S’il y a bien un cliché à la peau dure en ce qui concerne les végan.e.s, c’est bien celui ci : le bobo des villes qui n’a jamais posé le pied dans une ferme. A mon humble avis, il n’existe pas le.la moindre végan.e ayant échappé à cet infâme supposition que pas mal de carnistes utilisent comme “argument”.

Les carnistes propagent le cliché du “bobo végan citadin” car pour elleux, l’idée qu’une personne “du métier” puisse remettre en question l’exploitation animale est bien trop dangereuse. Un.e connaisseur.euse serait bien trop pertinent.e et mettrait à mal la pérennité de leur “travail d’exploitation”, de leurs croyances et de leur vie en général. Bien des études de psychologie cognitive ont montré qu’une telle remise en question est extrêmement coûteuse psychologiquement, or le cerveau humain aime s’économiser. C’est par ces processus “d’économie d’énergie” (autrement appelés “catégorisation”) que naissent les stéréotypes, les préjugés, puis les discriminations en général qui découlent de ces derniers (si le sujet vous intéresse, j’ai pleins d’auteurs, de livres et d’études à vous recommander). Plutôt que de chercher à comprendre réellement un concept, on le classe dans une boîte à la va vite. Plus ce concept est en opposition avec notre vie, nos valeurs et nos croyances, plus on le rejette en bloc, plus on l’écarte rapidement du train de notre pensée, et plus le travaille de “compréhension” est superficiel. Si les idées antispécistes font leur chemin (non sans mal) auprès de la population générale “tout-venant”, elles bousculent bien trop les valeurs sur lesquelles les éleveur.euse.s ont construit leur vie entière pour que ces dernier.ère.s les accueillent avec bienveillance et ouverture, et cela peu importe la teneur de notre discours, notre ton ou les pincettes que nous prenons avec elleux. Par conséquent, ielles préfèreront faire tout ce qui est en leur pouvoir pour rabaisser l’intellect des antispécistes, et crier à qui veut bien l’entendre qu’aucun.e végan.e n’a jamais posé un pied dans une ferme (ce qui est statistiquement impossible) et propagent des lieux communs comme la B12 ou encore le mythe du “cerveau mou” des végés. Petit scoop pour elleux : le cerveau humain EST mou. Il s’approche de la texture d’un yaourt ferme quand on plonge un doigt dedans. C’était le fun fact du jour.

Cette faible “défense” par la dépréciation de l’autre (physique ou intellectuelle) s’observera tout aussi aisément chez les circassien.ne.s : les antispécistes dénonçant l’exploitation des animaux dans les cirques seraient également des “bobos qui ne connaissent rien aux animaux”. Chez eux aussi, les professionnel.le.s en reconversion deviennent des cibles à abattre. C’est probablement pour cette raison qu’André Joseph Bouglione inspire tant de réactions de haine et de violence de la part de ses “collègues” ; et que les éleveur.euse.s en transition vers le véganisme et/ou l’agriculture bio-végétale ébranlent tant les carnistes.

En se plaçant deux minutes dans leurs bottes, on imagine aisément qu’il est bien plus facile pour elleux de tenter de discréditer le végéta*isme, le véganisme et l’antispécisme plutôt que se remettre en question. Malheureusement (pour elleux) les consciences évoluent, le véganisme et l’antispécisme touchent de plus en plus le cœur des gens ; non sans ébranler le petit quotidien des exploitant.e.s. C’est en suivant cette logique que certain.e.s d’entre elleux deviennent mille fois plus haineux que les “smash moderate vegans” ou que d’autres atteignent à un tel abrutissement qu’ielles nous assurent avec une “rigueur scientifique qui leur est propre” qu’il n’existe pas le.la moindre végan.e dans le Limousin, ou le Cantal (selon elleux car ces régions de France sont davantage “marquées” par l’élevage). WTF. Encore une fois, ce ne sont que des propos très facilement debunkables (rien que par ma simple liste de contacts).

Ne vous énervez pas lorsqu’un.e carniste est en flagrant délit de “défense fallacieuse”, de mauvaise foi ou en proie à des mécanismes de défenses si forts qu’ielles seront de toute manière hermétiques à toute discussion sérieuse et ouverte ; peu importe la rationalité de vos arguments. Face à des personnes qui de toute manière n’auront aucune oreille attentive, ou uniquement une “fausse” écoute pleine de mauvaise foi, répondre par du love est ce que nous pouvons faire de mieux. Rien n’énerve plus un.e rageux.euse que de recevoir de l’amour en réponse à sa haine. ♥️