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Ça y’est, j’ai récemment fêté mes deux mois d’arrêt de la cigarette ! 🎁

J’en suis si contente que j’ai l’impression de ne parler que de ça autour de moi. Mais qu’importe, il est important pour moi de propager de bonnes ondes et d’inspirer mon entourage. 🙂

A l’occasion de ce bel anniversaire, j’ai relu mon post du mois dernier, “non fumeuse depuis 1 mois grâce à une vidéo Youtube” , où je vous annonçais fièrement avoir stoppé ma consommation de cigarette.

Je voulais me replonger dans mon état d’esprit du moment, pour faire un point, pour mesurer à quel point j’avais avancé dans mon cheminement pour redevenir non-fumeuse. En relisant mon article, je me suis aperçue que je ne vous avais pas parlé d’un point très important : la plus grosse difficulté que j’ai rencontré dans mon parcours (certes court, mais non moins intéressant).

La difficulté n’est pas là où on l’attend

Si je vous dis “difficulté à arrêter de fumer” , vous penserez probablement à la tentation, à l’envie de fumer ou la difficulté à se retenir… mais il n’en est rien ! Etonnamment (et comme je vous le disais dans mon premier post), ce n’est pas l’envie de cigarette qui m’a posée le plus de problème pour arrêter, car elle a très vite disparue.

Le plus dur à supporter a été la réaction des autres fumeurs et fumeuses de mon entourage. Quand j’ai décidé d’arrêter de fumer, je pensais naïvement que mon entourage serait d’un soutient sans faille dans ma démarche et que je pourrais compter sur mes proches pour m’aider.

Grossière erreur !

Bon, en réalité, la plupart de mon entourage m’a soutenue, ce serait mentir de prétendre l’inverse. En revanche, j’ai été très désagréablement surprise de constater que beaucoup de personnes fumeuses de mon entourage étaient très défaitistes quant à ma réussite à arrêter la clope.

Tu n’y arriveras pas !

Tu vas forcement craquer !

Ces deux phrases sont revenues un bon nombre de fois dans les bouches des personnes fumeuses qui avaient elle-mêmes échoué dans leurs tentatives d’arrêter de fumer. J’essaie de me mettre à la place de ces personnes et de comprendre pourquoi elles réagissent de cette manière.

Un biais d’attribution causale

Pour en avoir discuté avec nombre d’entre elles, j’ai l’impression que leur échec est très souvent attribué à une cause externe : la difficulté à arrêter, le mimétisme ou la tentation constante …

On pourrait le résumer de la façon suivante : “arrêter de fumer est trop difficile, voire impossible, donc j’ai échoué“. Et dans un second temps : “puisque c’est trop difficile d’arrêter, que la publicité où les personnes fumeuses autour de moi me tentent constamment, alors ce n’est pas de ma faute si j’ai échoué.”

En psychologie sociale, on appelle ce phénomène un biais d’attribution causale : c’est un mécanisme très courant, auquel nous avons tou•te•s recourt dans le but de nous rassurer, de calmer notre égo et de préserver notre estime de nous-même.

Les autres face à leur propre échec

Psychologiquement, il est bien plus confortable de se dire que nous ne sommes pas responsables de nos défaites. Il est plus facile de vivre avec l’idée qu’une cause externe et incontrôlable nous a empêché de réussir. Et si une autre personne souhaite s’aventurer sur une voie où nous avons nous-même échoué, son éventuelle victoire ne ferait que nous replacer face à notre échec (et à notre responsabilité dans celui-ci).

Si je réussis à arrêter de fumer, toute leur théorie s’effondre. Si je réussis, je prouve qu’arrêter est possible. Pas forcément simple, mais bel et bien possible. Si j’y parviens, cela signifie probablement pour ces personnes qu’ils ou elles n’ont pas fait assez d’effort pour y parvenir. Tout à coup, la cause de leur échec devient interne, et non plus externe.

En parvenant à arrêter, je leur prouve malgré moi que leur échec leur est imputable, et cette idée est bien plus dure à accepter. C’est cela qui, à mon avis, pousse ces personnes à avoir ces discours pessimistes et pas très encourageants. On pourrait même qualifier cela de “sabotage” (évidemment inconscient et dans le seul but de se rassurer) : ces personnes préférant me voir échouer plutôt qu’accepter leur propre échec.

Après le défaitisme vient le rejet

Au début, quand je n’étais non-fumeuse que depuis quelques jours, ces personnes n’hésitaient pas à se gausser et à me dire que je n’y arriverai pas. Peut-être se disaient-iels que j’étais “une personne de plus à vouloir arrêter, et qui ne ferait que rater” , comme une de ces bonnes résolutions de nouvelle année que nous ne tenons jamais.

Un mois plus tard, voyant que je n’avais pas craqué contrairement à leurs prédictions, la réaction de ces personnes à mon égard a bien changée et a confirmée mon hypothèse. Maintenant que je suis non-fumeuse depuis deux mois, ces personnes me regardent et me traitent avec un peu plus de sérieux et de respect. Iels n’osent plus mettre en doute mon sérieux et ma volonté.

Leur attitude est aujourd’hui bien différente et empreinte de beaucoup de jalousie. Quand j’aborde le sujet ou quand on me pose des questions, ces personnes qui ne croyaient pas en moi n’hésitent pas à m’envoyer quelques piques et moqueries.

Arrêtes de ta la péter.

Ça y’est, Madame à arrêté de fumer donc elle donne des leçons.

C’est toujours dit sur le ton de l’humour, mais ces personnes sont bien mauvaises pour cacher leur envie, et à quel point ça les énerve de me voir réussir là où iels ont échoué. Je trouve cette réaction bien dommage, mais très démonstrative de cette difficulté à accepter l’échec.

Soyez préparé•e à recevoir ce genre de remarque

Si je vous écris ce post aujourd’hui, c’est simplement pour que vous soyez prêt•e à encaisser ce genre de remarque de la part de votre entourage. Personnellement, je ne m’y attendais pas du tout, car je pensais naïvement que tous et toutes seraient enchanté•e•s pour moi et me montreraient du soutient.

Je dois avouer que ce manque d’encouragement et d’enthousiasme de la part de certain•e•s de mes proches m’a beaucoup affectée au début. Même si je tente de paraitre forte et inébranlable en toutes circonstances, cette dépréciation m’a touchée, et m’a fait douter de moi et de mes capacités.

Malgré tout, je me suis accrochée et suis vraiment fière de fêter aujourd’hui ces deux mois sans cigarette. Je revis, et ne peux que vous encourager à faire de même. Soyez néanmoins conscient•e•s que ce genre de remarque peut arriver, et faites en sorte qu’elles vous affectent le moins possible dans votre réussite. 🙂

Je reste disponible dans les commentaires pour toutes questions ou besoin d’encouragement. Tou•te•s ensemble, on peut y arriver ! 🙂