. Je suis moi-même très partagée sur ce sujet, et n’ai donc pas d’avis tranché. Si vous souhaitez réagir à ce post, je vous lierai avec grand plaisir, mais vous prie avant tout de rester bienveillant.e et non-oppressifs dans vos échanges.

Gâteau fondant au chocolat végan – Recette #1

Gâteau fondant au chocolat végan – Recette #1

Bonjour à tout.es !

Sur ce blog, je parle souvent de sujets difficiles (quasi exclusivement pour être honnête). Je pense donc qu’il est de bon ton de renverser la tendance de temps à autre, en vous proposant des posts un peu plus légers, et dans le cas présent : gourmand ! 😀

La recette que je vous propose aujourd’hui ne me ressemble pas vraiment, moi qui suis d’habitude une inconditionnelle du salé. Cependant, j’ai envie de d’inaugurer ma catégorie “cuisine” avec un grand classique de la pâtisserie : l’indémodable gâteau au chocolat, légèrement fondant.

Je vous en propose aujourd’hui une version très simple, fondante mais pas trop, très dense mais légère à la fois, et accompagnée d’un nappage chocolat et spéculos à tomber par terre. Le tout, surmonté de fruits rouges (parce que je veux rien me refuser en ce début de saison froide).

Cette recette est une adaptation du gâteau moelleux au chocolat du grand Hervé Cuisine ! Dans sa recette, Hervé remplace habilement les oeufs par de la compote de pomme : une technique très efficace pour donner du liant à l’appareil.

Je ne suis cependant pas fan de cette astuce, car même si la quantité de compote est faible, je discerne quand même son gout. Je suis donc partie de la même base, en faisant quelques modifications pour l’adapter à mes préférences. 😉

Voici ma version revisitée du gâteau d’Hervé !

Ingrédients :

Pour le gâteau :

  • 200 g de chocolat noir
  • 240 g de farine
  • 2 cuillères à soupe de fécule de maïs
  • 150 g de poudre d’amande
  • 80 g de sucre
  • 500 mL de lait ou de crème de coco
  • 75 mL d’huile végétale
  • 1 pincée de sel
  • 1 cuillère à café de levure chimique

Pour le nappage (facultatif, peut être remplacé par ce que vous voulez) :

  • 100 g de chocolat noir
  • 1 cuillère à soupe de pâte de spéculoos
  • 1 cuillère à soupe d’huile végétale

Préparation du gâteau :

  1. Faire chauffer le lait / la crème de coco dans une casserole, à feu moyen, jusqu’à ébullition (si cela vous dit, vous pouvez ajouter de l’arôme de vanille à cette étape).
  2. Dans un saladier, casser le chocolat en carreaux et verser le mélange chaud, puis remuer à l’aide d’une spatule jusqu’à obtenir une pâte homogène.
  3. Ajouter l’huile puis la poudre d’amande.
  4. A l’aide d’un tamis, ajouter tous les ingrédients secs : farine, fécule de maïs, levure et sel. Mélanger le tout.
  5. Verser la préparation dans un moule rond de 20 cm de diamètre environ préalablement huilé.
  6. Enfourner de 35 à 40 minutes dans un four à 180°C.

Pour tester la cuisson de votre gâteau, plantez la lame d’un couteau pointu en son milieu. Si elle ressort sèche et propre, c’est prêt ! 🙂

Avant de passer au démoulage, je vous conseille de patienter une bonne vingtaine de minute afin que le gâteau refroidisse. Je sais, c’est dure d’attendre, mais vous éviterez ainsi qu’il se brise pendant l’opération. 😉

Une fois démoulé, il est enfin temps de passer au nappage et à la déco. Je ne suis pas une mordue de cake-design, car j’aime que les choses aillent vite. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais perso, je me fiche qu’un gâteau soit beau : je veux juste qu’il soit bon et que je puisse le dévorer au plus vite ! 😀

C’est pour cela que je vous propose une option de topping ultra simple et rapide. Je ne veux pas non plus skipper le nappage, car il apporte vraiment un côté hyper gourmand et satisfaisant à un gâteau, mais il n’est pas non plus question d’y passer 3 heures ! :p C’est parti !

Préparation du nappage :

  1. Casser le chocolat noir en carreaux dans un bol adapté au micro-onde. Ajouter l’huile et mélanger légèrement pour qu’elle englobe bien tous les carreaux.
  2. Faire chauffer le chocolat au micro-onde, 10 secondes par 10 secondes afin de ne pas le brûler.
  3. Une fois le chocolat fondu et le mélange homogène, ajouter une grosse cuillère à soupe de pâte de spéculos et mélanger directement. La chaleur du chocolat fondu aidera à incorporer la pâte.

Et voilà, vous n’avez plus qu’à tartiner tout ça sur votre gâteau et à tout dévorer ! 😀 C’est totalement optionnel, mais j’ai aussi ajouté des noix hachée et des fruits rouges. Bref, il n’y a pas de règles (si ce n’est celle de laisser les animaux tranquilles), laissez libre court à votre créativité !

De mon côté, je me suis vraiment régalée ! J’aime les recettes simples, les pâtisseries légères et pas trop sucrées : je suis servie ! 😀 Le gâteau est très dense mais sans être lourd, exactement comme le promettait Hervé (malgré mes modifications alors que je suis très très loin d’être une pro en pâtisserie).

J’espère que cette recette vous plaira et que sa simplicité saura vous séduire. N’hésitez pas à me taguer sur Instagram (@3615panda) si vous la recréez. 🙂 Et pour finir, merci à Hervé de penser à nous et de proposer de superbes recettes véganes !

Régalez-vous, et à la semaine prochaine !

Comment discerner “vraie” et “fausse” fourrure ? – Vidéo #2

Comment discerner “vraie” et “fausse” fourrure ? – Vidéo #2

Il y a plusieurs semaines, j’ai publié un gros dossier sur le thème de la fourrure. Qu’est-ce que la fourrure ? Comment différencier vraie et fausse ? J’avais abordé ces questions dans le but d’aider les consommateurs et consommatrices à y voir plus clair dans les rayons des magasins, et je suis super contente de l’accueil chaleureux que vous avez fait à mon post ! Merci <3

Pour que le message se propage encore plus facilement, j’ai décidé de filmer cette petite vidéo où je donne à nouveau les fameuses astuces pour discerner la fourrure animale de la fourrure synthétique. Elle n’est pas aussi complète que l’article original, sinon elle aurait duré plus d’une heure, mais elle a au moins le mérite de donner rapidement les astuces, spécialement pour celleux qui n’aiment pas lire ! Et oui, il faut penser à tout le monde ! <3

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=YNAV9YPfpGk&w=560&h=315]

N’hésitez pas à partager cette vidéo si cela vous tente, et si vous aussi vous souhaitez que les gens ne puissent plus dire qu’iels ne savaient pas en faisant leurs achats ! Bisous, et à la semaine prochaine ! <3

Témoignage : mon non-avortement.

Témoignage : mon non-avortement.

Ce post peut donner l’impression de tomber comme un cheveu sur la soupe, en fait c’est le cas. Avant de vous laisser à votre lecture, je me dois de préciser qu’il complète un second article à propos de l’IVG, que je suis actuellement encore en train de rédiger (il sortira mercredi 02.10). A l’origine, je souhaitais simplement intégrer ce présent témoignage au post de la semaine prochaine, mais les deux combinés donnaient un volume de texte beaucoup trop important pour que quiconque le lise (et c’est l’inverse de ce que je souhaite). Tout cela pour dire que je ne comptais pas véritablement faire un article séparé sur mon vécu, mais simplement l’intégrer à mon post sur l’IVG, afin d’illustrer mon propos. Lire ce témoignage de cette façon (à part, séparé de l’autre article) peut sembler dénué de sens, mais je vous encourage à l’envisager comme la première partie d’un diptyque. Voici donc, un petit peu en avance, le témoignage de ce que “j’aime” appeler mon non-avortement.


Au lycée, pendant mon année de première je rencontre Gontrand (prénom non contractuel, volontairement moche et désuet, car je hais ce type). On se plait beaucoup, on passe du temps ensemble, on se marre bien. Je décide de faire de lui mon “friends with benefits” car je n’ai pas du tout envie d’avoir un mec. Je ne prends pas encore la pilule, c’est donc en bonne élève que j’insiste pour que l’on utilise des capotes. Mais comme beaucoup de ses homologues masculins, Sir Gontrand De La Bite n’aime pas les préservatifs. Avec ce petit heaume de plastique, il éprouve beaucoup moins de plaisir. J’ai beau expliquer à notre preux chevalier qu’avec ce bouclier magique, qui certes peut être un poil encombrant, nous avons le pouvoir de triompher des démons VIH, Chlamydia et Papillomavirus et même d’éviter l’horrible ogre de la caverne : Sir Gontrand ne veut rien savoir. Il négocie, négocie et négocie encore, me met un bon soupçon de pression et je finis par céder (faible femme que je suis).

J’ai du retard. Un jour, puis deux, trois, quatre, puis une semaine. Je m’inquiète, alors je fais un test de grossesse (et oui, je ne suis pas idiote, je sais pertinemment que le retrait ne vaut que dalle comme contraception). Le test est positif. J’en fais deux autres, car je refuse d’y croire : eux aussi positifs. A cet instant, je suis totalement médusée et sous le choc. Je me sens atrocement coupable (et pour ne rien arranger, je suis loin de mes parents, car en voyage à Paris pour deux semaines). Recroquevillée dans les chiottes de mon hôtel parisien, je suis tellement en état de choc que j’ai l’impression de voir se dérouler la scène en dehors de mon propre corps. J’entre dans une sorte de pilote automatique, de mode survie dans lequel je ne suis plus vraiment maîtresse de mes pensées et de mes décisions. Je rentre précipitamment de Paris, préviens mes parents et Sir Gontrand De La Bite, puis entame la procédure.

A l’hôpital, la première échographie confirme la grossesse, l’infirmière est d’une froideur abominable. On me renvoie chez moi, les images de l’échographie sous le bras, sans vraiment me parler de la suite. En cachette, je commence à essayer de me blesser volontairement pour faire partir ce parasite. J’ai passé une semaine en Enfer, ne supportant pas l’idée d’être “habitée”. Je pleure du matin au soir, je fais des crises d’angoisse et des attaques de panique à répétition.

Une semaine plus tard, j’ai à nouveau rendez-vous à l’hôpital pour une seconde échographie ainsi que pour parler de la procédure. J’ai de la chance, c’est une autre infirmière qui s’occupe de moi (elle est un peu plus sympathique que la première). Et surprise, à l’échographie il n’y a rien. L’infirmière est étonnée, car je lui ai bien rapporté les papier de la première échographie qui confirmaient la grossesse. Elle continue, cherche pendant au moins quinze minutes. Comme le rendez-vous était très tôt dans la matinée et que par chance, j’étais à jeun, elle me fait faire un test urinaire rapidement. Il est négatif, l’infirmière conclut à une fausse couche et tente de me rassurer (selon elle c’est très courant). Je ne comprends pas trop, mais je suis soulagée et je reprends un peu conscience de ce qui m’entoure. Je ne sais pas si ce qui peut s’apparenter à une “fausse couche” était due aux façons dont je m’étais mutilée, au fait que j’avais pratiquement arrêté de manger, à la quantité astronomique d’alcool que j’avais volontairement engloutie en cachette, à mon mal-être extrême ou je ne sais quoi d’autre encore ; mais le résultat était là, je n’étais plus enceinte. Je rentre donc chez moi, annonce la nouvelle à mes parents. Nous n’en n’avons jamais reparlé depuis, pas une seule fois.

A ce stade, vous vous demandez surement ce qu’il advient de Sir Gontrand De La Bite. Et bien, il se foutait pas mal de tout ce qui se passait de mon côté. Je l’ai prévenu sans obtenir la moindre réaction de sa part. J’ai géré seule. Le plus difficile au quotidien était de lire dans les regards de chacun des membres de ma famille à quel point j’étais coupable à leurs yeux, pendant ces deux semaines. De façon générale, absolument toutes les personnes au courant de ce qu’il m’arrivait étaient silencieuses ou me condamnaient plus ou moins fermement. J’étais la coupable, celle que l’on sermonnait, celle que l’on jugeait irresponsable, celle qu’on pensait être une salope ou celle que l’on a simplement laissée se démerder seule, car après tout, elle l’avait bien cherché. Vous voulez connaître le point commun de tous ces gens ? C’est facile à deviner ! Aucun ne m’a parlé du père, pas la moindre mention de l’homme qui avaient causé cette grossesse non désirée. Mes parents ne m’ont même pas demandé son nom.

Sir Gontrand De La Bite ne m’a absolument pas soutenue. A compter de l’annonce de ma grossesse, il ne m’a pour ainsi dire plus jamais adressé la parole. Je sais de source sûre qu’il a ébruité l’affaire, puisque quelques années plus tard des ami.es communs m’en ont reparlé. A l’époque, il s’était carrément moqué de moi, et avait dit à ses potes que j’avais inventé cette histoire de grossesse pour essayer de lui mettre la pression pour que l’on se mette en couple (chose que je n’avais pourtant jamais désirée une seule seconde). Clairement, j’étais très mal suite à cet épisode : il le voyait. Comme tout le monde savait plus ou moins que lui et moi, on ne se calculait plus, je suis simplement passée pour la fille éplorée qui s’est fait jeter par “le mec qu’elle aimait”. Je pense que Gontrand a bondit sur cette parfaite occasion de se déculpabiliser aux yeux des autres, et de se pavaner. Il a radicalement changé : passant du mec simple, marrant et sympa avec qui je passais de bons moments, au vieux type qui se vante d’avoir le dessus sur une femme, de l’avoir à ses pieds et de la voir tenter de mettre en œuvres des stratagèmes pour le posséder. Stratagèmes qui évidemment ne fonctionnent pas, car en bon cliché qui se respecte, Sir Gontrand De La Bite se fout royalement de la femme en question, et s’amuse même de la voir se “démener pour lui”.

J’ai toujours défendu l’avortement bec et ongles, mais on m’exposait souvent des avis inverses. De moi-même, je ne culpabilisais pas, mais entendre les autres rabâcher que l’avortement est un meurtre, que les femmes sont égoïstes ou des sorcières meurtrières d’enfants ne m’aidait pas. J’essayais simplement de passer à autre chose, d’oublier Gontrand et toute cette histoire.  Pour moi ce mec était mort, enterré et je pissais sur son cadavre. Pourtant, quelques mois plus tard, il me renvoie un message pour me demander quelques nouvelles. Je ne sais pas s’il essayait délibérément de me torturer, mais il finit par me dire qu’il est persuadé que notre bébé aurait été une petite fille (cette phrase me donne encore envie de vomir aujourd’hui) et que je n’aurais pas du faire ça sur un coup de tête (il pensait que j’avais avorté, je ne lui ai jamais donné de détail). Il est allé jusqu’à lui donner un prénom. Je pense qu’il devait se foutre de moi cette fois là, je l’imagine mal être sérieux en disant cela. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à me sentir réellement coupable.

Je n’en ai pratiquement jamais parlé à personne. Après que Gontrand ai donné un prénom au parasite qui m’avait habitée, je me sentais hantée par la culpabilité. Elle n’était pas si forte, car j’ai toujours su que j’étais dans mes droits et que je n’avais pas à rougir, mais toujours belle et bien présente dans un petit coin de ma tête. Un jour j’ai ressorti les images de la première échographie, découpé une des petites vignettes noires et l’ai mise dans mon portefeuille. C’était ridicule, on ne distinguait absolument rien sur cette image, simplement le petit trait mesureur tracé informatiquement par l’infirmière. Je crois que j’ai fait cela dans le simple but de me torturer, de me punir pour avoir haï si fort ce petit embryon que mon corps l’a lui-même rejeté. Chaque fois que j’ouvrais ce portefeuille, j’y repensais. A chaque paiement dans un supermarché, j’imaginais un petit visage de fillette, accompagnée d’un prénom. J’ai gardé cette photo dans mon portefeuille pendant quatre ans. Je me suis torturée pendant quatre longues années jusqu’au moment où j’ai décidé d’arrêter de souffrir. C’est une amie de l’université qui m’a sortie de ce cercle vicieux, par une simple phrase.

Mais pourquoi tu continues à te torturer en gardant ton écho alors que le mec ne doit même plus y penser depuis des années ?” – une amie dans le vrai, 2013.

Rarement dans l’histoire de l’humanité une personne n’avait tapé aussi juste en une seule phrase. J’ai jetée l’écho, ou brûlée je ne sais plus, et depuis, j’avance.


Finalement, la chronologie que prend les événements n’est pas si mal. Je finis par me dire que lire mon expérience avant mon article sur l’IVG est une très bonne chose. Pour celles et ceux qui minimiseraient encore l’épreuve qu’est un avortement, j’espère que mon expérience vous aura fait relativiser un minimum, et vous encouragera dors et déjà à réfléchir sur le sujet. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour mon post sur l’IVG, qui j’espère vous permettra de déconstruire certains aspects du sexisme intériorisé et banalisé de notre société.

Le grand guide de la fourrure LGD #2

Le grand guide de la fourrure LGD #2

Nous sommes déjà mi-septembre et plus les jours passent, plus l’hiver approche. Certes, les jours sont encore beaux et doux, mais les magasins nous proposent dors et déjà les collections pour cet hiver : manteaux, doudounes, bonnets et gants remplissent déjà les étagères ! C’est donc le moment idéal pour moi de rédiger un guide sur la fourrure. Après sa lecture, plus de confusion possible entre fourrure animale et fourrure synthétique ! Beaucoup d’entre vous pensent certainement que la fourrure animale, celle que l’on appelle « vraie fourrure », est une matière de bourgeoise ou qu’on ne la trouve que dans les boutiques de luxe. Quand je vous dis « vraie fourrure », vous pensez probablement au gros et long manteau en vison de votre mamie. Peut-être même que certain•e•s d’entre vous pensent que « la vraie fourrure » est révolue, que l’on n’en fait plus de nos jours. Grossière erreur ! On a dû mal à l’imaginer, mais la fourrure animale fait un retour fracassant sur le marché ces dernières années. Elle qui avait si mauvaise presse dans les années 80′ suite aux campagnes de PETA, Brigitte Bardot et cie, fait aujourd’hui son grand come-back. Fini le gros manteau de raton-laveur que les Français•e•s ont encore dans le collimateur. Aujourd’hui, les marques préféreront insérer la fourrure animale par petites touches sur des pièces ordinaires de nos dressings. Un petit pompon sur un bonnet, le fourrage d’une paire de bottes d’hiver, le col de capuche d’une doudoune ou même un porte-clé : la fourrure animale se cache là où on ne l’attend pas, sur des pièces que nous n’avons pas forcément le réflexe de vérifier avant l’achat. Lors de différentes actions de sensibilisation, beaucoup de personnes m’ont posé des questions sur le thème de la fourrure. Comment différencier fourrure animale et fourrure synthétique ? Les marques sont-elles fiables à ce sujet ? La fourrure animale peut-elle être produite de façon éthique ? Autant de questions que je m’apprête à traiter dans ce guide spécial fourrure dans lequel je vous donnerai toutes les astuces à ma connaissance pour ne plus se faire piéger ! Cet article n’a pas vocation à sensibiliser sur la fourrure mais simplement à vous guider dans vos achats. Je pense que nous nous accordons toutes et tous sur le fait que l’industrie de la fourrure est totalement barbare, cruelle et inutile (les mots sont faibles), ce poste n’a donc pas pour but de vous sermonner. Il n’y aura ni images choquantes ni discours larmoyant : seulement des informations et des astuces à appliquer au quotidien !
1. Qu’est-ce que la fourrure animale / fourrure synthétique ? 2. Halte aux idées fausses sur la fourrure animale ! 3. Comment différencier fourrure animale et fourrure synthétique ? 4. Les trucs et astuces pour discerner “vraie” et “fausse” fourrure.

1. Qu’est-ce que la fourrure animale / fourrure synthétique ?

Tout d’abord, commençons par définir les bases, histoire que l’on parle toutes et tous de la même chose. Le terme générique “fourrure” désigne une peau animale garnie de ses poils (ou plus rarement de duvet ou de plumes). Ce matériau est obtenu par écorchage et dépeçage des animaux : le plus souvent de mammifères sauvages ou d’élevage. La peau est ensuite traitée par différents processus de tannage afin de la rendre souple et imputrescible. Habituellement, elle est composée de deux couches principales : la peau (assimilable au cuir) et les poils qui y sont implantés. Une fois tannée, la fourrure est utilisée pour la création de vêtements, d’accessoires ou diverses fournitures. (1)

Doudoune de la marque Devernois, en fourrure animale.

On parle de “fourrure synthétique” pour désigner toutes les imitations ne faisant pas intervenir d’animaux dans leur fabrication. La plupart du temps, la fourrure synthétique est issue de l’industrie pétrolière, autrement dit des dérivés de plastique.

2. Halte aux idées fausses sur la fourrure animale !

Beaucoup d’idées fausses persistent à propos de la fourrure et sont d’ailleurs à l’origine de la plupart des erreurs des consommateurs et consommatrices. En voici un petit tour d’horizon, toutes issues de nos échanges avec les passant.es pendant des actions de sensibilisation.
La “vraie” fourrure n’est pas l’apanage des grandes maisons de luxe. Et oui ! Cela peut surprendre, mais la fourrure animale a très largement dépassé les portes des boutiques Dior et Chanel. On la trouve absolument partout, y comprit dans des enseignes mass-market, et même dans des magasins de sport ! Zadig & Voltaire, Le Temps des Cerises, l’enseigne de bijoux MOA, Burton ou Celio sont autant d’enseignes que vous croisez quotidiennement et qui commercialisent de la “vraie” fourrure. (2) Même Intersport s’y met avec sa collection de doudounes dont les capuches arborent de la fourrure animale.
La “vraie” fourrure n’est pas nécessairement plus coûteuse que la fourrure synthétique. Après avoir lu le point précédent, vous vous doutez certainement que le prix d’une pièce ne signifie plus rien. En cause, les fermes à fourrure de pays comme la Chine ou la Finlande qui produisent de la fourrure animale à très bas prix. Elles sont si compétitives que les prix de la fourrure animale s’alignent sur la fourrure synthétique. Exemples frappants : la doudoune Intersport (environ 40€) ou les bonnets à pompon de l’enseigne MOA (environ 20€ maximum) : tout deux sont pourtant garnis de fourrure animale. Vous l’aurez compris, il est aujourd’hui absolument impossible de se fier au prix d’une pièce pour se rassurer sur l’absence de fourrure animale.
Aucune ferme à fourrure n’attend que l’animal “meurt de vieillesse” avant de récolter sa peau. Cela peut prêter à sourire, mais c’est une croyance assez répandue, principalement à cause des enseignes peu scrupuleuses qui cherchent à déculpabiliser leurs client.es. Pas besoin d’épiloguer sur ce point, le simple bon sens nous permet de comprendre qu’il est impossible pour une ferme à fourrure de procéder ainsi, pour des raisons évidentes de rentabilité.
Les poils des animaux ne sont pas “rasés puis collés” sur les vêtements. Cette croyance elle aussi a la peau dure, bien qu’il soit évident que ce n’est pas le cas. Tout comme la précédente, elle persiste en raison de son caractère rassurant pour les client.es. En effet, il est bien plus facile de vivre avec l’idée que l’animal est régulièrement rasé (cela ramène la fourrure au même niveau que la laine des moutons) et ses poils collés, plutôt que d’affronter la réalité : un animal tué, le plus souvent par électrocution anale, puis écorché. Pourtant, c’est bien de cette façon qu’est produite la fourrure.

3. Comment différencier fourrure animale et fourrure synthétique ?

Cette question pourrait paraître simple : enfin, il suffit de lire l’étiquette ! Et bien, en théorie oui, vous avez raison. Mais en pratique, ce n’est pas la même tisane. Il arrive parfois que des enseignes commercialisent de la “vraie” fourrure alors que l’étiquette indique qu’il s’agit de synthétique. Cela est d’autant plus courant sur les stands, les braderies, les friperies et les marchés. Mes ami.es militant.es et moi avant l’habitude de jeter un rapide coup d’oeil, et les faux étiquetages sont fréquents. Les employé.es de boutique savent également que la fourrure a mauvaise presse et n’hésitent pas à mentir, en fonction du type d’article que vous recherchez. C’est ainsi que l’année dernière dans une boutique de la ville de Tours, nous avons pu filmer (en caméra cachée) une vendeuse nous assurant que la fourrure d’une pièce de sa boutique était synthétique, alors qu’il s’agissait de fourrure animale. La situation n’est donc pas si claire qu’il n’y parait. Aux mensonges délibérés s’ajoutent aussi les scandales comme celui de la fourrure de chiens et de chats provenant de Chine, et vendue en Europe comme de la fourrure de raton-laveur ou de lapin (3).

4. Les trucs et astuces pour discerner “vraie” et “fausse” fourrure

Vous l’aurez compris, il est au final bien plus pratique et infiniment plus sûr de savoir reconnaître la fourrure animale sans avoir besoin de regarder l’étiquette. Cela peut paraitre compliqué de distinguer la “vraie” de la synthétique, mais le coup d’oeil vient très rapidement ! Pour vous aider, voici cinq astuces très simples !

1. Le test du feu.

C’est LE test imparable pour différencier fourrure animale et fourrure synthétique. Arrachez délicatement quelques brins du fourrage et brûlez le bout avec une allumette ou un briquet (en faisant attention). S’il se dégage une forte odeur de plastique, il s’agit de fausse fourrure. En revanche, si vous sentez une odeur de cheveux brûlés (ou “cochon grillé” comme on l’appelle vulgairement), alors il s’agit de “vraie” fourrure. Fiabilité : 100% ! Vous ne pouvez pas vous tromper avec ce test ! Son plus gros avantage : il permet aussi de débusquer les “mélanges” de fourrure qui sont plus difficiles à discerner à l’oeil nu (parfois, des pièces mélangent synthétique et fourrure animale). L’odeur de “cheveu brûlé” est si forte qu’elle ne sera pas masquée par l’odeur de plastique pendant votre test. En revanche, il peut être compliqué à effectuer si vous êtes en boutique, c’est à vous de voir.

2. Inspecter la base du fourrage.

Attrapez votre pièce et écartez les poils de la fourrure pour inspecter la base. Premier cas de figures : vous distinguez une sorte de filet, de maillage en tissu ou en toile. Il s’agit donc vraisemblablement de fausse fourrure (les poils en plastique sont tressés directement dans les mailles, comme pour une perruque). Second cas de figure : vous distinguez une surface uniforme, lisse et douce, semblable à la peau d’un chien ou d’un chat lorsque vous écartez ses poils. Dans ce cas-là, il s’agit indubitablement de fourrure animale (on le rappelle, la peau de l’animal est arrachée, est donc toujours présente sur le vêtement).

On distingue bien la surface lisse, il s’agit de la peau de l’animal.

Ici, pas de peau, mais un maillage en tissu sur lesquels les poils synthétiques sont tressés.

Fiabilité : 90%. Si vous distinguez la peau, alors il n’y a aucun doute : il s’agit de fourrure animale. En revanche, si vous voyez le tressage, il peut toujours s’agir d’un mélange entre synthétique et fourrure animale (même si c’est plutôt rare). Pour cette raison, je ne peux pas garantir une fiabilité à 100%, bien que cela soit un très bon indicateur.

3. La longueur des poils.

Sur cette doudoune (fourrure animale), on distingue clairement une différence de longueur dans les poils.

Dans le cas de la fourrure synthétique, les poils sont souvent tous de la même longueur. Or, ce n’est souvent pas le cas pour la fourrure animale. Généralement, cette dernière est composée de plusieurs longueurs et de densités différentes. La plupart du temps, on peut voir une couche de base très dense (presque duveteuse) et plus courte, ainsi que des poils plus longs mais plus disparates qui en ressortent. Les photos seront surement bien plus parlantes que mes explications à l’écrit.

La première couche de poils est courte et dense, elle forme une sorte de duvet, et la seconde couche de poils est plus longues et plus espacée.

Fiabilité : 70%. De tous les critères visuels, la longueur des poils est la plus fiable pour distinguer fourrure animale et synthétique. Cependant, elle ne suffit pas à elle seule à s’en assurer. En effet, la fourrure synthétique imite parfois très bien cette différence de longueur. Attention : Il est important de noter que ce critère ne peut pas être utilisé pour les pièces en fourrure “courte”, comme les manteaux en lapin par exemple, ou pour les fourrures coupées. Dans ces deux cas, il est préférable de se reporter au point 1 et/ou 2.

4. Le flottement.

Observer la façon dont réagit la fourrure lorsque l’on souffle dessus peut aussi aider à déterminer sa nature. La fourrure synthétique aura tendance à rester statique, alors que la fourrure animale sera plus prompte à flotter, à virevolter un peu dans tous les sens. Lors de votre prochaine sortie en ville, observez (si c’est la saison) les cols en fourrure des passant.es. Certains seront à l’épreuve du vent et ne bougeront pas d’un poil (synthétique), alors que d’autres feront comme des petits rebonds à chaque pas de l’humain.e qui le porte (fourrure animale). L’effet sera encore plus saisissant s’il y a du vent ce jour-là. Vous avez certainement déjà vu un chat à poils longs se promener dehors, par une journée venteuse : ses poils virevoltent. Et bien gardez cette image en tête, car le vent aura exactement le même effet sur la fourrure animale. [wpvideo Ion3jfZY class=”data-temp-aztec-video”] Fiabilité : 60%. Attention : là encore, ce n’est pas le test le plus fiable car la fourrure synthétique imite parfois cette caractéristique (notamment quand il s’agit de poils longs). Comme pour le point 3, ce critère de flottement ne sert pas à grand-chose dans le cas des fourrures plus courtes.

5. La brillance.

Dernier point d’ordre visuel : la brillance. Les poils de la fourrure synthétique étant faits de plastique, ils auront davantage tendance à briller. Regardez les poils sous la lumière du soleil, ou avec le flash de votre téléphone : le résultat devrait être assez évident. Repensons une nouvelle fois à un chat : ses poils ne brillent pas, ils sont plutôt mattes. Il en est de même pour la fourrure animale. Fiabilité : 50%. Attention : ce point n’est valable que sur les fourrures non-teintées. Dès lors qu’une fourrure animale est teintée, elle aura tendance à briller davantage.

Conclusion

Ces cinq points vous permettront d’y voir plus clair pendant votre shopping. Cela peut paraitre assez fastidieux, mais je vous garantie que le coup d’œil vient vite. Avec l’habitude et grâce à ces cinq critères, je suis capable de dire en quelques secondes si une personne que je vois dans la rue porte de la fourrure synthétique ou animale (oui, je suis devenue un radar à fourrure !). Évidemment, il y a toujours une marge d’erreur, car je ne vais décemment pas me permettre de bruler la fourrure des passant.es, ou farfouiller dans leurs cols pour voir si la base est en peau ou en tissu : mais généralement, je ne me trompe pas. Aucune raison que vous ne puissiez pas en faire autant !

En bref, les idées à retenir :

  • la fourrure animale peut se trouver dans tous les types d’enseigne (luxe comme supermarchés) !
  • la fourrure animale n’est pas plus chère !
  • les vendeurs et vendeuses ne sont généralement pas très fiables sur ce sujet, et peuvent parfois mentir !
  • il est toujours préférable de vérifier par sois-même avec les cinq points : test de la flamme, base du fourrage, flottement, longueurs des poils et brillance.

Avez-vous une autre question sur la fourrure ? Une autre astuce ou une autres idée reçue à ajouter ? N’hésitez pas à réagir en commentaire !

Passez un excellent hiver, sans cruauté pour nos ami.es les animaux.


Sources : (1) Wikipédia : Fourrure (2) mode-sans-fourrure.com : Liste rouge des marques qui vendent de la fourrure animale. (3) Des vêtements confectionnés avec des poils de chiens et de chats
Les produits cosmétiques Modere

Les produits cosmétiques Modere

Suite à mon dossier sur la marque de cosmétique Modere, plusieurs d’entre vous, mes lecteurs et lectrices adorées, m’aviez demandé un avis plus précis, mais toujours 100% honnête et sans langue de bois sur leurs produits.

J’ai eu l’occasion d’en tester plusieurs pendant mes quelques mois de partenariat avec la marque et voici donc, résumé en une vidéo mon avis sur ces derniers.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=6qIoy0xlT2g&w=560&h=315]

Disclaimer : quelques petites informations importantes que je me permets de préciser à nouveau :


Quelques infos rapide sur Modere :

  • contrairement à ce que prétendent les Social Marketers : Modere n’est PAS une marque bio, et encore moins “une marque mieux que bio” ou “plus exigeante que le label bio“. Ce n’est ni plus ni moins que de la publicité mensongère.
  • les Social Marketers ne font que répéter inlassablement ce qui leur est dit par le formateurs et formatrices, ainsi que pendant les formations en ligne. La plupart du temps (et moi la première) les Social Marketers ne remettent pas en question les informations et se contentent de les répéter.
  • je pense ne pas me tromper en disant que les Social Marketers sont majoritairement de bonne foi en distribuant les produits, et se font juste avoir par le marketing bien rodé de Modere. Tout le monde ne s’y connaît pas en cosmétique, tout le monde ne sait pas déchiffrer la composition d’un produit et la lecture d’une étiquette n’est pas toujours choses aisée.

Si vous faites partie de celles et ceux pour qui les étiquettes et les compositions des cosmétiques sont des hiéroglyphes indéchiffrables, je vous recommande très fortement l’application “INCI BEAUTY“.

Elle est très simple d’utilisation. Il vous suffit d’entrer le nom d’un produit ou d’une marque dans la barre de recherche pour trouver une analyse de la composition, sous la forme d’une note sur 20. Si le produit qui vous intéresse n’existe pas encore dans leur base de données, vous pouvez demander son analyse.

Analyses de composition des produits Modere avec l’application INCI BEAUTY

Voici ce que j’ai obtenu lorsque j’ai entré “Modere” dans la barre de recherche de l’application. Comme vous pouvez le voir, le résultat n’est pas glorieux. Mis à part deux produits (le dentifrice et le bain de bouche) qui sont irréprochables, tout le reste des cosmétiques est vraiment très moyens, au même niveau qu’une marque de supermarché (mais bien plus chers !)

La leçon de tout cela, c’est qu’il faut vraiment se méfier du marketing des différentes compagnies de cosmétiques, et pas que pour les cosmétiques. Personne n’est à l’abri de se faire manipuler, moi la première. Mais heureusement, vous avez maintenant un super outil pour vous en sortir en un clic ! 😊

Démission et meurtre en solde à l’Elysée – Actu antispé #3

Démission et meurtre en solde à l’Elysée – Actu antispé #3

Le 27 août, la FNC (Fédération Nationale des Chasseurs) représentée par Willy Schraen, était reçue par Manu lors d’une audience visant à discuter des différents réformes liées à la chasse. (1) Chacun et chacune d’entre nous connaît les positions pro-chasse de Manu, lui qui souhaitait remettre les chasses présidentielles à l’ordre du jour. (2) Ni plus ni moins que le meurtre élevé au rang de culture, de tradition et de plaisir : c’est de cette manière qu’a choisit de se divertir une minorité de la population française.

Les accidents de chasse en France : personnes blessées et personnes tuées de 2006 à 2017 (ONCFS)


Une minorité qui pourtant réclame privilèges et aménagements pour son confort, rendant la vie du reste de la population bien triste et compliquée. Se promener à la campagne, se balader tranquillement en forêt, laisser sortir son chien ou son chat sans avoir peur pour sa vie : autant de plaisirs simples de la vie que la plupart d’entre nous ne vivent plus si souvent.


Meurtres en solde !

Manu, toujours à genoux à pomper les lobby et ces chasseurs dont il désire le vote, a bien évidemment cédé à toutes leurs attentes.

Afin de rendre la chasse encore plus accessible à toutes celles et ceux tristes de ne pas avoir les moyens de tuer pour le plaisir, Manu offre une jolie ristourne sur le permis de chasse : désormais 200€ au lieu de 400€. Un bon -50% sur les meurtres !

Régulation : même les espèces menacées y passent (logique ?)

Les soldes, ça ne suffit pas : cette année les chasseurs réclament également des exclusivités et des animaux en édition limitée ! Alors qu’ils n’ont que le mot “régulation” à la bouche, les chasseurs auront le loisir de chasser des espèces classées “menacées” à l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Une jolie tourterelle des bois qui n’a rien demandé à personne.

Le fuligule milouin, le courlis cendré, la tourterelle des bois, barge à queue noire et grand tétras : toutes ces espèces d’oiseaux sont classées UICN, d’un niveau d’inquiétude minime, jusqu’à “vulnérable”. Où est la régulation ? Tout cela est faisable dans le cadre de ce que les chasseurs appellent “la gestion adaptative” : une jolie tournure qui peut se résumer à “ouais t’inquiète on fait un peu gaffe qu’il en reste quand même quelques uns, mais on les bute quand même” (logique de chasseurs).

Mais soyons rassuré.es, l’audience fut également l’occasion pour Manu et Willy d’aborder souffrance animale, ainsi que de discuter de l’éthique de certaines formes de chasses. Ouf !


Un avenir sombre pour l’écologie

Ces derniers jours ne sont pas de bons augures pour l’écologie et la biodiversité en France. Pendant que la FNC lance sa première campagne totalement honteuse dont la devise est “chasseurs : premiers écologistes de France” (3), notre président ne fait que se plier aux volontés des lobbies.

Pour couronner le tout, c’est désormais Nicolas Hulot, qui le lendemain de l’audience de la FNC démissionne subitement du gouvernement. (4)

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=YJZa90g9WSk?rel=0&w=560&h=315]

“Ça va paraître anecdotique mais pour moi c’était symptomatique et c’est probablement un élément qui a achevé de me convaincre que ça ne fonctionne pas comme ça devrait fonctionner. C’est symptomatique de la présence des lobbies dans les cercles du pouvoir. Il faut à un moment ou un autre poser ce problème sur la table parce que c’est un problème de démocratie : qui a le pouvoir, qui gouverne ?” Nicolas Hulot, France Inter

Quel avenir pour l’écologie ? Quel.le remplaçant.e pour Nicolas Hulot ? Quelle nouvelle marionette ?


Sources :
(1) Les chasseurs reçus à l’Elysée : «Par démagogie, on maintient l’ancien monde»
(2) Emmanuel Macron veut réouvrir les “chasses présidentielles” : mais au fait, c’est quoi cette pratique héritée de la monarchie ?
(3) Les chasseurs lancent leur campagne : les chasseurs premiers écologistes de France
(4) Démission de Nicolas Hulot : qui est Thierry Coste, le “lobbyiste” qui “n’avait rien à faire” à l’Elysée ?

Implant contraceptif : la contraception rêvée ? (spoiler : NON!)

Implant contraceptif : la contraception rêvée ? (spoiler : NON!)

Il y a quelques mois, j’évoquais dans un fil de discussion sur le groupe Facebook “La Voie de Shakti” que j’avais malheureusement eu d’importantes complications avec mon implant contraceptif. Suite à cela, une dizaine de personnes m’avaient écrit, s’interrogeant sur les problèmes que j’avais rencontré. Au passage, je vous conseille très vivement ce groupe de gynécologie naturelle, pleins de merveilleuses personnes qui sauront vous donner d’excellents conseils.

Dans cet article, je reviens sur ce parcours du combattant qu’a été pour moi l’implant contraceptif. Même si mon cas fut assez extrême, autant dans les symptômes que dans la médiocre prise en charge par les professionnel.les de santé, il est tout de même bon de savoir à quoi s’attendre lorsque l’on souhaite avoir recours à l’implant contraceptif, ce dernier étant assez idéalisé et vendu comme “la contraception parfaite” : cette “pilule” que l’on n’oublie jamais.

TW : sang, violences gynécologiques


L’implant contraceptif, c’est quoi ?

Ce que l’on appelle couramment implant contraceptif est un petit bâtonnet en plastique souple non-biodégradable d’environ quatre centimètres de longueur pour quelques millimètres d’épaisseur. Il est introduit sous la peau de l’intérieur du bras pour que sa présence ne soit pas gênante et délivre en continue dans le sang une hormone progestative (il me semble que c’est la même que dans une pilule classique). L’anesthésie locale est obligatoire lors de la pose d’un implant (je le précise, car j’ai déjà lu quelques témoignages de personnes dont l’implant a été posé sans anesthésie). Votre implant vous sera prescris par ordonnance, ainsi qu’un patch anesthésiant à coller environ 1h avant la pose de l’implant.


La contraception “rêvée

J’ai fait poser mon implant contraceptif en septembre 2013 (j’avais 20 ans) après plusieurs années de galère avec la pilule traditionnelle. Je la supportais bien pour ce qui est des hormones, mais le geste de “prendre une pilule” me donnait des nausées insupportables. Quand je la prenais avec un verre d’eau, c’était l’horreur, mais quand je la cachais dans ma nourriture, tout allait bien (je pense que le problème était vraiment dans ma tête). A cause des vomissements que me provoquait la pilule, j’avais très peur que son efficacité ne soit plus au rendez-vous et d’attraper ce parasite qu’on appelle “enfant”. C’est donc sur les conseils d’une gynécologue que je me suis orientée vers l’implant. Elle ne m’a absolument pas informé des éventuels effets secondaires de cette contraception.

Elle me prescrit donc l’implant ainsi que le patch et me voilà en route chez ma docteure préférée pour la pose. Comme indiqué par la gynécologue, je colle mon patch sur l’intérieur de mon bras. Arrivée là-bas, Pauline (c’est son petit nom <3) me dit que je ne l’ai pas posé au bon endroit (les explications de la gynéco étaient un peu vagues) et me propose donc de faire une piqure qui sera plus efficace que le patch (qui d’après elle ne suffit pas à chaque fois). Pauline est une sainte. La pose se fait très rapidement et sans aucune douleur. Je n’ai qu’un minuscule hématome qui n’a pas duré plus de quelques jours et très vite, je ne sentais même plus la présence de l’implant.


Et les ennuis commencent…

Les six premiers mois, tout se passe à merveille. J’ai même un symptôme dont beaucoup rêvent : je n’ai plus mes règles du tout. Certes, ce n’est pas très naturel et l’on ne devrait pas s’en réjouir, mais sur le moment, j’appréciais la tranquillité de ne plus éprouver la moindre douleur de règles.

Ce répit n’aura de toute façon pas duré bien longtemps, puisque passé ces six mois c’est l’exact inverse qui se produit. Tout à coup, mes règles deviennent incessantes et sans la moindre période de ralentissement du flux. Je me vide littéralement de mon sang et mes règles sont aussi intenses et abondantes qu’elles le sont pendant les deux plus gros jours du cycle… mais tous les jours.

Mes règles ont toujours été irrégulières, un poil plus longues, un poil plus courtes selon le mois : je ne m’en formalise donc pas dès le début. Au bout de deux semaines voyant que la situation ne s’améliore pas, j’en parle à cette même gynéco, qui m’annonce que c’est tout à fait normal, que c’est un effet secondaire tout à fait classique et bénin de l’implant. Bénin ou pas, j’aurais aimé qu’elle m’en informe avant. Elle me rassure, me dit que cela passera très vite, m’explique qu’il est courant d’alterner entre des phases de plusieurs mois sans règles, entrecoupées de règles plus longues que la normale.

Je suis un peu rassurée, mais malheureusement ça ne passe pas. Quand je retourne la voir un mois plus tard, j’ai déjà mes règles depuis quasiment deux mois complets. Elle me dit à nouveau que c’est normal, que c’est les risques et que “la contraception magique, ça n’existe pas“. Elle continue en me disant assez sèchement que c’est “moi qui dois faire des efforts, prendre sur moi” et de “ne pas faire ma chochotte“.

A ce moment-là, je suis complètement perdue. Tout ce que je sais, c’est que jamais plus je ne veux me retrouver face à cette gynécologue. Pour des raisons géographiques, je ne peux plus retourner voir Pauline, son cabinet étant à la campagne à côté de chez mes parents. Je prends donc quand même plusieurs rendez-vous avec d’autres médecins qui ne me seront pas d’une grande aide non plus.

Je sens bien que le problème vient de l’implant, mais je ne suis pas médecin alors je doute de mon ressenti. Le premier médecin, un vieux largué sur les questions de contraception, me dit qu’il ne sait pas trop d’où peut venir mon problème mais, que cela n’est surement pas causé par l’implant. Il me prescrit des analyses sanguines pour détecter “d’éventuelles autres causes“.

Résultats : je suis anémiée (sans déconner?) et c’est tout. J’abandonne avec celui-ci et me rends, mes analyses sous le bras, chez unE médecin (je voulais absolument une femme cette fois-ci). Elle regarde mes analyses et s’étonne également que l’implant soit la cause de symptômes si retentissants. Elle ne cherchera pas plus loin pour identifier la cause, mais me prescrit tout de même de l’homéopathie pour faire stopper les saignements (la blague). Je n’ai même pas pris la peine de me rendre à la pharmacie.

Conclusion : je suis baladée de discours évasifs en discours évasifs. Personne ne sait trop ce que j’ai et personne ne semble admettre que l’implant puisse avoir des effets secondaires aussi lourds. Il y avait forcément autre chose : on m’a même parlé de cancers, d’infections ou maladies sexuellement transmissibles, mais les analyses ne donnaient rien. J’ai perdu un fric fou à payer de ma poche consultations et analyses en laboratoire à répétition pour au final me retrouver sans la moindre réponse et sans le sous.


La liste des symptômes s’allonge…

D’analyses inutiles en analyses inutiles, nous voilà arrivés à sept mois complets de règles très abondantes. Contrairement aux dires de la gynécologue, elles ne passaient pas. En plus des règles, j’ai commencé à faire de grosses hémorragies. Environ un matin sur quatre, je suis réveillée par mon nez qui saigne à pleins torrent (très agréable) et je me rends également compte que mes saignements ne viennent plus uniquement du vagin, mais aussi de l’anus (joie !). Le tout, accompagné de douleurs au ventre absolument atroces : sans aucune comparaison avec les douleurs habituelles des règles. J’ai l’impression que mes entrailles se déchirent et veulent sortir de mon corps…

A cause de l’anémie, la fatigue devient de plus en plus intense chaque semaine. Le moindre effort physique devient une épreuve olympique et rapidement, je ne peux même plus passer l’après-midi en ville avec des amies. Puis, même plus un repas. Très vite, les douleurs et la fatigue sont si intenses que je ne suis même plus capable de sortir de chez moi voire de mon lit, selon les jours.

Je suis passée d’environ 55kg à 39,5kg. Un médecin que j’ai vu lorsque j’étais au plus bas de mon poids m’a cru anorexique, alors même que j’avais augmenté mes prises alimentaires (sinon, je ne tenais pas). Il m’a suspectée de cacher mon “anorexie” avec mon histoire de contraception et m’a prescrit des rendez-vous chez une psychologue. Un autre médecin pensait quant à lui à une colopathie. La fatigue devenait insoutenable, je ne pouvais pas rester plus de dix minutes débout sans m’évanouir. Il m’est même arrivé de m’évanouir dans la rue.


Tout cela s’est déroulé entre l’année 2013 et 2014 et sachez une chose : j’ai encore aujourd’hui des séquelles physiques, même des années après. J’ai reprit tout le poids perdu petit à petit, mais mon cycle menstruel est totalement détraqué comme cela arrive aussi avec la pilule. Il m’arrive encore d’avoir mes règles pendant un mois ou deux mois d’affilé (tout de même moins abondantes), puis plus rien pendant trois mois ; ou de faire du spotting* pendant 6 mois.

Autre conséquence relou : je ne suis aujourd’hui plus du tout capable de pratiquer le flux libre instinctif (article à venir) car les douleurs et mon cycle détraqué ne me permettent plus de le faire. Je ne peux plus me repérer aux sensations, car j’ai mal tout le temps et suis donc repassée à la cup (non sans mal). Bref, c’est encore compliqué et j’espère que tout rentrera dans l’ordre un jour.

J’aurais aimé connaitre tous ces effets secondaires avant la pose. Là est pour moi la pire faute du système de santé. Il m’est toujours difficile de comprendre comment les professionnel.les de santé n’ont pas tout de suite fait le lien entre mes symptômes et l’implant, alors même que ces derniers sont très largement renseignés dans la littérature scientifique médicale, même jusque dans la notice du Nexplanon (marque de mon implant). Sont listés parmi les effets secondaires très fréquents (plus d’une “femme” sur 10) : maux de tête, règles irrégulières, état dépressif, douleurs abdominales, nausées, perte de poids, règles douloureuses … (2).

J’espère très sincèrement que les problèmes liés aux contraceptions hormonales sont désormais mieux pris en charge et mieux détectés par les professionnel.les de santé. En quatre ans, j’espère que la situation a évoluée et dans tous les cas, j’espère que cet article trouvera son public afin que vous soyez également capables de reconnaître le problème et de réagir en conséquence rapidement : la meilleure réaction étant de demander directement un retrait de l’implant dès que vous sentez que les choses deviennent problématiques.

Aujourd’hui, je suis de nouveau en errance contraceptive. Je ne veux plus la moindre contraception chimique dans mon corps à cause de tous les problèmes que j’ai rencontrés par le passé. Les préservatifs me répugnent un peu et causent tellement de déchets que je n’ai pas envie d’en utiliser, il en est de même pour les gelées spermicides. Dans l’idéal j’aimerais pouvoir me faire stériliser, mais je vous raconterai cette galère une autre fois… 😉

Prenez grand soin de vous 😉 <3


Lexique :
*spotting : des pertes très légères de sang, en général sans danger, qui surviennent entre les menstruations. (1)


Références :
(1) Dansmaculotte.com : Spotting, on vous dit tout sur ces saignements en dehors des règles.
(2) Eurekasanté.vidal.fr : NEXPLANON (fiche technique du médicament).

Un tout nouveau torchon signé Ludovic Delory (Contrepoints 06.08.18) – Actu antispé #2

Un tout nouveau torchon signé Ludovic Delory (Contrepoints 06.08.18) – Actu antispé #2

Depuis plusieurs mois, les articles (ou plutôt les torchons) abordant le véganisme, l’antispécisme et le militantisme se multiplient. Très souvent, ils ne parlent pas de “militant.es antispécistes” mais de simples “végan.es” ou pire “militant.es pro-vegan” : un signe indéniable de leur méconnaissance du sujet (au mieux) ou de leur volonté malsaine de nous faire mauvaise presse (au pire).

De tribunes infondées en tribunes infondées, les “pro-bonne barbaque à la française” se croient brillant.es et maîtres.ses de la rhétorique, mais manquent en réalité toute la substance de la question et ne font que propager stéréotypes, préjugés et lieux communs niveau CM1.

Le dernier torchon en date (1) signé de la belle plume objective et renseignée de Ludovic Delory, publié dans le “journal” libéral Contrepoints n’échappe pas à la règle. Les militant.es de l’antenne Belge Anonymous For The Voiceless en font la une et sont accompagné.es de ce qui n’est ni plus ni moins qu’un pamphlet carburant à la désinformation.


Le véganisme liberticide

Ludo en a marre. Il déplore nombre de choses, à commencer par ces casse-pieds de végan.es qui se battent contre sa “liberté” de se baffrer de cadavre à volonté. Quand tu lui montres la Lune, le carniste regarde le bacon. #TouchePasAMonSteak

“En souhaitant rendre l’humain vertueux par le biais de la Loi sans se cantonner au débat philosophique sur la sensibilité animale, la nouvelle idéologie politique végan menace nos libertés.” (1) Contrepoints, 6 août 2018

Pour faire simple, Ludo ne semble pas capable (ou refuse) de voir plus loin que le bout de son nez. Il aimerait que les végan.es se cantonnent au débat philosophique de la sensibilité animale (qui pour moi n’a rien de philosophique, mais passons). Et on le comprend ! Tant que les marginaux comme il les appelle, restent bien sagement à leur place et ne font que disserter entre convaincu.es de la sentience animale, Ludo n’aura alors pas à se remettre en question. Tant que les hippies resteront entre eux, tout le monde fermera bien les yeux sur le problème et aucun.e carnistes n’aura à se préoccuper sérieusement de la pérennité de son régime zoophage : leur “liberté”.


Mais au fait, c’est quoi la liberté ?

Les carnistes hurlent à tout-va à la liberté, cette chose inaliénable que personne ne peut remettre en question sans se voir coller l’étiquette “fasciste” sur le front. Mais notre utilisation usuelle du terme liberté est-elle vraiment correcte ?

Habituellement employé pour faire opposition à la notion d’enfermement, d’emprisonnement ou d’esclavage, le mot liberté est en réalité beaucoup plus étendu en philosophie ainsi que dans le domaine du droit. On part d’une notion simple : la liberté est cette possibilité générale de pouvoir agir sans contrainte. Or, la définition ne s’arrête pas là. En effet, il est trop souvent oublié que la liberté est une notion bien plus relative qu’on ne le pense.

Afin que notre liberté soit compatible avec les notions de justice et d’égalité, il est primordial de la nuancer pour éviter un scénario à la American Nightmare. C’est ainsi que la DDDH elle-même stipule que la «liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui» ou encore «faire tout ce qui n’est point interdit, comme ne pas faire ce qui n’est point obligatoire».

Je pense que vous commencez à comprendre où je veux en venir. La liberté ne sera jamais suffisante à justifier un acte de cruauté ou un acte nuisible et encore moins un acte de privation totale de liberté à autrui. Je ne peux pas au nom de ma liberté justifier que je m’autorise à tuer, violer, emprisonner ou maltraiter ; exactement de la même manière que la liberté d’expression ne justifie en rien des propos racistes (on ne le dira jamais assez, n’en déplaise à certains).

La liberté n’a jamais été et ne sera jamais un argument d’autorité lorsque nos actes produisent de la souffrance. Les liberticides, c’est vous Ludo, ainsi la partie du lectorat qui s’accorde avec votre point de vue.

Nous n’aurons probablement jamais le pouvoir de vous interdire de manger de la viande et contrairement à vos croyances emplies de peur, nous ne voulons pas faire ce choix à votre place. La seule chose qui est en notre pouvoir pour l’instant, c’est de faire en sorte que plus jamais vous ne puissiez manger une pièce de viande sans réfléchir aux conséquences de vos actes. Comprenez cela, et arrêtez donc de déféquer dans vos caleçons.


Petite, je rêvais d’être journaliste : un véritable métier de rêve pour moi. Mais aujourd’hui, je déplore ce qu’il en est devenu. Comme je le disais la semaine dernière dans mon dossier sur Modere : de tout, les journalistes veulent faire du sensationnel. Après avoir bien rabâché à son lectorat que manger de la viande n’est en rien condamnable, Ludovic enchaîne avec la terreur.

“Ce prosélytisme ne peut se faire sans violence, pour la frange la plus extrême des végans. Il faut, selon ces gens, passer à l’action, quitte à écoper d’une condamnation pour « apologie du terrorisme » ou, plus grave, à se suicider après avoir blessé plusieurs innocents.” (1) Contrepoints, 6 août 2018

C’est plus ou moins habillement que sont détournées dans cet article deux actualités qui ont fait beaucoup de bruit ces derniers mois ; le tout, dans le but de servir son propos et de faire naître la peur dans le coeur du carniste.

La première actualité faisait référence à une végane qui sur Twitter avait manifesté son indifférence face à la mort d’un boucher dans un attentat (2). Elle soulignait que la mort d’un individu dont le métier consiste à tuer des innocents ne lui inspire aucune sympathie. La seconde actualité se déroulait quant à elle en Californie, où une Youtubeuse iranienne (qui se trouve être végane) a ouvert le feu au siège de YouTube, vraisemblablement car elle était mécontente que la plate-forme “la censure”. Fort heureusement, le bilan est léger puisque la demoiselle n’a fait que trois blessé.es avant de (tragiquement) retourner son arme contre elle.

On résume : une personne qui rale sur Twitter (quelle nouveauté !) et une déséquilibrée qui déclenche une fusillade pour quelques vidéos strikées. Quand on sait qu’il suffit de dire le mot “pénis” dans une vidéo pour qu’elle soit démonétisée et/ou supprimées, ça ne laisse pas vraiment de mystère quant au côté un poil déséquilibré de cette personne.

Est-ce suffisant pour peindre un tableau de terreur de la situation ? Clairement, non. Au sein de la communauté végane, le tweet haineux sur le boucher sont unanimement et fortement condamnés. Il doit bien y avoir deux ou trois maboule qui défendent ces horreurs. Oui, il y a des idiot.es dans toutes les sphères, tous les milieux, toutes les communautés et nous ne sommes pas épargnés, je ne vous apprends rien.

Là où cela devient énervant, c’est lorsque des pseudo-journalistes utilisent ces actualités en les détournant pour créer un climat de peur qui n’a pas lieux d’être. Sur la totalité des fusillades de cette année, combien de tueurs et de tueuses étaient végan.es ? Combien de milliers de personnes incitent à la haine raciale sur Twitter ou font des appels au meurtre sans jamais en être inquiétée ?

Il faudrait que les Français.es commencent à comprendre une bonne fois pour toute que nous ne nous battons pas contre les humain.es, au contraire nous nous battons également pour toutes les causes humaines. En devenant végan.e, nous n’avons pas “cessé d’avoir de l’empathie pour l’être humain”, mais avons simplement choisi d’étendre cette empathie à tou.tes les habitant.es de notre planète. C’est pour cette raison que nous condamnons toutes et tous les propos tenus à l’égard du boucher décédé, ainsi que l’attaque armée de la Youtubeuse en Californie. Or, l’article de Contrepoints laisse entendre que nous prenons ces actes pour modèles : cela n’est ni plus ni moins que des accusations calomnieuses d’une bassesse inégalée. J’irais même plus loin, elles ne sont que la démonstration que l’auteur n’a rien trouvé de plus intelligent à écrire, et cela est purement pitoyable pour un journaliste.


Leur seule arme : le mensonge

Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin et ayons pitié de Ludovic. Après la peur et les fausses accusations, voilà que nous nous retrouvons face à de la désinformation pure et simple. Pour tenter de démonter le véganisme, avoir recours à la peur ne suffit plus, il faut maintenant inventer des choses de toute pièce. Ludovic enchaîne :

“C’est là que se situe le danger. En accordant les mêmes droits aux animaux qu’aux humains, en souhaitant rendre l’humain vertueux par le biais de la Loi sans se cantonner au débat philosophique sur la sensibilité animale, la nouvelle idéologie politique végan, portée par un infime pourcentage de la population mondiale, menace nos libertés. Dont celle d’ingérer des produits carnés, indispensables à notre métabolisme.” (1) Contrepoints, 6 août 2018

Premièrement, aucun.e végan.e ne souhaite donner les mêmes droits que nous êtres humain.es, aux animaux. Dois-je activer mon caps lock pour que cela soit enfin intégré ? Nous ne nous battons pas pour que les poules aient enfin le droit de vote (quoi qu’une poule n’aurait sûrement pas eu la bêtise de voter pour Manu). Nous ne nous battons pas pour que les dauphins du parc Asterix puisse toucher le chômage.

Nous nous bâtons simplement pour que les animaux non-humains soient libres de vivre. Pour qu’ils puissent jouir de cette liberté dont nous parlions tout à l’heure, au sens le plus pure : vivre selon sa propre volonté. Point. L’antispécisme ne repose pas sur une “égalité entre les animaux non-humains et nous” comme le disent beaucoup trop de journalistes trop peu informé.es. Il existe des différences entre l’être humain.e et les animaux, tout comme il existe des différences entre homme et femme. Dans nos luttes, nous ne nions pas ces différences mais nous battons simplement pour que ces différences ne soient plus source de discriminations, de mort, de violence ou de maltraitance.

Je finirai ce post sur la plus grosse imbécillité de Ludovic : prétendre que la consommation de produits carnés est indispensable à notre métabolisme.

Faux, archi faux. 0/20. Mr le journaliste, où sont donc vos sources ? Où est donc votre travail d’information, de renseignement et d’enquête ? Vous savez, c’est cette étape indispensable, étape la plus importante lorsque l’on écrit un article mais qui semble être zapée par beaucoup de vos confrère et consoeurs ? Qu’est-ce que cela vous fait, au fond de votre petit cœur Ludovic, de savoir que je fais un meilleur travail de journalisme que vous sans avoir fait le moindre parcours dans ce domaine ?

Une bonne fois pour toute : la viande n’est absolument pas nécessaire à notre métabolisme, pas plus que le lait, les œufs ou tout autre produit d’origine animale. (4) Un régime végétalien est viable à tous les âges de la vie. (4) Tu vois Ludo, ce n’est pas suffisant de dire des trucs au hasard comme ça, il faut aussi prouver ce que l’on avance avec une chose magnifique, nommée une source. Répète après moi : sour-ceuuh.


Tout cela ne démontre qu’une seule chose : les personnes non-véganes sont les moins douées pour parler de véganisme. C’est sur ce point que repose le plus gros problème des débats entre carnistes et végan.es. La plupart du temps, les opposant.es au véganisme ne sont absolument pas informé.es. Que ce soit l’exploitation animale, la santé humaine ou encore l’écologie : ces dernier.es ne font bien souvent pas le poids, car issu.es de l’école Jean-Pierre Pernault.

Comment débattre à armes égales lorsqu’une personne nous rabâche sur tous les ton que les végan.es sont carencé.es en protéines, que la viande est indispensable à notre survie ou que les carottes aussi souffrent le martyr lorsqu’on les coupe ? Inévitablement, ce qui devait être à l’origine un débat tourne dès lors en un dialogue ayant davantage vocation à éduquer, faire ouvrir les yeux et informer plutôt que d’échanger des idées. Les responsables ? La publicité et les média en général.

Il est déplorable de constater qu’encore une fois, les journalistes préfèrent céder à la tentation du sensationnel, au détriment de leur réelle mission d’information. Je conçois que l’on ne soit pas en encore avec le véganisme et c’est une chose de vouloir défendre le carnisme. Il en est une autre de mentir délibérément et de se laisser aller à la calomnie.

À l’auteur de cet article qui n’en a que le nom, je l’invite à s’informer davantage sur les sujets qu’il aborde.


Références :
(1) Delory, L. (2018). Le véganisme, du régime alimentaire au régime politique. Contrepoints.
(2) Libération (2018) Une militante vegan condamnée pour «apologie du terrorisme» après un message sur le boucher du Super U de Trèbes.
(3) Huffpost (2018) Fusillade à Youtube: Nasim Aghdam, l’assaillante, accusait Youtube de la “discriminer” et de la “censurer”
(4) Vesanto Melina, MS, RD (Consultant, Vancouver, Canada); Winston Craig, PhD, MPH, RD (Andrews University, Berrien Springs, MI); Susan Levin, MS, RD, CSSD (Physicians Committee for Responsible Medicine, Washington, DC). (2016). Position of the Academy of Nutrition and Dietetics: Vegetarian Diets. Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics

Modere : marque saine ou greenwashing ?

Modere : marque saine ou greenwashing ?

Hier, au hasard de mes pérégrinations virtuelles, je suis tombée sur une chronique de l’émission “On est pas des pigeons” qui a retenu mon attention. Le sujet : Modere, une marque américaine qui commercialise des produits cosmétiques et “bien-être” mais aussi des compléments alimentaires, des cures “détox” ainsi que des produits d’entretien (entre autres).

Si vous êtes présentE sur les réseaux sociaux, vous avez forcément déjà rencontré ce types de marques qui se distribue en réseau de vendeurs et vendeuses aux stratégies marketing très agressives et tenaces (pages, groupes Facebook auxquels vous êtes ajoutéE sans votre accord…)

Aujourd’hui, je me dois de vous parler de cette marque, de son fonctionnement et des gens qui y travaillent, afin que vous ne vous fassiez pas piéger comme je l’ai été !

Qui suis-je ? Quel est mon lien avec Modere ? Suis-je impartiale ?

Avant d’aller plus loin, je me dois de vous en dire le plus possible quant à mon lien avec Modere. Je tiens à préciser que cet article ne sera pas un “bla-bla” exagéré, malhonnête ni faussement élogieux à propos de la marque comme on en voit partout sur internet. Au contraire, je vais être franche à 100% en ce qui concerne Modere, que ce soit à propos des produits de la marque, des valeurs qu’elle défend ou des personnes qui participent à son développement en France.

J’ai tenté l’aventure Modere en janvier 2018 sur les conseils d’un ami qui est donc devenu mon parrain. Je ne me suis pas énormément développée, car j’ai très vite stoppé mon activité et mi fin à mon partenariat pour plusieurs raisons que je vais développer ensuite. Je ne gagne donc pas le moindre centime avec Modere, tout en connaissant quand même la société de l’intérieur.

Si vous souhaitez connaitre un avis franc, honnête et non influencé par un quelconque conflit d’intérêt, je vous invite à continuer votre lecture.

Quel est le mode de distribution des produits ?

La marque n’a pas de boutique “physique”, elle est distribuée uniquement via son site internet et grâce a ses “Social Marketers“. Pour faire simple, les “social marketers” (que j’abrégerai maintenant “SMa” pour plus de simplicité) sont les vendeurs et vendeuses Tupperware 2.0. Grâce à leurs réseaux personnels les SMa distribuent les produits de la marque.

Plus besoin de “réunions à domicile” démodées, plus besoin de se déplacer, de passer soi-même les commandes et de livrer les client•e•s : les SMa travaillent sur Internet en faisant la promotion des produits Modere (via des groupes Facebook, sur Instagram, ou même des blogs ou des chaînes Youtube). Les ventes sont identifiées à chaque SMa grâce au code promo individuel “-10€” (différents pour chaque SMa) et les client•e•s passent leur commande directement sur Internet (et sont livré•e•s à domicile).

Quelles sont les valeurs de Modere ?

Quand on entre chez Modere, on comprend très vite qu’avant de vendre les produits, nous vendons un véritable lifestyle. Les SMa n’ont que deux mots à la bouche : “live clean“, c’est-à-dire “vivre sainement” ou “une vie saine“. C’est le véritable crédo de Modere : permettre à tous les foyers d’avoir accès à une gamme complète de produits “””sains””” (du gel douche au complément alimentaire, en passant par la lessive, le produit vaisselle, les cures “détox” ou le dentifrice) et tout cela en respectant sa santé ainsi que l’environnement.

La marque Modere se dit très engagée :

  • pour l’écologie (packagings entièrement recyclables, usines alimentées à 100% par l’énergie éolienne, label “””mieux que bio””” etc.)
  • pour la santé de ses client•e•s (compositions saines, retrait de plus de 3000 ingrédients cosmétiques controversés, contrôle qualité à toute épreuve etc.)

Maintenant que vous connaissez les informations essentielles en ce qui concerne Modere, je vais vous laisser visionner le reportage de “On n’est pas des pigeons“, si vous le souhaitez (vous pouvez aussi passer directement à la suite).

Pour vous dire rapidement ce que j’en pense : il y a du vrai et du faux dans cette chronique, ainsi que beaucoup de raccourcis et d’inexactitudes (tout cela, je le développe juste après) !

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=CRsH-vxw4BQ&w=560&h=315]

Partie 1 : Mes réactions au reportage

Dans cette première partie, je vais m’attarder sur les points qui m’ont particulièrement fait tiquer dans ce reportage. Comme je le disais plus haut, il y a du vrai dans la chronique et malgré les très lourdes exagérations (que je rectifierai aussi) Modere est bien loin d’être une société irréprochable. Dans une seconde partie, je détaillerais davantage les raisons qui m’ont personnellement poussées à stopper mon activité. Allez, pas plus de blabla, je démêle le vrai du faux de cette chronique !

1. Le marketing de réseau

La première chose qui m’a vraiment soûlée dans cette chronique, c’est le ton volontairement très alarmiste et catastrophiste des journalistes et plus particulièrement de la femme blonde au tout début du reportage (celle qui lit la lettre anonyme d’une famille inquiète). De tout, les journalistes veulent faire du sensationnel. Entendons-nous bien, Modere n’est pas une société toute blanche, mais j’ai vraiment l’impression qu’on ne peut plus voir un reportage télévisé de ce genre sans que tout n’y soit totalement exagéré.

Pour la faire courte (et cela a été dit un peu plus loin) le marketing de réseau comme il est pratiqué par Modere est totalement légal. Il faut bien faire la différence entre le MLM (marketing de réseau) et ce que l’on appelle vulgairement un système pyramidale : ces deux notions sont très souvent confondues.

Une société de MLM devient un système pyramidal lorsque l’argent que gagnent les partenaires vient davantage des nouveaux partenaires recrutés que de vrais clients. En gros, dans un système pyramidal, votre job sera surtout de recruter de nouvelles personnes pour leur faire acheter le pack de démarrage (car c’est plus rentable), plutôt que de chercher des client.es. Ca, c’est un système pyramidal (et c’est illégal). Pour être légale, une société de MLM doit veiller à ce que la plus grande partie du salaire d’un partenaire (ou SMa) viennent de ses clients, et non pas des commandes des personnes de son équipe.

2. La pression sur les social marketers (SMa)

Le deuxième point qui me fait réagir est cette espèce de “pression” sur le jeune homme récemment recruté chez Modere, que fait ressortir la lettre. Le social retail est une activité totalement indépendante et surtout sans obligation de résultat (cela n’en fait pas une activité facile pour autant). Notre parrain ou marraine nous aide et nous accompagne dans notre développement, mais nous ne lui devons absolument rien. Chacun•e avance à son rythme ou choisit d’arrêter quand il ou elle le souhaite, comme c’est mon cas aujourd’hui. Je ne comprends pas vraiment en quoi le jeune homme dont il est question dans cette lettre anonyme puisse être sous pression. Je ne peux pas être certaine de ce que j’avance, mais je pense très sincèrement que cette pression ne vient pas de Modere, mais peut être expliquée par différentes choses :

  • La famille du SMa se fait peut-être de fausses idées et interprète mal l’enthousiasme du jeune homme.
  • Peut-être que c’est le SMa lui même qui se met énormément de pression pour réussir (c’est ce qui me semble le plus plausible).
  • La dernière explication est que le SMa ai été recruté par le ou la pire des mentors que l’on puisse imaginer, et que ce dernier ou cette dernière ne lui mette délibérément la pression. J’espère de tout coeur que ce n’est pas le cas, et cela fait une parfaite transition pour le point suivant.

3. Le facteur humain

L’avantage des sociétés de MLM réside dans l’accessibilité de leur activité : comme ils s’en vantent très souvent, tout le monde peut le faire. Et tout le monde, cela signifie les personnes bien intentionnées tout comme celles qui malheureusement ne le sont pas.

En entrant chez Modere (où toute autre société légale de MLM), vous jouez un peu à la loterie. Votre parrain/marraine pourra être tout à fait fantastique (cela a été mon cas) ou au contraire, avoir de mauvaises intentions.

J’en veux pour preuve cette formatrice qui lors de sa réunion d’information encourage les nouveaux partenaires à faire du copier/coller. Mon parrain ne m’a jamais encouragé à faire cela, bien au contraire, il m’a déconseillé de pomper le travail des autres et m’a encouragée à être la plus authentique possible et à faire ressortir ma véritable personnalité.

Mon parrain est une personne pour qui l’éthique est très importante : c’est avant tout un ami que je connaissais déjà avant de me lancer dans Modere avec lui. Cela fait toute la différence. J’ai toujours eu confiance en lui, alors que certaines personnes qui organisent des formations chez Modere n’en sont pas systématiquement dignes.

Une formatrice très renommée chez Modere (la fameuse jeune fille de 21 ans qui gagne 30 000€ par mois dont il est fait allusion dans le reportage) a monté sa communauté en organisant de faux concours sur son groupe Facebook.

Méthode très simple et efficace : organiser un concours avec un lot d’une valeur de 150€ à gagner où la participation consiste à ajouter 100 membres au groupe privé. C’est un gros lot, donc il est probable que beaucoup de personnes participent et que les personnes ajoutées lors du concours participent à leur tour et ajoutent à nouveau 100 personnes. Si seulement 10 personnes participent (et croyez moi, il y en a davantage que 10), c’est pas moins de 1000 nouvelles personnes sur le groupe (1000 clients potentiels attirés sur le groupe).

Pour ne pas se faire percer à jour, la demoiselle en question truque le tirage au sort et fait gagner une de ses recrues (un autre SMa qui possède déjà chez lui le produit Modere à gagner. Le faux gagnant pourra donc prendre un selfie tout sourire, en tenant le lot (qui on le rappelle n’est pas un vrai lot) et le poster dans le groupe de la formatrice en disant “ouais trop génial, produit bien reçu, vous pouvez faire confiance à Machine“). De cette manière, le faux gagnant montre aux autres membres que la demoiselle est “digne de confiance” et au prochain faux concours, encore plus de personnes participeront en pensant réellement pouvoir gagner un énorme lot.

Et voilà comment faire grossir un groupe Facebook en deux temps trois mouvements. C’est grâce à cette technique de faux concours que cette formatrice a gagné autant d’argent si vite et fait aujourd’hui partie du Top France Modere. Elle encourage très fortement ses recrues à faire de même pour gagner vite et beaucoup. J’en sais quelque chose, puisqu’elle vante les mérites de cette techniques dans ses formations et ses conférences.

Mais où est l’éthique là dedans ? Nul part. Beaucoup de formateurs et formatrices ne trouvent pas cela normal et le font très largement savoir, à commencer par Moha le numéro 1 France (qui est devenu “1er France” sans jamais faire cela), ainsi que mon parrain et beaucoup d’autres.

Je pense que vous voyez où je veux en venir : il y a de tout chez les partenaires Modere, du bon comme du mauvais et je ne pense pas que l’on puisse mettre toutes les mauvaises pratiques de certain.e.s partenaires sur le dos de la société.

Chacun.e devrait se concentrer sur le positif, comme le font mon parrain ou Moha, chacun.e devrait toujours garder à l’esprit qu’il est important de se développer en gardant l’éthique comme ligne de conduite. J’ai eu la chance de tomber sur un super formateur qui m’a beaucoup aidé, pas seulement pour Modere, car ses enseignements (notamment en développement personnel) m’ont été très utiles dans beaucoup de domaines.

4. Les formations chez Modere

Abordons maintenant le problème des formations chez Modere. Dans le reportage, Lou-Marine (la jeune fille infiltrée) met bien en avant le fait qu’elle a été quasi livrée à elle-même alors qu’elle débutait son activité de SMa.

Sur ce point, je vais faire court et concis : son expérience est aux antipodes de la mienne. S’il y a bien une chose que j’ai apprécié chez Modere, c’est la qualité des formations vidéos. Les formations sont très nombreuses et complètes : des heures et des heures de vidéos qui abordent toutes les facettes du métier de SMa. Comment bien débuter son activité, marketing d’attraction, réseaux sociaux, marketing de réseau, renforcement vente, démarches administratives, focus sur les produits… Tout y passe.

Ces formations sont gratuites (accessibles sur un site internet qui n’est même pas verrouillé ni par un mot de passe, ni par le besoin de se connecter : l’URL est publique). Tous les dimanches, une conférence en ligne (gratuite elle aussi) est diffusé via Zoom et Facebook et vous tient informé.e des actualités de la marque, des nouveaux produits ou encore aborde des thèmes de développement personnel et de motivation. Chaque matin, du lundi au vendredi, mon parrain poste une vidéo d’environ 10 minutes avec des conseils pour bien se développer ou des actus (sur le site de formation vidéo).

Soyons honnête, combien de société de MLM font payer les formations à leur recrues ? Un paquet, mais pas Modere. Honnêtement, je n’ai quasiment rien à redire sur leurs formations et l’accompagnement des SMa et je ne comprends vraiment pas ce qui a bien pu foirer dans le parcours de Lou-Marine pour qu’elle soit à ce point délaissée.

Le seul défaut des formations selon moi vient du fait que la partie qui aborde en détail les produits est beaucoup trop succincte. Tous les produits ne sont pas abordés (ou pas encore) et chaque vidéo dure moins de 5 minutes. Trop court pour vraiment connaître un produit (rappelez vous les conneries que racontait la femme qui organisait l’atelier “soin du visage”…) Voilà un premier point à améliorer chez Modere.

Voilà pour les points à éclaircir. Jusque là, j’ai été très “élogieuse” mais croyez moi ça ne va pas durer. Je n’ai fait que rectifier les points erronés du reportage, car même si j’ai souhaité quitter Modere, personne n’est tout noir ou tout blanc. Cette société a comme toutes les autres, du bon mais aussi du mauvais. Voici donc les raisons qui m’ont fait fuir Modere.


Partie 2 : Pourquoi j’ai décidé d’arrêter Modere

Modere semble pleine de bonne volonté et vouloir révolutionner pleins de choses, mais malheureusement pour moi, cela reste très insatisfaisant. Voici pourquoi je ne souhaite plus promouvoir cette marque à l’avenir.

1. Le trop d’enthousiasme

L’intitulé de mon paragraphe pourrait prêter à sourire, mais le côté trop enjoué ou plutôt le sourire fake fait bien parti des choses qui m’ont toujours énervées. Dire qu’une crème de nuit va changer votre vie, dire que votre vie n’est plus la même grâce à un nouveau shampooing : ça va bien 5 minutes ! Chez Modere, tout le monde est beaucoup trop content, beaucoup trop enjoué pour que cela ai l’air sincère.

Cela m’énerve, car être toujours content, toujours avoir la “happy face” peu importe les événements, ça veut aussi dire mettre les problèmes sous le tapis. Pour moi, parler de ce qui ne va pas est tout aussi important que de parler de ce qui va bien : pour régler un problème il faut commencer par le verbaliser.

Très souvent, j’ai remarqué que lorsque je soulevais un problème, on me reprochait directement (et parfois de façon assez virulente) de “ne pas être assez motivée” ou de “ne pas assez y croire” ou encore de “ne pas faire assez confiance en Modere“, plutôt que de discuter du problème dont je parlais. A la longue, c’est énervant. En plus de retourner la situation en disant que le problème vient de moi, cela laisse la question initiale en suspend et ne règle rien.

2. Les produits de mauvaises qualité et les mensonges

Tout ce qui est dit dans le reportage quant à la composition des produits est vrai : la présence de phénoxyéthanol alors que Modere prétend ne pas en utiliser, les mensonges sur les produits, le soit disant “label mieux que bio”… Tout cela n’est que mensonge. C’est une des deux raisons principales qui me poussent à arrêter mon partenariat.

Étant donné que la composante “saine” des produits est un des principaux arguments de vente, je ne peux pas cautionner cela. J’en veux pour exemple les analyses de composition de plusieurs produits Modere ci-dessous :

Composition des produits analysée avec l’application INCI Beauty, que je vous conseille vivement !

Pour une société si “clean“, les compositions sont réellement médiocres. La qualité n’est en rien suffisante pour justifier tout ce ramdam “live clean” et encore moins cette prétention d’être “mieux que bio” ni de prétendre proposer des produits sains et safes. 

Le pire, c’est qu’il n’y aurait pour moi pas le moindre problème si Modere vendait les mêmes produits, mais sans mentir et surtout sans prétendre être une marque exemplaire. Pour moi, c’est n’est ni plus ni moins qu’un nouvel exemple de greenwashing.

Le plus choquant selon moi reste le fait que certains des “3000 composants controversés que Modère a choisit de retirer des produits” … soient parfois présents dans leur composition. C’est purement scandaleux.

3. La majorité de produits non-végans

Et voilà le plus gros point noir du tableau. La marque est bien cruelty-free, mais je savais depuis le début que tous les produits n’étaient pas végans. J’ai longuement hésité à me lancer à cause de ce point, mais mon parrain m’a définitivement convaincu en me disant que “la majorité des produits de la marque sont végans, et comme tu es indépendante, tu peux tout à fait choisir les produits que tu vendras. Certes tout n’est pas végan, mais les exigences sur la compo et les standards écologiques sont si énormes qu’on peut faire cette concession et choisir les produits que l’on vend.”

Mais comme on vient de le voir, pour la compo ce n’est pas la joie, et après avoir épluché le catalogue plus en détail, les produits végans ne sont pas du tout majoritaires. Moins de la moitié sont végans, et plusieurs best seller ne le sont pas. Embêtant.

En discutant (toujours avec mon parrain) celui-ci me dit que Modere est une marque tellement tournée vers l’éthique et l’avenir qu’il est fortement probable qu’elle tende vers le véganisme dans le futur. Seulement voilà, à en voir les lancements produits de ces derniers mois, on ne peut qu’en douter : composants issus du broyage de poissons, carapaces de crustacés et j’en passe… Peut-être que Modere se fout de nos océans et de ses habitant.e.s…

J’espère que cet article vous aura aidé à y voir plus clair et que vous avez apprécié de lire un article franc sur cette marque. J’ai cherché longuement sur internet et aucun autre article que le mien ne l’est. Tout ceux que j’ai trouvé était écrit par des social marketers.

Je n’ai pas pu tout dire dans ce post, car il aurait été beaucoup trop long, mais je serais ravie de répondre à toutes vos questions en commentaires.

Bisous les carencé.e.s ❤️

Le jour où j’ai vu leurs émotions de mes propres yeux

Le jour où j’ai vu leurs émotions de mes propres yeux

Les animaux capables d’émotions ou de sentiments ?

Même si toute ma vie j’ai su que les animaux non-humains ressentaient la douleur, j’avais toujours eu un léger doute quant à leur capacité à ressentir des émotions, comme nous humains et humaines le pouvons. Comment savoir ? Comment être certaine de cela malgré cette barrière du langage qui nous sépare ? De toute manière, là n’était pas la question pour moi. Que les animaux n-h puissent ou non ressentir des émotions ou même des sentiments n’entrant absolument pas en ligne de compte quant à ma manière de les traiter, j’ai tout de même fait le choix de leur porter le même respect et la même bienveillance que je porte à ma propre espèce. J’ai donc continué mon chemin vers le véganisme, l’antispécisme, le militantisme puis l’activisme sans me préoccuper particulièrement de cette question : jusqu’à ce qu’un beau jour, la preuve me tombe sur le coin de la gueule sans que je ne m’y attende.

Les sanctuaires, une priorité pour la cause animale

C’est arrivé il y a un peu moins d’un an, dans un sanctuaire du nord de la France où je me rends occasionnellement en tant que bénévole. Dans cet endroit merveilleux que je garderai secret dans cet article (pour des raisons de confidentialité) vivent une petite centaine de rescapé.e.s de l’exploitation animale, ainsi qu’une poignée de personnes extraordinaires consacrant leur vie entière à s’en occuper. Des lieux comme celui-ci sont essentiels à la lutte antispéciste pour la libération animale. Sauver des animaux n-h est une chose, encore faut-il être présent.e et retrousser ses manches pour prendre soins des êtres libérés : troquer tracts et pancartes pour des bottes, des gants et un bleu de travail. En tant qu’activistes, aider dans les refuges devrait être une de nos plus grande priorité pour offrir à nos protégé.e.s cette vie paisible, sereine et épanouissante tant méritée.

Malgré cet aspect paradisiaque, la vie au sanctuaire n’est ni simple ni rose, à l’instar des histoires de vie des pensionnaires. A l’horreur de l’exploitation animale “traditionnelle” que tout le monde considère comme “normale”, s’ajoute souvent d’abominables histoires de maltraitances sévères, de mutilations ou d’agressions.

Rose

Ce fut le cas pour Rose, une brebis sauvée de la mort in extremis par le sanctuaire. Elle a vu le jour comme esclave dans un élevage et a été maltraitée par ses oppresseurs. Officiellement ? Ils lui ont roulé dessus en tracteur. Rose a survécu, mais depuis ce jour elle est totalement paralysée des deux pattes arrières : impossible de se déplacer, impossible de se tenir debout et surtout, impossible pour elle d’avancer sans assistance dans le couloir de la mort pour être abattue (vu qu’elle n’est désormais rien de plus qu’un déchet à cause de son handicap). Considérée comme un véritable fardeau demandant davantage de soins, d’attention et de temps que son cadavre ne rapporterait d’argent, les fermiers qui l’exploitaient n’eurent pas de meilleure idée que de la laisser en pâture vivante à des chiens de chasse. Heureusement, le sanctuaire parvint à convaincre les fermiers de les laisser adopter Rose.

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Des liens indestructibles

Une nouvelle vie s’offrait à elle malgré la gravité de ses blessures : une vie paisible et sereine, une vie remplie d’amour et de l’affection des autres animaux, humains comme non-humains. Petit à petit, des relations proches se créèrent entre Rose et plusieurs autres rescapé.e.s, plus particulièrement avec John, un tout jeune veau lui aussi recueilli dans des conditions atroces.

Rose ne pouvant pas bouger, John venait à elle, se couchait à ses côtés et passait une bonne partie de son temps à prendre soin d’elle. Nous l’avons déjà vu attraper des boules de foin frais dans sa bouche et la déposer devant Rose, faisant plusieurs allers et retours puis se coucher à nouveau à côté d’elle. Ces attentions étaient très belles à voir, tout comme leur amitié était touchante.

Les difficultés des sanctuaires

Malheureusement et en dépit de tous les efforts pour soigner Rose, améliorer sa condition de vie et soulager ses douleurs, son état général empirait. De nouvelles plaies apparaissaient en raison de sa mobilité très réduite et sa patte avant gauche commençait à nécroser. Nous avons tous et toutes essayé de soulager ses souffrances du mieux que nous pouvions. Nous l’avons portée, soignée, nous avons pansé ses plaies et malgré tout, elle souffrait toujours.

Tout s’est arrêté du jour au lendemain. La veille au soir, Rose refusa son repas et n’accepta pas non plus de boire, ce qui est très mauvais signe pour une brebis. Mon père (berger dans sa jeunesse) m’a toujours raconté que les moutons choisissent de mourir quand leur vie devient trop dure à supporter en raison d’une maladie ou d’un stress. Un jour, elles refusent eau et nourriture, se couchent sur le dos la nuit suivante et laisse la fermentation faire le reste. Le lendemain, elles sont gonflées et meurent dans la journée. C’est exactement ce qui arriva pour Rose. Le lendemain matin, nous l’avons retrouvée gonflée et avons tenté de la masser, en vain. En début d’après-midi, c’est arrivé. Nous sommes passés dans sa cabane une énième fois et elle nous y attendait pour mourir. Dans les bras de l’homme qui s’était donné entièrement pour la sauver, son regard s’est éteint à tout jamais.

La mort d’un animal libéré pour qui nous nous sommes tant donné est toujours un bouleversement pour les sanctuaires et leurs bénévoles, mais elle fait cependant parti des événements que nous devons savoir gérer. L’absence de Rose s’est fait sentir chez la totalité des bénévoles du sanctuaire ainsi que les animaux n-h. John en fut davantage affecté et c’est précisément sa réaction inattendue qui a changé à tout jamais ma vision des choses.

L’enterrement de Rose

A la nuit tombée, nous avons creusé la tombe de Rose et lui avons rendu hommage. Je ne vais pas m’attarder sur les détails techniques de sa mise en terre, mais au moment de sortir son corps de l’abri et de la déposer dans sa tombe, John qui se tenait jusqu’alors loin de nous (ne comprenant probablement pas le pourquoi de ce gros trou que nous creusions) nous a soudainement rejoint. D’ordinaire, John est joyeux, hyperactif voire turbulent mais ce soir-là, je ne l’avais jamais vu si éteint, si en retrait. Il s’est approché de nous, toutes et tous en cercle autour de Rose et est resté immobile quelques minutes, la tête baissée quasiment collée au sol, les yeux fixés sur le corps de Rose. Puis nous avons recouvert Rose sans que John ne bouge d’un poil.

Après la tombe rebouchée, nous sommes restés silencieux un bon moment et c’est là que John eut un comportement dont je me souviendrai toute ma vie. Toujours l’oeil triste et la tête baissée, il commença à se déplacer lentement vers sa droite pour rejoindre la bénévole la plus proche de lui. Meuglant de temps à autres, il frotta doucement sa tête contre elle, lui demandant caresses et câlins. Ce simple geste était déjà touchant en lui-même, mais John ne s’arrêta pas là et environ deux minutes plus tard, il continua sa ronde vers la seconde bénévole pour demander à nouveau caresses et câlins. Il procéda ainsi pour chaque personne se tenant autour de la tombe, en restant plusieurs minutes avec chacune d’elles, toujours en meuglant, frottant sa tête et se collant à nous. Il arriva jusqu’à moi et fit la même chose. Les jours suivants, John ne s’éloigna que très peu de l’endroit où Rose fut enterrée, y dormit même les deux premières nuit et mangea moins que d’habitude.

La mort de Rose fut un véritable choc pour moi. Elle est la première dont je me suis occupée avec autant d’espoir et d’attention à être décédée. Je pense que comme pour les pros dans le domaine de la santé, le premier décès est toujours compliqué à vivre. Ce fut le cas pour moi, mais j’ai voulu rester forte pour toutes celles et ceux qui souffraient davantage que moi et qui avait besoin de mon soutien. Aujourd’hui, je me console en sachant que Rose ne souffre plus, qu’elle est soulagée et n’est plus soumise ni à l’exploitation de l’Homme ni à son handicap causé par ce dernier. Malgré ma peine pour Rose, c’est bien la réaction de John face à son décès qui m’a réellement bouleversée cette nuit là et m’a fait fondre en larme. Dorénavant, je ne sais pas comment je réagirai lorsqu’une énième personne me soutiendra que les animaux n-h sont incapables de sensibilité et d’émotions. Comment ces personnes, qui n’ont pour la plupart jamais passé la moindre journée en compagnie d’un animal n-h, pourraient comprendre cela alors que beaucoup vont même jusqu’à douter de leur capacité à ressentir la douleur (alors que celle-ci est largement documentée scientifiquement) (1)(2) ?

Les rencontrer réellement

De cette soirée si triste mais pleine de signification, j’ai retenu une chose : pour comprendre les animaux n-h, pour saisir la subtilité et la richesse de leur langage, il est nécessaire de les rencontrer. Par là, j’entends bien évidemment une réelle rencontre d’individu à individu et non d’individu à produit consommable. Il est facile pour les pros de la filière cadavre de se détacher et de mettre une barrière pour se séparer de l’animal n-h quand on le considère comme un produit, ou que l’on ose même appeler son cadavre du “minerais” (3). Je pense même que cela est une condition sinequanone pour ne pas se détruire psychologiquement en réalisant ce métier. Ça prétend aimer leurs animaux (et je peux concevoir que ce soit dit en toute bonne foi) mais si cela était vraiment un amour réel, les animaux n-h ne seraient pas envoyés à l’abattoir. L’amour, c’est vouloir le bien de l’autre, pas sa mort.

Je ne peux que conseiller à toute personne portant un minimum d’intérêt aux animaux de se rendre dans un lieu qui pourra offrir une réelle rencontre entre vous et l’animal. Pas dans un zoo qui de par ses grilles, ses murs, ses vitres et ses cages vous empêchent de le comprendre et d’échanger réellement avec lui. Pas dans un cirque ou un delphinarium qui n’ont aucune notion de pédagogie. Pas dans une ferme pédagogique qui ne fait que refléter une vision fantasmée de l’élevage, un élevage à la française qui n’existe presque plus aujourd’hui et qui ne présente l’animal que comme un objet. Encore moins dans un élevage qui pousse les précédentes caractéristiques à leur paroxysme.

Allez à leur rencontre dans un endroit où vous serez à même de passer des heures entières avec un seul individu, car c’est le seul moyen de saisir l’entièreté de son caractère et de sa personnalité. Ce n’est qu’en ayant un véritable contact avec les animaux n-h qui sont habituellement destinés à être consommé que vous vous rendrez compte que les cochons, les vaches, les moutons et j’en passe, ont tout autant de personnalité que vos chiens ou vos chats. Tout comme l’être humain, ils ont des personnalités radicalement différentes selon les individus et sont capables d’émotions. Des exemples comme celui de John et Rose, je pourrais maintenant vous en citer des dizaines maintenant que j’ai appris à voir les animaux non-humains différemment. Rencontrez-les vraiment, vous aussi ! ❤️


Bibliographie

(1). P. Le Neindre, R. Guatteo, D. Guémené, J.-L. Guichet, K. Latouche, C. Leterrier, O. Levionnois, P. Mormède, A. Prunier, A. Serrie, J. Servière. (2009). Douleurs animales : les identifier, les comprendre, les limiter chez les animaux d’élevage. Expertise scientifique collective, synthèse du rapport, INRA (France), 98.

(2). M. Faure, V. Paulmier, A. De Boyer Des Roches, A. Boissy, E.M.C. Terlouw, R. Guatteo, J. Cognié, C. Courteix, D.Durand. (2015). Douleur animale. Evaluation et traitement de la douleur chez les ruminants. INRA Prod. Anim., 28 (3), 231-242

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Dans cet extrait du rapport d’expertise de l’INRA sur l’identification de la douleur animale, vous aurez le plaisir de constater que même l’INRA ne peut s’empêcher de casser du sucre sur le dos des abolitionnistes : 1. en les qualifiant de radicaux, 2. en sortant des débilités sur notre “volonté de couper tout contact avec les animaux” (100 % faux) 3. en les accusant de façon foireuse et à moitié dissimulée d’avoir recours au sophisme de l’appel à la nature.

(3). Pour faire simple, on nomme dans l’industrie agroalimentaire “minerai de viande” un mélange de chute de viande issue de la découpe de l’animal. Ce mélange est utilisé dans les préparations contenant par exemple de la viande hachée. “Le minerai de viande au coeur de la polémique

Les extrémistes 269 Libération Animale maltraitent les animaux ! – Actu antispé #1

Les extrémistes 269 Libération Animale maltraitent les animaux ! – Actu antispé #1

Bonjour les carencé.e.s !

Jeudi 5 juillet, l’association 269 Libération Animale a sauvé la vie de Charlotte. Extraite par les activistes antispécistes de l’abattoir de Tielt (déjà bien connu pour ses cas de maltraitance), elle a ensuite été accueillie au sein d’un sanctuaire où elle pourra enfin retrouver son droit le plus fondamental : vivre sereinement, en sécurité, sans craindre la mort et sans être exploitée et maltraitée.

Voici ce qu’est une véritable maltraitance animale.

Il était évident que beaucoup trouveraient à redire sur cette action de sauvetage, à commencer par les acteur.rices de la filière cadavre. En tant qu’activiste, on ne peut qu’être habitué.e à ces réactions défensives. Malgré cela, très peu de personnes peuvent prétendre à un niveau d’indécence aussi élevé que celui du ministre flamand “du Bien-Être”, Mr Ben Weyts qui le jour même de l’action, déclara dans la presse :

On dépasse toutefois les bornes quand on traverse toute la France pour dénoncer de la maltraitance animale à laquelle on finit soi-même par s’adonner. Il nous est permis de croire que le Parquet poursuivra. Nous avons établi un PV et l’avons ajouté au dossier du Parquet.” Ben Weyts

Vous avez bien lu. Le ministre du “Bien-Être” flamand accuse clairement les activistes de 269LA de “maltraitance animale”, principalement à cause de la façon dont s’est déroulé le sauvetage de Charlotte, dont l’évacuation de l’abattoir a bien évidemment dû être la plus rapide possible.

Un simple visionnage du live de l’action de 269LA suffit pour se rendre compte de l’absurdité de ces accusations de “maltraitance animale” soit disant commises par les activistes. Un sauvetage n’est jamais simple, a fortiori lorsque les employé.e.s de l’abattoir sont présent.e.s et qu’il faut agir vite. Même dans le cas où vous trouveriez leurs gestes trop “brusques”, il est important de remettre les faits en perpective. Charlotte n’a connu qu’une triste vie d’exploitation et était destinée à l’abattage puis à la transformation de son cadavre en jambon, de ses os, de sa peau, de ses pieds, tendons et cartilages en gélifiant pour bonbons et que sais-je encore… Dans ces conditions, les personnes qui ont sauvée Charlotte sont-elles vraiment le problème principal ? Ma réponse est non. On ne peut reprocher décemment à des activistes d’avoir sauvé un individu innocent en prétextant une fausse brutalité, qui de toute manière serait bien moindre comparée à l’horrible sort qui attendait Charlotte. En voudriez-vous à la personne qui vous attrape un peu trop brusquement pour vous sortir d’un incendie ? En voudriez-vous à celui ou celle qui vous sauve, qui vous met hors de danger pour vous offrir une vie paisible ; alors que tout ce que vous auriez connu jusqu’à présent n’est qu’exploitation et souffrance ?

Une mauvaise foi à toute épreuve

Ce qui me révolte le plus et me motive à écrire cet article alors même que je ne fais pas partie de 269LA et ne partage pas certaines de leurs idées stratégiques, c’est bien la mauvaise foi totale du ministre Ben Weyts, ainsi que de toutes les personnes qui osent accuser une association animaliste de “maltraitance animale”.

Comme on le constate dans beaucoup de luttes sociales, il est beaucoup plus facile de pointer du doigt les personnes qui dénoncent plutôt que de regarder les choses en face. Encore une fois, plutôt que de se concentrer sur l’exploitation, la souffrance et la mort des animaux non-humains, ce sont les activistes ainsi que toutes les personnes qui se battent contre ces oppressions qui deviennent le problème principal.

De plus, les critiques de 269LA ont la mémoire courte, et une attention très sélective. Quelle hypocrisie de reconnaître la maltraitance animale uniquement quand cela les arrange ! Ces personnes et plus particulièrement BW s’offusquent que des activistes attrapent un cochon pour le mettre en sureté, mais j’ai une question pour elleux ! Combien de cochons arrivent déjà mutilés à l’abattoir ? Combien de cochons arrivent épuisés, affamés, déshydratés ou DÉJÀ MORTS dans les bétaillères à cause des conditions de transport désastreuses ? Et quand bien même, l’abattage n’est-il pas le summum de la maltraitance ?

Où se trouve vraiment la maltraitance ? Du côté des activistes antispécistes qui avec courage viennent sauver un individu innocent en l’attrapant fermement ? Ou plutôt du côté de celles et ceux qui font naître inutilement dans le seul but de tuer, qui enferment, qui mutilent, qui castrent à vif, sectionnent les queues des cochons à vif, qui exploitent, qui oppressent en prétendant aimer leurs victimes, qui envoient à l’abattoir, qui font tuer ou tuent directement ? Mr. Weyts tenterait-il de nous faire croire que Charlotte n’aurait pas été maltraitée si elle n’avait pas été sauvée par 269LA ?

Je vous laisse méditer sur ces questions. Le sauvetage de Charlotte me remplit de joie et d’espoir. Une innocente a été sauvée de ce système spéciste, et je pense aussi à toutes les autres victimes…

Source :
RTBF.be : Activistes antispécistes à l’abattoir de Tielt: le ministre Weyts les accuse de maltraitance animale.
Photo à la une : L214 – Ethique et animaux.

A propos des “bobos végans citadins”

A propos des “bobos végans citadins”

S’il y a bien un cliché à la peau dure en ce qui concerne les végan.e.s, c’est bien celui ci : le bobo des villes qui n’a jamais posé le pied dans une ferme. A mon humble avis, il n’existe pas le.la moindre végan.e ayant échappé à cet infâme supposition que pas mal de carnistes utilisent comme “argument”.

Les carnistes propagent le cliché du “bobo végan citadin” car pour elleux, l’idée qu’une personne “du métier” puisse remettre en question l’exploitation animale est bien trop dangereuse. Un.e connaisseur.euse serait bien trop pertinent.e et mettrait à mal la pérennité de leur “travail d’exploitation”, de leurs croyances et de leur vie en général. Bien des études de psychologie cognitive ont montré qu’une telle remise en question est extrêmement coûteuse psychologiquement, or le cerveau humain aime s’économiser. C’est par ces processus “d’économie d’énergie” (autrement appelés “catégorisation”) que naissent les stéréotypes, les préjugés, puis les discriminations en général qui découlent de ces derniers (si le sujet vous intéresse, j’ai pleins d’auteurs, de livres et d’études à vous recommander). Plutôt que de chercher à comprendre réellement un concept, on le classe dans une boîte à la va vite. Plus ce concept est en opposition avec notre vie, nos valeurs et nos croyances, plus on le rejette en bloc, plus on l’écarte rapidement du train de notre pensée, et plus le travaille de “compréhension” est superficiel. Si les idées antispécistes font leur chemin (non sans mal) auprès de la population générale “tout-venant”, elles bousculent bien trop les valeurs sur lesquelles les éleveur.euse.s ont construit leur vie entière pour que ces dernier.ère.s les accueillent avec bienveillance et ouverture, et cela peu importe la teneur de notre discours, notre ton ou les pincettes que nous prenons avec elleux. Par conséquent, ielles préfèreront faire tout ce qui est en leur pouvoir pour rabaisser l’intellect des antispécistes, et crier à qui veut bien l’entendre qu’aucun.e végan.e n’a jamais posé un pied dans une ferme (ce qui est statistiquement impossible) et propagent des lieux communs comme la B12 ou encore le mythe du “cerveau mou” des végés. Petit scoop pour elleux : le cerveau humain EST mou. Il s’approche de la texture d’un yaourt ferme quand on plonge un doigt dedans. C’était le fun fact du jour.

Cette faible “défense” par la dépréciation de l’autre (physique ou intellectuelle) s’observera tout aussi aisément chez les circassien.ne.s : les antispécistes dénonçant l’exploitation des animaux dans les cirques seraient également des “bobos qui ne connaissent rien aux animaux”. Chez eux aussi, les professionnel.le.s en reconversion deviennent des cibles à abattre. C’est probablement pour cette raison qu’André Joseph Bouglione inspire tant de réactions de haine et de violence de la part de ses “collègues” ; et que les éleveur.euse.s en transition vers le véganisme et/ou l’agriculture bio-végétale ébranlent tant les carnistes.

En se plaçant deux minutes dans leurs bottes, on imagine aisément qu’il est bien plus facile pour elleux de tenter de discréditer le végéta*isme, le véganisme et l’antispécisme plutôt que se remettre en question. Malheureusement (pour elleux) les consciences évoluent, le véganisme et l’antispécisme touchent de plus en plus le cœur des gens ; non sans ébranler le petit quotidien des exploitant.e.s. C’est en suivant cette logique que certain.e.s d’entre elleux deviennent mille fois plus haineux que les “smash moderate vegans” ou que d’autres atteignent à un tel abrutissement qu’ielles nous assurent avec une “rigueur scientifique qui leur est propre” qu’il n’existe pas le.la moindre végan.e dans le Limousin, ou le Cantal (selon elleux car ces régions de France sont davantage “marquées” par l’élevage). WTF. Encore une fois, ce ne sont que des propos très facilement debunkables (rien que par ma simple liste de contacts).

Ne vous énervez pas lorsqu’un.e carniste est en flagrant délit de “défense fallacieuse”, de mauvaise foi ou en proie à des mécanismes de défenses si forts qu’ielles seront de toute manière hermétiques à toute discussion sérieuse et ouverte ; peu importe la rationalité de vos arguments. Face à des personnes qui de toute manière n’auront aucune oreille attentive, ou uniquement une “fausse” écoute pleine de mauvaise foi, répondre par du love est ce que nous pouvons faire de mieux. Rien n’énerve plus un.e rageux.euse que de recevoir de l’amour en réponse à sa haine. ♥️

Pourquoi j’ai quitté la scène shibari parisienne

Pourquoi j’ai quitté la scène shibari parisienne

TW : violences, agressions sexuelles, viol.
(EDIT: ce post a été rédigé avant que Cyril ne s’exprime publiquement sur le sujet. Tout l’article est donc anonyme).

Il était temps que quelqu’un ose mettre ce problème sur la table, et même si mon billet arrive un peu après la « bataille » tant la difficulté pour moi de l’écrire est grande, il garde quand même son importance. Il y a un peu plus d’une semaine, Charlie mettait courageusement en lumière dans un article FetLife les agissements et les abus répétés d’un des leaders de la scène shibari parisienne sur ses modèles. Ses mots résonnent tout particulièrement en moi, et bien qu’elle se soit gardé de citer le moindre nom, il ne m’a pas fallu plus de quatre lignes de lecture pour ne plus avoir le moindre doute quant à l’identité de cette personne. A mon sens, cela atteste déjà de la gravité du problème et de l’absolue nécessité, non pas de tomber dans un acharnement contre le concerné, ni de le citer ouvertement, mais de se questionner sur les solutions à mettre en œuvre afin que cela ne se reproduise plus à l’avenir.

Nos chemins se sont croisé pour la première fois début 2015, lors de ma première visite dans ce lieu incontournable de la scène shibari parisienne. Au premier abord, j’y ai rencontré une personne saine, à l’écoute, bienveillante, respectueuse, déconstruite, à cheval sur le consentement dans la pratique des cordes et dont le credo a toujours été de présenter la pratique des cordes de façon totalement désexualisée au grand public, comme une pratique sportive et méditative. Bien que mon œil soit aujourd’hui davantage critique sur cette façon de vendre le shibari qu’il ne l’était à l’époque, c’est avec plaisir que j’ai accepté de me faire attacher par lui. Il n’y eut pas la moindre ombre au tableau cette première fois et malgré ma semi-nudité, aucun geste déplacé, ni limite bafouée. Cette séance vint par conséquent renforcer l’image idyllique de « sagesse » que je m’étais préalablement forgée, et nous avons peu à peu appris à nous connaître par le biais des cordes. Dès lors, je le considérais comme une personne proche de moi, un ami et parfois un confident, car il entrait en connexion avec une sphère très intime de mon être. Il est un des seuls attacheurs avec qui j’ai réussi à explorer le masochisme dans les cordes de façon si profonde et intime, et cela était pour moi la preuve de la confiance que je lui accordais.

Pour rester la plus honnête possible dans ce billet, je me dois d’insister sur le fait que cette session se déroulait bien, jusqu’à l’instant où j’ai atteint mon seuil de tolérance. Fatigue et douleur devenaient beaucoup trop fortes, impossibles à supporter. J’ai verbalisé cela en lui disant que « je ne tenais plus, qu’il fallait stopper la session » ce à quoi il m’a répondu « allez, encore un petit peu, moi aussi je ne tiendrai plus très longtemps de toute manière ». J’ai répété plusieurs fois mon désir de stopper la séance, toujours reçu de la même façon : une demande de sa part de « tenir encore ». Dans mon souvenir, le laps de temps entre ma première demande d’arrêt de la session et sa fin effective a duré une éternité. Là encore, le doute subsiste chez moi, tant le temps peut se distendre quand je suis dans les cordes. Tout.e.s les modèles vous le diront, le temps se modifie de façon extrême pendant une session : deux heures peuvent passer en quinze minutes, et inversement. Je me rappelle cependant d’avoir clairement verbalisé mon souhait de stopper la session plusieurs fois avant qu’il ne commence à me détacher ; ce qui en soit est un non-respect total des valeurs de respect et de consentement que cette personne prône habituellement. Bien que je ne lui en ai pas touché un mot (ce qui est également un de mes torts), cette session a créé un véritable malaise chez moi, au point de ne plus jamais pratiquer les cordes avec lui, tout en essayant d’oublier cet événement. A tort, j’ai préféré garder cela pour moi et continuer d’avancer de mon côté.

A mesure que je fréquentais la scène parisienne et rencontrais d’autres modèles et riggers, de plus en plus d’éléments inquiétants à son propos m’étaient relatés. Plus je rencontrais de nouvelles modèles, plus elles me confiaient des évènements graves qui me ramenaient à mon propre vécu avec lui. Des cordes placées à des endroits non désirés (alors qu’ielles avaient expressément indiqué qu’ielles ne le souhaitaient pas, AVANT la session), attouchements, session « trop sensuelle », « trop sexuelle », « trop intense », « trop douloureuse », limites ouvertement franchies, sans cesse poussées plus loin, plus loin et encore plus loin, refus de stopper la session alors que le.la modèle le demande… Tout cela m’inquiétait et ce tout dernier point (refus d’arrêter) me ramenait particulièrement à ma propre expérience. Après ces nombreuses et longues discussions avec celleux de la communauté qui m’étaient les plus proches, j’ai constaté avec stupéfaction que tout le monde était au courant de ses agissements et condamnait très fermement sa conduite envers ses modèles, dans l’ombre. Cependant, personne n’osait prendre la parole publiquement, certain.e.s par crainte d’être rejeté.e.s par la communauté, ou de ne plus pouvoir organiser de workshops, du fait de la place importante de cette personne dans la sphère des cordes parisiennes, et d’autres (comme moi) par manque d’assurance, de motivation et de courage ainsi que par résignation. Je ne trouve pas les mots pour exprimer à quel point je me sens coupable aujourd’hui. Coupable d’avoir su, coupable d’avoir entendu nombre de personnes dénoncer les agressions et abus de cette personne sans jamais oser ne serait-ce qu’initier une prise de parole générale ; et en cela je ne pourrai jamais assez remercier et admirer @Charlie_Bear pour son courage.

C’est en partie cela qui m’a conduit à délaisser la scène parisienne, jusqu’à délaisser ma passion des cordes par manque de partenaires motivés dans ma région. J’ai arrêté de fréquenter cet endroit que j’ai pourtant considéré pendant longtemps comme une seconde maison, comme cet endroit « où je me sens aussi bien et épanouie que chez moi », moi qui pourtant ne me sens que rarement bien à l’extérieur. Comme on dit, « home is were the ropes are », mais je ne me sentais plus chez moi, ni épanouie là bas. Petit à petit, et naturellement, j’ai commencé à espacer mes visites et à refuser certaines collaborations qui représentaient pourtant des occasions en or. Je suis pleine de regrets et de remords, car plutôt que de prendre la parole, j’ai préféré fuir, et m’évincer du faut de cette atmosphère malsaine.

Avec le recul, je ne peux m’empêcher de souligner une certaine hypocrisie dans le fait de présenter la pratique des cordes comme étant totalement détachée de la sexualité, et aujourd’hui, je pense que le concerné paie le prix de la dissonance totale entre les valeurs qu’il défend et ses actes. Si dissocier les cordes de la sexualité est en partie hypocrite, ça l’est encore plus d’ignorer le consentement de ses modèles, d’outrepasser les limites et le cadre posé au préalable pour ensuite organiser et animer des ateliers et des débats sur le consentement et l’écoute dans les cordes. J’insiste sur « en partie » car je pense néanmoins qu’il est possible de pratiquer sans dimension sexuelle, mais uniquement lorsque tout le monde joue au même jeu et respecte les mêmes règles. Malheureusement, j’ai rencontré bien plus d’hommes prenant davantage de plaisir dans la transgression des limites que dans le jeu consentant et éclairé. En ce sens, j’ai peur pour la suite, j’ai peur pour les nouveaux et nouvelles qui s’embarqueront dans un jeu dont ielles ne connaissent pas tous les tenants et aboutissants, ni toutes les règles qui le régissent. Je suis pourtant la première à m’enthousiasmer de voir de plus en plus de cordes là où je ne m’y serais jamais attendu des années plus tôt. Clips, publicités, films : les références au shibari dans les média sont de plus en plus nombreuses et cela apporte son lot d’avantages et d’inconvénients. Je suis ravie de rencontrer de plus en plus de compréhension quant à mes pratiques chez des personnes pourtant étrangères au milieu. Je suis ravie de voir de plus en plus de personne s’intéresser aux sexualités alternatives, qui sont à mon sens un excellent moyen d’arriver à l’épanouissement. En revanche, je ne peux que déplorer de voir à quel point certain.e.s profitent de cette médiatisation de façon malsaine et dénuée d’éthique. Dans un tout autre contexte, je ne peux que me rappeler des propos abjectes de certaines figures du milieu BDSM parisien à l’arrivée du phénomène fifty shades, suivi d’une déferlante de jeunes prêt.e.s à s’essayer aux sensations fortes. La soudaine médiatisation du « BDSM » version « tout public » fut une aubaine pour bon nombre de pratiquants chevronnés. Ces derniers y ont vu une réelle « livraison massive de chair fraîche à malmener sans ménagement » ; le propos sous-jacent étant « des jeunes vanilles dont ils auraient le loisir de profiter, non familièr.e.s des codes de conduites, de l’éthique, des règles à observer et parfois même ignorant.e.s de la simple notion de consentement, inhérente à une pratique safe et saine ». Je digresse, mais ce point me semble important pour mettre en lumière les conséquences que peut avoir cette dissociation entre cordes et sexualité. Comment se prémunir de tout problème quand on vend le shibari de cette manière, alors qu’à chaque session, une certaine énergie sexuelle peut transparaitre, même involontairement, ou même lorsque l’on se limite à l’exercice ? Et comment s’étonner des retours négatifs, abus, ou agressions quand « l’expérience vendue » est si différente de « l’expérience réelle », surtout pour les néophytes ?

Je déplore de constater l’ampleur de la pression, l’ampleur de ce silence qui dure depuis des années. Je déplore que des mécanismes de starisation aient empêché les victimes de prendre la parole d’elles-mêmes et empêché tous les intervenant.e.s de ce lieu de s’interposer et de dénoncer ces actes commis à répétition (à ma connaissance, cela n’est pas arrivé, peut-être est-ce incorrect). En ce sens, j’attends avec une réelle impatience leurs déclarations, qui seront pour moi lourdes de signification. Dans un milieu fondé sur ces valeurs si importantes que sont la bienveillance, le respect, l’écoute, la communication ou le consentement, l’omerta ne fut que plus révoltante à mes yeux ; et la dissonance d’autant plus évidente entre les valeurs prônées et les actes.

En parlant d’actes, je conclurai rapidement ce billet en abordant la réponse ouverte de l’intéressé, publiée hier sur FetLife. Je retrouve dans ses mots une tentative de coller à tout prix à cette image, l’idyllique représentation que je m’étais moi-même forgée à nos premiers contacts. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les excuses arrivent tard, pour celles qui avaient mis tant d’effort à aborder le sujet avec lui, ou ne serait-ce qu’initier vainement un dialogue. J’en viens même à douter de leur sincérité, tant les actes commis sont minimisés, passant « d’agressions » à des « personnes blessées ». Très honnêtement et mettant à part mon propre vécu et mes propres émotions, cette réponse est vraiment la moindre des choses, le moins qu’il pouvait faire, et j’irais jusqu’à dire « ce qu’il se devait de faire » maintenant que le sujet est sur la table. Réelles excuses ou manipulation, mon cœur balance car j’aime voir le bon en chacun, mais je ne peux que douter, encore une fois, de leur bien-fondé. Je doute de sa compréhension de la situation, je doute de la réalité de la remise en question, et plus que des mots, j’attends maintenant des actes.